14.03.15 | nous solliciterions son abri

découverte d’une étoile gigantesque – source : Le Monde / autour du ciel


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14.04.11 | bisons, volcans, prédiction

1 _ COMPRESSION

On y voit mal, dans l’espace. Mais prenez trois télescopes lointains, et faites se croiser leur regard myope, on découvrira de nouvelles choses. Ou bien les invente-t-on ? Parce qui aurait supposé, fiers comme nous sommes de notre soleil (qui s’use pourtant de tout ce qu’il brûle pour nous), qu’on découvre alors une étoile similaire, mais 1300 fois plus grosse ? On l’a baptisée HR 5171A, parce qu’il est loin le temps où on donnait des noms à notre univers – et cela sonne plutôt comme l’identifiant d’un virus. C’est aussi qu’elles sont fragiles en raison même de leur grosseur, ces hypergéantes, et instables. L’étoile qui danse avec elle un binôme du diable pourrait même lui souffler sa matière. Un diamètre de quelque 2,8 milliard de kilomètres. Et savoir aussi que sa lumière a mis 12 000 ans à nous rejoindre : où en est-elle maintenant, si le mot maintenant avait sens lui-même ?

 

2 _ RENVERSE

Elle était si grosse, cette étoile. Et même si sa durée de vie serait moindre que les 5 milliards d’années qu’il restait à vivre à notre soleil, ces échelles de temps ne nous concernaient pas, en tout cas nous concernaient bien moins que la taille. Nous voulions une étoile plus grosse. Nous voulions la plus grosse étoile. Pour tout le travail que nous avions fait de comprendre l’univers, et donc nous comprendre nous-mêmes, l’observer, le décrire et le modéliser, le calculer, la quête incessante qu’on y avait d’autres nous-mêmes, nous avions droit à la plus grosse étoile. En tout cas c’est en ces termes que nous en avions présenté la requête. Mais au fond, on savait bien que ce n’était pas vrai : ce que nous voulions, c’est un abri. Ce que nous demandions, c’est protection. Dans l’ombre gigantesque d’une étoile 1300 fois plus grosse, l’humanité serait fondue dans l’ombre. Une toute petite chose dans l’ordre géant des choses. Et, oui, nous pourrions oublier nos soucis étriqués, nos affrontements incessants, la misère réelle et la misère intérieure. Nous pourrions enfin vivre, inaperçus, solidaires, quasi invisibles de notre astre même.

 

3 _ SOURCE


- LE MONDE/AUTOUR DU CIEL

LES MOTS-CLÉS :

françois bon © Tiers Livre Éditeur, tous droits réservés
1ère mise en ligne et dernière modification le 15 mars 2014
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