#40jours #38 | frontières, après Perec

au défi d’un exercice quotidien d’écriture pendant 40 jours


 

 

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#40 jours #38 | frontières, après Perec


Perec a été un compagnon favorable depuis le début de ces #40jours. Relire Espèces d’espaces : mais on trouve toujours des dimensions supplémentaires, des strates neuves.

Je savais depuis longtemps qu’un jour j’aurais rendez-vous avec ces trois pages : tout au bout du livre, quand on a quitté la ville, qu’on aborde le monde, puis l’univers (et la présence encore plus loin des index comme un signe : au-delà de l’univers, l’ordre tout aussi infini des lettres), ces trois pages comme laissées en vrac, paragraphes indépendants, recherches dans trois directions séparées, sous l’emblème « frontières ».

La frontière, loin de la ville et donc de notre thème ? Non. Une ville, si on entend par cela, au plus élémentaire, la pluralité de nos organisations humaines, c’est l’empilement de frontières sociales, linguistiques, administratives, coercitives. Empilement qui correspond parfois, même d’un quartier à l’autre ou d’un côté de rue à l’autre, à une répartition géographique, mais pas forcément. Demandez aux instits de Paris intra-muros ce qu’il en est du Paris des 6ème étages.

La frontière, loin de la ville et de notre thème ? La marche en avant de notre aspiration à une citoyenneté du monde, qu’on aurait pu croire irréversible il y a quelques années, s’est paradoxalement accompagnée d’une augmentation quantitative des frontières. Quand bien même, à sauter en avion par dessus les frontières, ce sont les mêmes signes, enseignes et symboles qu’on retrouve.

La frontière, loin de la ville et de notre thème ? Prenons simplement les exemples de Perec : ce point particulier, qui n’offre rien d’extraordinaire, sinon qu’il est au confluent de l’ancienne Allemagne de l’Est, de l’ancienne Tchékoslovaquie et de l’Allemagne anciennement Ouest. Et puis ces labyrinthes chargés de tension et de violence que quiconque est allé à Jérusalem porte en lui. À Berlin avant 1989, la ville-île, et à longer sur autoroute étanche les grillages de Jérusalem-Est, les frontières sont aussi dans la ville.

Comme plusieurs fois dans cet atelier, s’appuyer sur l’énergie et l’intensité, le nombre tout simplement qu’on est, pour un devoir d’inventaire : à multiplier les figures de ces frontières, et le décalage de langue qu’elles induisent (Perec : les frontières sont des lignes, ou, encore plus, cette matérialité des barrières en bois), que pouvons-nous apprendre de nous-mêmes, de nous-mêmes devant ou avec l’autre, et tout simplement de notre présent dans la ville ?

Un no man’s land en plein désert, et ce qu’on emporte dans son sac est déjà une figure de la confrontation des mondes.

Nous aurons accompagné Espèces d’espaces jusque dans ses figures d’évanescence, de représentation d’espace aux limites.

Bonnes écritures.

 


responsable publication françois bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 19 juillet 2022
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