14.01.25 | dons de cerveaux et conservation de demi cerveaux

un appel officiel de l’Académie de médecine pour le don de cerveaux – source : Science & Avenir


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L’Académie de médecine était certes moins momifiée que l’Académie française, à preuve que leur appel à don de cerveaux ne concernait pas leurs collègues à hémisphères atrophiées. On donnait un prétexte : lutter précisément contre ces formes de dégénérescences, soigneusement conservées par ce principe d’immortalisation imbécile sur quarante fauteuils. Mais qu’on lise, et on comprenait : les cerveaux confiés à l’Académie de médecine, dans ce cadre, étaient coupés en deux. Une hémisphère pour la dégénérescence, une hémisphère pour la conservation. On disposerait enfin d’un échantillonnage monstre (et de toutes monstruosités pensées que cachaient nos cerveaux) pour la suite future de l’avenir. Quatre cents encéphales venaient d’être collectées et sciées (un fil à couper le beurre suffisait), mille sept cents autres arrivaient.

 

La première perspective était la greffe, comme désormais on la maîtrisait pour le coeur et le foie (mais les cerveaux artificiels n’étaient pas encore au point pour un transfert autonome) : vivre avec le cerveau de quelqu’un qui valait mieux que soit. Le cerveau des morts en savait plus que vous. Le cerveau de qui n’avait pas commis de crime ou avait pensé droit valait mieux que le cerveau d’un délinquant ou de qui pense de travers – généralisons la greffe avec prescription judiciaire. Mais on s’intéressait de plus en plus à l’autre moitié de la collecte : ces demi-cerveaux conservés ensemble. Tels quels, déjà un cerveau gigantesque, un cerveau plus gros que celui de deux cents éléphants ou cinq cents baleines (avant que les cerveaux japonais les eussent éteintes). La possibilité, à tout point zéro du temps, de revenir savoir ce qu’en pensaient ceux du temps de la collecte : la sagesse des anciens appliquée au temps présent sans la distorsion de l’interprétation. Et quelle perspective politique aussi : au lieu de tous ces demi-cerveaux qui nous gouvernent ou administrent, confier à la banque qu’on appelait déjà la Banque de tous les cerveaux l’idéal d’une pensée qui exprime la collectivité – une démocratie enfin réelle parce que réellement la pensée d’un tous. Restait l’inconnue, celle qui justifiait de continuer à scier les demi-cerveaux pour tenter de l’apprendre : deux demi-cerveaux pensent-ils comme un entier ?

 

- SOURCE : SCIENCE & AVENIR.

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françois bon © Tiers Livre Éditeur, tous droits réservés
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 janvier 2014
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