13.09.17 | les beaux cercueils

l’idée de cercueils personnalisés confiés à des artistes spécialisés faisait son chemin – source : Wikipedia


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1 _ COMPRESSION

C’est une tradition du Ghana : faire réaliser de son vivant par un artisan (la même étymologie que le mot artiste) un cercueil dont on choisit la symbolique : animal (le lion, la poule, le crabe) ou lié aux inventions du temps (la voiture, l’avion). Ils ont rapport à la profession du défunt et ne sont vus qu’à l’occasion des funérailles, ni avant ni après, puisque enterrés avec leur occupant. Et pourtant, peinture, bois précieux, célébrité désormais de l’artiste figuratif qui les réalise. Quel plus bel honneur à faire, non pas même au mort, mais à notre croyance concernant leur puissance et influence ?

 

2 _ RENVERSE

Notre société était de longtemps malade de ses cercueils. On importait de très loin les modèles en chêne, à poignée de bronze et capitonnage intérieur (on s’en était récemment aperçu lorsqu’un porte-conteneur chinois avait laissé échapper son chargement, et qu’un essaim de cercueils s’était déversé sur les plages). Pour les incinérations, on proposait des cercueils en carton, ou en bois aggloméré mais ça n’avait pas pris : on voulait du sérieux, même pour ces quelques minutes sous le brûleur. Les services municipaux des grandes villes proposaient toujours un modèle économique, mais on les importait de Roumanie ou Hongrie. Alors quelques audacieux avaient eu l’idée de revitaliser ce marché (c’était le mot pour toutes activités), au retour d’une visite au Ghana (disait-il, il lui avait peut-être suffi d’un hasard sur son ordinateur) : à chacun un cercueil selon sa profession, toutes nos professions françaises. Et si vous étiez trop riches pour travailler, un cercueil en simili complet-costume. On vous le faisait aussi selon le loisir, alpinistes enterrés dans un piolet géant. Sportifs roulés en boule dans leur ballon. Ce n’était pas toujours facile avec les allées normalisées des cimetières, mais là aussi ça donnait de l’air. Beaucoup de ceux qui passaient leur vie sur des ordinateurs refusaient cependant l’enterrement dans un faux clavier ou un écran plat, juste bombé pour la dépouille : ils disaient qu’il fallait des objets stabilisés dans l’apparence et dans le temps. Finalement, c’était plus facile pour les photographes, ou les écrivains qui utilisaient encore le stylo.

 

3 _ SOURCE

WIKIPEDIA

LES MOTS-CLÉS :

françois bon © Tiers Livre Éditeur, tous droits réservés
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 septembre 2013
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