13.09.21 | sur le gloppy blobfish encore

la véritable explication de cette masse graisseuse ayant obstrué les égouts de Londres – source : The Planet


1 _ COMPRESSION

Quel étrange animal que celui qu’on a nommé le gloppy blobfish, appellation évidemment bien plus commode que son nom savant (et latin, pourquoi le latin : il ne vivait qu’au large de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande ?) de Psychrolutes marcidus. Dans ces profondeurs, tout doit être économisé : quelle merveilleuse singularité de l’évolution, une masse gélatineuse de densité très proche de l’eau de mer, qui lui permettait, sans effort de natation, de flotter au-dessus des grands fonds marins et s’y laisser dériver, la gueule largement et passivement ouverte, capable de digérer même les crustacés les plus épineux qu’il happait au passage. Mort douce pour ces homards ou poulpes ou autres poissons de ces profondeurs : se croire encore dans l’eau profonde, la trouver plus douce, ne pas s’apercevoir que l’entonnoir de gélatine lentement se ferme et les enferme. Les réserves de poissons que commercialisaient de longtemps les hommes, les tonnes déversées chaque matin dans leurs hypermarchés avaient trouvé leur limite : le chalutage autorisait des câbles de 2 kilomètres de long, on raclait désormais les grands fonds. Les pêcheurs détestaient relever dans leurs filets ces masses amorphes et molles, dont ils n’avaient aucun usage.

 

2 _ RENVERSE

On n’avait eu tout d’abord que peu de renseignement sur la reproduction du blobfish : comment aurait-elle été à l’image des poissons ordinaires, lui qui était si peu ordinaire ? On n’avait pas mesuré qu’en surface leur gélatine se reproduisait, avait capacité de reconstituer la même masse amorphe susceptible de tout digérer. Sauf qu’elle n’était plus maintenue dans les limites habituelles par la forte pression des fonds. À peine si on reconnaissait alors ces yeux noirs et ce gros nez qui caractérisaient l’espèce, susceptibles de se reconstituer depuis le moindre fragment dépecé ou rejeté. Et cette gélatine, transportée par contact des autres poissons chalutés, avait vite été localisée dans les zones d’exportation de l’hémisphère nord, principal consommateur, et de la Chine aussi ou du Japon, oùde longtemps on savait accommoder même les méduses. Cet été, lorsqu’il avait fallu évacuer des égouts de Londres un blobfish, qu’on avait dit gros comme un autobus, on avait réussi à dissimuler à la presse la nature animale de ce qu’on avait simplement désigné comme « amas de graisse de 15 tonnes », dont la présence avait été détectée parce que refoulaient les chasses d’eau d’un bon quart de la ville – beau destin pour la fin de l’humanité et ses villes orgueilleuses. Mais en quelques mois on en avait eu de nombreux autres témoignages, dans de nombreuses villes avec fleuves. Qui aurait pu prédire que l’humanité affronterait un danger venu de la gélatine amorphe, et qui plus est d’une gélatine avec des yeux ?

 

3 _ SOURCE

WIKIPEDIA


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1ère mise en ligne et dernière modification le 21 septembre 2013
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