2010.01.28 | Québec, tombes, fleuve, neige


En coupant à travers la ville dans l’idée de rejoindre les amis de la librairie Vaugeois, on tombe par hasard sur cette allée qui s’enfonce sous les arbres : dans cette ville où tout est en français, le fer forgé indique Saint-Patrick cemetary.

Il faut avoir visité Grosse-Île pour que l’histoire des Irlandais (et celle en creux de l’Irlande) soit définitivement mêlée à celle des émigrants de France, même pauvreté, même radicalité de l’accueil dur.

C’est ici qu’on les enterre, les Irlandais, et les tombes protestantes s’y mêlent, avec des noms écossais ou anglais, et finalement une proportion pas si faible d’épousailles (Françoise Gamache Stanton, qui fit inscrire sur sa tombe La vie, jusqu’au bout)...

La beauté de ce cimetière, c’est d’être en surplomb du fleuve, sous sa carapace de gel et de bouscueils. Même si on enfonce dans la neige, on fera le tour. Troublant pour nous que la ville, qui vient là jusqu’au bord avec ses immeubles et ses maisons particulières, n’y connaisse pas les clôtures : où est la transition, du cimetière, de la forêt, et des balançoires des enfants ?

Finalement, il sera trop tard pour aller à la librairie, le Journal de Saint-Denys Garneau qu’on voulait s’y procurer attendra.

 


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 28 janvier 2010
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Messages

  • oui, une fois à Salisbury, on s’est retrouvés éjectés, par un diacre, gentiment mais fermement d’un cimetière où avec les collègues et 50 gosses on avait commencé à piqueniquer ; on a expliqué notre bonne foi, où était la limite du parc et le début du cimetière ? on est habitués à ce que les choses soient clairement définies et un peu honteux, on l’a dit.