poésie Evry urbaine #01 | une immersion

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de la belle image

Hier soir, dans le RER puis le train retour Evry, c’est un échange avec Thierry Paquot, urbaniste et éditeur, qui m’a lancé sur cette étrange piste : « les lieux de tous tes livres », disait-il (ie me disait vous, mais j’aime pas), et moi je pensais à cette inflexion qui s’est passée à partir de Pantin 2006 : l’enquête blog remplaçant la prégnance ville dans les livres. Donc la litanie depuis Bobigny, 1986, Berlin, 1988, Bagnolet, 1998, Argenteuil, 2005, Pantin, 2006, puis Québec et Montréal, 2009, l’exploration Saclay plus la Défense 2012, les ronds-points avec le pOlau en 2015 et les 6 ans Cergy... En publiant blog, la photo numérique, avec ce principe ici que la narration vient de la série, dialogue sans doute avec la prégnance intérieure d’un livre infini. Je n’écrirai pas sur Shenzhen, Sapporo, New York ou Chicago, je rêve de revoir Bombay, Tel Aviv et Jérusalem sont derrière la rétine et le monde est tellement vaste : alors se mettre dans la tête l’idée de ce livre infini, pour chacun, des villes où on a passé. Ce matin j’ouvre une série qui ne marchera pas selon date du jour, parce qu’hier par exemple j’ai rapporté 453 photos de mes 7 heures (11h25 - > 18h15) à découvrir non pas Evry, mais un bâtiment d’Evry. Il paraît (merci Franck Senaud) que l’expérience va durer 2 ans — évidemment une cohérence, justement, par rapport à Bobigny ou Cergy, mais l’idée, et je suis si heureux d’amorcer ce voyage, que ce soit venir ici dans une pépinière de start-up (vous inquiétez pas, on racontera ça à mesure, comme un feuilleton, ou un voyage en pays lointain) de venir travailler au centre même, et le plus névralgique, de la ville, pour y tourner et monter des vidéos, les fictionner, et aussi écrire — se recoller à la VR aussi, dès que je peux me racheter une caméra 360. Donc, là, juste un prologue, un début de voyage : comment le séjour même à Evry, pensé comme long terme, régularité, déplacera ou renouvellera ma manière de photographier et de filmer, et donc de tenir récit du voyage, en reprenant cette idée de Saclay ou des ronds-points du livre web comme écosystème ? Et même dormir là, dans ce ciment : avoir traversé hier cet appartement vide, comme la mansarde du Golem chez Meyrink, face au gigantesque bâtiment de la banque abandonnée. Ou ce que je n’ai jamais vraiment pu faire à Cergy, malgré les vidéos de nuit, si — lorsque tu viens comme prof à l’école d’arts — tu ne t’appartiens plus, tandis qu’ici on m’invite pour que je travaille à ma guise ? L’analyse urbaine, trop complexe pour un mode d’approche linéaire, ou se résoudre au seul visible, à l’échelle constante, qui viendrait ici par fragments ? Ou la décision difficile d’insérer cette série dans l « journal images » plutôt que le dossier « résidences » du site ? Trois coups pour le lever de rideau, et il y aura tag #Evry en bas pour tout faire surgir d’un coup, une rubrique dédiée quand ça commencera à se déplier, et l’écran bleu, tout en bas, sera sans doute le générique, on s’en expliquera.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 novembre 2019
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