le monde de Rabelais | Screech, Novarina, la Devinière... en 1988

un projet majeur pour le site, une exploration Rabelais dans ses lieux même



 sommaire principal et exposé du projet ;

 le journal du projet par e-mail, le logbook et son atlas des vidéos, le dossier numérique : choisissez votre niveau de participation (prix promo jusque 31 mars) ;

 

4 x 52’ sur France-Culture : Screech, Novarina, la Devinière... en 1988


Dans ma vidéo de présentation, je m’étais royalement trompé sur la date. Il faut dire, c’était bien avant l’Internet, et même avant les téléphones portables. Je n’avais même rien pour faire des photos sur place ou en studio, comme aujourd’hui je le ferais, l’idée n’en venait même pas. Mais France Culture, radio de service public, était ouverte aux aventures, et le génie propre à Laure Adler et Alain Veinstein, aux commandes des Nuits magnétiques, c’était simplement de vous associer un réalisateur (ici une réalisatrice, Christine Robert) qui serait en affinité avec les risques pris.

C’est donc au retour de Berlin, à l’automne 1988, qu’ils acceptaient ma proposition de s’embarquer pour un voyage Rabelais, quatre émissions de 52’. Mon livre La folie Rabelais (Minuit, 1990, le premier écrit sur Atari 1040) n’était pas encore écrit, ni les textes d’après les fac-simile des éditions originales disponibles.

Mais il y avait, dans les écrivains, quelques voix rabelaisiennes : Valère Novarina le premier, et ici on retrouvera aussi le cher Michel Chaillou. J’avais voulu au moins un savant aussi, et c’est Michael Screech qui avait bien voulu venir d’Oxford (le pauvre avait avancé l’argent du billet d’avion, quelle galère ensuite pour le remboursement, j’y suis arrivé, mais il est toujours resté sur la défensive ensuite).

Et puis faire entendre les textes : Roséliane Goldstein, la compagne de Valère Novarina, et Laurence Mayor étaient de toutes ses aventures théâtre. Les courriers d’auditeurs, comme on disait, ont plu : quoi, faire lire Rabelais à des femmes ? Mais ce serait la même chose plus tard quand j’enregistrerai le feuilleton sur les Rolling Stones : quoi, ce type raconte lui-même ce qu’il écrit, au lieu d’en passer par le syndicat des comédiens ?

Mais ce dont je me souviendrai à jamais, de ce bel automne aux couleurs chaudes, nous qui venions de nous installer dans l’austérité de la côte vendéenne, c’est le voyage à la Devinière. Une Devinière qui n’avait rien, mais rien à voir avec ce que c’est maintenant : les agapes costumées et embrumées des prétendus Amis de Rabelais, quelques pièces nues en montre, le paysage autour arasé et écrasé par le « remembrement » des années 70, puis le panache de la centrale nucléaire en pleine puissance, qui était le seul géant aux environs, et où travaillait le mari de Mme Chemin, la responsable du lieu. Et voilà qu’elle nous délivrait, pendant une heure, une intelligence matérielle, concrète, élective de Rabelais, rien que pour cela je suis heureux que cette archive existe.

J’ai dû recevoir en copie, comme on faisait à l’époque, quatre petites cassettes, on n’était même pas passé encore à la gravure CD. Perdu il y a longtemps. Mais c’est Geneviève Huttin qui a longtemps programmé ce France Culture la nuit, avec rediffusion d’archives, et celle-ci date de 2016, peu probable même que j’aie été prévenu, mais on peut l’écouter en ligne et ça, quelle découverte...

La voici dès à présent, je vais la compléter d’un index (mais il faut se réécouter soi-même, à un tiers de siècle de distance c’est difficile), et dès à présent aussi à écouter soit ci-dessus en mode podcast, soit en téléchargeant dans le dossier numérique (voir lien dans le logbook, ou via le QR code dans le livre), la version mp3.

Ah oui, il est vraiment lancé, maintenant, ce projet !

 


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
diffusion sous licence Creative Commons CC-BY-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 20 mars 2023
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