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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>de l'oeil dans les r&#234;ves (suite)</title>
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		<dc:date>2014-12-26T21:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>r&#234;ves et bizarre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;chambre d'enregistrement des images du dedans&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;bloc des r&#234;ves et anciens r&#234;ves&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot251" rel="tag"&gt;r&#234;ves et bizarre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3132.jpg?1352734078' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff3132.jpg?1352731995&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;718&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;A nouveau je dispose de la possibilit&#233; de passer mes deux doigts derri&#232;re l'oeil, le sortir et le nettoyer. Mais j'ai peur : est-ce que je saurai le replacer ? Est-ce que vraiment je verrai enfin plus net, ou bien au contraire, &#233;pongeant ce bain liquide qui entoure l'oeil, tout le monde environnant en sera d&#233;sol&#233;, terne, comme certains de ces anciens tableaux d'avant la perspective, pourtant si abstraitement forts, et o&#249; souvent l'id&#233;e de la mort se prom&#232;ne ? J'ai l'impression que si moi-m&#234;me je ne fais pas ce nettoyage de l'oeil, quelqu'un d'autre le fera &#224; ma place et ce sera encore plus d&#233;sagr&#233;able. Un inconnu est l&#224; qui me dit, si j'h&#233;site, qu'il dispose d'appareils impeccables pour y proc&#233;der, et me montre un genre de cuiller.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;663&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res nuits, je me prom&#232;ne de fa&#231;on r&#233;currente en r&#234;ve avec un b&#226;ton d'aveugle : une longue canne blanche, plus haute que moi, dont je me sers avec solennit&#233; Je suis bien conscient des regards curieux des gens vers moi. En fait, c'est une tringle, une brave tringle &#224; rideaux, ab&#238;m&#233;e aux extr&#233;mit&#233;s, et pas tr&#232;s lourde. Ici, venu pour un stage de plusieurs semaines dans cette ville, qui est une autre r&#233;currence dans mes r&#234;ves, je me demande bien moi-m&#234;me comment on m'a laiss&#233; prendre l'avion avec. Mais cela n'emp&#234;che rien : je ne m'en d&#233;pars pas. Et quand je marche, tr&#232;s Mo&#239;se, je fais en sorte qu'on voie bien qu'elle m'est un attribut d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;654&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans ce r&#234;ve, ma peau &#233;tait sem&#233;e de zones d&#233;pigment&#233;es. J'ai d&#233;j&#224; vu &#231;a autrefois sur quelqu'un : il para&#238;t que c'est un genre de champignon, et &#231;a se soigne apparemment sans probl&#232;me. Mais cette d&#233;pigmentation prenait sur moi un c&#244;t&#233; plus mena&#231;ant : aucun reflet sur ces taches, et je d&#233;couvre qu'elles sont multipli&#233;es sur mes jambes, en partant de l'int&#233;rieur. Et puis une curieuse d&#233;pilosit&#233;. J'ai l'impression que je n'aurai plus de coquille, que je devrai marcher fragile. Ces taches d&#233;pigment&#233;es s'assemblent selon des figures g&#233;om&#233;triques, je prends le temps de les regarder. Il ne faudrait pas que les autres s'en aper&#231;oivent : au demeurant, non, ils ne s'en aper&#231;oivent pas, ou pensent que c'est d&#251; simplement &#224; la prise d'&#226;ge. J'ai maigri aussi, beaucoup trop.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;650&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;autre variation sur th&#232;me dit qu&#234;te de l'alli&#233;, ou s'intitulant comme cela dans la t&#234;te lorsque commence le r&#234;ve&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Parfois, le double m'est favorable. En avant de moi, il porte les mains sur ce dont j'ai &#224; traiter avec les mains. Il pense probablement, puisque les mots qu'il articule sont les mots que j'avais souhait&#233; dire, pour cette circonstance, pour ce probl&#232;me pr&#233;cis. Il y a seulement que je n'aime pas la voix de mon double : trop lisse, trop claire, la mienne est plus sourde, et d&#233;timbr&#233;e. Mais qui le saurait, s'ils n'ont entendu que mon double ?
&lt;br&gt;
Plus souvent, on est conscient de l'irruption du double parce que d&#233;favorable. Les choses qu'on prend vous tombent des mains, on efface un fichier, on dit ce qu'il ne faut pas (on l'a pourtant bien dit soi-m&#234;me, de la voix sourde et d&#233;timbr&#233;e). On re&#231;oit des mauvaises nouvelles, on encaisse des chocs. On voudrait le pousser en avant, le double, pour qu'il vous prot&#232;ge, ou bien au moins qu'il en charge son sac, et vous laisse libre du v&#244;tre.
&lt;br&gt;
Mais la plupart du temps, le double est indiff&#233;rent. Il est &#224; c&#244;t&#233;, l&#233;g&#232;rement en recul. Votre difficult&#233; &#224; probl&#233;matiser avec des mots ce que vous pensez, il s'en moque (m&#234;me pas de demi-sourire ou de d&#233;sapprobation exprim&#233;e). Les mauvaises nouvelles qui se profilent, lui &#231;a ne le concerne pas, apparemment : il l&#232;vera vaguement les yeux vers les &#233;tag&#232;res &#224; livre, comme si cela suffisait.
&lt;br&gt;
Parfois, on aimerait &#234;tre &#224; sa place. Qui s'en apercevrait ? Mais lui, comment formaliserait-il l'&#233;change ? Ou bien : et si tous ces probl&#232;mes, cette incertitude, ces mauvaises nouvelles seulement parce que cet &#233;change on l'a fait, trop t&#244;t, il y a trop longtemps, et que maintenant nul de nous deux pour savoir comment revenir en arri&#232;re.
&lt;br&gt;
Reste la double pr&#233;sence, ou cet obs&#233;dant sentiment de d&#233;doublement : ce qui m'arrive me traverse, ne me rejoint pas. C'est cela, &#234;tre son double ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;642&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;tait terrorisant dans ce r&#234;ve, c'&#233;tait ma propre impossibilit&#233; &#224; me rendre compte de ce en quoi sa situation &#233;tait impossible. Il y avait deux voyages en train, et si quelque chose de mon point de vue n'allait pas, c'est le g&#226;chis. Deux fois l'aller Tours Paris un lundi matin, quand le train est si cher. Et s'y greffaient &#233;videmment bien des d&#233;tails. La discussion avec les deux filles contr&#244;leur le premier voyage, qu'elles me connaissent par mon nom, et que j'avais pris &#224; l'une, par vengeance, des billets qui ne m'appartenaient pas. Et, pour le deuxi&#232;me voyage, ce mod&#232;le tout r&#233;cent de train, l&#224; encore bond&#233;, et qu'&#233;taient tout pr&#232;s dans les si&#232;ges des gens que je connaissais, dont mon voisin d'en face, et que j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas faire esclandre. Enfin, ce rendez-vous, pour lequel j'allais deux fois &#224; Paris, c'&#233;tait un rendez-vous sans espoir, d'ailleurs je m'apercevais trop tard, me souvenant qu'on &#233;tait lundi matin, que le directeur de maison d'&#233;dition &#233;tait &#224; sa r&#233;union hebdomadaire et ne me recevrait pas, surtout n'ayant pas pr&#233;venu. C'est vers ce moment-l&#224; que je me suis r&#233;veill&#233; vraiment terroris&#233; : j'avais pris deux fois le train ce matin-l&#224;, il ne manquait que le temps d'un retour. J'avais exist&#233; dans deux moments s&#233;par&#233;s du temps, sans possible commutation g&#233;ographique de l'un &#224; l'autre. Et si tous ces gens &#233;taient &#233;tranges avec moi ce matin-l&#224;, c'est qu'ils s'en &#233;taient bien aper&#231;us. La fille contr&#244;leur fouillait dans mon cartable, elle voulait tout savoir de ces manuscrits, et moi je ne voulais pas qu'elle d&#233;couvre ces billets que je lui avais au premier voyage carr&#233;ment subtilis&#233;s, alors qu'ils ne pouvaient me servir &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;626&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;D'ombres et lumi&#232;res en s&#233;quences rapides, z&#233;brantes. Me d&#233;pla&#231;ant, z&#233;brures et s&#233;quences se d&#233;pla&#231;ant. Approchant des murs, z&#233;brures et s&#233;quences trouant le mur, rebondissant, perturbation : ainsi marchant dans la suite des pi&#232;ces et couloirs, dansant m&#234;me, seulement o&#249; alternances raies lumi&#232;res, &#233;clatements et glissements de lumi&#232;re ne rebondissant pas sur murs et parois : moi-m&#234;me fait lumi&#232;re, cette variation lumi&#232;re. Levant la main &#224; hauteur de visage et l'approchant des yeux : lumi&#232;re. Tourneboulant sur moi-m&#234;me et immobile au sol : comme on &#233;teint progressivement une lampe. Apprenant alors &#224; conduire doucement lumi&#232;re fixe, lumi&#232;re douce, lumi&#232;re stable. Accepter de l'emmener au dehors, o&#249; personne ne voit lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;26 &#8212; tr&#232;s ancien r&#234;ve (retravaill&#233;, sans date)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La demande &#233;tait : une phrase qu'on puisse, &#224; cet instant, crier. Et crier avait sens si le cri m&#234;me, celui que d&#233;terminait la phrase, avait sens. &lt;br&gt;
Que quelqu'un surgisse et crie ne suffit pas. &lt;br&gt;
J'enqu&#234;tais : les raisons qu'on a de crier. Elles ont des racines dans chaque porte de l'exc&#232;s : ainsi la haine, la douleur, la joie, la rage, la peur.
&lt;br&gt;
Au fond, plut&#244;t une seule : dans chaque composante, ce qui provoque l'exc&#232;s c'est la peur. On crie de joie parce qu'on &#233;chappe &#224; la peur, on crie non pas de douleur mais pour la peur d'o&#249; elle nous emm&#232;ne, et la rage aussi est une peur. La haine, c'&#233;tait faux : on ne crie pas depuis la haine. Elle est silencieuse et liquide. On coule cela vers qui on hait (il m'arrive de ha&#239;r : je sais qui je hais).
&lt;br&gt;
&#199;'aurait &#233;t&#233; trop facile de dire : la peur. D'&#233;crire : voil&#224; la peur, voil&#224; ce qui fait peur, alors on crie. C'&#233;taient des mots et des phrases qui aient sens qu'il fallait donner. Comme un chant satur&#233; et tendu, qui se fragmenterait, &#233;claterait et retomberait. &lt;br&gt;
Cela fait dix jours que je cherche. Ce que j'accumule, je l'&#233;loigne. On ne peut pas inventer un cri pour un autre. Et moi je suis muet. J'avale, je garde, je me grandis dans ces haines, j'accepte ces joies. Et la peur qui me tient, avec ses bouff&#233;es ou ses calmes, elle me crispe plut&#244;t, je m'enfonce dans l'immobilit&#233; o&#249; je coupe ce qui relie au dehors (&lt;i&gt;dehors&lt;/i&gt;, tel &#233;tait le mot qu'on interrogeait) : ni t&#233;l&#233;phone ni lettres ni message, et les rendez-vous, annul&#233;s &#224; la derni&#232;re minute, c'est trop souvent mon genre et je le regrette bien. Mais comment faire autrement. &lt;br&gt;
J'avais pourtant cette phrase. Elle me revenait de tr&#232;s loin. Depuis le m&#234;me endroit que celui qui, une fois, sur quatre plaques successives de carton, avait peint un cri et nomm&#233; sa toile : &lt;i&gt;le cri&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;
Cette phrase, c'&#233;tait celle-ci : &lt;i&gt;L'ombre de la mort est blanche&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;
Je me disais qu'on pouvait crier cette phrase.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;14 &#8212; versions initiales de deux des trois r&#234;ves transcrits et r&#233;&#233;crits dans &lt;i&gt;Impatience&lt;/i&gt; (1998)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Devant la glace je prends des ciseaux et me coupe les cils, puis les sourcils, de l'oeil gauche, qui restent cependant plut&#244;t longs. L'oeil dans la glace s'agrandit soudain, affin&#233;, d'un bleu vert intense, et comme charg&#233; de tendresse. D'une expression de tendresse que je ne m'&#233;tais jamais connue Mais un d&#233;s&#233;quilibre, &#224; la proximit&#233; de cet oeil nu dont j'examine le reflet : le reste du visage m'appara&#238;t distendu, d&#233;form&#233;. Je passe donc &#224; l'oeil droit, mais cela r&#233;siste. Les sourcils sont trop drus, trop d&#233;velopp&#233;s vers la tempe. Quant aux cils je m'y prends mal, je ne suis pas &#224; ma main : soit je les arrache, extirp&#233;s avec la racine, soit je me pince durement la peau. Dans les deux cas &#231;a me fait mal, et la douleur, d&#233;sormais persistante, continue, me semble provenir d'un point unique, situ&#233; tout au fond de l'oeil. R&#233;sultat : je d&#233;couvre l'oeil droit, comme l'autre, agrandi, mais ce globe d&#233;pourvu de cils est repoussant, terne. La corn&#233;e, jaune, est craquel&#233;e d'un labyrinthe ros&#226;tre, &#233;pais. Et je sais que la d&#233;figuration est d&#233;finitive. Je suis triste, et sens que jamais plus je ne pourrai m'arracher &#224; cette contemplation d'un visage, le mien, dissym&#233;trique, ab&#238;m&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chambre d'h&#244;tel, en province. C'est la nuit, mais plut&#244;t vers le matin. Parce que j'ai &#224; &#233;crire quelque chose d'importance, je dois m'&#233;quiper en cons&#233;quence. Donc je me plante, au bout des gros orteils, une cartouche de stylo, piqu&#233;e sous l'ongle. &#199;a me fait mal, mais tant pis. Je fixe le plus solidement possible chaque cartouche avec du sparadrap, et recouvre le tout d'une chaussette. Pour que cela marche, que l'encre arrive bien. Je dois appuyer fortement sur le stylo que je tiens entre mes doigts. Ainsi, &#224; travers le corps et la peau, l'encre arrive sur la page, et jamais besoin d'arr&#234;ter. Un seul doute : jusqu'ici, je n'avais pas besoin de me transformer de la sorte. R&#233;ponse instantan&#233;e : gr&#226;ce au sang, qui donnera au noir de l'encre une teneur rouge, l'&#233;crit prendra, m&#234;me dans son apparence ; un aspect plus profond, avec un sentiment de v&#233;rit&#233; bien plus fort. Et quelque chose aussi de l'ordre de l'&#233;motion. Mais mon syst&#232;me n'est pas au point. Au pied droit &#231;a tient mal. Tout est parti dans la chaussette, une chaussette en laine brune que je retrouve imbib&#233;e d'encre et de sang. La plaie saigne. &#192; gauche &#231;a tient, mais la cartouche est d&#233;j&#224; vide. Je d&#233;fais l'installation. Pour &#233;crire c'est fichu. Il faut laver les chaussettes, puisque je n'en trouve pas de re-change. Je ne m'en sors pas. Je ne souffre pas, mais mon pied bless&#233; laisse des traces sur le carrelage, et surtout devant l'armoire o&#249; j'ai fouill&#233;. Et si je fais cette lessive des chaussettes pleines d'encre, cela n'aura pas le temps de s&#233;cher avant l'heure de mon train pour Paris. Il va me falloir renfiler ces chaussettes gluantes, qui me d&#233;go&#251;tent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>mesure des r&#234;ves d'avril 2013</title>
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		<dc:date>2013-04-29T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>r&#234;ves et bizarre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tout le mois d'avril 2013, s'astreindre au r&#233;veil &#224; quotidienne t&#226;che br&#232;ve de notation&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;bloc des r&#234;ves et anciens r&#234;ves&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot251" rel="tag"&gt;r&#234;ves et bizarre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3481.jpg?1365571592' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.15&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Comme je suis en train d'&#233;crire le r&#234;ve que je suis en train de faire, et que je suis en Am&#233;rique, je dois bien faire attention &#224; mettre en italique ce qui est &#233;crit en anglais. Comme je suis en train d'&#233;crire un r&#234;ve en train de se faire, c'est tout ce qui est pens&#233; et v&#233;cu au pr&#233;sent qui doit &#234;tre en italique. C'est donc beaucoup plus difficile que &#231;a en a l'air, et je suis tr&#232;s fier de ma capacit&#233; &#224; tisser toutes ces nappes de langage. Le trouble surgit cependant : &#224; me concentrer sur ces questions, et si j'avais oubli&#233; le reste, le r&#234;ve lui-m&#234;me, ces lieux o&#249; la ville rencontre l'eau ? Donc je viens l'&#233;crire, illico, tel quel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.14&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans ce r&#234;ve, je d&#233;couvrais que le prochain livre d'Echenoz s'appelait &lt;i&gt;Trois employ&#233;s&lt;/i&gt; avec pour sous-titre &lt;i&gt;et le reste&lt;/i&gt;. J'avais d'ailleurs un pr&#233;jug&#233; tr&#232;s favorable, comme quand je relis les premiers Echenoz, juste pour retrouver la premi&#232;re d&#233;couverte de lecture. C'&#233;tait associ&#233; de mon c&#244;t&#233; &#224; une intervention que je devais faire sur le livre comme corps. J'&#233;tais quand m&#234;me interloqu&#233; par le sous-titre &lt;i&gt;et le reste&lt;/i&gt; : il voulait dire quoi, Echenoz, avec ce titre &#171; trois employ&#233;s et le reste &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.11&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La perception qui domine est celle que le corps au r&#233;veil ne pourra pas se d&#233;plier. Tel qu'il est, tel il continuera dans la vie diurne. En compensation, je suis beaucoup plus l&#233;ger. Je peux avancer, &#234;tre pouss&#233;, me d&#233;placer et penser comme si j'&#233;tais d&#233;pli&#233; et pouvais bouger et marcher. Ce ne sera donc pas si d&#233;sagr&#233;able, et pourra simplifier certains aspects de la vie. C'est exactement, je pensais, comme si j'&#233;tais une expression idiomatique, une expression en langue &#233;trang&#232;re dont on voit ce qu'elle veut dire, mais qu'on ne sait pas analyser autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.08&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Je suis dans ce train qui fait le tour du monde. C'est confortable, mais large dedans comme ces salles de ferry. C'est bond&#233;. On a pass&#233; Moscou, le prochain arr&#234;t c'est Varsovie, j'esp&#232;re que je ne me suis pas tromp&#233; de place. Je lis un document sur les m&#233;faits secrets de l'histoire de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.05&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est un r&#234;ve o&#249; il ne se passait rien. D'autre part, je savais que c'est cela que j'aurais &#224; &#233;crire. Le r&#234;ve me disait donc : regarde autant que tu veux, tu n'auras rien d'autre &#224; &#233;crire. Apr&#232;s, il basculait, comme on tombe avec un vertige. Mais si je repensais &#224; mes notes du matin, &#224; nouveau il s'immobilisait. Il y avait donc ce lieu o&#249; il ne se passait rien : grand carrefour avec patte d'oie et place bomb&#233;e dans la ville, grande place avec pr&#233;sence de l'eau (fontaine, inondation insidieuse), salle d'attente conventionnelle de m&#233;decine, la figure pouvait changer, comme une diapositive au fond, mais cela ne changeait pas l'essentiel : la dur&#233;e m&#234;me du r&#234;ve &#233;tait devenue cette attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.04&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce r&#234;ve, j'&#233;tais habill&#233; tout en gris, pantalon de tissu gris, flanelles grises, et un de ces gilets &#224; l'ancienne mode sans manche. Je me demandais bien pourquoi j'&#233;tais ainsi habill&#233; de gris et noir. Je n'aime pas le gris, et c'&#233;tait un c&#244;t&#233; guind&#233; ou emprunt&#233; qui ne me ressemblait pas. Et voil&#224; que j'allais comme cela dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tu as des murs tout autour de toi. Ils sont lisses. Je voudrais repousser ces murs. C'est tr&#232;s important. Il y a longtemps que je suis dans la pi&#232;ce. Je sais parfaitement ce que je dois faire pour repousser les murs, et pourquoi je dois le faire, et qu'est-ce que j'ai &#224; faire de l'autre c&#244;t&#233;. Mais cela fait des jours que je suis dans la pi&#232;ce, devant les murs, sans pouvoir rien faire.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'exercice qui consiste &#224; se souvenir des paroles (ou des musiques) prononc&#233;es en r&#234;ve est &#224; la fois formidable et dangereux. Dangereux, parce qu'&#233;videmment le plus grand discours se r&#233;duit &#224; trois mots qui en eux-m&#234;mes n'ont pas de signification, ou bien ricanent d&#232;s la premi&#232;re r&#233;daction, pour bien t&#233;moigner de leur indiff&#233;rence &#8211; apr&#232;s tout, au mieux tu r&#233;inventes un discours selon les lois et sensations approximatives qu'ils t'on laiss&#233;es. Formidable, puisque, dans la conviction que tout cela sera encore clair au r&#233;veil, ces paroles (ou ces musiques) vont conditionner tous les r&#234;ves &#224; suivre, comme si elles y &#233;taient pr&#233;sentes et actives &#8211; jusqu'au r&#233;veil exclusive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.03&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans la complication habituelle, cette image qui semblait naturelle dans son contexte, mais difficile &#224; rattraper maintenant : on ne pouvait plus &#233;crire &#224; sa table, les textes ne partaient pas de soi. J'en avais pour preuve ces deux jeunes qui, sur mon conseil, attendaient l&#224;-bas pr&#232;s de l'eau (plut&#244;t la mer) : &#234;tre pr&#234;t et disponible, et le moment viendrait o&#249; ils auraient &#224; &#233;crire parce que &lt;i&gt;l&#224; d'o&#249; vient le texte&lt;/i&gt; serait aussi pr&#233;sent. La figure revenait r&#233;guli&#232;rement dans la suite des r&#234;ves (bien s&#251;r, puisque je savais depuis lors qu'elle &#233;tait celle que j'aurais &#224; &#233;crire, &#231;'avait &#233;t&#233; clair toute la nuit sauf maintenant), avec des variations. Une fois, &lt;i&gt;ce sont les deux fils de Claude Ponti&lt;/i&gt;, ce qui est pour moi un pr&#233;jug&#233; favorable, mais en m&#234;me temps me fait douter de la question principale, celle de l'&#233;criture, sachant que Claude n'a pas de fils. Une autre fois, c'est sur un genre d'ancien paquebot qui d&#233;rive &#224; l'abandon qu'on doit attendre, et moi avec les jeunes. Une autre fois, c'est li&#233; &#224; la disposition int&#233;rieure du garage de Civray et son pont-&#233;l&#233;vateur (toujours aussi ce vieux souhait li&#233; &#224; l'&#233;criture, qu'&#224; mesure que j'avance en &#226;ge et en m&#233;tier, ma t&#226;che propre d'&#233;criture pourrait se suffire de donner une description extensive de tels lieux), et il ne s'agit plus que d'exposer un principe th&#233;orique, comme je l'ai fait tant de fois &#224; des &#233;tudiants, et qui vaudrait pour moi autant que pour les deux jeunes que je prends en exemple pour un interlocuteur non identifi&#233; : &lt;i&gt;&#233;crire n'est pas ici&lt;/i&gt;, il faut s'en aller dans ces zones du monde &#8211; avec de l'eau &#8211; o&#249; surgira &lt;i&gt;l&#224; d'o&#249; vient le texte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.02&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1&lt;br&gt;
Rien que ceci : alors que tu passes presque en courant dans cet angle de ciment, tu aper&#231;ois dans cette pi&#232;ce carr&#233;e et nue un gars qui travaille son piano (un quart de queue, il est de profil mais il t'a vu aussi), et ce qu'il joue r&#233;v&#232;le un musicien confirm&#233;. Tu lui fais juste un signe &#224; distance et tu continues. Le lieu, coursives ouvertes pi&#232;ces dans vraies portes ni fen&#234;tres, tient son rapport int&#233;rieur/ext&#233;rieur de l'IUFM Fort-de-France, C'est li&#233; &#224; deux &#233;v&#233;nements diurnes, c'&#233;tait tr&#232;s net quand, de tout le r&#234;ve, se fit l'injonction dans la nuit que c'est ce passage et ce passage seulement que tu aurais &#224; noter ce matin (le r&#234;ve &#233;tait compliqu&#233; et m'avait r&#233;veill&#233;, il &#233;tait vers 3h30) : l'un, ma propre difficult&#233; ces jours-ci &#224; avancer aussi bien le travail personnel que les t&#226;ches contraintes, s'&#234;tre dit que tout cela &#233;tait mille fois plus difficile dans un contexte sans perspective que lorsque tout cela s'inscrit dans des contextes un peu plus favorables, donc se dire que ces t&#226;ches il y avait &#224; les respecter comme un musicien doit travailler son instrument, m&#234;me sans aucun horizon, et deux, ce mail re&#231;u dans la journ&#233;e o&#249; un universitaire traitait D.P. (et nous-m&#234;me ses copains du m&#234;me coup) de &#171; freluquets &#187; parce que nous osions une r&#233;flexion sur la &#171; soumission &#187; d'un projet. Puis d'autres r&#234;ves, d'autres lieux, d'autres couloirs et escaliers. Mais celui-ci, juste ce type qui joue, dans une pi&#232;ce isol&#233;e, &lt;i&gt;une pi&#232;ce que je ne saurais m&#234;me retrouver, sit&#244;t que pass&#233;e&lt;/i&gt;, des musiques compliqu&#233;es, exigeant grand travail, et que moi, qui passe tr&#232;s vite dans coursive, soit perdu soit poursuivi, je lui adresse un rapide salut fraternel. Qui &#233;tait-il, que faisait-il dans mon r&#234;ve : c'&#233;tait un visage &lt;i&gt;sans source&lt;/i&gt;, sans rien &#224; qui ou quoi je puisse le relier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;br&gt;
Tu expliquais ce qu'il fallait savoir du r&#234;ve, la progression des exercices, l'appui sur l'illusion de r&#233;el pour revenir en r&#234;ve dans le r&#233;el, et bien s&#251;r l&#224; c'&#233;tait plus compliqu&#233;, il fallait bien d&#233;crire les &#233;tapes, la convocation de ces r&#234;ves qui te donnaient l'illusion parfaite de te mouvoir dans le r&#233;el, et puis comment tu convoquais cette illusion m&#234;me depuis le territoire du r&#234;ve, pour te lever et agir. Et c'est ce que tu faisais : &#224; cet instant tu te levais et agissais. Pour t'apercevoir que tu &#233;tais seul depuis longtemps, que ce que tu avais expliqu&#233; n'int&#233;ressait personne, et s'&#233;tait probablement enfui avec les gens, puisque toi-m&#234;me n'&#233;tait plus s&#251;r de rien &#8211; ce n'&#233;tait qu'un pauvre r&#234;ve, un de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.05.01&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tu vivais depuis quelque temps dans cette ville &#233;trang&#232;re, assez pour y avoir tes habitudes, et personne ne s'&#233;tait aper&#231;u de ta pr&#233;sence. C'&#233;tait un sentiment d'anonymat assez r&#233;confortant, tu y pensais &#224; chaque promenade, l&#224;, au coin de la rue (tu n'allais jamais bien loin, tu te le reprochais), et en m&#234;me temps sourdement mena&#231;ant : tous ces autres n'&#233;taient-ils comme toi que des gens en instance, s&#233;par&#233;s de tout et d'eux-m&#234;mes, subissant finalement la m&#234;me et tr&#232;s sourde angoisse ? Tu &#233;vitais de croiser les regards, ils en faisaient autant. Et c'est l&#224; o&#249; &#231;a devenait vraiment du r&#234;ve : m&#234;me quand vous vous croisiez face &#224; face, il n'y avait pas de regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.30&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais assis sur les marches, le long du mur, avec ce l&#233;ger vide sur ma droite. Elle, elle &#233;tait assise un peu plus bas, contre le mur, dans le vacarme des voitures. C'est peut-&#234;tre les voitures qui m'ont alert&#233; : ce dispositif, c'&#233;tait celui des deux ateliers de l'ancien garage de Saint-Michel en l'Herm. D'ailleurs, l'escalier avait m&#234;me proportion avec ma taille d'adulte qu'il l'avait avec ma taille d'enfant. C'est tout, rien de plus, le reste du r&#234;ve n'&#233;tait pas trop int&#233;ressant &#8211; juste qu'il se saisissait, pour placer deux personnages, d'un dispositif d'escalier au long du mur que je n'ai pas fr&#233;quent&#233; depuis 1964.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[AUTRE FRAGMENT] Encore retour usine. On doit se servir d'un moniteur branch&#233; sur un bo&#238;tier mais &#231;a ne marche plus, j'ai ouvert le bo&#238;tier, je cherche &#224; rep&#233;rer s'il n'y a pas de mauvais contact dans les circuits, mais chaque fois que je touche un des fils il se d&#233;fait. Je parle &#224; un type qui est le responsable de ce genre d'appareil, il me promet qu'il r&#233;parera dans les jours &#224; venir, &#231;a ne l'enchante pas, il insiste que ce truc marchait tr&#232;s bien. Je n'aime pas &#231;a, parce que je vais donc passer des jours &#224; devoir attendre, et tout le monde va s'apercevoir que je suis totalement incapable d'assumer mon travail, &lt;i&gt;m&#234;me si c'est avec une bonne raison &#231;a va devenir &#233;vident pour tout le monde&lt;/i&gt;. Le lendemain il m'a pourtant remis un appareil de remplacement, ancien, &#233;norme. Je l'installe sur un &#233;tabli et commence les tests. C'est une figure de bronze lisse, comme une sculpture de Moore ou Brancusi, quand je branche l'autre appareil d&#233;filent des dizaines d'images, de visages en transparence dans le bronze, &lt;i&gt;autant d'images que sur Internet&lt;/i&gt;. Mais rien qui concerne le travail &#224; faire, et &#231;a me culpabilise encore plus : m&#234;me avec cet appareil je ne sais rien faire. Ce sont principalement des sc&#232;nes anciennes, des articles li&#233;s &#224; des crimes, &lt;i&gt;une fa&#231;on de faire revivre l'histoire&lt;/i&gt;. &#199;a m'int&#233;resse beaucoup plus que la r&#233;paration d'une machine &#224; souder qui de toute fa&#231;on &lt;i&gt;n'a pas &#233;volu&#233; depuis le temps r&#233;el o&#249; je travaillais &#224; l'usine&lt;/i&gt;. Je d&#233;cide de tout plaquer et rentrer chez moi, le r&#234;ve s'arr&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.29&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans ce r&#234;ve, je me souvenais parfaitement de cet autre r&#234;ve : je me voyais donc r&#234;ver, le r&#234;ve &#233;tait lui-m&#234;me s'&#233;tonner de se souvenir aussi parfaitement du r&#234;ve pr&#233;c&#233;dent. Aussi, il est logique que je me souvienne bien mieux de cette sensation que du r&#234;ve lui-m&#234;me. Mais non, c'est cette sensation d'embo&#238;tement qui devient lumineuse : je suis devant un paysage urbain ouvert, avec de grandes rues et un carrefour, et le r&#234;ve dont je me souviens &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment dans cet endroit lui aussi. Et le sentiment de suspension temporelle se superpose pareillement &#224; un sentiment de suspension physique : je suis l&#233;ger et flottant dans ce carrefour, je pourrais me d&#233;placer rien qu'en appuyant sur des fl&#232;ches, comme on le fait dans une vue de Google Street View. Mais j'attends. Plus j'attends avant de le faire, mieux durera cette double sensation, qui suspend et le temps et la pesanteur du corps. D&#232;s lors que j'avancerai dans le d&#233;cor r&#233;el, que j'entrerai dans l'ancien r&#234;ve en quittant celui-ci, c'en sera fini de cette l&#233;g&#232;ret&#233;, comme c'en sera fini de la s&#233;r&#233;nit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.28&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi n'es-tu jamais assis dans tes r&#234;ves ? Tu es ce corps allong&#233; qui soudain flotte, immobile et remis en position verticale, souffl&#233; lui-m&#234;me o&#249; tu lui dis d'aller, ou bien o&#249; son champ visuel l'appelle, et toujours pr&#234;t &#224; retomber comme ces champignons qui &#233;clatent sous le pied, laissant &#233;chapper un nuage de poussi&#232;re s&#232;che. Cette poussi&#232;re s&#232;che est encore toi-m&#234;me, est encore tout aussi bien ton r&#234;ve, ton r&#234;ve et toi-m&#234;me confondu dans le seul nuage de ce qui n'a plus existence. Pourquoi sinon seraient-ils aussi importants, les lieux du r&#234;ve ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[DIALOGUE 3] C'est un exercice difficile, mais accessible, je lui expliquais. Je sais tr&#232;s bien o&#249; tu en es dans le r&#234;ve, j'expliquais. Je connais tes r&#234;ves et tu connais les miens, j'insistais. Et que cela ne s'explique pas, mais que nous savons ensuite le d&#233;velopper par le travail, j'insistais. Je donnais des explications tr&#232;s claires : je rappelais d'autres exercices plus simples sur le r&#234;ve, comme ceux li&#233;s &#224; la vision lat&#233;rale. J'expliquais qu'on payait cher, dans d'autres domaines, notre nature de r&#234;veurs : pas pour nous, les comportements guerriers, la froideur du commerce, la simplicit&#233; du comportement dans le r&#233;el. De toute fa&#231;on, j'ajoutais, tu sais tr&#232;s bien qu'on a d&#233;j&#224; pratiqu&#233; ou rejoint cette &#233;tape, tu as &#233;t&#233; dans mon r&#234;ve comme j'ai &#233;t&#233; dans le tien, j'ai dit. Et donc j'ai insist&#233; : il s'agira seulement de d&#233;cider ensemble, l&#224; o&#249; tu seras et l&#224; o&#249; je serai, qu'en se rejoignant dans le r&#234;ve nous d&#233;ciderons de le d&#233;placer ensemble. Si c'est une place dans la ville, nous traverserons cette place, si c'est au long d'une rivi&#232;re ou dans une rue qui va vers la mer, nous irons jusqu'&#224; l'eau ensemble. C'est un premier pas, j'ai insist&#233;, juste la v&#233;rification d'o&#249; on en est dans l'art du r&#234;ve, puis ensuite chacun chez soi. J'&#233;tais fier d'avoir expliqu&#233; &#231;a jusqu'au bout, le sommeil ensuite a &#233;t&#233; tr&#232;s serein, patient. Avec m&#234;me une envie de dormir, ou plut&#244;t, puisque ayant accompli les t&#226;ches normales du jour, une part pr&#233;serv&#233;e du sommeil en soi tout le long du jour, comme si l'attente ou le lien &#233;tabli devait se prolonger dans la veille, pour accueillir le nouvel exercice, comme propos&#233;. Attention, c'est un exercice difficile, l'avais-je aussi pr&#233;venue, c'est un exercice qui pr&#233;sente du risque, la peur absente dans les premi&#232;res rencontres peut revenir au premier plan dans la prochaine, si nous l'acceptions comme &#233;tape, je l'avais pr&#233;venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.27&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans la jalousie o&#249; tu es, tu cognes &#224; toutes les portes de la ville. Mais la ville par d&#233;finition est ouverte. D'une rue, bifurquent toutes les rues, et tout possible inexplor&#233; accro&#238;t ta rage. Seulement, l&#224;, maintenant, dans ce b&#226;timent, avec &#233;tages, ailes et couloirs, c'est la m&#234;me sensation d'ouverture, alors que par nature le b&#226;timent est une cl&#244;ture (vague ressemblance avec l'h&#244;pital psy de Qu&#233;bec, et ses cages suspendues au bout des balcons). &#192; un moment donn&#233;, on te montre m&#234;me, d'un soupirail que tu n'avais pas remarqu&#233;, l'escalier de pierre raide qui descend &#224; la cave (ressemblance cette fois avec l'ancienne synagogue de Fez) : &#8211; Ah, elle est l&#224;, votre cave, dis-tu &#224; tes interlocuteurs. Tu remarques qu'au fond c'est inond&#233;, une eau noire et opaque, immobile, profonde, dans le d&#233;dale des souterrains qui commencent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.26&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'homme boiteux passait dans la rue. Il connaissait les meurtres de tous. Tu te cachais. Tu ne souhaitais que cette affaire ressorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2013.04.25&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#192; nouveau cette r&#233;union de l'Oulipo qui se prolonge, dans le m&#234;me lieu et avec les m&#234;mes gens, mais l'enjeu est de prolonger dans &lt;i&gt;la litt&#233;rature qui compte&lt;/i&gt; ce qu'ils d&#233;veloppent pour des points &#224; moi tr&#232;s obscurs de po&#233;sie. Je dois leur soumettre le point de &lt;i&gt;la lumi&#232;re chez Balzac&lt;/i&gt;, le fait que le mouvement en avant de la narration chez Balzac est li&#233; &#224; certaines dispositions des portes vitr&#233;es et de comment on am&#233;nage la lumi&#232;re ext&#233;rieure par diffraction dans les maisons. Je peux en parler parce que je sais &#231;a de mon enfance, et dans le r&#234;ve j'en vois clairement les exemples. Je dispose aussi, en paix et tranquillit&#233; (c'est rare, dans mes r&#234;ves, en ce moment) de tr&#232;s pr&#233;cis exemples pris &#224; l'oeuvre de Balzac. Et puis le moment de l'expos&#233; ne vient jamais, on a toujours d'autres choses &#224; parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.24&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sch&#233;ma r&#233;current un peu lassant avoir &#233;t&#233; oblig&#233; de grimper sur une &#233;l&#233;vation, dune de sable friable, zone rocheuse escarp&#233;e, ou l&#224; simplement les capots de t&#244;le d'une installation m&#233;canique, grosse chaudi&#232;re de centrale, puis &#224; tel moment &#231;a coince, descendre est trop vertigineux, ou l&#224; ces t&#244;les grasses o&#249; il faudrait se laisser glisser sans prise. Te contraignant chaque fois &#224; laborieux demi-tour, ce demi-tour que tu voulais &#233;viter par dessus tout, et le paysage du retour se transformant lui-m&#234;me &#224; mesure pour inclure de fa&#231;on impr&#233;vue cette m&#234;me difficult&#233; qui t'avait emp&#234;ch&#233; la descente, effritements, parois lisses avec passage si &#233;troit, entrem&#234;lement de t&#244;les. C'est alors que souvent commencent &lt;i&gt;les animaux&lt;/i&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.23&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Juste ces deux rampes comme flottantes dans le noir, l'une faite d'une dizaine de lumi&#232;res bleues align&#233;es, l'autre d'une dizaine de lumi&#232;res rouges. Ce sont des lumi&#232;res rondes, comme de grosses diodes &#224; surface avant cylindriques, et elles ne sont pas &#233;blouissantes, juste flottantes. J'ai la sensation que si je les approche elles s'en iront flotter plus loin, aussi je me contente de brefs et lents mouvements &#224; distance, qu'elles r&#233;percutent d'ailleurs. Je trouve &#231;a tr&#232;s bien, ces deux rampes de couleur, et tr&#232;s important pour l'&#233;criture. &lt;i&gt;Ainsi devraient &#234;tre nos phrases&lt;/i&gt;. Cela correspond assez pr&#233;cis&#233;ment &#224; une d&#233;monstration que Jacques Roubaud venait de faire &#224; cette r&#233;union de l'Oulipo &#224; laquelle j'&#233;tais invit&#233;, &#224; propos du &lt;i&gt;taratantara&lt;/i&gt;. D'ailleurs, et c'&#233;tait aussi li&#233; dans le r&#234;ve &#224; cette veste de velours noir que portait Roubaud, comme on les achetait il y a longtemps dans les boutiques Adolphe Lafont sp&#233;cialis&#233;es dans les v&#234;tements de travail, ind&#233;pendamment des deux rampes de lumi&#232;re, la sensation c'est que c'&#233;tait Roubaud lui-m&#234;me, qui &#233;tait &lt;i&gt;important pour l'&#233;criture&lt;/i&gt;. Le reste est obscur, ou encombr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.22&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[DIALOGUE 1] Il te suffit de fixer un &#233;l&#233;ment pr&#233;cis des lieux, un angle de maison, un coin de ciel, le reflet d'un carrefour, la fuite d'une rue, me disait le type sans visage. Mais jamais personne n'a de visage dans mes r&#234;ves, et, &#224; cet instant, c'est dans son visage m&#234;me que je voyais appara&#238;tre les figures dont il me parlait. Alors le r&#233;cit de ton r&#234;ve sera bref et concis, ajoutait-il, et les autres s'y reconna&#238;tront. Moi je pensais qu'il se trompait : les figures et lieux essentiels de mes r&#234;ves, je les connaissais mieux que lui, et ne les lui dirais pas. Et ce que j'en dirais ici, &#231;a ne le regardait pas &#8211; fusse-t-il lui aussi un &#233;l&#233;ment de mes r&#234;ves. Par contre, je trouvais &#231;a bien beau, ces &#233;l&#233;ments de ville qui s'inscrivaient sur son visage, comme une toile de Magritte ou le reflet sur la visi&#232;re d'un casque int&#233;gral de motard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[DIALOGUE 2] Ce que tu &#233;cris n'est pas ton r&#234;ve, mais la recr&#233;ation d'un autre r&#234;ve, me disait ce type barbant. Mais c'&#233;tait moi, le type barbant, et moi ce que j'aimais c'est comment &#233;crire le r&#234;ve me refabriquait l'oubli du r&#234;ve. Oui bien s&#251;r, ce que j'&#233;crivais je l'avais r&#234;v&#233;. Comment je l'inventerais autrement ? Mais le type n'&#233;tait pas d'accord. &#192; ce moment-l&#224;, ses mains s'ouvraient et des feuilles de livres s'&#233;chappaient partout en l'air : &#8211; Eh bien, si tu les as r&#234;v&#233;es, retrouve-les ! me jetait-il d'un air de d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.21&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans l'inventaire des lieux r&#233;currents, c'est celui que j'appelle, quand je reconnais que le r&#234;ve m'y ram&#232;ne, Villa M&#233;dicis. Mais il n'a rien &#224; voir avec la Villa telle que maintenant. Ce qui l'identifie, c'est certain rapport &#224; une organisation diff&#233;renci&#233;e et labyrinthique des quartiers de la ville tout autour, &#224; la fois tr&#232;s distincts et interp&#233;n&#233;trables &#8211; l&#224; par contre reconnaissant les premi&#232;res semaines de vie &#224; Rome lors de mon propre s&#233;jour Villa, mais rien &#224; voir avec la Rome que j'ai appris &#224; conna&#238;tre, et qui a d'ailleurs tant chang&#233; depuis. Dans la Villa elle-m&#234;me, il y a toujours la conjonction et opposition du lieu &#171; pensionnaires &#187; et du lieu &#171; administration &#187; (l'administration de la villa r&#233;elle est situ&#233;e dans un demi-&#233;tage sur fa&#231;ade, communiquant aux extr&#233;mit&#233;s avec les deux appartements du directeur et du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral). Le c&#244;t&#233; pensionnaires n'a rien &#224; voir non plus avec la disposition de la Villa r&#233;elle, plut&#244;t un m&#233;lange superposant le c&#244;t&#233; d&#233;glingue de toutes les &#233;coles d'art que j'ai vues, y compris l'ENSBA. Mais en g&#233;n&#233;ral on y vit, et il y a entre ces ateliers des lieux communautaires, o&#249; en g&#233;n&#233;ral on ne me conna&#238;t pas &#8211; souvenir assez direct des p&#233;riodes, apr&#232;s mon s&#233;jour &#224; Rome, o&#249; il nous est arriv&#233; que des copains (&lt;i&gt;autrefois j'avais plus d'amis qu'aujourd'hui&lt;/i&gt;) nous pr&#234;tent leur chambre en leur absence, et il fallait r&#233;cup&#233;rer &lt;i&gt;et la cl&#233; et le code&lt;/i&gt; de fa&#231;on clandestine, c'&#233;tait avant qu'on puisse faire cela officiellement, et c'est une r&#233;currence &#224; l'int&#233;rieur du lieu r&#233;current. Dans ce r&#234;ve c'&#233;tait &#224; nouveau c&#244;t&#233; administratif : un b&#226;timent moderne, un type m'y emmenait mais ce n'&#233;tait pas le directeur, je devais attendre, j'avais dans mon sac un ordinateur et j'aurais &#224; faire une d&#233;monstration des possibilit&#233;s nouvelles des ordinateurs, &#231;a ne m'effrayait pas mais je voyais bien qu'ils n'&#233;taient pas trop concern&#233;s, &#231;a expliquait tout ce chemin avec des m&#233;tros, des tickets qui ne fonctionnaient pas, des mouvements de foule avec des contr&#244;les par la loi, &lt;i&gt;le fait que j'aie lu Giorgio Manganelli&lt;/i&gt; (on m'expliquait que c'&#233;tait mal vu de &lt;i&gt;s'int&#233;resser aux morts&lt;/i&gt;), une discussion bizarre avec un type qui m'avait contraint &#224; prendre dans mon cartable des objets dont je n'avais rien &#224; faire, le bruit &#233;norme de la circulation au-dehors, l'envie que j'avais de repartir, en tout cas une sorte d'accumulation qui mimait parfaitement mon rapport au monde r&#233;el. Et sur l'autre vague fond de peur : une fois que j'aurais ouvert mon ordinateur pour la d&#233;monstration, qu'est-ce que j'aurais donc &#224; &#233;crire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.20&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment notable, dans ces r&#234;ves en ext&#233;rieur dans ville confuse, &#233;tait plut&#244;t qu'une voiture exprimait ma position narrative. Nulle pr&#233;ciosit&#233; : je ne suis pas une voiture, une voiture n'est pas moi (encore que). Mais o&#249; &#233;tait la voiture, manoeuvrant et se d&#233;pla&#231;ant,&#233;tait ma position dans la ville, et aussi certain confort d'assister &#224; la vie des hommes sans avoir &#224; parler, ni serrer des mains, &#233;crire encore moins. Sans doute comptait d'avoir assist&#233; hier matin en direct sur le web &#224; cette chasse de Boston, dans ses premiers instants, avec l'image d'une voiture qui recule, repassant ensuite en boucle toute la journ&#233;e (quand justement il n'y avait plus que des voitures &#224; voir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.19&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Je n'avais pas dormi depuis tr&#232;s tr&#232;s longtemps. C'est le r&#234;ve qui me l'interdisait : tant que je r&#234;vais, il n'&#233;tait plus question de se replier dans l'int&#233;rieur du sommeil, de m&#234;me que depuis longtemps le jour ne te permettait plus de te replier dans la m&#233;diation libre ou d&#233;pourvue d'angoisse. C'est bien de cela au fond dont traitait ton r&#234;ve. Et puis tu aurais dormi comment : il n'y avait ni fen&#234;tre ni meuble dans ce lieu souterrain, qui pourtant t'&#233;tait favorable parce que vaste. Tu n'as jamais &#233;t&#233; g&#234;n&#233; de t'allonger sur le sol m&#234;me, coinc&#233; contre l'angle du mur, et y dormir. Mais cela m&#234;me &#233;tait interdit ici. Alors tu d&#233;ambulais comme on le fait dans le r&#234;ve : les yeux ferm&#233;s et voir pourtant de l'int&#233;rieur. Et ce que tu regardais &#233;tait ton propre r&#234;ve, celui qui te pla&#231;ait dans cette situation m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[PLUS TARD] C'est un salon du Livre dans une grande halle close. C'est avant que se tienne le salon. Il y a de longues tables, et l'&#233;quipe pr&#233;pare ces chemises qu'on donne aux participants des colloques. Je connais bien cette &#233;quipe, en fait celle du salon de Montreuil avant 2000, quand ils m'invitaient. Mais justement, tout ce temps a pass&#233;. Je dois faire trois interventions, mais aucune qui soit vraiment dans mes terrains de pr&#233;dilection. Il se passe des choses assez bizarres : un atelier d&#233;monstration de poterie, mais tenue par mon copain Ricardo qui est mort (on me dit qu'il est juste sorti quelques minutes). Et puis dans ce bout du b&#226;timent, une sorte d'escalier qui grimpe &#224; des appartements inoccup&#233;s. J'y suis mont&#233;, mais c'est sale, &#231;a a &#233;t&#233; squatt&#233;, et je m'y perds. Plus trop moyen de retrouver par o&#249; je suis entr&#233;, et je vais &#234;tre en retard. Alors le r&#234;ve reprend au moment o&#249; j'abordais l'escalier, et l&#224; je remarque que, dans cet espace interm&#233;diaire, on a construit un appartement comme suspendu. Le chantier n'est pas fini, et j'apprends que &#231;a appartient &#224; FC, rest&#233; un ami que je consid&#232;re comme proche, mais que je croise rarement (il me le reproche d'ailleurs). Dans la partie o&#249; doit se greffer son propre escalier, je vois avec &#233;tonnement une suite de commodes avec beaucoup de tiroirs, comme suspendue provisoirement en l'air, mais int&#233;gr&#233;es dans la construction, ce que je trouve une belle id&#233;e. Et puis un jeu de verri&#232;res dans le mur, un peu comme les dessins que cr&#233;e l'autofocus sur le viseur d'un appareil-photo. Je d&#233;cide de photographier &#231;a avec l'iPhone et de leur envoyer, apr&#232;s &#231;a s'embrouille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.18&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Violent oubli au r&#233;veil. Du moins de la partie importante, celle que je voulais noter. Souvenir tr&#232;s pr&#233;cis de tout le reste. Qui n'avait comme fonction, mais je d&#233;coure maintenant seulement, de me faire oublier le principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.17&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En plein centre-ville (mais de quelle ville, une ville moyenne que je ne reconnais pas), un grand b&#226;timent vitr&#233; rectangulaire, un peu comme la gare TGV de Massy, qui est r&#233;serv&#233; &#224; la vie des insectes. Je suis frapp&#233; par ce qu'on aper&#231;oit de l'insecte le plus grand du monde, tr&#232;s pacifique, mais plus grand que girafe ou tout autre animal, et puis bien s&#251;r les phasmes, dont pas moyen de distinguer o&#249; serait leur instance vitale propre. On nous montre d'ailleurs des bouts de phasmes, jambes seules (Boston ?) qui sont devenus des insectes en tant que tel. C'est un lieu luxuriant et agr&#233;able, plut&#244;t jardin botanique, o&#249; on est soudain tr&#232;s loin de la ville. En haut des oiseaux crient et tourbillonnent. Je suis frapp&#233; par le fait qu'ils ignorent et ignoreront toujours n'avoir connu du monde que cette version s&#233;par&#233;e et prot&#233;g&#233;e. Plus tard je reviens, je dois montrer l'endroit aux miens et &#224; des amis, je suis plut&#244;t fier de leur faire savoir ce que j'ai appris, mais c'est devenu glissant, terne et froid. Je leur montre que d'un endroit &#233;lev&#233;, ici, on aper&#231;oit la mer au loin, c'est &#233;videmment insuffisant. Et puis il y a des souterrains et cavernes glissants et maladorants, il faut bien cependant qu'on grimpe &#231;a jusqu'au bout pour sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.16&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#199;a aide &#224; &#234;tre plus attentif &#224; ce qui doit &#234;tre not&#233;, de ce qui ne doit pas l'&#234;tre, me dit en gros ce petit bonhomme en me tendant une verre ou une tasse d'un liquide orange douce&#226;tre &#8211; &#231;a aurait plus la couleur et la consistance d'un gratin de potiron un peu trop liquide, &#233;videmment je prends &#231;a avec m&#233;fiance et ne le boit pas, et &#233;videmment du coup je ne sais plus trop, ce matin, ce que j'aurais d&#251; noter du reste des r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.15&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans ces r&#234;ves qui suivent journ&#233;e avec trimbalage et immersion dans lieu avec beaucoup de gens, il y a beaucoup de trimbalage et de gens aussi dans les r&#234;ves. Plus surprenant : aucun objet. &#192; un moment donn&#233;, pour une histoire d'ampoule &#224; changer (je ne fais pas les &lt;i&gt;r&#233;parations n&#233;cessaires&lt;/i&gt;, je ne suis pas &#224; la hauteur de ce qui me revient de t&#226;che), il faut d&#233;baller un carton monstre, mais impossible de trouver ce qu'il faut dedans. &#192; un autre moment, puisqu'il est question de d&#233;m&#233;nager, changer de pays, on rassemble mes fringues et affaires, mais je n'ai m&#234;me pas le droit de m'en occuper, &#231;a tient sur un bout d'&#233;tag&#232;re et on le fait &#224; ma place. Un d&#233;m&#233;nagement avec changement de pays &#8211; reste du voyage au Maroc (un moment, j'&#233;pluche une orange et la mange), mais un Maroc vaguement transplant&#233; &#224; la Gri&#232;re. Dans ce d&#233;m&#233;nagement, ainsi ballot&#233; dans un monde de possession et d'objets sans avoir possessions ni objets (je n'ai &lt;i&gt;que la parole&lt;/i&gt;, mais qui voudrait de quelqu'un dont la seule vocation est de parler, comme je l'ai fait ce jour-m&#234;me &#224; Metz), reste toujours sous-jacent ce mensonge ou cette culpabilit&#233; : j'ai fait croire que j'avais les moyens de vivre comme tout le monde, et je n'ai pas l'argent pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.14&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Normalement, on per&#231;oit ce qu'il y a devant nous, ville, paysage, selon la perspective n&#233;e du champ oculaire. L&#224;, comme dans une photo en mode frontal, d&#232;s qu'on avan&#231;ait dans cette fille, on ne percevait ce qui nous entourait, soit lat&#233;ralement, soit devant, qu'en vue droite, sans perspective. On voyait les bords de la rue, les maisons, avancer d'une vue &#224; l'autre toujours en frontal et jamais en perspective. J'insiste : ce n'&#233;tait pas une particularit&#233; li&#233;e &#224; celui qui regarde, mais une sp&#233;cificit&#233; li&#233;e &#224; la ville, le pays, ou cette partie de ville et de pays. &#199;a donnait une confrontation remarquable au r&#233;el, tr&#232;s plaisante finalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.13&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Deux lieux r&#233;currents qui cette fois sont mis en contact et opposition. L'h&#244;tel revient depuis des ann&#233;es et des ann&#233;es, avec variations constantes. C'est toujours h&#244;tel de luxe o&#249; je suis un peu par erreur, o&#249; je dois &#233;viter les entr&#233;es sorties trop rep&#233;rables. Dans le lieu lui-m&#234;me, d'autres poches r&#233;currentes : un palier tr&#232;s haut (&#233;tage ind&#233;termin&#233;) o&#249; j'ai une chambre, parfois je ne sais plus la retrouver. Une salle genre restaurant au premier &#233;tage, avec parfois sortie sur la ville (et diff&#233;rentes configurations du rapport &#224; la ville), et une sortie en entresol, plut&#244;t entr&#233;e de service, mais qui tr&#232;s souvent a un r&#244;le, et donne parfois sur la mer. L'autre lieu r&#233;current, et cette fois-ci associ&#233;, c'est un genre de galerie commerciale donnant directement dans une gare, et l'esp&#232;ce de buffet o&#249; on paye son caf&#233; avant d'aller s'asseoir, promiscuit&#233; et courant d'air, mais dans la vie r&#233;elle ce sont des lieux o&#249; je m'installe souvent pour le travail le plus dense, vivant m&#234;me avec culpabilit&#233; le bonheur m&#234;me relatif (celui du travail qui se fait, tout simplement), &#224; &#234;tre dans cette sorte de plancher urbain et m'y sentir bien. La nouveaut&#233; narrative de ce r&#234;ve c'est d'avoir plac&#233; ces deux lieux r&#233;currents ind&#233;pendants dans une jonction imm&#233;diate l'un de l'autre, et c'est ce passage de l'un &#224; l'autre qui va me replacer dans la sensation d'impasse toujours li&#233;e au r&#234;ve de l'h&#244;tel, rendez-vous manqu&#233;, travail qui ne se fait pas, chambre o&#249; on n'a plus le droit d'entrer etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre r&#234;ve, je suis dans un train, apparemment c'est li&#233; &#224; cette invitation pour Berlin re&#231;ue avant-hier, le train est bond&#233;, c'est une histoire de colloque (il y a aussi le livre d'Aur&#233;lie Adler que je n'ai pas re&#231;u, mais lu hier soir cet article avec cette impression que &lt;i&gt;ce n'est pas moi&lt;/i&gt;, me souviens de bel &#233;change avec elle mais il y a si longtemps &#8211; ou alors des interpr&#233;tations qu'on me renverrait maintenant tout simplement parce que faux point de d&#233;part, &lt;i&gt;la routine litt&#233;raire et pas l'&#233;vidence de l'&#233;criture quand tu ne comprends pas la vie&lt;/i&gt;, donc lu &lt;a href=&#034;http://www.fabula.org/lodel/acta/index.php?id=7713&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article&lt;/a&gt; avec une sorte de culpabilit&#233; de n'y rien comprendre, ou bien qu'il me fallait tenir &#231;a loin de moi, parce que je n'ai rien &#224; voir avec ce genre d'approche qui vous renvoie sans cesse &#224; la figure des trucs qui ont eu lieu &#224; un moment pr&#233;cis de votre vie et plus jamais ensuite), donc dans ce train il y a E Delabranche, D Viart et V Hugotte mais je commence &#224; m'&#233;nerver parce que ce qui fait rire E Delabranche et D Viart c'est qu'ils changent toujours d'identit&#233; l'un avec l'autre et je ne sais jamais lequel est lequel, je crois que c'est E qui est responsable de ce jeu mais je ne sais m&#234;me plus auquel des deux je dois adresser le reproche, la preuve maintenant c'est DV qui me photographie m'engueulant avec ED, mais il photographie avec un appareil photo compliqu&#233;, &lt;i&gt;qui est le seul appareil, c'est connu, capable de r&#233;aliser les photos d'ED&lt;/i&gt;, une r&#233;f&#233;rence pour moi, qui jamais ne d&#233;couvre dans le r&#233;el la m&#234;me richesse qu'il y trouve lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est la seule image de r&#234;ve en trois lignes que je voulais noter en fait : ce que j'ai &#224; &#233;crire, qui me fait quitter cet h&#244;tel pour rejoindre le petit recoin de gare parce que c'est difficile, c'est li&#233; &#224; comment &lt;i&gt;&#233;crire est li&#233; &#224; une &#233;vidence du r&#233;el&lt;/i&gt;, &#231;a semble &#233;vident mais &#224; preuve &#231;a ne l'est pas, si je n'arrive pas &#224; l'&#233;crire c'est qu'aussi bien je sais que j'aurai &#224; &#233;crire ces r&#234;ves &#224; mon r&#233;veil et que ce sera difficile. Il reste une sorte d'id&#233;e abstraite, qui est celle que je souhaite &#233;crire en quittant l'h&#244;tel par l'entr&#233;e de service et tombant directement sur le petit recoin de la gare en courant d'air o&#249; je prends une petite table bancale pour &#233;crire, en plein milieu de la foule, avec &#224; peine une esp&#232;ce de s&#233;paration cloison de verre : je n'ai pas &#224; &lt;i&gt;lutter contre&lt;/i&gt; ce genre d'id&#233;e que porte la th&#232;se qui vient d'&#234;tre publi&#233;e de cette jeune universitaire (c'est pour cela qu'elle ne me l'a pas envoy&#233; ?), tout cela &lt;i&gt;est un grand ovale dans un immense hall&lt;/i&gt;, un hall assez grand pour qu'y soit rassembl&#233; &#224; peu pr&#232;s toute l'humanit&#233; intellectuelle, mais je sais que c'est une figure, et dans ce qui circule autour des hommes dans ce grand hall vide, toi tu pousses simplement ton id&#233;e de travers et tu sais qu'elle se maintiendra dans la circulation commune. Mais ce qui se passe ensuite dans le train prouve bien que tu auras du mal, avec tes id&#233;es que toi-m&#234;me tu ne sais pas exprimer, la preuve.&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;Note for self :&lt;/i&gt; pour chaque lieu r&#233;current, prendre en main s&#233;rieusement la liste des lieux r&#233;els associ&#233;s et en faire l'inventaire, redessiner son histoire &#224; l'envers : celui qui cherche &#224; vivre uniquement dans les lieux qui pour lui sont des territoires de r&#234;ve &#8211; quelle fiction &#231;a donnerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.12&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les r&#234;ves o&#249; tu es mort. Tout continue. Ils ne savent pas. Les voix seules. Et le secret, ce que tu n'oses pas dire par la tienne. Finalement, tout comme d'habitude. Et pour toi, plut&#244;t mieux, si ce n'&#233;tait l'angoissse : sourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.11&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1&lt;br&gt;
&#192; nouveau cette situation transitoire dans une grande maison, dont le volume int&#233;rieur et la disposition s'apparente plus &#224; celles des maison et h&#244;tels visit&#233;s lors d'invitations &#224; Rabat et Mekn&#232;s, mais sans s'identifier &#224; elles cependant (maison occup&#233;e par BC &#224; Rabat, construction de prestige datant du Protectorat, d'o&#249; &#224; la fois la pens&#233;e et l'intervention &#233;vidente d'un architecte et la surdimension, et ce soir-l&#224; il pleuvait il y avait des fuites d'eau et fissures, ou comment la notion d'int&#233;rieur/ext&#233;rieur et fen&#234;tres en fa&#231;ade peut &#234;tre renvers&#233;e dans une architecture &#224; patio comme &#224; Marrakech &#8211; ou la domesticit&#233; qui continue d'&#234;tre l'apanage du Maroc faisant que dans ces maisons et h&#244;tels on aper&#231;oit toujours des silhouettes furtives, passant d'une pi&#232;ce &#224; une autre sans communiquer avec vous). L'expos&#233; premier, qui concerne cette notation, est le suivant : il y aurait beaucoup plus de risque pour le r&#233;cit, et c'est seulement &lt;i&gt;l'usage d'une langue ou l'exploration int&#233;rieure d'un nom&lt;/i&gt;, &#224; ce que cette langue ou ce nom servent &#224; d&#233;crire ou explorer l'int&#233;rieur de la maison, &lt;i&gt;ce qu'il y a en haut&lt;/i&gt;. Au lieu de cela, &lt;i&gt;l'absence de solution&lt;/i&gt;, l'absence de contact, les urgences &#224; r&#233;gler au-dehors font que j'utiliserai cette langue et ce nom pour apprendre &#224; m'orienter dans les rues et le dehors, mais pas la maison interdite. C'est fragile, &#233;ph&#233;m&#232;re, mais &#231;a revient obscur&#233;ment, et de la m&#234;me fa&#231;on, dans plusieurs des r&#234;ves, qui eux n'ont pas vraiment d'int&#233;r&#234;t, sauf cette sensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;br&gt;
Qu'est-ce que la terreur dans le r&#234;ve, tu te demandais. Mais tu te le demandais dans le r&#234;ve m&#234;me, et sachant que tu aurais &#224; le noter. Et la voix int&#233;rieure, la voix du r&#234;ve, te r&#233;pondait : &#171; mais ceci, simplement ceci &#187;. Toi, tu voyais une pi&#232;ce vide, puis un couloir, large, avec des portes. Un silence comme prot&#233;g&#233;. Tu as voulu parler, mais c'&#233;tait presque en hurlant, et de ces hurlements qu'on a dans les r&#234;ves, quand tout reste silencieux et que cela t'effraie encore plus. Et la m&#234;me voix qui r&#233;pondait tranquillement : &#171; c'est toi-m&#234;me qui l'exprimes, la terreur, si elle est ce couloir et que ce couloir est vide, c'est qu'elle est ce que tu portes en toi &#187;. En fait c'&#233;tait beaucoup plus simple, puisqu'il n'y avait m&#234;me pas de voix, rien et juste ton immobilit&#233; face &#224; ce couloir, juste une dominante jaune et juste la peur. Mais c'&#233;tait bien le sens, l'exact sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.10&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Retenir d'abord la quantit&#233; de r&#234;ves inutiles. Figures lassantes, encombrantes. Revenir pourtant sur les noms et les corps li&#233;s &#224; ces figures qu'on n'a pas &#224; retenir, les lieux aussi. Donc par exemple &#201;tienne Arlot et Fran&#231;ois Place, et finalement qu'ils auraient peut-&#234;tre pu se substituer l'un &#224; l'autre dans le m&#234;me r&#234;ve, indiquant seulement un changement d'&#233;poque. Dans ces r&#234;ves encombr&#233;s, retenir aussi qu'ils &#233;taient sans cesse des translations. Le plus int&#233;ressant que j'aurais voulu reprendre, je n'en ai plus les images, mais il s'appuyait sur sentiment tr&#232;s fort que marcher pour traverser une ville, m&#234;me si c'est long et qu'on ne sait pas vraiment la bonne direction, c'est bien mieux que la voiture ou autre mode de transport : de toute fa&#231;on &#231;a ne pouvait pas &#234;tre des transports en commun, puisque dans cette ville il n'y en a pas, c'est une ville absolument d&#233;serte, min&#233;rale, un r&#234;ve de ville. Et pourtant cette inqui&#233;tude permanente, qui ronge. Apr&#232;s c'&#233;tait d'autres paysages, des vagues, bicyclettes, un objet encombrant et fragile (meuble avec des baffles et enceintes) qu'il fallait trimbaler au long d'une gr&#232;ve de rochers, puis hisser sur une c&#244;te brutale. Tout &#231;a c'est des micro-paysages que je reconnais, micro-paysages r&#233;currents et qui n'ont pas plus d'importance. Cette ville me semblait connue, sans pouvoir l'identifier cependant. Je dois reconna&#238;tre qu'une semaine apr&#232;s retour, les 14 jours du Maroc conditionnent encore l'approche, mer, ville, chemins, comme si le travail continuait, que c'est maintenant que se faisait l'acquisition. Ce qui est &#233;tonnant, c'est que cette image de ville, avec l'inqui&#233;tude et la travers&#233;e, si j'&#233;tais peintre je pourrais la peindre. Il me semble que je la vois assez nettement pour cela, b&#226;timents jaunes ocres, pr&#233;sence de perpendiculaires, quelque chose de massif, et ces rues d&#233;sertes s'en allant tr&#232;s droit tr&#232;s loin. Quelque chose d'aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; 2013.04.09&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dehors il pleut longtemps et avec violence, &#224; grand bruit. La r&#233;percussion de cette pluie sur l'image de r&#234;ve c'est une voiture qui roule, longtemps aussi, dans les rues d&#233;sertes et larges d'une grande ville. Je suis &#224; l'arri&#232;re, je ne sais pas trop o&#249; on m'emm&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec PA le hasard fait que nous louons chacun une chambre dans un couloir, plut&#244;t une zone inutilis&#233;e, voire abandonn&#233;e, au dernier &#233;tage d'un appartement bourgeois (je connais les gens, mais pas lui), encombr&#233;, et qui ne nous pla&#238;t ni &#224; l'un ni &#224; l'autre. On se croise donc souvent. Dans le couloir de la location commune, il entrepose des bouts de m&#233;tal et je trouve que c'est un peu envahissant. Aussi, ce matin, il a laiss&#233; plein d'eau par terre dans la douche. Sinon, il est r&#233;glo avec moi, je ne lui demande rien et r&#233;ciproquement. Pour moi, je ne sais pas trop ce que je fais l&#224;, j'aimerais que cette p&#233;riode, qui n'est pas la plus gratifiante de ma vie, finisse par cesser et que je puisse partir. Je n'ai quasi aucune possession, rien qu'un sac, sans trop savoir ce qu'il y a dedans. Quand m&#234;me un ordinateur portable, j'y fais attention. Dans la fin du r&#234;ve, je vois PA partir &#224; une r&#233;p&#233;tition d'orchestre, probablement rock, avec une guitare et un petit ampli, je trouve &#231;a injuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce r&#234;ve, je suis &#224; mon ordinateur, le vrai, je dois noter ces r&#234;ves, mais &#233;videmment dans le traitement de texte le menu &#171; fichiers r&#233;cents &#187; a disparu. Et quand je cherche via la fen&#234;tre Finder c'est pareil, il n'est pas dans les dossiers des textes en cours, o&#249; j'&#233;tais bien persuad&#233; l'avoir enregistr&#233;. Soudain je n'ai plus confiance en cette machine : le fichier est forc&#233;ment l&#224;, c'est simplement parce qu'elle m'en emp&#234;che l'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.08&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Une coque de bateau &#224; repeindre. Pour voir par dessus la foule encombr&#233;e d'une venelle, tombant &#224; angle droit dans une rue, je grimpe sur l'&#233;troit et irr&#233;gulier mur de pierre qui le borde. J'ai un des enfants sur les &#233;paules, il est lourd et me d&#233;s&#233;quilibre. C'est &#233;touffant. Je tente de faire demi-tour, en longeant la paroi haute d'un b&#226;timent de pierre non identifi&#233;. Quand vraiment ce n'est plus possible, et toujours en maintenant l'enfant en &#233;quilibre sur mes &#233;paules, je me suspends par les mains pour me laisser tomber. En gros, &#231;a marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.07&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re avait parl&#233; de ce hangar. Un hangar avec du bleu. Elle cherchait la porte mais ne trouvait pas. Un grand hangar. C'est dans sa t&#234;te &#224; elle, mais pas de r&#234;ve. Je sais que je peux ais&#233;ment r&#234;ver de ce hangar. Je le cherche dans mes r&#234;ves et j'y entre. Je sais que je pourrais lui donner par mon r&#234;ve la r&#233;ponse au hangar qu'elle cherche, mais pas son r&#234;ve. Seulement, elle ne s'int&#233;resse plus au hangar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013.04.01&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#192; nouveau je marche dans cette toute petite rue perpendiculaire &#224; la mer. J'en reconnais la disposition, la rue (elle parall&#232;le &#224; la mer et la dune) qui la coupe juste apr&#232;s la grande maison close, et que parfois j'emprunte vers la gauche. J'en reconnais la saveur particuli&#232;re de l'air, et la luminosit&#233; aussi. Mais le plus souvent je marche tout droit jusqu'&#224; ce point o&#249; je sais la c&#244;te ici rong&#233;e, la mer brutale (ce n'est pas toujours le cas). Compte juste ceci : le r&#234;ve est r&#233;current, certes, mais le tableau que va m'offrir dans un instant la mer, l'&#238;le visible ou pas en face, le dessin pr&#233;cis de la ville presque indistincte sur l'horizon &#224; gauche, et mon propre chemin aussi, sont totalement impr&#233;visibles et d&#233;pendants du r&#234;ve m&#234;me, non de sa r&#233;currence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>anciens r&#234;ves de vol</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3492</link>
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		<dc:date>2013-04-08T20:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;de la perception du vol dans les r&#234;ves, et des couloirs qu'on y retrouve&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;bloc des r&#234;ves et anciens r&#234;ves&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3492.jpg?1365884069' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff3492.jpg?1365884082&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Flottant, d&#233;rivant, sans angoisse pourtant. Au-dessus du sol, mais pas tant. Lanc&#233; dans des couloirs. Et des portes s'ouvraient, des pi&#232;ces. La lumi&#232;re, in&#233;gale. Si tu te perdais, en levant les bras devant toi, les deux, le mouvement s'arr&#234;tait, tu reculais, tu retrouvais le chemin principal. En fait non, pas un chemin. Il y avait si longtemps. On retrouvait parfois &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1074&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des pi&#232;ces o&#249; d&#233;j&#224; venu&lt;/a&gt;. On descendait dans des sous-sols : des gens avaient v&#233;cu l&#224;, c'&#233;tait d&#233;cor&#233;, il y avait encore du linge dans les armoires, des photographies sur les &#233;tag&#232;res, un instrument de musique inutile, si devient inutile un instrument de musique que personne n'anime. Flottant, d&#233;rivant longtemps. Les nuits, surtout : si longues, les nuits. Il te suffisait de ces moments du jour, d'un bref sommeil dense, comme assomm&#233; &#8211; jamais tu n'avais aim&#233; l'activit&#233; du jour. Cela s'aiguisait &#224; nouveau dans la nuit, la dur&#233;e ouverte des nuits. L'ombre t'all&#233;geait. Puis, un moment, tu partais. C'&#233;taient des ondes d'une musique tr&#232;s grave. Elle te portait. Les perceptions trop basses sont r&#233;serv&#233;es au corps : lui, qui t'emportait dans les couloirs. Parfois de larges halls, en g&#233;n&#233;ral vides. Et si des silhouettes s'occupaient &#224; leurs affaires, ou leur attente, elles &#233;taient bien indiff&#233;rentes &#224; toi, qui passais. Parfois des acc&#233;l&#233;rations, des ressauts. On aurait dit de brusques courant d'air froid, comme dans les avions. On tombe lourdement au sol, on a peine &#224; se relever. Puis, le corps encore &#224; demi agenouill&#233;, mains pos&#233;es au sol, le mouvement reprenait, tout cela tu le voyais d'en haut : les fen&#234;tres et qui vivait &#224; l'int&#233;rieur, les maisons comme des jouets, les magasins avec ces camelotes rutilantes. Que te restait-il de d&#233;sir pour le monde ? La nuit s'&#233;ventrait. Elle s'allongeait, te tirait ind&#233;finiment. &#171; Les yeux ouverts &#187;, te disais-tu, mais en &#233;tais-tu tellement s&#251;r : la nuit, peu importe qu'on ait les yeux ouverts ou ferm&#233;s, pour se d&#233;placer dans les images int&#233;rieures. On se concentre sur la pouss&#233;e, sur le vol, la direction. C'est un exercice que tu avais aim&#233; pratiquer, ralentir l'image, la fixer, te tourner sur la gauche (l'effort que &#231;a demande, se tourner &#224; la perpendiculaire dans le r&#234;ve), puis examiner ce nouveau d&#233;cor, qui ne t'aurait pas &#233;t&#233; accessible sinon. La pouss&#233;e reprenait, t'embarquait de profil, ou tout de travers, n'importe : comme tu &#233;tais. &#171; Les yeux ouverts, peu d'importance au fond &#187;, tu te disais. Les pens&#233;es &#233;taient lentes. Elles &#233;taient des couleurs ou des nappes, elles &#233;taient cette musique grave, avec ces inflexions m&#233;talliques qui traversaient. Les pens&#233;es ne se fixaient pas en mots. Il y aurait eu des mots, tu te serais relev&#233;. Combien de fois, relev&#233; dans le noir, descendu pour un peu d'eau, et la lampe rallum&#233;e, les calepins num&#233;riques ouverts : ce sont des architectures, des scintillements, des r&#234;ves. Sur ta chaise, tu les avais pour de vrai, les yeux ouverts. La musique &#233;tait maintenant dans la t&#234;te. Tu avais tant r&#234;v&#233;, et l'imaginais possible encore, de les &#233;crire elles, les musiques, les nappes, les graves, les inflexions de m&#233;tal, les scintillements intermittents, et ces coups sourds o&#249; tout tremble, plut&#244;t que s'acharner au maigre (les mots, maintenant, voil&#224; comme tu en parlais : ta part du maigre). &#192; tel moment de la d&#233;rive, toutes les nuits, mais sans que le lieu de la rencontre soit pr&#233;visible, il y avait ce personnage, que tu &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte/spip.php?article43&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;reconnaissais&lt;/a&gt;. Parfois assis &#224; m&#234;me le sol, parfois debout appuy&#233; contre la paroi grise, d'autres fois simplement qui passait, et te tournant le dos. Il fallait beaucoup de silence, il fallait beaucoup de nuit. Mais alors cela devenait possible : lentement, il te regardait, et toi, tu soutenais son regard. Pas longtemps. Les furies int&#233;rieures revenaient. C'&#233;tait un hurlement : du moins le percevais-tu comme. Une terreur, un d&#233;chirement. La terreur nue n'a pas voix. Les vents mauvais t'avaient d&#233;j&#224; emport&#233; loin. Les couloirs &#233;taient froids, st&#233;riles. Tu savais que cette fois c'en &#233;tait fini de l'insomnie : non pas que r&#233;gl&#233;e en dormant. Mais r&#233;gl&#233;e parce que plus dormir, plus jamais. En tout cas, plus avant le jour : l'&#233;ternel recommencement du jour, dans la ville sans lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;object width=&#034;425&#034; height=&#034;344&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/y-_tQsGzA3E&amp;hl=fr&amp;fs=1&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/y-_tQsGzA3E&amp;hl=fr&amp;autoplay=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;425&#034; height=&#034;344&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#233;crit sur Bill Laswell / Invisible Design II / Fractal - merci BC pour la suggestion de titre !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>trois r&#234;ves</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3134</link>
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		<dc:date>2009-10-18T20:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;album lentement d&#233;cant&#233; des r&#234;ves qui reviennent&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;bloc des r&#234;ves et anciens r&#234;ves&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3134.jpg?1352734080' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff3134.jpg?1352731996&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ce r&#234;ve, ma peau &#233;tait sem&#233;e de zones d&#233;pigment&#233;es. J'ai d&#233;j&#224; vu &#231;a autrefois sur quelqu'un : il para&#238;t que c'est un genre de champignon, et &#231;a se soigne apparemment sans probl&#232;me. Mais cette d&#233;pigmentation prenait sur moi un c&#244;t&#233; plus mena&#231;ant : aucun reflet sur ces taches, et je d&#233;couvre qu'elles sont multipli&#233;es sur mes jambes, en partant de l'int&#233;rieur. Et puis une curieuse d&#233;pilosit&#233;. J'ai l'impression que je n'aurai plus de coquille, que je devrai marcher fragile. Ces taches d&#233;pigment&#233;es s'assemblent selon des figures g&#233;om&#233;triques, je prends le temps de les regarder. Il ne faudrait pas que les autres s'en aper&#231;oivent : au demeurant, non, ils ne s'en aper&#231;oivent pas, ou pensent que c'est d&#251; simplement &#224; la prise d'&#226;ge. J'ai maigri aussi, beaucoup trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un r&#234;ve soit noir enti&#232;rement. Non pas qu'on soit en r&#234;ve dans un espace noir, mais voil&#224; : j'aurais tenu ce grand cadre noir. Une image noir devant moi, et tel &#233;tait mon r&#234;ve. J'aurais eu moins peur dans le noir : un ami, tr&#232;s myope, m'a dit r&#233;cemment qu'il &#233;tait entra&#238;n&#233;, comme tous les grands myopes d'apr&#232;s lui, &#224; se d&#233;placer dans le noir. Moi aussi m'arrive, me d&#233;pla&#231;ant de nuit, m&#234;me une chambre de passage, de garder les yeux ferm&#233;s sans m'en apercevoir, seulement confiant dans les sensations tactiles et l'orientation. Pour un myope, dit cet ami, il n'y a pas de noir totalement noir : cela nous soulage m&#234;me, partiellement, du d&#233;faut de la vision diurne. Ce qui &#233;tait effrayant, dans ce r&#234;ve, c'&#233;tait la sensation immobile : ce cadre avec l'image noire, non seulement je le tenais, mais il me fallait y entrer. En tout cas, l'image dans le cadre emp&#234;chait de percevoir quoi que ce soit d'autre. Surluminosit&#233; du reste de l'espace, monochrome gris et brillant, pas de pi&#232;ce, ni de couloir, ni de direction. Le cadre noir avec l'image avait retir&#233; de l'espace &#233;clair&#233; toute possibilit&#233; de d&#233;tail ou d'orientation. Puis je ne sais plus : j'&#233;tais entr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les images de ton r&#234;ve ? La ville est silencieuse, et immobile. Qui s'agite et va dans ton r&#234;ve ? Ils n'ont pas de nom, ils n'ont parfois non plus de figure. Ils t'appellent, ils te parlent ? Ils sont muets, et si j'approche ils s'&#233;loignent. Alors quels sont les mots de ton r&#234;ve : on a laiss&#233; les mots avec le jour, on va dans la ville du r&#234;ve pour en trouver de neufs, si on peut. On monte les escaliers, on entre dans les appartements, on cherche les pi&#232;ces vides. Ils sont quels, les mots que tu trouves ? Ce sont les mots du vide, les mots de ce qu'on a laiss&#233;. Les mots que tu trouves, qu'en fais-tu ? Je les ramasse, je les mets dans mon sac, le sac devient lourd. Il y a des mots dans mon sac, mais je ne sais pas les lire. Tu n'as pas appris ? On n'apprend &#224; lire que ses mots &#224; soi, pas les mots de ceux qui ont habit&#233; le pass&#233;. Moi je ne connais que ces chambres vides.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>r&#234;ve avec livre</title>
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		<dc:date>2009-09-28T20:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;et des cris que parfois on a au r&#233;veil&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3135.jpg?1365885555' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait un r&#234;ve avec livres. Cette biblioth&#232;que &#233;tait au 8&#232;me &#233;tage (je ne sais pas pourquoi, mais c'&#233;tait un 8&#232;me &#233;tage). On travaillait tous dans la m&#234;me pi&#232;ce, une grande pi&#232;ce. J'y &#233;tais pour plusieurs mois (un stage, un travail, et cela m'est arriv&#233;, je sais tr&#232;s bien quand, o&#249; et quelle ville et avec quels gens) &#8211; ils ne m'aimaient pas. J'avais mon coin de travail. En bas c'&#233;tait une pelouse, au long des vitres. Il y avait un b&#226;timent &#224; c&#244;t&#233;, avec des appareils concernant le temps. Je devais filmer ces appareils concernant le temps et j'avais besoin de ces livres. Sur mon coin de travail j'avais laiss&#233; mes livres. C'&#233;tait ma table : chacun avait sa table, ses affaires. Une pure vexation donc ce matin. Quand je suis venu prendre mes livres il n'y avait plus rien. Ils &#233;taient par terre, huit &#233;tages dessous, &#233;clat&#233;s. Le &lt;i&gt;Journal&lt;/i&gt; de Kafka, &#233;clat&#233; (c'&#233;tait bien le mien, d&#233;j&#224; vieux, us&#233;, mais quand m&#234;me &#8211; et encore plus), et Le monde comme volont&#233; et repr&#233;sentation, de Schopenhauer, dans sa reliure rouge, &#233;clat&#233;. Un troisi&#232;me et un quatri&#232;me, aussi, mais moins grave, me concernant moins. J'ai tout remont&#233; l&#224;-haut, mais en parler, non : je n'arrivais pas &#224; en parler. C'est plus tard que &#231;a a craqu&#233; : compl&#232;tement craqu&#233; &#8211; quand je me suis r&#233;veill&#233;, encore je criais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>r&#233;currence insomnies</title>
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		<dc:date>2009-09-08T20:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;du bord sym&#233;trique du r&#234;ve qu'est l'insomnie&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3136.jpg?1352734081' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff3136.jpg?1352731997&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'insomnie, il fallait marcher. Il fallait rejoindre ces types, l&#224;-bas, qui marchaient dans le m&#234;me sens. Il fallait aussi que je me souvienne de cette phrase &#224; noter, qui expliquait pourquoi on y allait, et ce qui allait se passer. C'&#233;tait important. On nous donnerait un papier. On nous appellerait par notre nom. Qui serait appel&#233; par son nom et ne r&#233;pondrait pas pr&#233;sent aurait des difficult&#233;s ensuite, et graves. Donc on marchait, je les apercevais. C'&#233;tait peut-&#234;tre une grande place, avec des avenues convergentes. C'&#233;tait peut-&#234;tre le hall d'un grand b&#226;timent, avec de nombreux escaliers et couloirs. Dans l'insomnie, les raisons de tout cela &#233;taient claires. C'&#233;tait li&#233; &#224; ce voyage, que je devais faire le lendemain, et pendant lequel maintenant j'&#233;cris. C'&#233;tait li&#233; &#224; ces silhouettes, qui pour l'instant n'avaient pas visage, mais venaient l&#224; pour des raisons bien semblables aux miennes. C'&#233;tait comme un cri, comme un appel : nul pour parler ou crier, mais dedans &#231;a hurlait, dedans &#231;a appelait. Et c'&#233;tait pour chacun un nom : peut-&#234;tre ce dont on allait nous informer chacun, c'&#233;tait d'un nom qui le concernait au plus pr&#232;s, et pour cela il nous fallait converger, attendre peut-&#234;tre, &#233;chapper &#224; cette nuit int&#233;rieure de l'insomnie, son battement vide, son idiotie r&#233;currente, la lourdeur qui vous tient, sortir de soi et pouvoir accueillir ce qu'on allait vous chuchoter, vous dire, qui serait &#233;crit sur ce papier attendu, dont on pourrait se servir ensuite, faire les dossiers n&#233;cessaires, les derni&#232;res formalit&#233;s suppl&#233;mentaires. Mais je ne me souviens plus de la suite : l'insomnie est tra&#238;tre, elle vous mange, elle vous roule, elle vous oublie dans un morceau de nuit, et quand vous revenez &#224; elle, et le mal du corps et la fatigue des yeux, il y a encore la place, mais plus les silhouettes, c'est trop tard, vous avez tout manqu&#233;. Il faudrait s'en souvenir, en fait, de la phrase, des visages, des silhouettes, des formalit&#233;s, de ce qu'on a manqu&#233; et pourquoi (s'en souvenir, maintenant : &#171; Je n'ob&#233;irai pas &#187;, c'est ce que tu avais cri&#233;, toi, quand tout avait cess&#233;, l'inverse, c'est s&#251;r, de ce qu'il fallait). Puis voil&#224;, ce qu'il aurait fallu savoir, on ne le saura pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;object width=&#034;560&#034; height=&#034;340&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/JUsyEtJcLOkhl=fr&amp;fs=1&amp;&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/JUsyEtJcLOk&amp;autoplay=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;340&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>c'&#233;tait ramper</title>
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		<dc:date>2009-08-07T20:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;autres r&#234;ves en terre&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;bloc des r&#234;ves et anciens r&#234;ves&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3493.jpg?1365884342' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff3493.jpg?1365884354&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait ramper. J'avais une combinaison sp&#233;ciale, de tissu &#233;pais, qui ne craignait pas l'usure, la salissure, le frottement. Les parois &#233;taient r&#234;ches, d'un gris terne, mais propres. Quelques insectes, la traces d'autres parasites, mais pas leur pr&#233;sence. J'&#233;tais l&#224; depuis longtemps. Il me semblait garder une direction g&#233;n&#233;rale. Ce n'&#233;tait pas facilement &#233;valuable. On ne sait pas comment on se retrouve ici : de quel lieu de la ville, ou de votre propre chambre. Si c'est une catastrophe, ou un r&#234;ve. Reste qu'on est v&#234;tu de cette combinaison, qu'on rampe, et que le sentiment qu'il faudrait se h&#226;ter vous ne pouvez ni le justifier, ni y &#233;chapper. Il y a peu de lumi&#232;re : comment y en aurait-il ? Mais on s'est habitu&#233; &#224; la p&#233;nombre, on per&#231;oit les parois : une section rectangulaire, les &#233;paules passent facilement, m&#234;me si on ne peut pas relever la t&#234;te, et on prend vite cette fa&#231;on d'onduler qui permet d'avancer. C'est aux changements de niveaux qu'on h&#233;site : des ouvertures rectangulaires, parfois ferm&#233;es d'une trappe. J'en ai pouss&#233; bien souvent, de ces trappes m&#233;talliques, pour avancer. Quelquefois c'est monter, quelquefois c'est descendre, sans choix. D'autres fois, la possibilit&#233; de monter, ou de descendre. Et comment savoir si ici on est sous le sol ou au-dessus ? J'ai choisi de plut&#244;t monter. Idem pour les bifurcations : parfois pas le choix, on bifurque &#224; la perpendiculaire gauche, ou la perpendiculaire droite. Pour cela que je dis : le sentiment global que j'ai, d'avoir conserv&#233; une direction g&#233;n&#233;rale, apr&#232;s tant et tant d'heures comment j'en serais s&#251;r ? Et parfois c'est comme un d&#233;fi ironique : que perdez-vous en choisissant le chemin de gauche, que perdez-vous en choisissant le chemin de droite ? Parfois, ray&#233; avec un gravier &#8211; et une fois &#224; la craie &#8211; pr&#232;s de ces intersections, un signe. Quelqu'un est pass&#233; avant vous. Mais quand ? Hier, une ann&#233;e, un si&#232;cle ? Ou une marque de fabrique, puisque ces chemins il a bien fallu les couler, les creuser, les b&#226;tir. Et m&#234;me si r&#233;serv&#233; &#224; votre propre usage, pourquoi pas d&#232;s la conception un signe pour vous tromper ? Alors on essaye de ne pas r&#233;fl&#233;chir : vous tromper pourquoi, sinon vous perdre, et qu'il n'y a pas d'issue. L'&#233;puisement je le sens. Cette poussi&#232;re qui aggrave le manque d'eau. Cette douleur maintenant dans les coudes, les bras, le cou, les hanches. Cette infinie sensation d'&#233;touffement parce que toujours cette m&#234;me section horizontale o&#249; ramper est certes possible, mais se relever, s'asseoir, se mettre sur le c&#244;t&#233;, non. Parfois on imagine un terme : il y a forc&#233;ment un terme ? Une salle plus haute o&#249; se reposer, s'asseoir, avec un robinet, un indice, un plan. Ou bien, si on d&#233;bouche, on trouvera quoi : l'air, une ville, un monde perdu, un souterrain o&#249; d'autres, arriv&#233;s avant vous, attendent ? On y aurait pens&#233; au tout d&#233;but, est-ce que simplement il n'aurait pas fallu faire marche arri&#232;re ? Mais c'est bien trop tard maintenant. Et de cet instant o&#249; tout a commenc&#233;, si peu de souvenir : &#231;a aurait &#233;t&#233; possible, seulement ? Il y a si longtemps que j'attends ce terme. &#171; C'est une question de survie &#187;, se dit-on, on se dirait quoi d'autre ? Et donc on rampe. Je rampe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>de l'&#234;tre transparent qu'on est en r&#234;ve</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3133</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3133</guid>
		<dc:date>2008-09-28T20:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;le r&#234;ve est un oeil (mais un seul)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;bloc des r&#234;ves et anciens r&#234;ves&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3133.jpg?1352734080' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='2' class='spip_cadre spip_cadre_block' dir='ltr'&gt;&lt;/textarea&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode-l&#224; je dormais beaucoup. Ce n'&#233;tait pas, d'ailleurs, la premi&#232;re fois que je traversais une telle p&#233;riode. On s'agite, on travaille, on ne se pose pas la question de ses forces, et puis soudain plus rien. On est dans le train, on dort. On prend un avion, on dort. On est sur un banc ou une chaise &#224; attendre, on s'endort. On s'allonge un moment avec un livre, on s'endort. Le travail s'en ressent, forc&#233;ment. On s'installe, on sait la liste des choses en retard, des travaux &#224; rattraper, du livre &#224; avancer. Cela para&#238;t trop &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve des bricoles : on es un peu mou, on arrive au bout du temps imparti sans avoir cess&#233; de s'activer vaguement, mais les choses denses n'ont pas boug&#233;. Simplement, elles restent &#224; l'&#233;cart, un peu plus mena&#231;antes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on sort, on a des courses &#224; faire, un bricolage &#224; compl&#233;ter. On prendra le temps d'aller &#224; pied, l'air est bon, on parle au voisin, on sent l'odeur d'un feu de bois, m&#234;me le bruit lointain du chantier semble favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute qu'on se donne des pr&#233;textes : quelques jours comme &#231;a et tout repartira, l'&#233;nergie sera bonne, les phrases tomberont comme elles doivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que cette p&#233;riode-l&#224;, cela durait. Le travail, sur nos nouvelles machines, est poreux &#224; bien des artifices pour le tromper. On est en spectateur sur l'Internet, on lance s&#233;rieusement des vid&#233;os dont on se passerait autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me dis chaque fois : demain je me l&#232;ve t&#244;t. Cela m'&#233;tait facile, autrefois, les r&#233;veils tr&#232;s t&#244;t, s'asseoir et puis la machine roule. C'est l'envie, maintenant, qui manque. On peut s'exciter encore, brutalement, en lisant une phrase d'un grand livre, une lettre de Flaubert, ou bien, en conduisant, &#224; tel paysage, ou telle sensation mentale, l'impression d'une architecture, d'un n&#339;ud o&#249; entrer, d'une peinture &#224; faire, comme j'aime &#8211; &#224; fresque, largement bross&#233;e, avec des gros plans surprenants et peu importe tel arri&#232;re-plan flou. Mais on ne le fait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'interroge surtout sur le sommeil : la nervosit&#233; des premiers jours a fini par tomber, et l'obsession des voix entendues vous laisser en paix. Le corps se d&#233;tend, les r&#234;ves reviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quels r&#234;ves ? On n'y croit pas, que ce soient des r&#234;ves. On est cette forme floue, immobile, dans l'habituel lieu vide. La peur reste sensible, et les hontes jamais loin. Dans le r&#234;ve non plus, pas d'action. Dans le r&#234;ve non plus, pas de parole. Vous faites des r&#234;ves o&#249; vous &#234;tes encore celui qui dort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors j'&#233;tais l&#224; dans le r&#234;ve : la ville tout autour, l'activit&#233; grande, les visages rapides, fureur et bruit, mais moi l&#224;-dedans, transparent. &#171; L'&#234;tre transparent &#187;, me disait la voix du r&#234;ve. Et, cette fois, j'&#233;crivais : c'&#233;tait simple comme une aquarelle, c'&#233;tait juste poser des formes et des couleurs, et voil&#224;, elle venait, toute cette ville, elle s'inscrivait, mais moi en parfaite s&#233;r&#233;nit&#233;, comme de peindre cela mais &#224; l'int&#233;rieur, sans pinceaux ni bloc, juste voil&#224; &#8211; j'&#233;tais moi-m&#234;me int&#233;rieurement la peinture, et compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, j'avais vu l'image photographique d'un ancien boiter se d&#233;poser, &#224; l'envers, sur le d&#233;poli de la chambre : j'aurais &#233;t&#233; un peu de cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le r&#234;ve disait : r&#233;veille-toi, tout s'effacera. Le r&#234;ve disait : que tu d&#233;sordonnes la peinture, elle se dissout. Que tu cesses de dormir, ce que te dit la ville se taira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin du po&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/decor2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/decor2.jpg?1227911158' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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