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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>[hors s&#233;rie] pourquoi comment je sais pas</title>
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		<dc:date>2013-01-20T17:27:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Proust, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de comment on se trouve lanc&#233; dans un bouquin sans m&#234;me l'avoir d&#233;cid&#233;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Proust, Marcel &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot738" rel="tag"&gt;les hors-s&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du mal encore &#224; comprendre ce qui m'est arriv&#233; avec cette histoire Proust. Le premier billet est dat&#233; du 17 novembre. Je n'arrive pas &#224; reconstituer les fils, comment et pourquoi &#231;a s'est lanc&#233;. Je sais que le 17 et le 18 novembre c'&#233;tait un samedi et un dimanche, que j'avais commenc&#233; ces notes comme &#231;a, sans intention pr&#233;alable et que depuis c'est tunnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette forme de la fragmentation web me convient &#8211;- j'ai fait un saut en avant avec &lt;i&gt;Autobiographie des objets&lt;/i&gt;, puis cet &#233;t&#233; avec ma chronique Stones. La d&#233;limitation est positive, et la pouss&#233;e en avant est positive. M&#234;me pour le projet Hendrix qui aurait d&#251; m'occuper cet hiver si j'avais &#233;t&#233; un professionnel cons&#233;quent et raisonnable, c'est cette forme d'&#233;criture que j'ai choisie &#8211;- je ne suis pas au bout avec elle, loin de l&#224;. La publication blog simultan&#233;e donne un regard aigu sur le fragment, le positionne dans un espace m&#233;moriel concret. D'autre part le fragment est de suite un espace d'&#233;criture riche, avec des liens (m&#234;me si l&#224; je n'en ai pas utilis&#233; beaucoup, la documentation se fait par l'ordinateur, les textes consult&#233;s, &#224; commencer par Proust, le sont de fa&#231;on num&#233;rique. C'est aussi une forme de carnet : m&#234;me ici, avec la grande dalle 27'' et le fauteuil de bureau, j'ai toujours &#233;crit &#224; l'aube, engonc&#233; dans un recoin de canap&#233;, avec le minuscule MacAir 11'' sur les genoux, comme tout de suite. Ou dans les trains. Avec un mode de relecture intense de Proust le soir, 2 heures en g&#233;n&#233;ral, qui a commenc&#233; aussi parce que j'avais ce Kindle Fire neuf &#224; apprivoiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais comment &#231;a a commenc&#233; : le mardi 13 novembre, University Street, en rejoignant le m&#233;tro Bleeker ou 14th street, Laurence Marie qui dit qu'une de ses pr&#233;occupations d'attach&#233; culturel &#224; New York c'est l'ann&#233;e Proust, et moi qui m'&#233;tonne &#8211; pas du tout fait attention que &lt;i&gt;Swann&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; publi&#233; en 1913, je ne me souvenais d'ailleurs m&#234;me plus de l'ann&#233;e pr&#233;cise, pour moi la date qui comptait c'&#233;tait 1909, Proust qui commence &#224; &#233;crire la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;. In petto, je me dis : voil&#224; 30 ans que je lis Proust c'est pas l'ann&#233;e Proust qui y changera quelque chose. Pourtant, c'est trois jours apr&#232;s, au retour de New York, dans cette bascule toujours un peu blafarde o&#249; le jet lag se m&#233;lange &#224; une grosse envie de repartir illico, que je me suis fait ce week-end, &#231;a &#233;crivait tout seul, un truc, puis un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la grosse crise a commenc&#233; apr&#232;s, mais qu'elle n'a jamais &#233;t&#233; li&#233;e &#224; ce qui s'&#233;crivait comme ind&#233;pendamment de moi. J'ai eu une vie avec quelques principes : ne jamais s'emp&#234;cher d'acheter des bouquins quand on avait envie de bouquin, et si on a un truc &#224; &#233;crire &#231;a passe avant tout le reste (et, inversement, peu importe si on reste des semaines ou des mois sans rien qui s'&#233;crive). La crise &#233;tait due &#224; une suite de mondes divis&#233;s, parcourus tous ensemble : la passion tous ces mois &#224; rencontrer, une fois par semaine, quitte &#224; pas mal d'heures et de frais non rembours&#233;s en TGV et autobus, &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2885' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les chercheurs toutes disciplines que rassemble le plateau de Saclay&lt;/a&gt; &#8211;- mais avec l'impression d'avoir &#224; taire sans arr&#234;t ce qui m'&#233;tait le plus n&#233;cessaire. Des individualit&#233;s qui vous remontent jusqu'au tr&#233;fonds : jamais rencontr&#233; de savant Cosinus, mais, dans toutes les disciplines rencontr&#233;es, des hommes et des femmes qui ont eu le culot d'aller au bout de ce truc qui leur plaisait, m&#234;me quand ils ont mon &#226;ge comme Serge Abiteboul ou Jacques-Marie Bardintzeff : ma position n'&#233;tait pas fausse, mais elle n'&#233;tait pas sym&#233;trique. Je suis saltimbanque, je n'ai pas le CNRS derri&#232;re, donc me voil&#224; &#224; faire un boulot de commande (la g&#233;n&#233;rosit&#233; de cette offre de r&#233;sidence de la R&#233;gion &#206;le-de-France, l'accueil de l'&#233;quipe [S]Cube) de la litt&#233;rature vers les scientifiques, alors que les scientifiques n'ont gu&#232;re besoin de nous autres, plumitifs. Je crois que l'exp&#233;rience m'a remu&#233; plus que pr&#233;vu, dans les deux dimensions en parall&#232;le : la rigueur citoyenne, intellectuelle, le battant de tous ces gens rencontr&#233;s, le grand ballet des disciplines (qui d'ailleurs &#224; quelques centaines de m&#232;tres s'ignorent royalement), et puis le d&#233;sarroi d'&#234;tre l&#224; avec son Proust et son Balzac et son Gracq dans l'int&#233;rieur de la t&#234;te mais personne n'en veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre exp&#233;rience a &#233;t&#233; plus violente, un atelier d'&#233;criture pas branch&#233; m&#234;me longueur d'ondes, textes et personnalit&#233;s int&#233;ressantes, mais le concept qu'on peut &#233;crire sans besoin de le fonder par l'histoire litt&#233;raire, et que c'est une discipline qui se travaille. On m'a renvoy&#233; &#224; mon jardin en me disant que ces livres dont je parlais : &#171; C'est votre biblioth&#232;que, pas la n&#244;tre &#187;. Pas possible &#224; 60 balais de se faire voler dans les choux comme &#231;a, j'ai choisi &#224; cet instant-l&#224; le retour &#224; ma biblioth&#232;que, m&#234;me si ensuite j'ai fait des efforts pour trouver une voie interm&#233;diaire. Je me souviens d'un retour en train Le Havre - Saint-Lazare, plein trauma &#224; en chialer. Je suis parti dans mon clavier, malgr&#233; le Corail surbond&#233;, et c'est l&#224; que les morts sont venus dans le texte de Proust, qu'il y avait Baudelaire qui s'&#233;tait mis &#224; parler et tout tombait sur ses pattes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il y a longtemps que je me dis dans ma t&#234;te qu'un jour je serai vieux et je ne ferai plus qu'&#233;crire que sur la litt&#233;rature. Des ann&#233;es j'ai r&#234;v&#233; d'un grand livre fou sur Lautr&#233;amont, mais il y a eu Lefr&#232;re qui est venu et ce n'&#233;tait plus la peine. Les noms de Balzac et Baudelaire sont l&#224; aussi en permanence. Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, mon plus grand plaisir physique &#231;a a &#233;t&#233; l'impro devant des &#233;tudiants &#224; parler d'auteurs. Pourtant, toujours sur le strapontin de vacataire. Une fois, &#224; Poitiers (je ne vais plus &#224; Poitiers) j'ai eu l'impression que si je quittais la salle, reprenais ma voiture et partais personne du groupe ne s'apercevrait que j'avais cess&#233; de parler. Un de mes plus grands bonheurs &#231;a a &#233;t&#233; les 2 ans aux Beaux-Arts Paris, pour la qualit&#233; des z&#232;bres avec qui je partageais l'atelier et le cours, les deux pour moi marchant ensemble, et le fait que pour eux il n'y avait pas &#224; justifier du caract&#232;re artistique de la litt&#233;rature. Quand on eut rempli la t&#226;che, restituer la litt&#233;rature comme morceau vivant de l'ENSBA, Bergou a pris le relais parce que lui c'&#233;tait juste une mutation interne de l'&#201;duc Nat, il &#233;chappait enfin au coll&#232;ge o&#249; il passait son temps &#224; confisquer les couteaux et o&#249; on lui disait que &#171; vous parlez comme Jeanne d'Arc, monsieur &#187; mais l'ENSBA du coup a supprim&#233; les ateliers d'&#233;criture et &#231;a m'a m&#226;ch&#233;. Pourtant, un mardi c'&#233;tait parler de Rimbaud, un autre d'Artaud, un autre de Proust et ainsi de suite. Il me semble que je n'ai jamais pu faire nulle part un atelier d'&#233;criture sans parler une fois dans la s&#233;ance de Proust, Balzac, Baudelaire ou Rimbaud &#224; tel ou tel moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Havre, avec des bacs + 4 cr&#233;ation litt&#233;raire, ce n'&#233;tait pas le fait qu'aucun n'ait lu Dosto&#239;evski, on peut toujours commencer &#224; tout moment, c'&#233;tait de m'entendre dire : monde fini. J'ai pris &#224; ce moment-l&#224; ma d&#233;cision, que mon intervention s'arr&#234;terait avec le semestre. Pas possible de se faire du mal, en tout cas pas &#224; cet endroit-l&#224;, celui qui compte le plus. Affaire r&#233;gl&#233;e maintenant, qui s'&#233;loigne et je leur souhaite bonne route &#224; tous &#8211; &#224; la Maison des &#201;crivains qui est partenaire de ce master il y a 260 auteurs pratiquant les ateliers d'&#233;criture, &#231;a n'en ira que mieux pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pas forc&#233;ment facile, l'&#226;ge. M&#234;me les braves Stones m'ont donn&#233; des le&#231;ons cet hiver &#224; suivre comment ils avaient g&#233;r&#233; leur cinquantenaire, eux avec tunnel de 6 semaines &#224; Bondy, Seine Saint-Denis. Je ne sais pas pourquoi je me suis dit longtemps que &#231;a devait commencer aux soixante : pour moi c'est cette ann&#233;e, et il y a 30 ans que j'ai publi&#233; mon 1er bouquin. Il faut passer &#224; autre chose. &#202;tre plus radical dedans. Et peut-&#234;tre ne plus &#233;crire que sur &#231;a, la litt&#233;rature. Et d&#232;s le d&#233;but des &#233;critures Proust est venu &#231;a : Baudelaire mort &#224; 46 ans, Proust mort &#224; 51 ans, et moi l&#224; qui continue. Je m'&#233;tais dit que pour mes soixante balais je m'offrirais un concert de bass solo, que j'oserais : ce sera le bouquin sur Proust qui sera &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute aussi, au bout de 4 ans de publie.net, il y avait besoin d'une vraie redistribution de cartes : une &#233;quipe forte, un outil qui nous appartient collectivement &#224; nous tous, auteurs et &#233;quipes, et pas un d'eux tous pour me dire &#171; eh, r&#233;ponds &#224; nos mails et fais ton taffe au lieu d'&#233;crire pour toi &#187;. L&#224; j'ai une vraie impatience de reprendre, retrouver aussi InDesign et le code sur Sigil, mais un truc comme ces billets Proust &#231;a pompe dur. M&#234;me si c'est 5 heures non stop le matin, de 6 &#224; 11, et qu'ensuite on reprend les t&#226;ches de votre place dans le collectif, la compta, les dossiers, l'interface, on est un vrai zombie int&#233;rieur, impossible aller lire un manus ou le bouquin publi&#233; m&#234;me d'un copain, mais &#231;a aussi j'avais besoin. Contexte o&#249; &#231;a m'est de m'est de plus en plus dur, int&#233;rieurement, d'assumer le d&#233;ni o&#249; sont nos textes d'excellence, auteurs comme codeurs, alors que le discours num&#233;rique tous azimuts se fonde sur la daube et le consensuel, au mieux les variantes r&#233;vis&#233;es de la litt&#233;rature populaire. Pour arriver &#224; m'en fiche, il faut lever haut notre &#233;tendard de l'anarchie litt&#233;raire, se hisser &#224; assez d'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#231;a a pris un tour s&#233;rieux, je suis all&#233; &#224; Tours, librairie Le Livre et j'ai rafl&#233; pour 150&#8364; tout ce qu'ils avaient de bouquins sur Proust. Je dois dire qu'ils sont rest&#233;s &#224; peu pr&#232;s dans le m&#234;me &#233;tat. Quelques pages par ci par l&#224; du &lt;i&gt;Proust et les signes&lt;/i&gt; de Deleuze, mais j'ai une m&#233;moire des pages lues parfaitement sym&#233;trique de ma non-m&#233;moire des visages. D&#233;couvert avec surprise le texte de 1930 de Beckett, et lu avec intensit&#233; la conf&#233;rence sur Proust de Claude Simon. Mais pour l'essentiel, revalidation du vieil axiome : ce qu'on doit scruter dans l'oeuvre de Proust est dans l'oeuvre de Proust. &#199;a se fait sans interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces ann&#233;es, &#224; avoir fait souvent cours ou atelier d'&#233;criture, l'impression aussi que se cr&#233;ent facilement des simplifications. On s'arrange un peu avec les faits, pour que les id&#233;es soient plus facilement recevables. Quand on se recolle aux dates, ou &#224; la transition du &lt;i&gt;Contre Sainte-Beuve&lt;/i&gt; &#224; la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;, ce n'est plus si simple. Je me dis que ma place r&#234;v&#233;e, d&#233;sormais, la seule qui me convienne, ce serait l&#224; comme &#231;a, Plus besoin de sortir, et encore moins parler, juste se concentrer sur &#233;crire. Ce n'est pas si simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis m&#233;fi&#233; longtemps de cette &#233;quation : 100 ans = 100 billets. C'est trop simple et trop contraignant. Si j'ai &#224; dire pour 60, pas la peine que j'en rajoute 40. Seulement au d&#233;but &#231;a venait si bien. Je n'ai jamais eu depuis f&#233;vrier 1980 d'interruption dans ma relecture de Proust. C'est une sorte de bain, toujours d&#233;rangeant, mais avec toujours des rep&#232;res qui remettent dans cette premi&#232;re id&#233;e de lecture &#8211; en fait la passion de lecture enfant ou adolescent, ou la premi&#232;re plong&#233;e dans Balzac, impression que j'aurais du mal &#224; restituer m&#234;me avec Jules Verne ou d'autres, alors que Proust &#231;a fonctionne toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, c'&#233;tait aller voir moi-m&#234;me les points qui me demeuraient peu clairs. La chronologie apr&#232;s &lt;i&gt;Albertine disparue&lt;/i&gt;, les trois chapitres du &lt;i&gt;Temps retrouv&#233;&lt;/i&gt;, comment narrativement s'organisait le petit train de la Raspeli&#232;re, les &#233;l&#233;ments transf&#233;r&#233;s du &lt;i&gt;Jean Santeuil&lt;/i&gt;, et puis &#224; mesure il y avait ces glissades de hasard &#8211; je savais que je voulais faire le point sur les artefacts techniques, la photopraphie, le phonographe, la lanterne magique, l'&#233;lectricit&#233;, la voiture, l'avion et d&#233;j&#224; &#224; mesure &#231;a structure un fond, on reprend possession du territoire. Des ann&#233;es que je me sers des recherches d'occurrences dans les livres (FranText et autres labo de recherche &#8211; qui se souvient d'Etienne Brunet &#8211; &#231;a pr&#233;existait de longtemps &#224; nos acc&#232;s webs), mais je ne m'en &#233;tais jamais servi avec une telle syst&#233;matique, sur un corpus de 50 000 mots. Encore ce matin, sur cort&#232;ge, miroir, livre. Beaucoup trop vaste pour &#234;tre m&#233;moris&#233;e simplement, la recherche d'occurences permet de s'approprier le livre comme ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les morceaux Baudelaire me servaient de ponctuation. Ne jamais en user comme d'une facilit&#233;. Ne pas se laisser aller &#224; la variation. Faire que mine de rien chacun touche &#224; un myst&#232;re pr&#233;cis de mon propre questionnement sur moi-m&#234;me ou sur Proust. Si c'est des allusions qui supposent qu'on ait vraiment lu Proust, Baudelaire et Nerval, eh bien tant pis si on est trois &#224; les comprendre. Et puis d&#233;couvrir peu &#224; peu combien dans la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; m&#234;me ce jeu de porosit&#233; avec la mort &#233;tait pr&#233;sent et structurel. Quand j'ai atteint les 60 (c'&#233;tait un billet un peu &#224; part, comme celui-ci), je me suis dit que j'irais aux 100 &#8211; qu'est-ce que la fatigue extorquerait de moi, ou le fait m&#234;me de n'avoir rien &#224; dire. Se dire : l'hommage &#224; Combray supposera que vers la fin tu &#233;crives trois billets uniquement sur Combray. Mais pas possible d'anticiper l'angle d'attaque avant l'&#233;criture m&#234;me. Ces derniers temps je marchais dans Proust &#224; l'int&#233;rieur de mes r&#234;ves. Des choses &#233;crites dans l'air m&#234;me, mais sans savoir quel est cet appartement qu'on arpente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pas toucher &#224; l'ordre. Un texte apr&#232;s l'autre, et l'histoire qui s'&#233;crit l&#224; est le r&#233;cit de ma propre histoire pour aller vers Proust.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine avant-derni&#232;re, cela me semblait un pont infini. Je n'ai pas trich&#233;, mais ai laiss&#233; faire les courts billets Baudelaire. Et puis la mine a repris. Ce matin, j'arrivais au 92&#232;me billet. Le 100 &#233;tait pr&#234;t dans la t&#234;te depuis longtemps, je l'ai &#233;crit, puis ai fait le 99 avec le dernier Baudelaire qui doit le pr&#233;c&#233;der, et &#233;crit le mot &lt;i&gt;FIN&lt;/i&gt;, mais pas mis en ligne. Rajout&#233;, parce qui'il avait une place tr&#232;s logique, un Baudelaire en position 96, il me reste donc &#224; &#233;crire 94 et 95 d'une part, 96 et 97 d'autre part. Puis tout relire, tout reprendre &#8211; trucs &#224; &#233;laguer, &#224; simplifier, ou au contraire pousser, dans les 4 ou 5 prochains mois, &#224; tenter, dans l'int&#233;rieur de la distribution existante, rejoindre ces hauts points glissants de l'&#233;nigme, ceux qui touchent &#224; la r&#233;alit&#233;, &#224; la circularit&#233;, au sommeil, aux chambres, &#224; l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bizarre : &#233;norme premier jet de 420 pages, et je me serais bien moqu&#233; si on m'avait dit &#231;a il y a deux mois. M'&#233;tais jamais arriv&#233;, ou pas comme &#231;a, m&#234;me dans les grosses &#233;critures des bios rock. Bon, si on enl&#232;ve les citations, &#231;a all&#232;ge d&#233;j&#224; pas mal : c'est pas moi qui ai tout fait ! Des continents de mails &#224; r&#233;pondre, de chantiers en retard (j'aurais d&#251; arriver au terme de la traduction du tr&#232;s beau &lt;i&gt;Empty City&lt;/i&gt; de Berit Ellingsen, je l'ai continu&#233;e tr&#232;s lentement, j'en suis &#224; la moiti&#233; &#224; peu pr&#232;s, l&#224; juste pour garder la main, Proust a mang&#233; le reste &#8211; alors que c'est un r&#233;gal de pr&#233;cision, de po&#233;sie urbaine, de fantastique. Des interrogations sur la forme, aussi. Donner tout au Seuil, gr&#226;ce &#224; quoi il y aura une autre &#233;tape d'&#233;laboration collective, et la prise en compte publique d'un travail qui, tant qu'il sera sur le blog, ne sera qu'un partage de famille (m&#234;me si c'est &lt;i&gt;ma&lt;/i&gt; famille ? Savoir progressif que le livre num&#233;rique n'est pas une solution forc&#233;ment, &#224; l'heure actuelle mais peut-&#234;tre structurellement, pour rendre honneur &#224; un travail (bien pour cela aussi qu'on a lanc&#233; notre collection papier), mais que sur une dizaine de sites au moins parmi ceux que je connais bien on pourrait fl&#233;cher, mettre en valeur, propulser, ces oeuvres incluses, et autonomes dans la globalit&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possible que d&#233;but juin, vieux d&#233;mons et Olivier Chaudenson aidant, je serai amen&#233; &#224; faire une impro Proust de 2h &#224; la Maison de la Po&#233;sie/Th&#233;&#226;tre Moli&#232;re. L&#224; cet apr&#232;s-midi je trouillais d&#233;j&#224; : quelle forme &#231;a prendrait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je me sens quand m&#234;me mieux dans ma peau. Quant au d&#233;sastre, il est partout, alors &#231;a de plus &#231;a de moins...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[hors s&#233;rie] Adorno, arracher des images mythiques &#224; la modernit&#233; dans ce qu'elle a de plus moderne</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>_ tiers livre, grandes pages</dc:creator>


		<dc:subject>Benjamin, Walter </dc:subject>
		<dc:subject>Proust, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>Adorno, Theodor Wiesengrund</dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;compl&#233;ments &#224; &#171; Proust est une fiction &#187;, le Seuil, 2013&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot231" rel="tag"&gt;Adorno, Theodor Wiesengrund&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot738" rel="tag"&gt;les hors-s&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chez Proust, le rapport du tout au d&#233;tail n'est pas celui d'un projet architectural global &#224; sa r&#233;alisation sp&#233;cifique : c'est justement contre cela, contre le mensonge autoritaire d'une forme subsumante, venant coiffer le tout, que Proust s'est r&#233;volt&#233;. De m&#234;me que la pens&#233;e inh&#233;rente &#224; son oeuvre d&#233;fie les id&#233;es traditionnelles du g&#233;n&#233;ral et du particulier et accr&#233;dite, sur le plan de l'esth&#233;tique, avec la th&#233;orie tir&#233;e de la &lt;i&gt;Logique&lt;/i&gt; de Hegel, l'id&#233;e que le particulier est le g&#233;n&#233;ral et inversement, qu'ils se d&#233;terminent mutuellement, de m&#234;me le tout se cristallise, d&#233;pouill&#233; de tout contour abstrait, &#224; partir de pr&#233;sentations isol&#233;es imbriqu&#233;es les unes dans les autres. Chacune renferme en elle-m&#234;me des constellations de ce qui finit appara&#238;tre comme l'id&#233;e du roman. Certains grands musiciens de l'&#233;poque, comme par exemple Alban Berg, savaient que la totalit&#233; vivante n'est produite qu'&#224; travers une prolif&#233;ration v&#233;g&#233;tale semblable &#224; celle des plantes grimpantes. La force qui produit l'unit&#233; est identique &#224; l'aptitude passive &#224; se perdre dans le d&#233;tail, infiniment, absolument. Mais la composition formelle de l'oeuvre de Proust, qui semblait si allemande aux Fran&#231;ais de l'&#233;poque, et pas seulement &#224; cause de ses longues phrases obscures, poss&#232;de, malgr&#233; ses qualit&#233;s essentiellement visuelles, et sans aucune analogies faciles avec le travail du compositeur, une impulsion musicale. La preuve la plus frappante en est ce paradoxe, que le grand projet de sauver l'&#233;ph&#233;m&#232;re passe par l'&#233;ph&#233;m&#232;re lui-m&#234;me, par le temps. La dur&#233;e, sur laquelle l'oeuvre s'interroge, se concentre dans d'innombrables instants, isol&#233;s les uns des autres de bien des mani&#232;res. Il arrive &#224; Proust de c&#233;l&#233;brer les ma&#238;tres du Moyen &#194;ge, qui auraient plac&#233; des ornements dans les cath&#233;drales &#224; des endroits si cach&#233;s qu'ils devaient forc&#233;ment savoir que personne ne les verrait jamais. L'unit&#233; n'est pas faite pour le regard humain, mais c'est en &#233;tant invisible au milieu de la dispersion, et seulement pour un observateur divin, qu'elle se manifesterait. C'est en songeant &#224; ces cath&#233;drales qu'il faut lire Proust, en restant obstin&#233;ment attach&#233; au concret et sans vouloir saisir trop vite ce qui ne se donne qu'&#224; travers ses mille facettes, et non pas imm&#233;diatement. C'est pourquoi je ne veux ni simplement renvoyer &#224; de pr&#233;tendus sommets ni pr&#233;senter une interpr&#233;tation de l'ensemble, qui dans le meilleur des cas se contenterait de r&#233;p&#233;ter les intentions que l'auteur a mises de lui-m&#234;me dans son oeuvre. Mais j'esp&#232;re, en me plongeant dans le fragment, faire appara&#238;tre un peu de l'&#233;clat de ce contenu qui ne tire son caract&#232;re incomparable de rien d'autre que de la couleur du &lt;i&gt;hic et nunc&lt;/i&gt;. En proc&#233;dant ainsi, je crois &#234;tre le plus fid&#232;le &#224; l'intention de Proust que si j'essayais d'en tirer la substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des formulations qui peuvent saisir &#224; caract&#233;riser Proust pourrait bien se trouver dans son oeuvre, qui se refl&#232;te elle-m&#234;me comme dans une galerie des glaces : n&#233; en 1871, il voyait d&#233;j&#224; le monde par les yeux d'un homme n&#233; trente ou cinquante ans plus t&#244;t ; et donc, se trouvant &#231; une &#233;tape nouvelle de la forme romanesque, il repr&#233;senterait aussi celle d'un mode nouveau d'exp&#233;rience du r&#233;el. Voil&#224; qui place son oeuvre, qui joue avec tant de mod&#232;les de la tradition fran&#231;aise, comme par exemple les &lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt; de Saint-Simon ou &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; de Balzac, &#224; proximit&#233; imm&#233;diate d'un mouvement antitraditionnel dont il devait conna&#238;tre tout juste les d&#233;buts, le surr&#233;alisme. Cette affinit&#233; contient toute la modernit&#233; de Proust. Pour lui comme pour Joyce, le contemporain devient mythique. Des actions subversives surr&#233;alistes, comme celles de Dali qui se rendit &#224; une soir&#233;e en costume de scaphandrier, auraient pu parfaitement trouver leur place, sous le couvert de la m&#233;taphore, dans une description comme celle de la grande soir&#233;e de la princesse de Guermantes dans &lt;i&gt;Sodome et Gomorrhe&lt;/i&gt;. Toutefois, le caract&#232;re mythologisant de Proust ne veut pas r&#233;duire le pr&#233;sent &#224; du tr&#232;s ancien ou &#224; de l'&#233;ternellement semblable ; ce n'est certainement pas la qu&#234;te avide d'arch&#233;types psychologiques qui le produit. Mais il est surr&#233;aliste dans la mesure o&#249; il arrache des images mythiques &#224; la modernit&#233; dans ce qu'elle a de plus moderne ; il est proche en cela de la philosophie de Walter Benjamin, qui fut son premier grand traducteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Source : Theodor W Adorno, &lt;/i&gt;Notes sur la litt&#233;rature&lt;i&gt;, Flammarion, 1984, &#169; traduction Sybille Muller, 2 extraits du chapitre &#171; Notes sur Marcel Proust &#187;.
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[hors s&#233;rie] voulez-vous y conduire le mort que je suis ?</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>biographie</dc:subject>
		<dc:subject>lieux, espace, cartes</dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;compl&#233;ments &#224; &#171; Proust est une fiction &#187;, le Seuil, 2013&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot723" rel="tag"&gt;biographie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


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&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'album Proust diffus&#233; par les &#233;ditions Michel Lafon, le t&#233;moignage du critique d'art Jean-Louis Vaudoyer, &#224; qui Marcel Proust demande de l'accompagner &#8211;- et surtout de le conduire &#8211;- &#224; l'exposition des ma&#238;tres hollandais au mus&#233;e du Jeu de Paume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Jean-Louis Vaudoyer le critique qu'&#233;voque Bergotte, puisque l'exposition qui se tient d'avril &#224; juin 1921 vient rejoindre la narration en temps r&#233;el de la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne me suis pas couch&#233; pour aller voir ce matin Vermeer et Ingres. Voulez-vous y conduire le mort que je suis et qui s'appuiera sur votre bras. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression utilis&#233;e par Proust dans la mort de Bergotte, &#224; propos de la pr&#233;cision du &lt;i&gt;petit pan de mur jaune&lt;/i&gt; qualifi&#233; d'&lt;i&gt;oeuvre d'art chinoise&lt;/i&gt; vient sans doute directement d'un des articles publi&#233;s par Vaudoyer dans l'&lt;i&gt;Opinion&lt;/i&gt; : &#171; Il y a dans le m&#233;tier de Vermeer une patience chinoise, une facult&#233; de cacher la minutie et le proc&#233;d&#233; de travail qu'on ne retrouve que dans les peintures, les laques et les pierres taill&#233;es d'Extr&#234;me-Orient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir d'o&#249; viennent les pommes de terre, et pourquoi les pommes de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter (toujours dans le livre Michel Lafon) que c'est Vaudoyer qui fera les derni&#232;res photographies de Proust vivant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[hors s&#233;rie] un dromadaire d'argent niell&#233; aux yeux incrust&#233;s de rubis</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3264</link>
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		<dc:date>2012-12-09T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>biographie</dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;compl&#233;ments &#224; &#171; Proust est une fiction &#187;, le Seuil, 2013&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L353xH640/proust-3-2e358.jpg?1750852967' width='353' height='640' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
M'accompagne depuis quelques semaines, pour cette s&#233;rie, l'album grand format (28x33) coordonn&#233; par &#201;douard Boulon-Cluzel aux &#233;ditions Michel Lafon, avec une tr&#232;s riche iconographie dont certaines archives familiales in&#233;dites, et la possibilit&#233; enfin de disposer sur son bureau de documents, photographies et portraits dont je ne connaissais que des versions &#233;triqu&#233;es. Un fil chronologique et un fil th&#233;matique, les deux tout aussi riches.
&lt;p&gt;Ci-dessus, parmi les documents propos&#233;s par ce livre, une caricature &#171; de m&#233;moire &#187; par l'affichiste &lt;a href=&#034;https://www.cappiello.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Leonetto Cappiello&lt;/a&gt; en 1938. Puis ci-dessous quelques lignes d'hommage de Jacques-&#201;mile Blanche, qui peignit son fameux portrait en 1891, et donne un &#233;trange d&#233;calage &#224; la figure qu'on croit si connue (hommage datant de 1923, &#224; la mort de Proust).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jacques-&#201;mile Blanche | hommage &#224; Marcel Proust&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Marcel, avec ses cravates de soie vert d'eau nou&#233;es au hasard, ses pantalons tire-bouchonnants, sa redingote flottante, tenant en mains une canne de jonc, des gants gris de perle &#224; baguettes noires, froiss&#233;s, pliss&#233;s, salis, un chapeau haut de forme incroyablement h&#233;riss&#233; ; &#224; sa boutonni&#232;re se fanait quelque orchid&#233;e, un cadeau sans doute de Lord Lytton, l'ambassadeur d'Angleterre. Il s'accroupissait aux pieds d'une belle dame, levait vers elle son charmant visage ras&#233; de la veille, aussi galant et c&#233;r&#233;monieux avec une Odette Swann qu'avec une Oriane de Guermantes, ou qu'avec une tenanci&#232;re d'un &lt;i&gt;buen retiro&lt;/i&gt; des Champs-&#201;lys&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[hors s&#233;rie] Maurice Blanchot | l'exp&#233;rience de Proust</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3250</link>
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		<dc:date>2012-12-03T17:47:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Blanchot, Maurice </dc:subject>
		<dc:subject>Proust, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; L'oeuvre de Proust est sortie d'&#233;tats myst&#233;rieux qui semblent ne lui avoir &#233;t&#233; propos&#233;s que pour que cette oeuvre f&#251;t &#233;crite. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Blanchot, Maurice &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Proust, Marcel &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot738" rel="tag"&gt;les hors-s&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Maurice Blanchot, le lecteur de Proust le plus divinatoire ?&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le texte de Maurice Blanchot sur Proust publi&#233; en 1943 dans &lt;i&gt;Faux Pas&lt;/i&gt; m'a toujours sembl&#233; une des voies les plus essentielles pour la compr&#233;hension de ce qui se joue dans la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; entre roman et r&#233;alit&#233;. Je me permets d'en citer ce bref extrait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Maurice Blanchot | l'exp&#233;rience de Proust&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'art possible sans une r&#233;v&#233;lation non rationnelle, et le sens de l'art est de restituer &#224; cette r&#233;v&#233;lation une expression dont l'intelligence tire parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de Proust a une simplicit&#233; sur laquelle glissent les commentaires. En revanche, si l'on essaie de lui rapporter les explications et les interpr&#233;tations que Proust y a rattach&#233;es, elle devient intellectuellement tr&#232;s riche, mais elle semble perdre une partie de son authenticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait qu'il parvient au privil&#232;ge de l'&#233;blouissement &#224; l'occasion d'un ph&#233;nom&#232;ne de m&#233;moire, il conclut que l'&#233;blouissement est une r&#233;v&#233;lation du temps, du temps dans lequel l'&#234;tre ne meurt pas mais existe selon des perspectives g&#233;n&#233;ralement inconnues mais non inconnaissables, et il pense qu'en &#233;tudiant ces impressions simples, en les recr&#233;ant par la m&#233;moire et en les &#233;clairant par l'intelligence, il fera revivre la r&#233;alit&#233; que l'angoisse voyait perdue avec le temps. D'abord, il livre &#224; la connaissance, comme propre &#224; lui fournir un sens objectif, ce qui n'est &#233;prouv&#233; que comme une d&#233;chirure de cette connaissance. Il s'empare du sentiment &#233;tourdissant de f&#233;licit&#233; qu'il y trouve et qui n'est que la r&#233;conciliation fortuite de l'angoisse pour l'&#233;terniser et s'affranchir de toute anxi&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en cela que Proust n'a pas trahi la r&#233;v&#233;lation qu'il a rencontr&#233;e et dont il a offert l'image la plus &#233;tendue et la plus admirable comme pour montrer qu'elle ne l'&#233;puisait pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[hors s&#233;rie] Cabourg, Proust relooking</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3249</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3249</guid>
		<dc:date>2012-12-03T16:24:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>lieux, espace, cartes</dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;compl&#233;ments &#224; &#171; Proust est une fiction &#187;, le Seuil, 2013&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot738" rel="tag"&gt;les hors-s&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On pourra consulter &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article676&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici le billet original&lt;/a&gt;, avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3575 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg01.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg02.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg03.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg04.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg05.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg06.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg07.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg08.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3583 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cabourg09.jpg?1354551775' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[hors s&#233;rie] Marcel Proust | lois myst&#233;rieuses de la po&#233;sie</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3248</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3248</guid>
		<dc:date>2012-12-03T16:13:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crivains, &#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>phrase, syntaxe</dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;compl&#233;ments au livre &#171; Proust est une fiction &#187;, le Seuil, 2013&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot725" rel="tag"&gt;&#233;crivains, &#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot726" rel="tag"&gt;phrase, syntaxe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot738" rel="tag"&gt;les hors-s&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;
&lt;i&gt;Ne pas oublier : la mati&#232;re de nos livres, la substance de nos phrases doit &#234;tre immat&#233;rielle, non pas prise telle quelle dans la r&#233;alit&#233;, mais nos phrases elles-m&#234;mes et les &#233;pisodes aussi doivent &#234;tre faits de la substance transparente de nos minutes les meilleures, o&#249; nous sommes hors de la r&#233;alit&#233; et du pr&#233;sent. C'est de ces gouttes de lumi&#232;re qu'est fait le style et la fable d'un livre. Au fond, toute ma philosophie revient, comme toute philosophie vraie, &#224; justifier, &#224; reconstruire ce qui est.&lt;/i&gt;
&lt;br/&gt;
Marcel Proust.
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ces trois brefs textes de Marcel Proust sur l'id&#233;e m&#234;me de cr&#233;ation litt&#233;raire me paraissent un tenseur important pour la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;. Je les ins&#232;re dans la fresque en d&#233;veloppement.
&lt;p&gt;Ce sont 3 textes de jeunesse, datant des ann&#233;es 1898-1900, donc de la r&#233;daction de &lt;i&gt;Jean Santeuil&lt;/i&gt;. Ils ont &#233;t&#233; rassembl&#233;s et publi&#233;s pour la 1&#232;re fois par Jean de Fallois en 1954 dans ses &lt;i&gt;Nouveaux m&#233;langes&lt;/i&gt;, en parall&#232;le de la publication du &lt;i&gt;Contre Sainte-Beuve&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;d&#233;clin de l'inspiration&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui ont &#233;prouv&#233; ce qui s'appelle l'inspiration, connaissent cet enthousiasme soudain qui est le seul signe de l'excellence d'une id&#233;e qui nous vient et qui, &#224; son apparition, nous fait partir au galop &#224; sa suite et rend aussit&#244;t les mots mall&#233;ables, transparents, se refl&#233;tant les uns les autres. Ceux qui ont connu cela une fois savent que toute id&#233;e, si juste qu'elle nous paraisse, toute conception, si ing&#233;nieuse qu'elle nous semble, ne vaut pas la peine d'&#234;tre exprim&#233;e, et ils attendent que renaissent en nous ces transports qui sont le seul signe que ce que l'on va dire en vaut la peine et pourra plus tard jeter d'autres c&#339;urs dans le m&#234;me transport. Aussi est-elle bien triste, l'&#233;poque o&#249; ces transports ne se renouvellent plus, o&#249;, &#224; chaque id&#233;e qui nous vient, nous attendons en vain cet enthousiasme, ce renouvellement de la t&#234;te o&#249; toutes les cloisons semblent tomber et o&#249; aucune barri&#232;re, aucune rigidit&#233; n'est plus en nous, o&#249; toute notre substance semble une sorte de lave pr&#234;te &#224; &#234;tre coul&#233;e, &#224; recevoir telle forme qu'on voudra, sans que rien de nous ne subsiste et n'arr&#234;te. Car nous pouvons garder dans ce que nous faisons notre gr&#226;ce qui pla&#238;t encore &#224; ceux qui nous ont aim&#233;, comme nous gardons notre visage doux et gracieux, notre regard dont on peut encore dire &#171; c'est lui &#187;, comme en causant avec nos amis nous avons encore, plus souvent peut-&#234;tre, ces rapprochements brillants, ces tours qui n'appartiennent qu'&#224; nous. Nous pouvons les garder dans ce que nous faisons. Car l'&#234;tre myst&#233;rieux que nous sommes, qui avait ce don de donner &#224; tout une certaine forme qui n'appartient qu'&#224; nous, nous le gardons sans doute. Mais nous savons que telle page a &#233;t&#233; &#233;crite sans transport, que les rares id&#233;es qui nous plaisaient n'en faisaient pas na&#238;tre d'autres ; et tous les juges de la terre pourraient nous dire : &#171; Cela est ce que vous avez fait de meilleur &#187;, nous secouerions la t&#234;te avec m&#233;lancolie car nous donnerions tout cela pour une minute de la puissance &#233;trange d'alors que rien ne peut nous rendre. Sans doute dans ce dernier concerto, c'est encore l'accent qu'on aime et qu'on reconna&#238;t, mais une id&#233;e n'en fait plus na&#238;tre mille, et la mati&#232;re est &#224; la fois moins pr&#233;cieuse et plus rare. Et les &#339;uvres, dont le ma&#238;tre s'enivra quand il &#233;tait dans sa force, ont beau continuer &#224; enivrer les autres, pour lui ce n'est plus rien. Il languit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pendant ce temps, tandis que l'hiver ne lui donne plus d'impressions, car maintenant pour lui les jours ressemblent les uns aux autres et le pouvoir myst&#233;rieux des saisons ne rencontre plus en lui aucun pouvoir myst&#233;rieux qui l'exalte, voyez dans cette ville de province bien loin de lui deux officiers qui peut-&#234;tre le croient mort, car on ne sait plus bien, qui se sont donn&#233; rendez-vous, tandis que les autres sont &#224; la promenade. Et ils sont au piano. Alors le...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;la cr&#233;ation po&#233;tique / le pouvoir du romancier&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La cr&#233;ation po&#233;tique&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
La vie du po&#232;te a ses petits &#233;v&#233;nements comme celle des autres hommes. Il va &#224; la campagne, il voyage. Mais le nom de la ville o&#249; il a pass&#233; un &#233;t&#233;, inscrit avec la date au bas de la derni&#232;re page d'une &#339;uvre, nous montre que la vie qu'il partage avec les autres hommes lui sert &#224; un tout autre usage, et parfois si ce nom de ville, datant &#224; la fin du volume le moment et le lieu o&#249; le livre a &#233;t&#233; &#233;crit, et justement celui de la ville o&#249; se passe le roman, nous sentons tout le roman comme une sorte de prolongement immense qui s'adapte &#224; la r&#233;alit&#233;, et nous comprenons que la r&#233;alit&#233; fut pour le po&#232;te quelque chose de tout autre que pour les autres, quelque chose qui contient la chose pr&#233;cieuse qu'il cherchait et qu'il n'est pas facile d'en faire sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat d'esprit o&#249; il trouve ainsi facilement, dans une sorte d'enchantement, en toute chose la chose pr&#233;cieuse qui y est cach&#233;e, est rare. De l&#224; les raisonnements, les efforts pour se remettre en selle sur le g&#233;nie, en se faisant aider par la lecture, par le vin, par l'amour, par le voyage, par le retour aux lieux connus. De l&#224; les ouvrages interrompus, repris, sans cesse recommenc&#233;s, quelquefois achev&#233;s au bout de soixante ans comme le Faust de G&#339;the, quelquefois laiss&#233;s inachev&#233;s et sans que le g&#233;nie y ait pass&#233;, si bien qu'&#224; la derni&#232;re heure, voyant clair au moment de mourir comme Don Quichotte, un Mallarm&#233; qui s'acharnait depuis dix ans &#224; une &#339;uvre immense dit &#224; sa fille de br&#251;ler ses manuscrits. De l&#224; les insomnies les doutes, l'appel &#224; l'exemple des ma&#238;tres, les mauvais ouvrages, le refuge dans toutes choses qui ne demandent pas de g&#233;nie, les excuses trouv&#233;es dans l'affaire Dreyfus, les affaires de famille, une passion qui a troubl&#233; sans inspirer, la critique litt&#233;raire, la notation de choses justes lui apparaissent telles &#224; l'intelligence mais d&#233;pourvues de cet enivrement qui est le seul signe des choses remarquables par quoi nous puissions les distinguer au moment o&#249; elles nous viennent. De l&#224; l'effort perp&#233;tuel qui finit par faire p&#233;n&#233;trer notre pr&#233;occupation esth&#233;tique jusque Sans le domaine inconscient de la pens&#233;e, de sorte que nous cherchons encore la beaut&#233; des paysages que nous voyons en dormant, que nous t&#226;chons d'embellir les phrases que nous pronon&#231;ons en r&#234;ve, et qu'au moment de mourir G&#339;the dans le d&#233;lire parle du coloris de son hallucination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pouvoir du romancier&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
Nous sommes tous devant le romancier comme les esclaves devant l'empereur : d'un mot, il peut nous affranchir. Par lui, nous perdons notre ancienne condition pour conna&#238;tre celle du g&#233;n&#233;ral, du tisseur, de la chanteuse, du gentilhomme campagnard, la vie des champs, le jeu, la chasse, la haine, l'amour, la vie des camps. Par lui, nous sommes Napol&#233;on, Savonarole, un paysan, bien plus - existence que nous aurions pu ne jamais conna&#238;tre - nous sommes nous-m&#234;me. Il pr&#234;te une voix &#224; la foule, &#224; la solitude, au vieil eccl&#233;siastique, au sculpteur, &#224; l'enfant, au cheval, &#224; notre &#226;me. Par lui nous sommes le v&#233;ritable Prot&#233;e qui rev&#234;t successivement toutes les formes de la vie. A les &#233;changer ainsi les unes contre les autres, nous sentons que pour notre &#234;tre, devenu si agile et si fort, elles ne sont qu'un jeu, un masque lamentable ou plaisant, mais qui n'a rien de bien r&#233;el. Notre infortune ou notre fortune cesse pour un instant de nous tyranniser, nous jouons avec elle et avec celle des autres. C'est pourquoi en fermant un beau roman, m&#234;me triste, nous nous sentons si heureux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La po&#233;sie ou les lois myst&#233;rieuses&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'espion est debout immobile pour relever des plans, un d&#233;bauch&#233; pour guetter une femme, des hommes bien pos&#233;s s'arr&#234;tent pour voir les progr&#232;s d'une nouvelle construction ou une d&#233;molition importante. Mais le po&#232;te reste arr&#234;t&#233; devant toute chose qui ne m&#233;rite pas l'attention de l'homme bien pos&#233;, de sorte qu'on se demande si c'est un amoureux ou un espion et, depuis longtemps qu'il semble regarder cet arbre, ce qu'il regarde en r&#233;alit&#233;. Il reste devant cet arbre et t&#226;che de fermer son oreille aux bruits du dehors et de ressentir encore ce qu'il a tout &#224; l'heure senti, quand au milieu de ce jardin public, seul sur sa pelouse, cet arbre est apparu devant lui, semblant garder encore comme apr&#232;s lui le gel d'innombrables petites boulettes de neige &#224; la pointe de ses rameaux, tant il porte de fleurs blanches. Il reste devant cet arbre, mais ce qu'il cherche est sans doute au-del&#224; de l'arbre, car il ne sent plus ce qu'il a senti, puis tout d'un coup il le ressent de nouveau, mais ne peut l'approfondir, aller plus loin. Il semble naturel qu'un voyageur dans une cath&#233;drale reste en admiration devant les ogives de verre sanglant que l'artiste a d&#233;ploy&#233;es par milliers entre les embranchements de bois du vitrail ou les petites meurtri&#232;res dont il a perc&#233; le mur en un nombre infini et selon une sym&#233;trie merveilleuse. Mais il ne semble pas naturel qu'un po&#232;te reste une heure devant cet arbre &#224; regarder comment l'inconsciente et s&#251;re pens&#233;e architecturale qui s'appelle l'esp&#232;ce cerisier double a dispos&#233;, le printemps venant, ces innombrables petites boules blanches, gaufr&#233;es et r&#233;pandant, tant qu'elles ne seront pas fl&#233;tries, un l&#233;ger parfum dans le noir et multiple embranchement de cet arbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;te regarde et semble regarder &#224; la fois en lui-m&#234;me et dans le cerisier double, et par moments quelque chose en lui-m&#234;me lui cache ce qu'il y voit, et il est oblig&#233; d'attendre un instant, aussi bien que la personne qui passe l'oblige &#224; attendre un instant en lui masquant un instant le cerisier double. Ce peut &#234;tre aussi sur l'incessant parfum que distille le lilas dans chacune de ses tourelles mauves que se penche le po&#232;te ; il se retire un instant pour le mieux sentir tout &#224; l'heure, le sent de nouveau, mais le lilas ne lui donne toujours que le m&#234;me parfum sans lui dire plus. Et il a beau regarder &lt;i&gt;Le jeune Homme et la Mort&lt;/i&gt; de Gustave Moreau, le jeune homme ne lui dira rien de plus, ne prendra pas une expression nouvelle. Il est devant les choses comme l'&#233;tudiant qui relit sans cesse le texte du probl&#232;me qu'on lui a donn&#233; et qu'il ne trouve pas. Il peut relire sans cesse le texte, il ne changera pas sous ses yeux. Ce n'est pas du texte m&#234;me qu'il peut esp&#233;rer la solution. Pendant qu'il regarde un arbre, le passant s'arr&#234;te pour regarder un &#233;quipage ou pour regarder une devanture de bijoutier. Mais le po&#232;te, qui &#233;prouve avec all&#233;gresse la beaut&#233; de toutes choses d&#232;s qu'il l'a sentie dans les lois myst&#233;rieuses qu'il porte en lui, qui bient&#244;t nous la fera trouver charmante en nous la montrant avec le petit bout des lois myst&#233;rieuses, le petit bout qui aboutit &#224; elles, le petit bout qu'il peindra aussi en les peignant, touchant &#224; leurs pieds ou partant de leur front, le po&#232;te &#233;prouve et fait conna&#238;tre avec all&#233;gresse la beaut&#233; de toutes choses, d'un verre d'eau aussi bien que des diamants, mais aussi des diamants aussi bien que du verre d'eau, d'un champ aussi bien que d'une statue, mais d'une statue aussi bien que d'un champ. Quand on a vu Chardin, non seulement on voit la beaut&#233; d'un repas bourgeois, mais on croit que la po&#233;sie n'est que dans les repas rustiques et on d&#233;tourne les yeux quand on voit des bijoux. Mais quand on a lu Le &lt;i&gt;Diamant du rajah&lt;/i&gt; ou quand on a vu du Gustave Moreau, on recherche les diamants et les pierreries comme des choses qui sont aussi belles, et quand on a vu Gustave Moreau, apr&#232;s avoir cru que les choses n'&#233;taient belles que dans leur spontan&#233;it&#233; et les fleurs dans les champs et les b&#234;tes dans leur vie, d&#233;daignant toute esp&#232;ce d'objets d'art et les laissant aux riches sans imagination, quand on a vu les Gustave Moreau, on se prend de go&#251;t pour les toilettes somptueuses, pour les choses d&#233;tourn&#233;es de leur gr&#226;ce naturelle et prises comme symboles, les tortues comme devant servir &#224; faire des lyres, les fleurs enserrant un front comme des symboles de la mort et apr&#232;s avoir cru qu'une statue g&#226;terait un champ, tant on voulait se plonger. dans la vraie campagne, on sent, on d&#233;sire la beaut&#233; d'une terre d'art o&#249; les statues se profilent sur les falaises (comme dans la &lt;i&gt;Sapho&lt;/i&gt; de Moreau) et on se pla&#238;t &#224; voir comme des formes intellectuelles les &#234;tres &#224; travers lesquels l'esprit du po&#232;te, qui les a seuls ainsi dispos&#233;s, passe, s'&#233;levant de l'un &#224; l'autre, des fleurs qui entourent la statue &#224; la statue, de la statue &#224; la d&#233;esse qui passe non loin, des tortues &#224; la lyre, tandis que les fleurs au corsage sont presque des bijoux et presque des &#233;toffes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit du po&#232;te est plein de manifestations des lois myst&#233;rieuses et quand ces manifestations apparaissent, se fortifient, se d&#233;tachent fortement sur le fond de son esprit, elles aspirent &#224; sortir de lui, car tout ce qui doit durer aspire &#224; sortir de tout ce qui est fragile, caduc et qui peut ce soir p&#233;rir ou ne plus &#234;tre capable de leur don-ner le jour. Ainsi l'esp&#232;ce humaine tend &#224; tous moments, chaque fois qu'elle se sent assez forte et qu'elle a une issue, &#224; s'&#233;chapper, dans un sperme complet qui la contient tout enti&#232;re, de l'homme d'un jour qui peut-&#234;tre mourra ce soir, qui peut-&#234;tre ne la contiendra plus si enti&#232;re, en qui (car elle d&#233;pend de lui tant qu'elle en est prisonni&#232;re) elle ne sera peut-&#234;tre plus si forte. Ainsi la pens&#233;e des lois myst&#233;rieuses, ou po&#233;sie, quand elle se sent assez forte, aspire &#224; s'&#233;chapper de l'homme caduc qui peut-&#234;tre ce soir sera mort ou en qui (car elle d&#233;pend de lui tant qu'elle en est prisonni&#232;re, et lui peut revenir malade, ou &#234;tre distrait, devenir mondain, moins fort, consumer dans le plaisir ce tr&#233;sor qu'il porte en lui et qui d&#233;p&#233;rit dans certaines conditions de son existence &#224; lui, car son sort est encore li&#233; au sien) elle n'aura plus cette &#233;nergie myst&#233;rieuse qui lui permettra de se d&#233;ployer tout enti&#232;re, aspire &#224; s'&#233;chapper de l'homme sous forme d'&#339;uvres. Quand elle est ainsi aspirant &#224; se r&#233;pandre, voyez le po&#232;te marcher : il craint de la r&#233;pandre avant d'avoir le r&#233;cipient de paroles o&#249; la verser. S'il rencontre un ami, se laisse aller &#224; un plaisir, elle perd son &#233;nergie myst&#233;rieuse. Sans doute, si elle &#233;tait assez pr&#232;s de s'&#233;chapper pour avoir d&#233;j&#224; trouv&#233; quelques vagues paroles, en se r&#233;p&#233;tant les paroles un jour o&#249; il la sentira &#233;nergique, en la gardant blottie sous ses paroles comme un poisson p&#234;ch&#233; sous l'herbe, sans doute, il pourra peut-&#234;tre la recr&#233;er. Et quand il a commenc&#233;, enferm&#233; dans une chambre, de la r&#233;pandre, son esprit lui jetant &#224; chaque instant une nouvelle forme &#224; animer, une nouvelle outre &#224; remplir, quelle besogne vertigineuse et sacr&#233;e ! A ce moment, il a chang&#233; son &#226;me contre l'&#226;me universelle. Ce grand transfert s'accomplit en lui, et si vous entriez et le forciez &#224; redevenir lui, quel coup ! Vous le trouvez l&#224; l'air &#233;gar&#233;, en proie &#224; une agitation inou&#239;e. Il vous regarde sans comprendre, puis vous sourit, n'ose m&#234;me rien dire, attendant que vous soyez reparti, sa pens&#233;e inerte comme la m&#233;duse sur le rivage et qui mourra l&#224; si le flot ne vient la rechercher. Vous pouvez chercher pourquoi il s'enfermait, vous ne voyez l&#224; le complice en rien du crime que vous d&#233;rangez et pourtant l'air &#233;gar&#233;. Qu'est-ce donc ? la victime dispara&#238;t donc d&#232;s que vous entrez ? C'est que c'est sur lui-m&#234;me qu'il travaille : d&#232;s que vous le retrouvez lui, l'autre n'y est plus ; comme quand vous cherchiez ce lue Hyde faisait &#224; Jekyll quand vous voyiez Jekyll, plus trace de Hyde, et quand vous voyiez Hyde, plus trace de Jekyll. Vous le trouvez toujours seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que le po&#232;te n'est pas plac&#233; sur le fil des lois myst&#233;rieuses d'o&#249; il sent aller de lui &#224; toutes choses une m&#234;me vie, il n'est pas heureux. Et pourtant, c'est ce qui arrive bien souvent, car chaque fois qu'il recherche quelque chose d'une mani&#232;re s&#232;che et dans un but o&#249; sa personne se trouve transport&#233;e du dedans au dehors, il cesse de se trouver dans cette partie de lui-m&#234;me o&#249; il peut &#234;tre en communication, comme dans une cabine t&#233;l&#233;phonique ou t&#233;l&#233;graphique, avec la beaut&#233; du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'&#226;ge m&#234;me o&#249; il n'a jamais connu cette propri&#233;t&#233; de sa nature, ce que chacun appelle plaisir ne lui en donnant pas, il est tr&#232;s triste de la vie. Mais plus tard il cesse de chercher le bonheur autrement que du point de vue de ces moments &#233;lev&#233;s qui lui semblent la v&#233;ritable existence. De sorte qu'apr&#232;s chacune des occasions qu'il a eues de donner naissance &#224; des formes o&#249; son sentiment des lois myst&#233;rieuses est d&#233;pos&#233;, il peut mourir sans regret, comme l'insecte qui se dispose &#224; la mort apr&#232;s avoir d&#233;pos&#233; tous ses &#339;ufs. Ce qui nous rend le corps des po&#232;tes translucide et nous laisse voir leur &#226;me, ce ne sont pas leurs yeux, ni les &#233;v&#233;nements de leur vie, mais leurs livres o&#249; pr&#233;cis&#233;ment ce qui de leur &#226;me, dans un d&#233;sir instinctif, voulait se perp&#233;tuer ' s'est d&#233;tach&#233; pour survivre &#224; leur caducit&#233;. Aussi voyons-nous les po&#232;tes d&#233;daigner d'&#233;crire, si remarquables soient-elles, leurs id&#233;es sur telle ou telle chose, sur tel ou tel livre, ne pas prendre note des sc&#232;nes extraordinaires auxquelles ils ont assist&#233; et des paroles historiques qu'ils ont entendu prononcer aux princes qu'ils ont connus, choses pourtant int&#233;ressantes en elles-m&#234;mes et qui rendent curieux m&#234;me les &lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt; des gouvernantes et des cuisiniers. Mais pour eux, &#233;crire est plut&#244;t r&#233;serv&#233; &#224; une sorte de procr&#233;ation &#224; laquelle ils sont invit&#233;s par un d&#233;sir sp&#233;cial qui leur signifie de n'y point r&#233;sister. Procr&#233;ation que ces autres sortes d'&#233;crits ne peuvent qu'affaiblir, quoique regrettent ces &#233;crits ceux qui les ont, sur tel ou tel art, entendu dire des choses qu'ils jugeaient plus brillantes que ce qui fait m&#234;me l'objet de leurs &#233;crits. Mais cet objet, c'est leur essence m&#234;me, en ce qu'elle a de singulier, d'inexplicable : d'o&#249; sans doute ce d&#233;sir attach&#233; &#224; la reproduction de toute esp&#232;ce qui leur est attach&#233;, tandis qu'il n'est pas attach&#233; &#224; des sp&#233;culations en apparence plus remarquables, mais dont ils, sont avertis qu'elles le sont moins en r&#233;alit&#233;, ou comme on dit moins personnelles, en ce que, en y pensant, ils n'ont pas ce charme et, en les &#233;crivant, ce plaisir attach&#233; &#224; la conservation et &#224; la reproduction de ce qui est personnel (correspondant intellectuel de la bonne sant&#233; et de l'amour), comme leur go&#251;t pour la fra&#238;cheur des squares ombreux dans les villes, les feux d'un diamant aux mains d'un homme sage, les breuvages dont la plus ou moins grande puret&#233; modifie la personnalit&#233; et donne le bonheur, les petites villes o&#249; est &#233;tabli depuis quelque temps un homme qui n'est pas du pays, dont on ne sait pas tr&#232;s bien d'o&#249; il vient, mais qui y a de l'importance et qui y fait du bien et les anciens crimes survivant dans tel complice qu'on croyait oubli&#233; et qui reparaissent et, pouvant compromettre votre r&#233;putation, donnent aux remords une &#233;nergie qu'ils avaient perdue dans le changement de toutes les habitudes et la douce consid&#233;ration universelle. Toutes choses que vous ne pouvez voir en allant visiter le grand homme et m&#234;me en admirant la profondeur de ses yeux, pas plus qu'en regardant les yeux d'un amoureux ou m&#234;me en l'entendant dire : &#171; Qu'elle est belle &#187;, vous ne pouvez imaginer le charme particulier et les r&#234;ves, dont il est tress&#233;, qu'a fait &#233;clore dans son &#226;me son amour pour telle femme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[hors s&#233;rie] J&#233;r&#244;me Prieur, Proust fant&#244;me</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article429</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article429</guid>
		<dc:date>2012-12-01T15:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Proust, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>Prieur, J&#233;r&#244;me </dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le dossier Proust de Tiers Livre : Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre ; Proust est une fiction, index du portfolio ; Proust consolations, 31 vid&#233;os, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ; note du 1er d&#233;cembre 2012 Pas de chance, il n'est pas disponible en num&#233;rique, le Proust fant&#244;me de J&#233;r&#244;me Prieur. Une des plus singuli&#232;res tentatives de ces derni&#232;res ann&#233;es d'aborder Proust par le biais de l'&#233;criture baladeuse, enqu&#234;teuse, hors (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Proust, Marcel &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot223" rel="tag"&gt;Prieur, J&#233;r&#244;me &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot738" rel="tag"&gt;les hors-s&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;i&gt;note du 1er d&#233;cembre 2012&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
Pas de chance, il n'est pas disponible en num&#233;rique, le &lt;i&gt;Proust fant&#244;me&lt;/i&gt; de J&#233;r&#244;me Prieur. Une des plus singuli&#232;res tentatives de ces derni&#232;res ann&#233;es d'aborder Proust par le biais de l'&#233;criture baladeuse, enqu&#234;teuse, hors des balises critiques, plus pr&#232;s de la fiction, mais pour cela il suffisait par exemple de s'ins&#233;rer dans une des visites qu'on pouvait faire alors de la chambre de Marcel Proust, pr&#233;serv&#233;e dans la banque qu'&#233;tait devenue l'immeuble... Cher J&#233;r&#244;me, si jamais tu passais par l&#224; (ou quelqu'un qui puisse le lui transmettre), si tu n'avais pas &#224; l'&#233;poque sign&#233; d'avenant num&#233;rique, tu penses &#224; publie.net ? En attendant, en Folio tout simple, on recommande.&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;note de juillet 2006&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
Il y a encore une cat&#233;gorie particuli&#232;re de livres dans la biblioth&#232;que : ceux qu'on aurait souhait&#233;s &#233;crire soi. Une id&#233;e vague, un th&#232;me qui vous tra&#238;ne, on ne va pas au bout, et puis voil&#224;, un autre a pris la place, a fait exactement ce que vous auriez d&#251; faire. C'est un peu de jalousie, mais autre chose : l&#233; v&#233;rification qu'un livre avance par lui-m&#234;me, ind&#233;pendamment de l'auteur (qu'il ne prenne pas cela &#224; mal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de J&#233;r&#244;me Prieur vient de repara&#238;tre en Folio. Il &lt;br class='autobr' /&gt;
est d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233; comme un livre important sur Proust, d'abord pour le fil tiss&#233;, fragment par fragment, entre l'auteur et l'oeuvre, au sens d'une double &#233;nigme sans cesse mise en vis-&#224;-vis. Mais aussi ou surtout pour la place que prennent dans ce livre les outils contemporains de la repr&#233;sentation d'un homme, d'une oeuvre, d'un artiste. R&#233;flexion sur la photographie et le portrait. Sur l'enregistrement de la voix. Moment fascinant o&#249; des gens qui ont connu Proust passent &#224; la t&#233;l&#233;vision, d'invention tellempent plus r&#233;cente. Rapport de Proust au cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors c'est notre rapport actuel &#224; la repr&#233;sentation qu'on interroge, via la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; qui est en amont, mais dite ici par appareils photographiques interpos&#233;s (le chapitre sur la photo de son p&#232;re et son fr&#232;re dont on peut supposer que Marcel Proust lui-m&#234;me l'a prise), par incises sur le concept de temps, sur les circulations, sur la transformation des visages. Une immense justesse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Prieur | Proust fant&#244;me (extrait)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord patienter dans le hall de la banque d'affaires qui occupe &#224; pr&#233;sent le 102 boulevard Haussmann, comme si l'on venait n&#233;gocier un d&#233;couvert ou discuter d'un placement. C'est uniquement le jeudi apr&#232;s le d&#233;jeuner, il y a cinq ou six personnes avec des airs de conspirateurs qui s'ignorent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;tesse nous a distribu&#233; une brochure pour nous mettre en condition. L'Am&#233;ricain &#224; la peau gr&#234;l&#233;e, enfonc&#233; sur la banquette &#224; c&#244;t&#233; de moi, me d&#233;signe brutalement un nom propre, ne sachant comment le d&#233;chiffrer, craignant de confondre. J'insiste sur la derni&#232;re syllabe. &lt;i&gt;Quiou&lt;/i&gt;. Je r&#233;p&#232;te expr&#232;s. &lt;i&gt;Kew&lt;/i&gt;, Robert de Montesquiou. Le Texan hoche la t&#234;te, rass&#233;r&#233;n&#233;, et se remet &#224; souligner toutes les phrases qu'il estime essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On monte enfin au deuxi&#232;me &#233;tage, une demoiselle nous conduit. Le palier est une station de p&#232;lerinage. C'est &lt;i&gt;l&#224;&lt;/i&gt; que Proust a &#233;crit la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;, c'est &lt;i&gt;l&#224;&lt;/i&gt; qu'il est venu habiter apr&#232;s la mort de sa maman, elle connaissait l'immeuble car sa tante y vivait. La jeune fille r&#233;p&#232;te plusieurs fois le mot maman. La maman de Proust. On se sent un peu de la famille. Nous avan&#231;ons dans le couloir, autrefois c'&#233;tait celui de l'immeuble mitoyen. La jeune fille explique que Proust ne quittait pas son lit. Elle parle fort. C'est l&#224; qu'il trouvait l'inspiration, aussi avait-il soigneusement choisi cet appartement qui pourtant n'&#233;tait loin ni du bruit, ni des marronniers du boulevard, ni de la poussi&#232;re de la ville, &#224; mi-chemin de la place Saint-Augustin et de la gare Saint-Lazare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis nous poussons la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous p&#233;n&#233;trons dans la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du li&#232;ge recouvre les parois de la chambre, mais ce sont de simples feuilles d'ornement qui habillent les trumeaux. L'&#233;corce qui capara&#231;onnait autrefois l'espace vital, des murs jusqu'au plafond, n'&#233;tait pas trait&#233;e. On se serait cru &#224; l'int&#233;rieur d'un bouchon : c'&#233;tait une grotte, une carri&#232;re toute noircie &#224; force de fumigations. L'id&#233;e venait de son amie Anna de Noailles qui la tenait d'Henry Bernstein. Elle lui avait conseill&#233; cet am&#233;nagement pour rendre compl&#232;tement &#233;tanche son habitacle, pour le couper du monde. Dans l'appartement au-dessus un dentiste am&#233;ricain avait install&#233; son cabinet &#8212; c'&#233;tait l'&#233;poque h&#233;ro&#239;que de la roulette &#8212; , et le praticien avait m&#234;me cru bon de se marier avec une musicienne, une harpiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vrais meubles sont partis, quelques-uns sont au mus&#233;e Carnavalet, le lit de cuivre, les tables de nuit, le fauteuil. Le portrait de Proust par Jacques-&#201;mile Blanche n'est qu'un agrandissement photographique, encore plus plat en noir et blanc malgr&#233; son cam&#233;lia. Dans le grand salon bois&#233;, aujourd'hui la salle du conseil d'administration, tout a disparu, sauf le plancher en points de Hongrie qui est &#171; d'&#233;poque &#187;. la demoiselle insiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le palier, o&#249; existait d&#233;j&#224; l'ascenseur, mais c'&#233;tait un autre mod&#232;le, on peut apercevoir le corridor de C&#233;leste, sa gouvernante, sa femme de chambre, sa garde-malade, sa dame de compagnie. Et l'&#339;il-de-b&#339;uf qui lui permettait de contr&#244;ler, comme des transports de fonds, les all&#233;es et venues de son ma&#238;tre, la mine de ses visiteurs, et surtout les dames trop parfum&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre dame de la banque s'est jointe &#224; notre petite troupe, elle surveille le d&#233;roulement des op&#233;rations, elle acquiesce, elle ajoute un d&#233;tail. C'est que notre petite cic&#233;rone est nouvelle dans le service. Sans la contrema&#238;tresse, elle aurait peut-&#234;tre oubli&#233; l'essentiel, d'ouvrir pr&#232;s de la chemin&#233;e de marbre blanc (qui est d'origine) le tiroir de la commode (qui n'est plus la commode de Proust), et d'en sortir une corbeille d'osier pour faire la distribution de petites madeleines envelopp&#233;es dans leur sachet de cellophane.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t qu'il voyait tout sans qu'on s'en aper&#231;oive, notait les moindres d&#233;tails, enregistrait sans cesse. Il &#233;tait mieux qu'un appareil photo, rapporte C&#233;leste dans ses souvenirs. Avec lui, tous l'ont dit en ch&#339;ur apr&#232;s sa mort, il n'y avait aucun moyen de feindre, on &#233;tait fouill&#233; comme par un projecteur, transperc&#233;, radiographi&#233;, &#171; photographi&#233; aux rayons X &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'il y avait dans ses yeux quelque chose d'unique, comme un appareil enregistreur &#187; auquel rien jamais n'&#233;chappait. Un regard &#224; mille facettes comme celui des mouches, un regard de loupe grossissant tout ce qu'il touchait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son corps semblait litt&#233;ralement se coller aux meubles, aux tentures, aux bibelots. &#171; Par tous les pores de sa peau, commente Ramon Fernandez, il semblait aspirer toute la r&#233;alit&#233; contenue dans sa chambre, dans l'instant, dans moi-m&#234;me, et l'esp&#232;ce d'extase qui se peignait sur son visage &#233;tait bien celle du m&#233;dium qui re&#231;oit les messages invisibles des choses. &#187; Jacques Rivi&#232;re &#233;voque l'&#233;lectricit&#233;, le survoltage des sensations. Devant Proust, on &#233;tait nimb&#233;, coiff&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'envo&#251;tement de sa voix, le sentiment physique &#233;tait d'&#234;tre plong&#233; dans un bain de sensibilit&#233; pure, d'&#234;tre tout &#224; coup transf&#233;r&#233; dans un autre monde, d'&#234;tre irradi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es soixante, dans le &lt;i&gt;Portrait-souvenir&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; Proust par Roger St&#233;phane, Jean Cocteau, son manteau en poil de chameau jet&#233; n&#233;gligemment sur les &#233;paules, r&#233;citait ses perles comme sous le coup de l'inspiration. Il jugeait que les Verdurin &#233;taient au fond tr&#232;s &#171; Nouvelle Vague &#187; ou que l'&#233;criture manuscrite de Marcel sur son courrier &#233;tait aussi compliqu&#233;e &#224; d&#233;crypter qu'une noix &#224; d&#233;piauter. Paul Morand et madame, la princesse Soutzo, se relayaient, et puis Fran&#231;ois Mauriac, Mme Andr&#233; Maurois, le duc de Gramont, Philippe Soupault, le marquis de Lauris, Jacques de Lacretelle, Daniel Hal&#233;vy, Emmanuel Berl, qui racontait que Proust lui avait lanc&#233; ses pantoufles &#224; la figure, parce qu'il le trouvait &#171; b&#234;te &#187; : il voulait lui apprendre qu'une seule chose est importance dans la vie, c'est de savoir &#234;tre seul au monde (or le jeune homme refusait obstin&#233;ment de se s&#233;parer de sa fianc&#233;e !). Quant &#224; la plus &#233;mouvante, C&#233;leste Albaret, elle revivait litt&#233;ralement, au bord des larmes, les derniers jours de la vie de M. Proust, ses derni&#232;res heures dans l'appartement de la rue Hamelin, ses derniers instants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les survivants que r&#233;unissait l'&#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e &#233;taient les t&#233;moins d'une veill&#233;e fun&#232;bre, mais surtout des &#233;paves abandonn&#233;es sur terre par l'&#339;uvre elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces rescap&#233;s auraient pu, ais&#233;ment, &#234;tre associ&#233;s quelques-uns des petits secr&#233;taires particuliers de la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; alors en vie, sauf que l'&#233;poque ne pouvait se risquer &#224; mettre sur la place publique le secret de Polichinelle &#8212; &#171; la plaie &#187; qu'il avait &#233;tudi&#233;e sur lui-m&#234;me sans qu'on puisse aller plus loin qu'il ne l'avait fait. Il ne fallait pas en parler, &#171; mais vous savez &#224; quoi je fais allusion &#187;, minaudait Mauriac de sa voix &#233;br&#233;ch&#233;e, en fixant l'objectif.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&#169; J&#233;r&#244;me Prieur, &lt;i&gt;Proust fant&#244;me&lt;/i&gt;, L'Arpenteur, 2001, Gallimard Folio, 2006&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[hors s&#233;rie] arriver &#224; nous emparer de tout cela, qui est si difficile, si r&#233;tif</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3240</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3240</guid>
		<dc:date>2012-12-01T14:49:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Proust, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;n&#233;, Joachim</dc:subject>
		<dc:subject>les hors-s&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;compl&#233;ments &#224; &#171; Proust est une fiction &#187;, le Seuil, 2013&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Proust, Marcel &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot710" rel="tag"&gt;S&#233;n&#233;, Joachim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot738" rel="tag"&gt;les hors-s&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3240.jpg?1354373288' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3570 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH315/caminteresse-3666f.jpg?1750852968' width='420' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
C'est &lt;a href=&#034;http://joachimsene.fr/txt/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt; qui m'envoie par twitter la photo ci-dessus, dont il faut cependant se r&#233;jouir : la preuve que la litt&#233;rature, m&#234;me par ce biais d&#233;tourn&#233;, interroge encore les fantassins de la consommation loisir.&lt;div class='spip_document_3569 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L349xH85/sene-2-2126a.jpg?1750852968' width='349' height='85' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc r&#233;pondu via Twitter &#224; Joachim S&#233;n&#233; ceci qui suit. Soit vingt-cinq tweets en dix-huit minutes, que me doit d&#233;sormais ce magazine. C'est tellement bien, pour vendre du papier, le bon sens bourgeois moyen contre les pr&#233;jug&#233;s intellos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;pourquoi est-il si difficile de lire Marcel Proust ?&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; probablement parce qu'ils tiennent le livre &#224; l'envers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pourquoi &#231;a me serait si difficile de lire &lt;i&gt;&#199;a m'int&#233;resse&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; parce que l'usage de la presse magazine affaiblit ses utilisateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c'est pas si grave, &#231;a nous en laisse plus pour nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; qu'ils se plaignent pas : Sarmel Sroupt est bien plus difficile &#224; lire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; si tu te demandes pourquoi tu le lis, alors contente-toi de ta daube&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pourquoi est-il si difficile de fr&#233;quenter le difficile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; te dis que Proust c'est de la culture eux c'est que des z'haricots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la culture t'as &#231;a perfus&#233; c'est juste l'art qu'est juste un peu p&#233;nible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pourquoi est-il si peu proustien de se prouster la vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en fait sur la photo c'est une fausse mouschate voil&#224; pourquoi lire Proust co&#251;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c'est m&#234;me pas Proust sur la photo, savent pas que Proust c'est un livre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; parce que &#231;a tourne en rond ce bouquin du d&#233;but &#224; la fin moi je te le dis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lire Proust n'est pas difficile, c'est accepter de ne pas comprendre qui l'est&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lire Proust n'est pas difficile, lire ce que ne l'est pas oui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; c'est comme Beckett Sarraute Duras Simon Poinchard intellos pouet pouet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; si vous trouvez Proust difficile &#224; lire, mangez-le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; si vous trouvez Proust difficile &#224; lire remplacez sa photo par la v&#244;tre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pourquoi Proust cale si mal les frigals et gros frigauds ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; si Proust avait su &#233;crire, d'abord il aurait termin&#233; son bouquin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vous avez oubli&#233; Balzac Flaubert et Poinchard, vous oublierez bien Proust&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; est-ce une question qui vraiment fait encore vendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; je n'ai jamais lu Proust c'est lui qui me lit (dedans)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; m&#234;me Deleuze n'avait pas lu Proust, on le r&#233;invente c'est tout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; parce que Proust est une fiction la preuve&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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