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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>1&#232;re fois en num&#233;rique : les 1210 nouvelles en 3 lignes de F&#233;lix F&#233;n&#233;on</title>
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		<dc:date>2011-09-07T16:00:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;lix F&#233;n&#233;on</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#224; la fois portrait cruel de soci&#233;t&#233;, vertige de langue et de syntaxe, et r&#233;flexion pour nous qui, avec le web, r&#233;apprenons le bref&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;archives publie.net 2008-2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;publie.net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot655" rel="tag"&gt;F&#233;lix F&#233;n&#233;on&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2652.png?1352733633' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les voici enfin en version num&#233;rique, les l&#233;gendaires &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505230/faits-divers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouvelles en trois -lignes&lt;/a&gt; de F&#233;lix F&#233;n&#233;on. Elles sont 1210 au total, d&#251;ment num&#233;rot&#233;es &#8211; et m&#234;me la possibilit&#233; de les lire (au format epub) via navigation al&#233;atoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mille fois cit&#233;es, mille fois recopi&#233;es : mais lorsqu'on les assemble en un seul bloc, telles que chronologiquement publi&#233;es par le journal &lt;i&gt;Le Matin&lt;/i&gt; en 1905 et 1906, le regard bascule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de la presse &#224; la litt&#233;rature n'est pas neuf : Dickens, Poe, Dostoievski animeront leurs propres journaux, m&#234;lant les fictions aux r&#233;cits de la vie r&#233;elle. La presse int&#232;gre les feuilletons des &#233;crivains, ou les conduit &#224; &#233;crire selon ce rythme, et ces parutions restent alors tout pr&#232;s de celles li&#233;es &#224; l'actualit&#233; : contribuant certainement, m&#234;me, &#224; donner aux fictions des romanciers leur appui sur le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment franchir cette fronti&#232;re ? En Allemagne, &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2596' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Karl Kraus&lt;/a&gt; ou l'extraordinaire &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot140&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Robert Walser&lt;/a&gt; trouveront leur propre instance en se saisissant de l'espace journalistique en tant que tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela qui fait l'importance de F&#233;lix F&#233;n&#233;on : on n'a pas affaire ici &#224; un amuseur &#8211; et &#231;a n'emp&#234;chera pas de rire aux &#233;clats bien souvent, il faudrait tout citer pour cette gigantesque affaire de prestidigitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;n&#233;on ne quitte pas la litt&#233;rature, assez d'allusions discr&#232;tes l&#224;-dessus. Et un virtuose de la grammaire : trouvez donc une des histoires dans laquelle vous auriez plus d'un adjectif ou d'un adverbe &#8211; mais alors, l&#226;ch&#233; comme une balle, avec toutes les libert&#233;s de d&#233;placement ou syncope. Et l&#224; encore, travail de l'invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse s'occupe des grands choses, les &#233;v&#233;nements graves du monde. Ici, rien que les petites mis&#232;res habituelles. Vie et mort (on meurt dans quatre histoires sur cinq, du couteau, du revolver, &#233;cras&#233;, pendu, &#233;ventr&#233;, br&#251;l&#233;, fou, enlev&#233;, noy&#233;, guillotin&#233;), mais anecdotes, curiosit&#233;s, jugements de province. Et cela n'aurait pas de place dans un grand journal, si c'est de cela qu'est faite notre vie ? Si, &#224; condition du regard, de la torsion. De cette compression magistrale. Tout doit tenir en trois lignes, avec les noms, les lieux, les sommes, le temps qu'il faisait et ce qu'on s'est dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A les prendre massivement, les 1210 histoires ensemble, c'est cela qui stup&#233;fie : un portrait de monde. Dans l'exacte bascule du si&#232;cle &#8211; le m&#234;me bain social que d&#233;crit Proust aux m&#234;mes jours &#8211;, voici l'automobile, voici le t&#233;l&#233;phone (grande plaie que tous les voleurs de c&#226;ble, pour en revendre le cuivre), les cuirass&#233;s et les sous-marins devant les ports, les soldats dans leurs casernes. Les villes boulevers&#233;es par les trains et les trams. Mais aussi les gr&#232;ves dans les usines, et les militaires qu'on envoie contre les ouvriers. Les m&#233;tiers, les commerces. Le combat contre les avorteuses t&#233;moignant de la violence ordinaire faite aux femmes : F&#233;n&#233;on ne contourne rien. La France est un pays colonial : ce qui se passe &#224; Blida ou Oran fait partie de l'actualit&#233; nationale. Et comme cela r&#233;sonne, sachant l'enfer qui suivra en 1914, l'attention que F&#233;n&#233;on porte aux r&#233;bellions militaires, dans les casernes au bord de l'Allemagne (la fronti&#232;re est entre Nancy et Metz).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il fouette aussi, F&#233;n&#233;on : c'est la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat, on suspend des maires qui scellent au ciment le Christ sur les murs des salles de classe de leurs communes. Grande le&#231;on de combat la&#239;que, m&#234;me si ici c'est par la farce (et toujours en trois lignes !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On passera du charcutier d'Argenteuil &#224; 82 singes et 2 phoques &#233;vacu&#233;s d'un cirque, et des noy&#233;s retrouv&#233;s dans la Seine &#224; ces vieilles personnes qui pr&#233;f&#232;rent en finir dans leur puits que de continuer avec mis&#232;re ou maladie &#8211; une France donc capable de rire d'elle-m&#234;me (on le sait encore ?), avec ses so&#251;lards et ses filles de port, ses cur&#233;s simplets et tout un d&#233;fil&#233; de patronymes : cruel, tr&#232;s cruel F&#233;n&#233;on, si bien souvent le plaisir de la phrase et le vertige de la syntaxe passent avant le respect &#233;l&#233;mentaire qu'on devrait aux victimes (tant de portraits d'enfants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;n&#233;on re&#231;oit les d&#233;p&#234;ches de l'agence Havas, lit les journaux de province, lit le courrier qu'on envoie &#224; son journal &#8211; c'est aussi l'&#233;clatement des sources qui lui ouvre le monde, m&#234;lant le tentaculaire Paris aux moindres hameaux de province (de Boutaresse &#224; Damvix, via la Meurthe-et-Moselle : les d&#233;partements sont abr&#233;g&#233;s, mais cit&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le web, nous apprenons par n&#233;cessit&#233; l'art du bref, du fragment. Faire tenir toute une &#233;paisseur de r&#233;el en trois lignes, c'es la taille d'un statut Face Book ou d'un message Twitter. Et c'est pour cela aussi que nous revenons &#224; F&#233;n&#233;on : ce qu'il tient en trois lignes, souvent, Balzac ni Proust n'auraient su s'en saisir (de Proust, relire les pastiches de l'affaire Lemoine, &#233;crits l'ann&#233;e m&#234;me que F&#233;n&#233;on aligne au quotidien ses &#034;Nouvelles en trois lignes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incroyable, non, que ce texte devenu aussi d&#233;cisif n'ait pas eu jusqu'ici d'existence num&#233;rique ? Et gr&#226;ces rendues &#224; l'artiste, que la langue ici funambule sauve, avec le sourire, ce pan incroyable de simple humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;les 175 premi&#232;res incluses dans l'extrait epub gratuit sur publie.net&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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