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		<title>Hopper &#224; North Truro, la r&#233;alit&#233; du peintre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>New York &amp; USA</dc:subject>
		<dc:subject>art, mus&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Edward Hopper</dc:subject>
		<dc:subject>THoreau, Henry</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;au bout de Cape Cod, le phare peint par Edward Hopper&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton4290.jpg?1451109989' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff4290.jpg?1451111587&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; lire aussi : &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2636' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dehors est la ville, essai sur Edward Hopper&lt;/a&gt;, extraits et entretien
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cape Cod : cela m'a longtemps sembl&#233; d&#233;signer une sorte de lieu inaccessible et lointain. Et puis, avec le GPS, les bretelles d'autoroute s'encha&#238;naient sans surprise, on trouvait un fish &amp; chips comme il y a l&#224;-bas sur la c&#244;te, du juste p&#234;ch&#233; qu'on prend avec un Coca directement sur le parking, le temps &#233;tait au beau, on &#233;tait &#224; Cape Cod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est comme tous les USA, &#224; moins de buter (on en revenait, &#224; peine une semaine plus t&#244;t) sur la petite rue qui va au bout des piers de Monterey, un d&#233;pli qui semble soudain immense et r&#233;p&#233;titif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous avait pr&#233;venu d'ailleurs. Nos amis de Boston avaient une moue un peu dubitative, avaient dit : &#8211; Appelez-vous quand vous y serez, on vous dira les coins, mais appeler ce n'est pas trop mon genre. Conversation parall&#232;le ensuite avec Florence Trocm&#233;, du site &lt;a href=&#034;http://poezibao.typepad.com/flotoir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Poezibao&lt;/a&gt;, qui conna&#238;t le cap dans son intimit&#233; : ceux qui le pratiquent s'accrochent &#224; un mini timbre-poste, qui inclut un chemin vers la mer, un reste de bois ou de dune, et la voiture pour le reste. Alors eux ils savent cette force en arri&#232;re de l'Atlantique, la fragilit&#233; des vieilles barques de bois, l'Am&#233;rique qui vous englobe ou tr&#232;s loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, le r&#233;flexe de voyageur c'&#233;tait &lt;i&gt;d'aller au bout&lt;/i&gt;, et quand bien m&#234;me pr&#233;venu on ne s'est pas dispens&#233; d'une incursion dans Provincetown qui est un des lieux les plus kitsch et ringards de toute la c&#244;te Est, au point que repartant on n'avait pour seule id&#233;e que de mettre des miles entre nous et cette horreur, qu'on en a loup&#233; le coucher de soleil qui pourtant s'annon&#231;ait sauvage, brutal, magnifique &#8211; alors qu'il aurait suffit qu'on s'arr&#234;te de nouveau &#224; North Truro pour le recevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi c'est un autre questionnement : North Truro, c'est un lieu important. &#192; Providence et San Francisco j'ai commenc&#233; &#224; me familiariser avec le vocabulaire de ce qui est devenu mon &lt;i&gt;vid&#233;o-journal&lt;/i&gt;, le &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4c_0fApamtU&amp;index=7&amp;list=PL0b9F8mHoFK6aGgjD14MCWC1W4DplnTxK&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lendemain &#224; Nantucket&lt;/a&gt; je ne ferais aucune photo mais raconterais la journ&#233;e par un bout de film, mais l&#224;, parce que je consid&#233;rais que c'&#233;tait un rendez-vous important, je m'en suis tenu aux photographies fixes &#8211; j'ai fait 70 images dans la journ&#233;e, n'en ai plus jamais refait autant depuis lors &#8211; et aujourd'hui je regrette la vid&#233;o non-faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, North Truro est pour moi d'abord une image fixe : une des toiles (ou &lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?q=hopper+lighthouse&amp;source=lnms&amp;tbm=isch&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwj85aCoh_nJAhVDJw8KHTWEC-UQ_AUIBygB&amp;biw=1405&amp;bih=903&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s&#233;rie de toiles&lt;/a&gt;) les plus c&#233;l&#232;bres et embl&#233;matiques de Hopper, une sorte d'essence g&#233;om&#233;trique de l'Am&#233;rique, non pas les maisons secondaires des notables de Boston ou New York qu'il leur refaisait en peinture pour une mise en ab&#238;me de leur prosp&#233;rit&#233;, mais cette rigueur industrielle de l'utile &#8211; celle que j'aime tant aussi, voir encore plus maintenant, chez Charles Sheeler &#8211; ces tableaux de Hopper comme &lt;i&gt;Gas&lt;/i&gt; ou tel entrep&#244;t frigorifique qui sont aussi n&#233;s de ses s&#233;jours &#224; Cape Cod, sa cabane &#224; North Truro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant Hopper il y a le &lt;i&gt;Cape Cod&lt;/i&gt; de Thoreau, et quand un livre et un lieu se sont m&#234;l&#233;s aussi intimement c'est dans le livre qu'on entre autant que dans le lieu : je n'ai jamais lu int&#233;gralement le Cape Cod de Thoreau mais c'est un livre du domaine public qu'on peut t&#233;l&#233;charger gratuitement, bien longtemps que je l'ai avec &lt;i&gt;Walden&lt;/i&gt; en anglais dans mon Kindle &#8211; et combien c'est important pour nous, avec Gracq en lointaine ligne de mire, que ces &#233;critures qui passent d'abord par le paysage et le lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Thoreau, rejoindre le phare c'&#233;tait tout un voyage, et dans ce cas on se fait h&#233;berger par la famille du gardien &#8211; ils sont habitu&#233;s, ils ont une chambre d'h&#244;te. Et non pas s'arr&#234;ter sur le parking o&#249; vous a emmen&#233;s votre GPS, mais un lent et long chemin, les heures qu'on accumule &#224; pied, la fatigue et les lumi&#232;res, le temps qu'ensuite on y reste, s'impr&#232;gne, d&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comment imaginer que Hopper, posant son chevalet devant le phare, faisant du phare comme un exercice oblig&#233;, n'ait pas pens&#233; &#224; Thoreau. C'est plus compliqu&#233; avec Lovecraft, qui ne parle quasiment jamais de Thoreau, n'a probablement pas compris Thoreau, alors que l'ensemble de ses &lt;i&gt;travelogs&lt;/i&gt; non finalis&#233;s lorsqu'&#224; 46 ans il meurt brutalement tendrait &#224; prouver que cette &#233;criture avec lieu et paysage &#233;tait son chemin &#224; lui aussi &#8211; il passe du temps &#224; Cape Cod avec les Belknap Long qui l'h&#233;bergent (ils ont une grosse Ford), avec Frank Belknap Long ils s'offrent m&#234;me, &#224; Barnstable en 1928, un bapt&#234;me de l'air &#224; 5 ou 8 dollars, en tout cas une somme non n&#233;gligeable pour Lovecraft, qui donc a vu North Truro d'en faut : le phare est un des rep&#232;res principaux du cap. Mais s'il &#233;crit sur Nantucket (&#171; La ville inconnue de l'oc&#233;an &#187;) pas de trace du phare de North Truro dans ses r&#233;cits de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, quel rapport &#224; &#171; la r&#233;alit&#233; du peintre &#187; ? On gare la voiture et on reconna&#238;t la silhouette &#8211; c'est bien celle de la toile de Hopper. On est o&#249;, alors : dans le r&#233;el, ou dans la toile ? Et si on cherche ce rapport qui fait communiquer avec le lieu, est-ce que c'est le r&#244;le de la toile, de nous renvoyer au morceau de r&#233;alit&#233; qu'elle arrache et transcende ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis familier des maisons d'&#233;crivains, celles de Proust, Balzac, Rabelais : je sais ce qui j'y cherche qui me rapproche de l'oeuvre, par l'impossibilit&#233; m&#234;me que le r&#233;el qui m'est accord&#233; fasse contact avec son r&#244;le dans le temps et la vie de l'auteur, sinon &#224; un bouton de porte (Illiers-Combray), une poign&#233;e de fen&#234;tre (Sach&#233;), une courbure de la colline (La Devini&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que je ne viens pas ici, &#224; North Truro, parce que la toile de Hopper a toujours symbolis&#233; pour moi l'Am&#233;rique en raison de certain rapport &#224; l'espace, ou pour ce qui m'a toujours import&#233; de cette non-hi&#233;rarchie des g&#233;om&#233;tries industrielles quant aux objets plus m&#233;taphysiques de la peinture (cette hallucinante toile du dernier Hopper, avec l'ouverture vide de la chambre sur la mer, c'est aussi &#224; North Truro). Qu'est-ce que le r&#233;el, sinon ce qui m'entoure pour m'amener avec plus d'affect dans la proximit&#233; m&#234;me de la toile ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH520/hopper-truro-285d7.jpg?1749154845' width='420' height='520' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Abr&#233;geons. Le b&#226;timent est devenu un minuscule mus&#233;e, on y est d'ailleurs tr&#232;s bien accueilli, et la dame qui nous guide a une adorable fa&#231;on de prononcer le mot Fresnel, sachant de plus qu'elle prom&#232;ne des Fran&#231;ais. Thoreau y est honor&#233; comme il doit l'&#234;tre : l'Am&#233;rique se fonde aussi par ses &#233;crits, et avant la grande vague urbaine (Bartleby existe mais personne ne le sait, et c'est ici m&#234;me, entre New Bedford et Nantucket, que Melville ancre &lt;i&gt;Moby Dick&lt;/i&gt;), le concept de &lt;i&gt;wilderness&lt;/i&gt; na&#238;t quasi simultan&#233;ment chez Whitman et lui, Thoreau. Hopper, ici, on ne conna&#238;t pas trop, sinon pour quelques chromos &#224; vendre, parce qu'on y voit le phare. Hopper : un peintre am&#233;ricain pour les Fran&#231;ais (comme Poe ou Lovecraft sont des auteurs am&#233;ricains pour les Fran&#231;ais) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le mus&#233;e, sur le petit chemin de planches, on va jusqu'&#224; la mer. En quel endroit du monde on ne cherche pas d'abord &#224; &lt;i&gt;marcher vers la mer&lt;/i&gt; ? &#192; gauche, un de ces golfs nullissimes comme on en a partout saign&#233; la terre. &#192; droite, le radome d'une installation radar : les phares d'aujourd'hui sont moins exotiques que leurs pr&#233;d&#233;cesseurs &#8211; mais probablement que Hopper aurait su peindre le radome aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit, sur la petite estrade de planches o&#249; on bute, en surplomb de la c&#244;te et ses vagues r&#232;ches, violentes, tout au long du d&#233;mesur&#233; ruban de sable, d'un de ces panneaux d'information en oblique, avec quelques photos mal reproduites, pour que tout du r&#233;el craque : c'est ici, &#224; l'endroit pr&#233;cis o&#249; maintenant vous &#234;tes, que s'&#233;rigeait le phare o&#249; a dormi Thoreau, et qu'a peint Hopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On regarde &#224; deux cents m&#232;tres derri&#232;re soi : il est pourtant toujours l&#224;. C'est dans le d&#233;but des ann&#233;es 70. On se fascine aujourd'hui pour les al&#233;as des c&#244;tes, mais c'est surtout parce qu'on les a partout mises en coupe r&#233;gl&#233;e de profit et d'urbanisme. Les c&#244;tes ont toujours avanc&#233; et recul&#233;. Les vagues et courants avaient rong&#233; le bout de Cape Cod, le phare se trouvait en surplomb de la dune, on l'a mis sur des rouleaux de bois et on l'a tir&#233;. Les photos de l'&#233;poque o&#249; on avait m&#234;me d&#251; le placer sur pilotis pour emp&#234;cher l'&#233;croulement t&#233;moignent bien de comment il &#233;tait in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des photos de l'op&#233;ration, on les verra ci-dessous. C'est finalement une chance : il n'y aurait plus aujourd'hui, sinon, les murs modestes de planches dans lesquels a dormi Thoreau, et qu'on voit sur les toiles d'Hopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, c'est tout. Ensuite on est all&#233; visiter le phare, c'est moins impressionnant que le Mus&#233;e des phares et balises d'Ouessant mais &#231;a aussi c'est un contraste habituel en Am&#233;rique : cette minceur des r&#233;alisations humaines, rapport&#233;es &#224; l'&#233;chelle de ce qui les entoure. Reste qu'&#224; se placer derri&#232;re la fen&#234;tre et regarder la mer au loin, on est bien derri&#232;re la m&#234;me fen&#234;tre o&#249; Thoreau, puis Hopper, ont d&#251; regarder aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la r&#233;alit&#233; du peintre ? Si le b&#226;timent a &#233;t&#233; pos&#233; sur des rouleaux de bois et tr&#232;s lentement tir&#233; (je crois qu'il s'agissait de cinq m&#232;tres par jour, et qu'il avait fallu deux &#224; trois semaines), est-ce que d'&#234;tre ici me rapproche de la toile de Hopper, ou me place dans le noman's land de ce qui y &#233;tait mais a disparu ? Et ce que je vois et touche de planches, de g&#233;om&#233;tries des toits, de blancheur hi&#233;ratique du phare, s'il n'est pas au m&#234;me endroit qu'o&#249; l'a vu Hopper, est-ce qu'il demeure encore le &lt;i&gt;sujet&lt;/i&gt; de sa toile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;alit&#233; transport&#233;e est-elle r&#233;alit&#233;, ou repr&#233;sentation &#224; &#233;chelle 1, mais maquette quand m&#234;me, quoique grandeur nature, qui n'est plus cette r&#233;alit&#233; mais son d&#233;calque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les stations-service d'aujourd'hui ne ressemblent plus au &lt;i&gt;Gas&lt;/i&gt; d'Edward Hopper, mais c'est toujours &lt;i&gt;Gas&lt;/i&gt;, en tant que crime contre la peinture &#224; y installer une station-service, qui nous permet de &lt;i&gt;voir&lt;/i&gt; nos stations-service d'aujourd'hui. S'il s'agit d'un paysage naturel, avec cette g&#233;om&#233;trie implacable d'un b&#226;timent utilitaire, est-on dans la m&#234;me probl&#233;matique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'imagine le phare o&#249; il &#233;tait, et &#224; quel endroit de ce golf nullissime, alors seulement la lande face aux vagues, dans le grand vent d'Atlantique, Hopper s'installait pour peindre. Si je l'imagine toujours au m&#234;me endroit, &#224; peindre encore ce qu'il voit, quelle absence de phare va-t-il rendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'y retrouve dans la &lt;a href=&#034;http://philipkochpaintings.blogspot.fr/2015_05_01_archive.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;marche de Philip Koch&lt;/a&gt;, s'installant dans l'atelier de Hopper &#224; South Truro (hameaux s&#233;par&#233;s, mais c'est tout pr&#232;s) et travaillant ses propres toiles d'apr&#232;s celles de Hopper. Peut-&#234;tre que pour nous tous, cependant, la confrontation aux lieux r&#233;els &#8211; y compris les maisons de Proust &#224; Illiers-Combray, de Balzac &#224; Sach&#233; ou de Rabelais &#224; La Devini&#232;re &#8211; donne surtout la mesure de la distance et du vide, de ce qu'il y a d'impossible &#224; combler et qui nous contraint &#224; inventer notre propre saut, &#224; d&#233;terminer nos propres usages, nos propres lieux, nos propres jeux de repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre pour cela que construire un tel site, pour celui qui le fait, dans la pr&#233;histoire actuelle des outils d'Internet et la si rapide obsolescence de nos pages, peut devenir aussi hypnotique, est une telle chance sur le fond, plut&#244;t que le chemin balis&#233; des livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je raconte quoi, ici : le voyage qui nous mena &#224; North Truro, GPS plant&#233; sur la planche de bord de la petite voiture lou&#233;e (une Honda Civic de base si je me souviens bien), le regret de n'avoir pas fait de vid&#233;o, la surprise de n'avoir &#224; dire que cette translation du phare, au lieu de la conjonction attendue d'un b&#226;timent et d'un paysage ? De la question annexe de savoir comment, visitant un tel lieu et le photographiant dans l'instant de la premi&#232;re d&#233;couverte, se construit d&#233;j&#224; le film mental de la page web qu'on va en faire, m&#234;me si elle advient six mois plus tard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans le petit mus&#233;e qui multiplie toutes les gravures puis photographies du phare sous tous angles, en toutes &#233;poques, et y installe &#8211; mais encadr&#233;es pareil &#8211; une photographie de la toile de Hopper, qu'est-ce qui rend la toile irr&#233;ductible, et justement &#224; l'&#233;cart de toute r&#233;alit&#233; reproduite, l&#224;-m&#234;me o&#249; en fait une reproduction parmi les autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou peut-&#234;tre encore &#233;tait-ce tout &#224; fait normal que sit&#244;t apr&#232;s la mort de Hopper on d&#233;m&#233;nage le phare qui n'avait jamais &#233;t&#233; mis l&#224; que pour lui, &#224; preuve le lien que nous avons tous depuis lors &#224; ces toiles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que je vois quand je regarde, sachant que rien n'est organis&#233; ici que selon l'id&#233;e d'une repr&#233;sentation &#8211; et que c'est le myst&#232;re d'une reproduction particuli&#232;re, mais en tant que celle-ci &#233;tait irr&#233;ductible &#224; toute repr&#233;sentation &#8211; qui m'am&#232;ne ici pour &lt;i&gt;voir&lt;/i&gt;, et essayer de mieux comprendre non pas la r&#233;alit&#233; (elle est majestueuse dans le plus humble phare devant la mer) mais le myst&#232;re m&#234;me du peintre, lui in&#233;puisable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de la carapace de limule ramass&#233;e sur la plage au retour. L'avoir laiss&#233;e s&#233;cher pr&#232;s de l'ordi &#224; Providence les dix jours qui nous restaient &#8211; mais trop friable, plus que poussi&#232;re au retour en France.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_6660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/north-truro-1.jpg?1451110124' width='500' height='333' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/north-truro-radome.jpg?1451115666' width='500' height='333' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/north-truro-5.jpg?1451110124' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Edward Hopper | Dehors est la ville</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2636</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2636</guid>
		<dc:date>2021-10-25T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Edward Hopper</dc:subject>
		<dc:subject>Tiers Livre &#201;diteur | les livres &amp; publications</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;continuer d'apprendre la ville en d&#233;cryptant l'invention formelle de Hopper&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;arts&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot653" rel="tag"&gt;Edward Hopper&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot964" rel="tag"&gt;Tiers Livre &#201;diteur | les livres &amp; publications&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2636.jpg?1469352474' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le livre &lt;a href=&#034;https://www.librairie-tiers-livre.store/titres-franois-bon/franois-bon-dehors-est-la-ville-essai-sur-edward-hopper&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dehors est la ville (essai sur Edward Hopper)&lt;/a&gt; disponible sur Tiers Livre Editeur, reprise refondue et augment&#233;e (2016) de la version initialement parue (1998) aux &#233;ditions Flohic, collection Mus&#233;es secrets.
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; version num&#233;rique du livre librement &lt;a href=&#034;https://www.patreon.com/posts/57891596&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible dans l'espace Patreon du site&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; lire aussi : &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article4290' class=&#034;spip_in&#034;&gt;North Truro, ou : de la r&#233;alit&#233; du peintre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; on trouvera ci-dessous, &#224; propos de mon livre sur Hopper, un &lt;a href=&#034;#entretien&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;entretien&lt;/a&gt; et une &lt;a href=&#034;#extraits&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;suite d'extraits&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;note du 15 ao&#251;t 2011&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Je reprends ci-dessous &#233;change tenu ce matin avec une &#233;tudiante, Ahn Dao Pham, pour un m&#233;moire de master, &#224; propos de mon essai sur Hopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire aussi : Christine Jeanney, elle-m&#234;me ces jours-ci sur la piste Hopper, via sa s&#233;rie &lt;a href=&#034;http://tentatives.eklablog.fr/entre-moi-et-le-monde-une-vitre-c137221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entre moi et le monde, une vitre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;entretien&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Dehors est la ville | concernant la d&#233;marche&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADP - Pourquoi avez vous choisi Hopper ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
J'ai d&#233;couvert la peinture de Hopper lors d'une exposition &#224; Marseille en 1983, probablement la premi&#232;re exposition Hopper en France. D&#232;s lors, il a &#233;t&#233; au centre de mon travail, principalement par cette fa&#231;on narrative et g&#233;om&#233;trique de se saisir de la ville.&lt;br&gt;
A l'&#233;poque, le &lt;i&gt;Nighthawks&lt;/i&gt; de Hopper ne servait pas de carte-postale de premier de l'an, et m&#234;me aujourd'hui d'ailleurs j'ai souvent &#224; indiquer cette piste &#224; mes &#233;tudiants.&lt;br&gt;
Je crois que, de la m&#234;me fa&#231;on que si on veut &#233;crire il faut s'approprier toute l'histoire de la litt&#233;rature, au moins dans sa langue, on a dans sa proximit&#233; non pas un peintre, mais un ensemble de peintres, non par go&#251;t mais parce qu'ils sont tout pr&#232;s de soi un univers tr&#232;s fort et actif de question. Pour moi, cela inclut Mantegna, Caravage, plus tard Munch ou Dubuffet et bien d'autres, Hopper a pris une place imm&#233;diatement centrale parce que dans mon propre travail d'&#233;criture l'id&#233;e de ville &#233;tait centrale.&lt;br&gt;
Je dois moduler : chaque fois que je vais &#224; New York je retourne au Whitney Museum, je ne connaissais que tr&#232;s peu les autres peintres am&#233;ricains des ann&#233;es 30 ou des ann&#233;es 50 &#8211; &#231;a n'enl&#232;ve rien &#224; Hopper, mais il n'est pas le seul d&#233;positaire de ce questionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADP - Comment en &#234;tes vous arriv&#233; au titre &lt;i&gt;Dehors est la ville&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Un titre c'est tr&#232;s myst&#233;rieux, on le trouve tout au d&#233;but ou tout &#224; la fin, c'est un petit caillou qui ne peut pas s'expliquer ni s'ouvrir.&lt;br&gt;
Quand Catherine Flohic m'avait propos&#233; d'&#233;crire pour sa collection &lt;i&gt;Mus&#233;es secrets&lt;/i&gt;, j'avais beaucoup h&#233;sit&#233; entre Chaissac et Hopper, deux peintres qui n'ont rien &#224; voir, mais le premier m'importe aussi pour des raisons autobiographiques.&lt;br&gt;
Pour Hopper j'avais cette impression d'une duret&#233;, d'une projection dure vers un monde ext&#233;rieur sans signes, tout le questionnement port&#233; par celui qui peint, ou le sujet qu'il installe sur sa toile. &lt;br&gt;
Cette ext&#233;riorit&#233; devenait le concept central, renverse d'une ma&#238;trise du sujet, ce titre en est venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADP - Quel a &#233;t&#233; votre crit&#232;re de s&#233;lection des toiles dans la premi&#232;re version (le th&#232;me de la ville mis &#224; part) ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Je voulais que ce petit livre soit aussi un parcours dans Hopper, s'ancre dans la gen&#232;se de ces toiles immenses de la fin, quasi d&#233;pouill&#233;es de tout. Donc reprendre ses propres chemins, que moi-m&#234;me je d&#233;couvrais en m&#234;me temps. Ainsi sa p&#233;riode parisienne, et son obstination &#224; ne peindre que son propre escalier (au retour, il n'a m&#234;me pas entendu parler de Picasso). Ainsi les premi&#232;res toiles new-yorkaises avec eau, usines, chemin&#233;es, et d&#233;couvrir ces points de r&#233;currence de l'oeuvre, qui deviennent chez lui ensuite une permanence.&lt;br&gt;
Deux pistes se sont r&#233;v&#233;l&#233;es par l'&#233;criture : le fait que pour de nombreuses toiles on dispose d'une quantit&#233; non n&#233;gligeable d'&#233;tapes pr&#233;paratoires, de croquis, et donc la mise en cause radicale de l'apparent r&#233;alisme de la toile en son &#233;tat final. L'autre piste, c'est l'hallucinante s&#233;rie sur les cin&#233;mas &#8211; je connaissais &lt;i&gt;Intermission&lt;/i&gt; (&#171; entract'e &#187;), mais je n'avais pas compris ce rapport, d&#232;s 1935, de la peinture &#224; la repr&#233;sentation en mouvement qu'est le film. D'ailleurs, la plupart de ces toiles Hopper n'avait pas r&#233;ussi &#224; les vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADP - Dans la version numerique et revisit&#233;e de DELV vous avez gard&#233; 28 toiles sur 38, pourquoi ? Et surtout pouvez vous m'&#233;clairer sur les quatre toiles que vous avez ajout&#233; &#034;&#224; la place&#034; de trois autres, &#224; savoir : Chop Suey (qui remplace &lt;i&gt;Automat&lt;/i&gt;), &lt;i&gt;Dawn in Pensylvania (Sunlight in a cafeteria)&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Morning in a city&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Rooms by the sea&lt;/i&gt; (Sun in an empty room).&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Pour le livre imprim&#233;, l'autorisation de reproduire certaines toiles nous a &#233;t&#233; refus&#233;e par leurs propri&#233;taires, au moins trois sont dans le coffre-fort de banques qui les ont acquises dans un but sp&#233;culatoire, c'est r&#233;voltant. Pour ma petite version num&#233;rique, je n'ai pas demand&#233; d'autorisation. Par contre, dans le livre imprim&#233; on avait propos&#233; plusieurs planches pour certains des textes, alors que dans la maquette num&#233;rique, la r&#233;gularit&#233; du rapport image/texte m'a sembl&#233; plus dynamique, et inciter &#224; aller chercher au-del&#224; du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADP - Que vous inspire l'&#234;tre humain chez Hopper ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Ce qui nous d&#233;finit comme humain, &#224; la diff&#233;rence d'une table ou d'un tabouret, c'est la curiosit&#233; et l'interrogation sur soi-m&#234;me. Hopper a le m&#234;me &#226;ge que Franz Kafka, ils sont n&#233;s &#224; quelques mois d'&#233;cart, m&#234;me si Kafka meurt en 1924 et Hopper en 1971. Pour eux deux, cette curiosit&#233; et cette interrogation ne sont pas incluses dans le sujet lui-m&#234;me, ou une &#233;nonciation qui ne le poserait pas dans une exp&#233;rience du monde. Les all&#233;gories centrales de Kafka, comme son texte &lt;i&gt;Devant la loi&lt;/i&gt;, ou le &lt;i&gt;Excursion into philosophy&lt;/i&gt; de Hopper ont en cela un positionnement radical et commun, m&#234;me si Kafka en prend le cristal &#224; sa jud&#233;it&#233;, et Hopper &#224; son am&#233;ricanit&#233;. L'&#234;tre humain, chez Hopper, c'est la voie ferr&#233;e devant la fen&#234;tre. Mais c'est la fen&#234;tre qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADP - Que pensez-vous de l'expression &#034;&#233;clat de r&#233;alit&#233;&#034; employ&#233;e par Dominique Viart au sujet de DELV ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
On ne fait pas le jeu facile &#224; nos amis universitaires, puisqu'on moissonne le meilleur et que pour leurs commentaires ils doivent faire avec ce qui reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADP - Qu'entendez-vous lorsque vous qualifiez la ville de fiction ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Inventer des histoires dans la ville n'explose pas la ville. Depuis Benjamin, nous savons que c'est la ville elle-m&#234;me qui doit devenir histoire. &lt;br&gt;
La complexit&#233; de bascules toutes r&#233;centes &#8211; par exemple, les mod&#232;les benjaminiens, n&#233;s de Hausman et des &lt;i&gt;Fleurs du mal&lt;/i&gt;, ne s'appliquent pas &#224; Tokyo ou Los Angeles, n'infirme pas que la ville reste aujourd'hui atelier central pour la litt&#233;rature, parce qu'elle est le sch&#232;me d'organisation principal de la communaut&#233; humaine. &lt;br&gt;
Je pense &#224; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1746' class=&#034;spip_in&#034;&gt;M&#233;gapolis&lt;/a&gt; de R&#233;gine Robin, o&#249; elle passe trois semaines &#224; Londres, prend chaque jour une ligne de m&#233;tro jusqu'&#224; son terminus et d&#233;crit ce qu'elle y observe.&lt;br&gt;
Dans le rapport le plus neuf de la litt&#233;rature au monde, la ville nous donne encore des formes &#224; lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADP - Lorsque vous &#233;voquez la question de ce qui est central dans le travail du peintre, vous &#233;crivez : &#171; tenir un r&#233;cit sur un seul instant suspendu et que dans cette suspension la g&#233;om&#233;trie passive de la ville se fasse forme et langage &#187;. Ne parlez vous pas finalement du travail de l'&#233;crivain face aux tableaux ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Pas d'autre choix pour nous, si on souhaite que l'&#233;criture tienne, et quel que soit son objet (le fameux &lt;i&gt;madame Bovary c'est moi-m&#234;me&lt;/i&gt; de Flaubert), que de tenter de lire &#224; rebours notre &#233;criture m&#234;me, &#224; travers ou dans l'objet qu'on d&#233;crit. Si on ne faisait de cet objet qu'une simple m&#233;taphore de l'&#233;criture, alors ce serait vite oubliable &#8211; c'est une sorte de combat entre l'ext&#233;riorit&#233; radicale de l'objet, et ce m&#233;canisme qui y projette une m&#233;taphore pour constituer l'objet ext&#233;rieur du texte en &#233;criture, fable, r&#233;cit. Hopper reste un peintre de mon actualit&#233;, au pr&#233;sent, parce qu'il utilise un sch&#233;ma de cet ordre pour sa m&#234;me situation de peintre, dans le d&#233;ni de figure qu'est la ville. Une des toiles les plus embl&#233;matiques, &#224; cet &#233;gard, c'est celle o&#249;, depuis le si&#232;ge arri&#232;re de sa voiture, il peint sa compagne, elle sur le si&#232;ge avant qui peint le paysage. Sur l'aquarelle de Jo, il n'y a que le paysage. Sur la toile de Hopper, il y a Jo en train de peindre, la toile, le paysage lui-m&#234;me de l'autre c&#244;t&#233; du pare-brise, et le tableau de bord de la voiture. &#192; chacun de prendre la le&#231;on comme il veut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;extraits&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Dehors est la ville, essai sur Hopper (extraits)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L308xH420/08_solitaryfigure-8f20c.jpg?1749154845' width='308' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;cin&#233;ma 1, Solitary figure in a theatre, 1902&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange la ville, qu'elle ne se suffise pas &#224; elle-m&#234;me mais construise ces trous o&#249; on se met ensemble pour assister &#224; ce qui nous repr&#233;sente. Ce sont ces trous avec des fauteuils devant rideau, sc&#232;ne ou &#233;cran. Compte cela, que les fauteuils soient vides, que ces rites de la repr&#233;sentation dans la ville fassent acc&#233;der tout aussi bien &#224; sa propre solitude dans le monde. Il suffit d'une figure de dos, d'une d&#233;coupure par l'horizontale, grand pan de couleur et ces fauteuils align&#233;s comme ailleurs la g&#233;om&#233;trie des rues, des fen&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH274/09_intermission-2-17a56.jpg?1749154845' width='420' height='274' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;cin&#233;ma 2, Intermission, 1963&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La toile pr&#233;c&#233;dente est rest&#233;e dans l'atelier, elle n'a jamais &#233;t&#233; vendue. Soixante-et-un ans plus tard, le peintre revient au th&#232;me. Cette fois, il ose travailler de trois-quarts face &#8212; et le mur a &#233;vacu&#233; l'&#233;cran : c'est cela et cela seulement, le spectacle du monde ? M. &amp; Mme Morris B. Pelavin ont achet&#233; le tableau : est-ce la commanditaire qui pose, comme dans les anciens rituels de l'art religieux ? &#8212; est-ce peut-&#234;tre la propri&#233;taire m&#234;me du cin&#233;ma ? Pour moi, ce qui compte, c'est le titre : entr'acte c'est bien plus &#233;troit que Intermission. On a ouvert le temps, on a s&#233;par&#233; la vie. Le cin&#233;ma lui-m&#234;me est cette coupe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH339/10_nymovie-62b01.jpg?1749154845' width='420' height='339' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;cin&#233;ma 3, New York movie, 1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant voil&#224; que &#231;a s'allume. L'image a saisi avec elle la parole pour surgir par projection d'un &#233;cran vertical. Avec la trou&#233;e verticale des servantes au-dessus de l'all&#233;e, la lampe du couloir et ce que l'&#233;cran lui-m&#234;me r&#233;fl&#233;chit, tout ce qui &#233;claire est produit de l'int&#233;rieur m&#234;me de la toile. La toile, acceptant de figurer par le mot movie l&#224; o&#249; la parole s'est jointe &#224; l'image, devient parlante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les visages sont l&#224; qui se taisent, mais la mutit&#233; est parole qu'on contraint et qu'on tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole est dans la lumi&#232;re qui de la lampe vient sur la t&#234;te de la femme. Elle pense. La lumi&#232;re prouve qu'elle pense, qu'elle a affaire &#224; sa propre parole tenue silencieuse, bien plus que le geste m&#234;me des doigts sur la joue ou la tension du masque autour du regard baiss&#233;, s&#233;par&#233; du spectacle. Ici deux diagonales inverses s'affrontent et s'opposent, celle de l'&#233;cran qui &#233;claire les visages &#224; contre-jour, et celle d&#233;termin&#233;e par le regard de la femme, qui passe derri&#232;re les visages, va sur les fauteuils vides qu'elle hisse &#224; &#233;galit&#233; de signifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revient ce mot, ouvreuse, que d&#233;sormais nous avons perdu. Elle ouvre &#224; l'espace clos du rite. Ce qui est ouvert est derri&#232;re elle, c'est un escalier devenu lui-m&#234;me th&#233;&#226;tre par l'art du rideau rouge. La ville au-dessus doit &#234;tre ce th&#233;&#226;tre, la ville &#224; laquelle la femme qui pense pourrait initier. Ce &#224; quoi elle pense n'est pas dans les fauteuils vides, c'est au-dessus, dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a plus de rideau rouge. En franchissant l'espace qui va du dessin &#224; la toile, on passe &#224; la fiction int&#233;rieure, portrait d'une ouvreuse comme vol&#233;e au spectacle m&#234;me, crayonn&#233;e sur un genou ? La femme reste impr&#233;cise, lourde d'abord parce que la repr&#233;sentation lui est indiff&#233;rente. Ce qui est convoqu&#233; de rituel, parce que l'&#233;cran est allum&#233;, que des ombres grises s'y d&#233;coupent, redouble le geste du peintre, et ce tableau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nous de faire le travail, parce que tel est notre propre chemin vers nous-m&#234;mes. Ici, quand on peint la sc&#232;ne m&#234;me de la repr&#233;sentation, c'est cela qui compte : nous forcer &#224; lire la m&#233;canique d'hommes dans leur ville inorganique. De quel rituel cela participe, qui tient de ces empreintes de mains sur le fond des cavernes, et non pas de ce qui nourrit le peintre &#224; cette &#233;poque, maisons qu'on repr&#233;sente sur toile pour accrocher dans le salon de leur propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH345/11_girlieshow-2-7e1a5.jpg?1749154845' width='420' height='345' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;cin&#233;ma 4, Girlie Show, 1941&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant on est dans la guerre, et la guerre n'est pas dite. C'est Girlie Show, la fille en montre pour les hommes. Du bruit, de la fum&#233;e, et ce corps nu, expos&#233; dans sa vente humiliante, mais tout retenu &#224; distance : un rideau noir nous s&#233;pare de comprendre. Jo encore une fois a &#233;t&#233; le mod&#232;le, ce corps on l'a raidi et d&#233;form&#233;. La bouche, &#233;tir&#233;e par un d&#233;ni de pens&#233;e, et la pose aussi des doigts participe de comment sont mutil&#233;s ceux qui s'abaissent &#224; cette vente : d'obsc&#232;nes oreilles d&#233;gag&#233;es, que les projecteurs illuminent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans un fragment de toile grand comme une main, un visage est l&#224;, lui travaill&#233; dans une totalit&#233; de sens : est dit ce qui d&#233;truit, est dit la s&#233;paration totale de ce qu'on vend et de ce qu'on fait, complicit&#233; implicite du peintre invisible et du musicien visible, mais qui ne regarde pas la femme (quelque chose survivrait de cela &#224; la pr&#233;cision du pied de la strip-teaseuse, la robustesse m&#234;me et la tension du pied tendu vers l'arri&#232;re). L'opposition est extr&#234;mement simple, des oreilles d&#233;coll&#233;es qui ach&#232;tent la repr&#233;sentation vulgaire (ce corps offert les s&#233;pare du leur propre), et du musicien pourtant sans mains et sans corps. C'est cette simplicit&#233; m&#234;me qui r&#233;sume peut-&#234;tre qu'on a bascul&#233; dans la guerre : rideau noir sur le monde, et nous-m&#234;mes oblig&#233;s de plier devant le signifiant, maintenant signifiant mutil&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH318/12_circle-0dbf1.jpg?1749154845' width='420' height='318' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;cin&#233;ma 5, The Circle Theatre, 1936&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui reste du devoir du peintre, quand le monde entier tourne le dos. &#192; cela servent dans la ville ces lieux qui se parent d'enseignes pour attirer le monde et exposent des &#233;chantillons d'image de ce qu'&#224; l'int&#233;rieur ils montrent, architectures s&#233;par&#233;es de la ville et qui en d&#233;laissent les fen&#234;tres (le th&#232;me r&#233;current du bloc vertical &#224; fen&#234;tre sur la gauche, qui fait qu'on marche toujours dans la m&#234;me ville), comme cet escalier m&#233;tallique coll&#233; &#224; la paroi affiche d&#232;s le dehors l'&#233;chelle des dimensions respectives de la fourmi homme raval&#233;e &#224; sa dimension collective et du trou clos o&#249; il se repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, le lieu o&#249; sont honor&#233;s les mots est isol&#233; des mots de la ville (le mot Circle aussi est mang&#233;, un cercle dans la ville quand rien dans la toile n'&#233;voque &#8212; que cette lanterne au-dessus &#8212; l'id&#233;e de cercle), si devient lisible ce panneau o&#249; il n'est question que d'ice-cream et sodas, et du slogan buy here and save, sous un carr&#233; rouge suspendu dans l'espace, et la pr&#233;cision compl&#233;mentaire du double feu rouge en perspective directe avec l'entr&#233;e du gouffre : la ville enti&#232;re est un th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[11] des danses nouvelles s'organisaient</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3219</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3219</guid>
		<dc:date>2013-02-16T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Kafka, Franz </dc:subject>
		<dc:subject>Edward Hopper</dc:subject>
		<dc:subject>Federico Fellini</dc:subject>
		<dc:subject>biographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de Proust et Kafka dansant ensemble dans ce film de Federico Fellini&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot62" rel="tag"&gt;Kafka, Franz &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot653" rel="tag"&gt;Edward Hopper&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot698" rel="tag"&gt;Federico Fellini&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot723" rel="tag"&gt;biographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;
&lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;&lt;br&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3218' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt; _ &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3220' class=&#034;spip_in&#034;&gt;suivant&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Federico Fellini est un grand artiste, un immense inventeur dans son propre art. Peut-&#234;tre m&#234;me d'ailleurs n'est-il pas un cin&#233;aste, cela le condamnerait &#224; rester prisonnier d'une technique, d'un art conditionn&#233; par les lois de l'optique et du spectacle. On peut consid&#233;rer que ce qui rend Federico Fellini un artiste immense, c'est d'avoir &#233;t&#233; &#233;crivain, d'avoir trouv&#233; la grandeur et l'&#233;pop&#233;e et le tragique de sa litt&#233;rature avec les moyens du cin&#233;ma. Il n'y a aucun doute que Federico Fellini comme tant et tant d'autres, &#224; commencer par son ami Visconti, se sont goberg&#233;s de Proust. Ont fait comme nous tous : l'ont lu puis relu, et scrut&#233; s&#233;rieusement. Il n'y aurait rien d'invention pour quelqu'un n'a pas solidement travaill&#233; son Proust, comme Proust et Kafka et Faulkner avaient travaill&#233; leur Tolsto&#239; et leur Dosto&#239;evski, et eux plus Tolsto&#239; et Dosto&#239;evski leur Dickens et leur Balzac, ainsi de suite. Laissons Saint-Simon : de tous ceux ici &#233;voqu&#233;s seuls Marcel Proust (et m&#234;me pas Fellini, tr&#232;s peu probable), ont travaill&#233; leur Saint-Simon. Seulement voil&#224; : rien &#224; dire &#224; l'&#233;vidence proustienne d'un film comme &lt;i&gt;8 1/2&lt;/i&gt;, sans parler des autres. Mais que dans un de ses films &#8211; en couleur, de plus &#8211; se permette de faire danser, et l&#224; comme &#231;a, dans la rue, Proust avec Kafka, voil&#224; qui est seulement du mensonge. Proust et Kafka n'ont jamais dans&#233; ensemble. Il est m&#234;me quasi certain, compte tenu de la crise de furoncles qui se saisit de lui &#224; peine leur s&#233;jour commenc&#233; et le force &#224; rentrer &#224; Prague bien avant ses copains Max Brod et l'autre (je v&#233;rifierai le nom de l'autre), Franz Kafka ait seulement pu croiser Marcel Proust. Se seraient-ils crois&#233;s, a d&#233;clar&#233; plus tard Edward Hopper qui &#233;tait lui aussi &#224; Paris au moment du s&#233;jour &#224; Paris de Franz Kafka et avait le m&#234;me &#226;ge, soit dix ans de moins que Marcel Proust, ils ne se seraient probablement pas parl&#233; &#8211; ce qui est une hypoth&#232;se tr&#232;s pertinente, comme la plupart des notes de ce peintre. En tout &#233;tat de cause, pour ce qui est de danser ensemble, jamais. Federico Fellini a tout invent&#233;, peut-&#234;tre m&#234;me d'ailleurs ce ne sont que des sosies, dans son film &#8211; &#244; l'art pauvre du cin&#233;ma.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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