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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Albert Camus | Qu'est-ce qu'un homme r&#233;volt&#233; ?</title>
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		<dc:date>2011-01-31T17:29:30Z</dc:date>
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		<dc:creator>_ tiers livre, grandes pages</dc:creator>


		<dc:subject>lire num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>droits d'auteur &amp; juridique</dc:subject>
		<dc:subject>Camus, Albert</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;50 ans apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de l'auteur, l'oeuvre tombe dans le domaine public aux US et au Qu&#233;bec&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot249" rel="tag"&gt;lire num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot600" rel="tag"&gt;droits d'auteur &amp; juridique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot611" rel="tag"&gt;Camus, Albert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2421.jpg?1352733352' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;note du lendemain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, &#231;a r&#233;agit dur chez les dinosaures : pour la 1&#232;re fois depuis l'existence du site &lt;i&gt;Classiques des sciences sociales&lt;/i&gt;, il a suffit d'une nuit pour que quelqu'un les force &#224; mettre en place un filtre IP... Pas d'acc&#232;s au lien ci-dessous si vous &#234;tes fran&#231;ais. Donc demandez &#224; un ami qu&#233;b&#233;cois (&#231;a vous obligera &#224; avoir des amis qu&#233;b&#233;cois), ou bien prenez 2'30 pour lester votre connexion d'une &#034;IP non reconnue&#034;... Apr&#232;s M. Moubarak qui a voulu supprimer Internet de l'&#201;gypte, qui donc a fait pression sur l'UQAC pour l'emp&#234;cher de diffuser des textes domaine public ? Les tentatives de restaurer les vieilles fronti&#232;res dans le web sont condamn&#233;s &#224; poussi&#232;re. C'est juste qu'on en a marre. Bon, pas grave, moi hier je les avais d&#233;j&#224; t&#233;l&#233;charg&#233;s, les Camus (et tous ceux qui vont arriver, parce que ce genre de rouleau compresseur, c'est pas un gravier sur la route qui l'arr&#234;te...).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;et note du surlendemain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais bien s&#251;r si facile &#224; contourner, en toute tranquillit&#233; et l&#233;galit&#233;, tant sont d&#233;siroires ces fronti&#232;res l&#224; o&#249; nous pensons et agissons sans elles : voir commentaires ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Albert Camus libre de droits, t&#233;l&#233;chargement int&#233;gral et l&#233;gal&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On sait qu'en France les oeuvres ne passent au domaine public que 70 ans apr&#232;s la mort de l'auteur, &#233;ventuellement m&#234;me augment&#233;es des ann&#233;es de guerre (ainsi, &lt;i&gt;Alcool&lt;/i&gt; d'Apollinaire, prot&#233;g&#233; jusqu'en 2034 &#8211; et qui de nous pour ne pas l'avoir dans son ordinateur, quel cr&#232;ve-coeur que ne pas pouvoir le mettre en partage...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, cela faisait peu de diff&#233;rence. Mais avec le num&#233;rique, c'est le chambardement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonin Artaud est libre de droits, et rien n'emp&#234;che enfin de disposer de ces oeuvres essentielles quand on enseigne, ou tout simplement pour les &#233;tudier soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette ann&#233;e, ce sera Cendrars, Val&#233;ry, C&#233;line... Rien de moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc l'exemple parfait : j'ai souvent parl&#233; ici du site &lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Classiques des sciences sociales&lt;/a&gt;, une mine depuis bien longtemps, avec Lucien Febvre (&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/febvre_lucien/apparition_du_livre/apparition_du_livre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Apparition du livre&lt;/a&gt;), l'histoire de l'art d'&#201;lie Faure ou Blanqui (&lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2288' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'&#201;ternit&#233; par les astres&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classiques des sciences sociales nous propose rien moins que le libre acc&#232;s, donc parfaitement l&#233;gal, &#224; l'oeuvre compl&#232;te d'Albert Camus, un grand remerciement collectif &#224; Jean-Marie Tremblay et Fran&#231;ois Gross, ma&#238;tres d'oeuvre de cette num&#233;risation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fichiers sont disponibles en Word et PDF, il ne vous sera pas difficile via &lt;a href=&#034;http://calibre-ebook.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Calibre&lt;/a&gt; de les transformer en epub pour votre appareil de pr&#233;dilection, iPad, t&#233;l&#233;phone Andro&#239;d ou liseuse e-ink.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vous de d&#233;couvrir, &lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/camus_albert.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Albert Camus, oeuvre int&#233;grale&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas pour aujourd'hui ? Un tout petit extrait, le d&#233;but de &lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/remarque_sur_la_revolte/remarque_sur_la_revolte.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Remarque sur la r&#233;volte&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Albert Camus | Qu'est-ce qu'un homme r&#233;volt&#233; ? (extrait)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un homme r&#233;volt&#233; ? C'est d'abord un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui. Entrons dans le d&#233;tail avec le mouvement de r&#233;volte. Un fonctionnaire qui a re&#231;u des ordres toute sa vie juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Il se dresse et dit non. Que signifie ce non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il signifie par exemple : &#171; les choses ont assez dur&#233; &#187;, &#171; il y a des limites qu'on ne peut pas d&#233;passer &#187;, &#171; jusque-l&#224; oui, au-del&#224; non &#187;, ou encore &#171; vous allez trop loin &#187;. En somme, ce non affirme l'existence d'une fronti&#232;re. Cette id&#233;e se retrouve sous une autre forme encore dans ce sentiment du r&#233;volt&#233; que l'autre &#171; exag&#232;re &#187;, &#171; qu'il n'y a pas de raisons pour &#187;, enfin &#171; qu'il outrepasse son droit &#187;, la fronti&#232;re, pour finir, fondant le droit. La r&#233;volte ne va pas sans le sentiment d'avoir soi-m&#234;me en quelque fa&#231;on et quelque part raison. C'est en cela que le fonctionnaire r&#233;volt&#233; dit &#224; la fois oui et non. Car il affirme, en m&#234;me temps que la fronti&#232;re, tout ce qu'il d&#233;tient et pr&#233;serve en de&#231;&#224; de la fronti&#232;re. Il affirme qu'il y a en lui quelque chose qui vaut qu'on y prenne garde. D'une certaine mani&#232;re, il croit avoir raison contre l'ordre qui l'opprime. En m&#234;me temps que la r&#233;pulsion &#224; l'&#233;gard de l'intrus, il y a dans toute r&#233;volte une adh&#233;sion enti&#232;re et instantan&#233;e de l'homme a une certaine part de l'exp&#233;rience humaine. Mais quelle est cette part ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait avancer que le non du fonctionnaire r&#233;volt&#233; repr&#233;sente seulement les actes qu'il se refuse &#224; faire. Mais on remarquera que ce non signifie aussi bien &#171; il y a des choses que je ne peux pas faire &#187; que &#171; il y a des choses que vous ne pouvez pas faire &#187;. On voit d&#233;j&#224; que l'affirmation de la r&#233;volte s'&#233;tend &#224; quelque chose qui transcende l'individu, qui le tire de sa solitude suppos&#233;e, et qui fonde une valeur. On se bornera, pour le moment, &#224; identifier cette valeur avec ce qui, en l'homme, demeure irr&#233;ductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons au moins qu'il s'agit bien d'une valeur. Si confus&#233;ment que ce soit, il y a prise de conscience cons&#233;cutive au mouvement de r&#233;volte. Cette prise de conscience r&#233;side dans la perception soudaine d'une valeur &#224; laquelle l'homme peut s'identifier totalement. Car cette identification jusqu'ici n'&#233;tait pas sentie r&#233;ellement. Tous les ordres et les exactions ant&#233;rieurs au mouvement d'insurrection, le fonctionnaire les souffrait. Souvent m&#234;me, il avait re&#231;u sans r&#233;agir des ordres plus r&#233;voltants que celui qui d&#233;clenche son mouvement. Mais il y apportait de la patience, incertain encore de son droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la perte de la patience, avec l'impatience, commence un mouvement qui peut s'&#233;tendre &#224; tout ce qui, auparavant, &#233;tait accept&#233;. Ce mouvement est presque toujours r&#233;troactif. Le fonctionnaire, &#224; l'instant o&#249; il n'admet pas la r&#233;flexion humiliante de son sup&#233;rieur, rejette en m&#234;me temps l'&#233;tat de fonctionnaire tout entier. Le mouvement de r&#233;volte le porte plus loin qu'il n'&#233;tait dans le simple refus. Il prend de la distance par rap-port &#224; son pass&#233;, il transcende sa propre histoire. Install&#233; auparavant dans un compromis, il se jette d'un coup dans le Tout ou Rien ; ce qui &#233;tait d'abord la part irr&#233;ductible de l'homme devient l'homme tout entier. L'homme prend conscience dans le mouvement de sa r&#233;volte d'une valeur o&#249; il croit pouvoir se r&#233;sumer. Mais on voit qu'il prend conscience &#224; la fois d'un &#171; tout &#187; encore assez obscur et d'un &#171; rien &#187; qui signifie exactement la possibilit&#233; de sacrifice de l'homme &#224; ce tout. Le r&#233;volt&#233;, veut &#234;tre tout, c'est-&#224;-dire cette valeur dont il a soudain pris conscience et dont il veut qu'elle soit dans sa personne reconnue et accept&#233;e &#8211; ou rien, c'est-&#224;-dire &#234;tre d&#233;chu par la force qui le domine. &#192; la limite, il acceptera de mourir. Il met en balance la mort et ce qu'il appellera par exemple sa libert&#233;. Il s'agit donc bien d'une valeur et une &#233;tude d&#233;taill&#233;e de la notion de r&#233;volte devrait tirer de cette simple remarque l'id&#233;e que la r&#233;volte, contrairement &#224; une opinion courante, et bien qu'elle naisse dans ce que l'homme a de plus strictement individuel, met en cause la notion m&#234;me d'individu. Car si l'individu, dans les cas extr&#234;mes, accepte de mourir et meurt dans le mouvement de sa r&#233;volte, il montre par l&#224; qu'il se sacrifie au b&#233;n&#233;fice d'une v&#233;rit&#233; qui d&#233;passe sa destin&#233;e individuelle, qui va plus loin que son existence personnelle. S'il pr&#233;f&#232;re la chance de la mort &#224; la n&#233;gation de cette part de l'homme qu'il d&#233;fend, C'est qu'il estime cette derni&#232;re plus g&#233;n&#233;rale que lui-m&#234;me. La part que le r&#233;volt&#233; d&#233;-fend, il a le sentiment qu'elle lui est commune avec tous les hommes. C'est de l&#224; qu'elle tire sa soudaine transcendance. C'est pour toutes les existences en m&#234;me temps que le fonctionnaire se dresse lorsqu'il juge que, par tel ordre, quelque chose en lui est ni&#233; qui ne lui appartient pas seulement, mais qui est un lieu commun o&#249; tous les hommes, m&#234;me celui qui l'insulte et l'opprime, ont une solidarit&#233; toute pr&#234;te. Il y a une complicit&#233; des victimes qui n'est ni plus ni moins &#233;vidente que la complicit&#233; qui unit &#224; la victime le bourreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera une confirmation de cela dans deux observations &#233;l&#233;mentaires. On remarquera d'abord que le mouvement de r&#233;volte n'est Pas dans son essence un mouvement d'&#233;go&#239;sme. Car on se r&#233;volte aussi bien contre le bonheur, le poids de la gloire, l'exc&#232;s des biens, etc., etc... On se r&#233;volte aussi contre soi-m&#234;me et ce mouvement o&#249; l'homme se dresse contre l'homme lui-m&#234;me, et qui demanderait une &#233;tude pr&#233;cise et &#233;tendue, montre au moins le caract&#232;re profond&#233;ment d&#233;sint&#233;ress&#233; de toute r&#233;volte. Remarquons ensuite que la r&#233;volte ne na&#238;t pas seulement et forc&#233;ment chez l'opprim&#233;, mais qu'elle peut 'na&#238;tre aussi au spectacle de l'oppression. Il y a dans ce cas identification &#224; l'autre individu. Il ne s'agit pas d'identification psychologique, subterfuge par lequel l'individu sentirait en imagination que c'est &#224; lui que l'offense s'adresse (car il arrive au contraire qu'on ne supporte pas de voir inflig&#233;es &#224; d'autres des offenses que nous-m&#234;mes avons subies sans r&#233;volte). Il y a seulement identification de destin&#233;es et prise de parti. L'individu n'est donc pas &#224; lui seul cette valeur qu'il veut d&#233;fendre. Il faut tous les hommes pour la composer. C'est dans la r&#233;volte que l'homme se d&#233;passe dans autrui, et, de ce point de vue, la solidarit&#233; humaine est m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du moins, voici un premier progr&#232;s que l'esprit de r&#233;volte fait faire &#224; une r&#233;flexion d'abord p&#233;n&#233;tr&#233;e de l'absurdit&#233; et de l'apparente st&#233;rilit&#233; du monde. Dans l'exp&#233;rience absurde, la trag&#233;die est individuelle. &#192; partir du mouvement de r&#233;volte, elle a conscience d'&#234;tre collective. Elle est l'aventure de tous. Le premier progr&#232;s d'un esprit saisi d'&#233;tranget&#233; est de reconna&#238;tre qu'il partage cette &#233;tranget&#233; avec tous les hommes et que la r&#233;alit&#233; humaine dans sa totalit&#233; souffre de cette distance par rapport &#224; soi et au monde. Le mal qu'&#233;prouvait jus-que-l&#224; un seul homme devient peste collective. De cette solidarit&#233; reconnue, il est possible de tirer ceci : il n'y a que l'homme qui m&#233;rite que l'homme lui soit sacrifi&#233;. C'est la morale des complices. Une telle affirmation, bien entendu, ne peut &#234;tre fond&#233;e que par la d&#233;couverte, dans la r&#233;volte, de cette valeur qu'il faut encore pr&#233;ciser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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