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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Apr&#232;s le livre | Baudelaire, en m&#234;me temps &#224; 9 jours pr&#232;s</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Baudelaire, Charles</dc:subject>
		<dc:subject>histoire du livre et de l'&#233;crit</dc:subject>
		<dc:subject>serveurs &amp; infrastructures</dc:subject>
		<dc:subject>le texte &amp; l'image</dc:subject>
		<dc:subject>presse, feuilleton</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de quelques notations discr&#232;tement fulgurantes du &#034;Peintre de la vie moderne&#034; de Baudelaire&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot583" rel="tag"&gt;serveurs &amp; infrastructures&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot585" rel="tag"&gt;presse, feuilleton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2330.jpg?1380909575' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
De l'assassinat de John Kennedy en 1963 aux premiers pas sur la lune en 1969, puis &#224; l'attentat du 11 septembre 2001, notre rapport &#224; l'information, en tendant vers le simultan&#233;, d&#233;poss&#232;de la litt&#233;rature d'une de ses plus ancestrales fonctions, que l'histoire de l'imprim&#233; a illustr&#233;e au plus haut. Mais le m&#233;canisme, on le trouve d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre chez Baudelaire.
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans &lt;a href=&#034;http://baudelaire.litteratura.com/?rub=oeuvre&amp;srub=cri&amp;id=29&amp;s=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le peintre de la vie moderne&lt;/a&gt;, le texte de Baudelaire sur Constantin Guys reporter de la guerre de Crim&#233;e (1854-1856), une s&#233;quence d'une douzaine de lignes que je relis toujours avec la m&#234;me sensation de fulgurance, alors que le m&#234;me Baudelaire &#8211; dans son texte sur la photographie par exemple &#8211; est capable aussi de se tromper ou de ne pas enfourcher ce type d'intuition miraculeuse et fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans le chapitre intitul&#233; &#171; Annales de la guerre &#187; qu'on le trouve, apr&#232;s une suite de notations magnifiques sur le rapport du croquis au r&#233;el, la contrainte de vitesse ou l'une impossibilit&#233; d'une saisie globale de la complexit&#233; de ce qui vous environne et comment la compenser. La fin : &#171; Vers le soir, le courrier emportait vers Londres les notes et les dessins de M. G., et souvent celui-ci confiait ainsi &#224; la poste plus de dix croquis improvis&#233;s sur papier pelure, que les graveurs et les abonn&#233;s du journal attendaient impatiemment. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baudelaire se saisit en un tour de main de l'ensemble du processus, l'ex&#233;cution du dessin et la fragilit&#233; de son support (qui se souvient aujourd'hui ce qu'est un papier pelure ?), son transport physique au lieu d'&#233;dition et d'impression (le courrier qui attend), le processus de reproduction mat&#233;rielle incarn&#233; par un m&#233;tier (le graveur), enfin le lecteur lui-m&#234;me (les abonn&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce texte, Baudelaire associe au dessin la l&#233;gende qu'y attache Constantin Guys &#224; l'intention les lecteurs londoniens (et si c'est lui qu'il repr&#233;sente, il &#233;crit : &lt;i&gt;My humble self&lt;/i&gt;). L'intuition de Baudelaire, c'est que le r&#233;el, hors de notre exp&#233;rience sensible &#8211; celle que le r&#233;cit avait fonction de reconstruire pour en autoriser l'appropriation mentale (rien de neuf depuis H&#233;rodote ou Commynes) &#8211;, nous arrive avec autant de complexit&#233; et de force par cette profusion de tableaux vivants et surprenants, calqu&#233;s sur la vie m&#234;me. Donc des images lacunaires, &#233;bauch&#233;es tr&#232;s vite, et qui ne sont pas l'illustration d'un r&#233;cit, mais deviennent le r&#233;cit lui-m&#234;me. Baudelaire est sans ambigu&#239;t&#233; : Je puis affirmer que nul journal, nul r&#233;cit &#233;crit, nul livre, n'exprime aussi bien, dans tous ses d&#233;tails douloureux et dans sa sinistre ampleur, cette grande &#233;pop&#233;e de la guerre de Crim&#233;e. Ce qui relie ce chapitre au titre, c'est bien s&#251;r le mot moderne : en une poign&#233;e de jours (neuf &#224; douze, avec les progr&#232;s de la poste et la puissance financi&#232;re de la presse londonienne), nous aurons connaissance en temps r&#233;el, mais sans la n&#233;cessaire m&#233;diation du r&#233;cit, d'une part de r&#233;alit&#233; en association lourde avec les secousses de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cette simultan&#233;it&#233;, avec le courrier qui attend que le peintre ait fini ses croquis, nous paraisse sans proportion avec celle qui a &#233;t&#233; inaugur&#233;e par la transmission t&#233;l&#233;vis&#233;e de l'assassinat de John F. Kennedy et ce qui s'ensuivit, ou rejou&#233; par le premier pas de Neil Armstrong sur la lune en juillet 1969, ou plus tard par le 11 septembre n'est pas d&#233;cisif. Compte seulement que la pens&#233;e du moderne inclut d&#232;s les ann&#233;es Baudelaire la totalit&#233; complexe d'un processus associant image, r&#233;cit, temps et reproduction mat&#233;rielle. Avec Internet, on a pouss&#233; les curseurs. Mais le vocabulaire &#8211; vitesse, r&#233;el, simultan&#233;it&#233; &#8211;, est le m&#234;me : &#171; Le plaisir que nous retirons de la repr&#233;sentation du pr&#233;sent tient non seulement &#224; la beaut&#233; dont il peut &#234;tre rev&#234;tu, mais aussi &#224; sa qualit&#233; essentielle de pr&#233;sent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou, dit autrement : la simultan&#233;it&#233; et la vitesse, la documentation directe du r&#233;el, le r&#244;le autonome de l'image par rapport &#224; la repr&#233;sentation textuelle ne sont pas, dans les technologies modernes, des ruptures &#8211; juste un changement d'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/constant-guys-crimee.jpg?1380909333' width='500' height='231' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>vieux fils de cuivre (arriv&#233;e de l'ADSL)</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2328</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>historicit&#233; du num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>serveurs &amp; infrastructures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;les r&#233;volutions les plus significatives s'annoncent de fa&#231;on invisible&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot583" rel="tag"&gt;serveurs &amp; infrastructures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'avais ce modem, c'&#233;tait d&#233;j&#224; mon troisi&#232;me ou mon quatri&#232;me, il faisait m&#234;me fax r&#233;pondeur (ce qui voulait dire que l'ordinateur devenait l'instrument qui exigeait auparavant un appareil d&#233;di&#233;), on &#233;tait pass&#233; de 4800 bauds (mon tout premier) &#224; 12 400 (la vitesse du fax) et puis maintenant &#224; 56 000. Longtemps encore, les ordinateurs portables proposeraient, &#224; c&#244;t&#233; de la prise Ethernet et de la prise USB, une prise dite &#171; 56k &#187; pour jonction au r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique. On r&#234;vait &#224; d'autres modes de propagation des ondes : fibre optique dans les villes, r&#233;seau satellitaire comme pour la t&#233;l&#233;vision, et surtout le r&#233;seau d'alimentation &#233;lectrique, structur&#233;, interfac&#233;, domestiqu&#233;. D'ailleurs, aujourd'hui, l'ensemble de ces connexions se superposent &#8211; souvent, dans les maisons ou les biblioth&#232;ques, on utilise les prises &#233;lectriques pour le partage Internet. Le paysage urbain et rural commen&#231;ait &#224; se d&#233;barrasser de ces pyl&#244;nes t&#233;l&#233;phoniques, surcharg&#233;s de quarante-huit c&#226;bles, avec leurs isolateurs en forme d'ampoules vertes, et apr&#232;s chaque coup de vent plus moyen de t&#233;l&#233;phoner. Dans les immeubles, on les voyait, les vieux fils de cuivre du t&#233;l&#233;phone, et chez vous rien de plus facile avec un canif que les prolonger ou relier un nouvel appareil. Et puis on nous annon&#231;ait que ces vieux fils de cuivre qui transmettaient les ondes vocales (de 50 &#224; 20 000 hertz), sous r&#233;serve d'asym&#233;trie, pouvaient accueillir les signaux bien plus rapides &#8211; qui s'y superposeraient &#8211; de la transmission des paquets binaires qu'Internet s&#233;pare et accumule &#224; volont&#233;, prodigieuse id&#233;e technique qui m'&#233;merveille toujours (surtout rapport&#233;e si souvent &#224; la banalit&#233; de ce qu'elle transporte, sans parler des spams). Je crois que dans mon id&#233;e &#231;a ne pouvait &#234;tre que provisoire : en attendant la fibre optique, si d&#233;j&#224; &#231;a peut aller plus vite, pourquoi pas. Sauf que douze ans apr&#232;s on l'attend toujours, la fibre optique. Et que d'un seul coup, avec ce modem pas tr&#232;s facile &#224; r&#233;gler (mais ensuite on n'y pense plus, pendant des ann&#233;es), la connexion devient instantan&#233;e, permanente, et autorise que vous lisiez des pages &#224; une vitesse de t&#233;l&#233;chargement sup&#233;rieure &#224; votre vitesse manuelle de d&#233;filement pour lecture continue. Ainsi, d'un seul coup, on se mettait &#224; lire le journal sur Internet. Ainsi on ne descendait plus les dictionnaires (les huit tomes de mon Littr&#233; &#233;dition Pauvert) de l'&#233;tag&#232;re de la biblioth&#232;que, mais on le consultait en ligne. Ainsi, les images entraient comme accompagnement indiff&#233;rent d'un message textuel transmis par e-mail. J'avais &#233;t&#233; un des premiers abonn&#233;s ADSL de ma ville, naturellement, et France Telecom s'est ensuite d&#233;charg&#233; de ce service (wanadoo.fr) sur l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phonie Orange : je continue de payer &#224; un tarif d&#233;risoire cette connexion fossile &#224; l'ADSL, j'esp&#232;re qu'ils ne s'en apercevront pas trop trop vite. Les r&#233;volutions principales des usages, lorsqu'ils touchent au quotidien, ne sont visibles que r&#233;trospectivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>la collection de nos noms de domaines constitue-t-elle un po&#232;me ?</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2329</link>
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		<dc:date>2010-11-14T08:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>historicit&#233; du num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>serveurs &amp; infrastructures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;ma&#238;trise de l'identit&#233; num&#233;rique et prolif&#233;ration des noms de domaines&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;2011 | Apr&#232;s le livre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot575" rel="tag"&gt;historicit&#233; du num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot583" rel="tag"&gt;serveurs &amp; infrastructures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de ma premi&#232;re connexion Internet, aurais-je pu avoir l'id&#233;e qu'il m'y faudrait un nom ? On obtenait un identifiant Compuserve, une sorte de code de service. D&#232;s 1997, wanadoo proposait une &#171; page personnelle &#187;, o&#249; le pr&#233;fixe de votre identifiant e-mail (fr.bon) venait se greffer &#224; wanadoo.fr pour d&#233;finir votre espace, et ces pages fr.bon.wanadoo.fr sont toujours accessibles dans ce grenier &#224; m&#233;moire qu'est archive.org (et c'est la 800&#232;me page personnelle cr&#233;&#233;e en France, on m'&#233;lit &#171; site du mois &#187; et je gagne une version gratuite du logiciel Claris Home Page !). Je me souviens qu'un service web proposait alors une sorte d'alias avec redirection (j'en ai perdu la trace). Acheter un nom de domaine aurait sembl&#233; de la m&#234;me pr&#233;tention que ce que d&#233;nonce Nietzsche quand il dit : &#171; Il fait partie de mon bonheur de n'&#234;tre pas propri&#233;taire. &#187; Si je me souviens bien, c'est Val&#232;re Novarina (le premier auteur que j'ai vu se doter d'un ordinateur portable, un Mac Powerbook 100*) qui s'est dot&#233; aussi d'un novarina.com. Cette ann&#233;e 2000 (vous vous souvenez du &#171; bug du si&#232;cle ? &#187;), la notion de &#171; page perso &#187; commen&#231;ait &#224; devenir insuffisante alors que j'avais dot&#233; mon site d'un espace &#171; revue &#187; o&#249; j'accueillais des auteurs amis. Mais dans mon cas : &lt;i&gt;bon.com&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;bon.net&lt;/i&gt;, vous imaginez ? L'acc&#232;s au suffixe .fr &#233;tait interdit &#224; l'&#233;poque si on n'&#233;tait pas une entreprise, sinon j'aurais bien r&#233;serv&#233; bon.fr (quand l'acc&#232;s au .fr a &#233;t&#233; autoris&#233; aux particuliers, le domaine n'&#233;tait plus libre). L'id&#233;e de mon premier nom de domaine est venue d'un colloque de litt&#233;rature fran&#231;aise contemporaine &#224; Philadelphie, qui m'avait invit&#233; (bon souvenir) &#8211; un des organisateurs avait dit &#231;a en ouverture : &#171; La litt&#233;rature fran&#231;aise remue-t-elle encore ? &#187; Dans le cadre de ces colloques o&#249; les m&#234;mes mots embl&#233;matiques, Foucault, Kristeva, Robbe-Grillet reviennent comme chant&#233;s &#224; la messe, j'avais donc r&#233;serv&#233; &lt;a href=&#034;http://remue.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;remue.net&lt;/a&gt; (j'avais tent&#233; auparavant &lt;i&gt;hapax.net&lt;/i&gt;, qui me plaisait bien, mais c'&#233;tait pris). De 2000 &#224; 2005, remue.net serait donc mon site personnel, avec une rubrique d'actualit&#233;, et cette revue qui s'organisait et s'&#233;largissait. Je recevais via le web des suggestions, des coquilles &#224; rectifier, et des personnes rencontr&#233;es par ce biais deviendront bient&#244;t des amis proches : pour que le site avance, il devait incarner cette fabrique d&#233;sormais collective, je d&#233;posais &#224; la pr&#233;fecture d'Indre-et-Loire les statuts d'une association loi 1901. La vente aux ench&#232;res de l'appartement d'Andr&#233; Breton souderait ce collectif, et lui donnerait une audience qui n'a pas ralenti depuis. Mais comment faire pour que cet espace associatif reste mon propre chantier personnel, avec cela suppose d'humeur, d'&#233;carts, d'exp&#233;rimentations ? Sur le mod&#232;le de remue.net, je d&#233;posais publie.net, sans avoir id&#233;e de l'utilisation que je ferais, cinq ans plus tard, de ce domaine. Arrivent les blogs, nous greffons sur remue.net une suite d'espaces h&#233;berg&#233;s chez blogger.com, transformant la possibilit&#233; d'expression directe des &#171; remueurs &#187;, alors que jusqu'ici je centralisais les textes et les mettais en ligne moi-m&#234;me en html. Nous basculons en 2004 sur une plateforme &lt;a href=&#034;http://www.spip.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;spip&lt;/a&gt; contributive. La transformation est telle que je souhaite l'explorer en tant que telle. Quand j'ai appel&#233; mon site personnel, fin novembre 2004, &#171; tiers livre &#187; (tierslivre.net), hors la haute r&#233;f&#233;rence &#224; Rabelais et ce livre tout entier bas&#233; sur la diffraction des diff&#233;rents usages de la parole dans son rapport au monde, l'id&#233;e est bien transparente : il ne s'agit plus seulement d'une m&#233;diation du livre via le r&#233;seau, mais d'une pr&#233;sence tierce du livre, un livre &#224; c&#244;t&#233; des livres. Aujourd'hui, je pourrais me dispenser de cette r&#233;f&#233;rence au &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt; dans l'intitul&#233; de ce qu'est devenu mon site : mais un site Internet porte en lui son histoire, elle se traduit par des zones fossiles (traces, m&#234;me si vous seul savez les rejoindre, des premi&#232;res mises en page, textes qu'on a rendus inaccessibles mais restent dans les caves secr&#232;tes du site, et m&#234;me son arborescence : ainsi, le &#171; blog|journal &#187; qui rassemble le contenu essentiel du site est pr&#233;c&#233;d&#233; dans son url du pr&#233;fixe &#171; spip &#187;, ce que je ne ferais plus aujourd'hui. De m&#234;me, en 2007, souhaitant installer une rubrique image, je cr&#233;e une nouvelle base de donn&#233;es, via un nom de domaine s&#233;par&#233;, pour lequel je choisis une appellation technique : krnk.net. krnk est un code utilis&#233; en transmission satellite pour s&#233;parer deux blocs d'information ind&#233;pendants. On s'en sert nous, lorsque dans un copier/remplacer massif dans un texte on veut en isoler tel mot ou telle phrase. Mais, un an plus tard, il me semble plus logique de tout rassembler dans le site principal, qui sera donc organis&#233; sur deux bases de donn&#233;es et non pas une seule, et ce serait un chantier consid&#233;rable, aujourd'hui, de les fusionner. Les h&#233;bergements sont chers, limit&#233;s et fragiles. Je d&#233;couvre en Suisse un h&#233;bergeur ayant greff&#233; ses serveurs directement sur l'infrastructure du CERN, c'est fiable et rapide, j'ouvre chez eux un espace pour mes fichiers volumineux, d'autant que je commence &#224; manipuler de l'image et du son, j'appelle &#231;a &lt;i&gt;ouvertlanuit.net&lt;/i&gt;, et, tant qu'on y est, j'y ouvre un blog parall&#232;le avec de brefs textes de fiction que je souhaite plus ou moins anonymes, aujourd'hui j'ai tout effac&#233;. Parall&#232;lement, de mai 2005 &#224; 2006 je m&#232;ne une exp&#233;rience d'&#233;criture quotidienne sous l'intitul&#233; &lt;i&gt;tumulte.net&lt;/i&gt;, domaine dont je suis toujours propri&#233;taire. Plusieurs fois, dans la pulsion d'une intervention anonyme ou pol&#233;mique, j'ouvre de nouveaux sites : ainsi l'&#233;ph&#233;m&#232;re &lt;i&gt;oeilnoir.net&lt;/i&gt;, puis plus tard &lt;i&gt;habakuk.fr&lt;/i&gt;, et chaque fois, lorsque ce corpus inaugur&#233; dans la libert&#233; de l'anonymat se stabilise, comment faire sinon les rapatrier dans le site principal, o&#249; ils constitueront une sorte d'envers (&#171; Face B &#187;) ou &#171; carnets du dedans &#187; ? Ainsi, dans mon ann&#233;e au Qu&#233;bec, d&#233;couvrant ces coins de for&#234;ts o&#249; quelques-uns des amis rencontr&#233;s l&#224;-bas ont leur cabane (tr&#232;s beau livre de Jean D&#233;sy) &#8211; ce r&#234;ve &#224; moi inaccessible a-t-il un &#233;quivalent web ? Le souhait d'un espace web tr&#232;s vaste (vieux contes o&#249; on doit boucler &#224; pied dans la journ&#233;e le territoire qui vous sera conc&#233;d&#233;) avec zones inatteignables, nappes souterraines et rivi&#232;res : mais ce vaste espace lou&#233; pour cinq ans sous l'intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.friche.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;friche.net&lt;/a&gt;, je m'en sers plut&#244;t comme sauvegarde de fichiers, et exp&#233;rimentations provisoires &#8211; site r&#233;serv&#233; &#224; moi seul, et sans lien, &#233;trange sensation ! Apr&#232;s cinq ans de r&#233;f&#233;rencement et de liens, comment sortir de ma propre maison web, le site principal Tiers Livre ? Il m'arrive encore d'avoir ce r&#233;flexe de r&#233;server un nom de domaine (c'est si peu cher) pour une id&#233;e qui vous passe comme &#231;a dans la nuit, et qu'on veut tester dans un lieu sp&#233;cifique, sont actuellement en ma possession &lt;i&gt;nerval.fr&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le-bavard.net&lt;/i&gt; et quelques autres, dont un &lt;a href=&#034;http://www.fbon.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;fbon.fr&lt;/a&gt; qui me sert d'entrep&#244;t technique. J'ai vraiment failli tout basculer mon site, un soir, sous un intitul&#233; pris &#224; Nathalie Sarraute, dont j'aime l'imp&#233;ratif : &lt;a href=&#034;http://ouvrez.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ouvrez.fr&lt;/a&gt;, et l'ai ajout&#233; &#224; ma collection. Maintenant qu'on peut s'h&#233;berger n'importe o&#249; au monde, forte tentation d'un domaine dans l'&#226;pre Albanie, o&#249; le suffixe est en .al (imaginez)... Finalement, utiliser le grand nuage des h&#233;bergements web comme ces carnets qu'on met dans un tiroir, parfois avec juste deux ou trois pages noircies, mais avec l'id&#233;e qu'on pourra les reprendre et continuer. Il y a quelques semaines, je constatais que quelques &#233;crivains amis d'importance, dont l'inactivit&#233; web me semble a contrario un tel dommage, avaient pourtant une adresse e-mail li&#233;e &#224; un nom de domaine r&#233;serv&#233;, mais vide. L'id&#233;e de la ma&#238;trise num&#233;rique fait donc son chemin : &#224; l'inverse, nous, venus t&#244;t au web, notre pr&#233;sence serait-elle un portrait &#224; jamais fragment&#233; et composite comme les t&#234;tes-l&#233;gumes d'Arcimboldo ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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