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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>litt&#233;rature avec centrale nucl&#233;aire</title>
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		<dc:date>2011-03-15T20:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>_ lire, d&#233;couvrir</dc:creator>


		<dc:subject>m&#233;canique, usines, chantiers</dc:subject>
		<dc:subject>POL (&#233;ditions)</dc:subject>
		<dc:subject>Indre-et-Loire &amp; d&#233;partements voisins</dc:subject>
		<dc:subject>Filhol, Elisabeth </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La Centrale, d'Elisabeth Filhol, chez POL : ne pas passer &#224; c&#244;t&#233;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot315" rel="tag"&gt;m&#233;canique, usines, chantiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot323" rel="tag"&gt;POL (&#233;ditions)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot329" rel="tag"&gt;Indre-et-Loire &amp; d&#233;partements voisins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot434" rel="tag"&gt;Filhol, Elisabeth &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1990.jpg?1352732909' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;strong&gt;note du 15 mars 2011&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Comment, en ces heures Japon, ne pas ressortir le livre tr&#232;s raide et puissant d'Elisabeth Filhol, paru il y a juste un an. Sur le site des &#233;ditions POL, ne pas manquer &lt;a href=&#034;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-84682-342-5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la vid&#233;o&lt;/a&gt; de Jean-Paul Hirsch. Et encore moins manquer &lt;a href=&#034;http://www.bibliosurf.com/Interview-d-Elisabeth-Filhol&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'interview&lt;/a&gt; par Bernard Strainchamps sur le site Bibliosurf (et possibilit&#233; de recevoir le livre chez vous d&#232;s le lendemain).
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;note du 5 janvier 2010&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Le livre est en librairie depuis ce mardi, je l'ai lu avec un peu d'avance, donc je repasse en Une. Et heureux d'avoir re&#231;u retour de l'auteur sur ce billet : Internet est de moins en moins une bouteille &#224; la mer, chacun finit toujours par &#234;tre rejoint quand &#231;a le concerne. Si donc vous souhaitez &#233;crire &#224; l'auteur, je peux d&#233;sormais transmettre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Centrale, chez POL&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, en France, j'ai v&#233;cu dans la proximit&#233; d'une Centrale nucl&#233;aire. Quand le temps est clair, m&#234;me &#224; 40 kilom&#232;tres on voit le panache de vapeur. Une fois, passant aupr&#232;s, c'&#233;tait un exercice de l'arm&#233;e : tout d'un coup refoul&#233;s &#224; un barrage d'hommes en combinaisons d'extra-terrestres, environn&#233;s d'engins bizarres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la Centrale, c'est d'abord les hommes qui l'entretiennent. Par exemple, il y a quelques ann&#233;es, la dame qui faisait &#8211; avec une excellente compr&#233;hension de Rabelais &#8211; guide et entretien de la Devini&#232;re, avait obtenu en partie le poste parce que son mari, qui travaillait &#224; Edf, &#233;tait employ&#233; de la Centrale. Ils ne sont pas si nombreux : dans les villages environnants ont pouss&#233; des lotissements sages, banals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de la Centrale, &#224; Chinon, des installations bien plus grandes, avec des Mobil Home, et un camping avec des caravanes : plus rentable d'utiliser des entreprises ext&#233;rieures, faire venir des int&#233;rimaires. Sauf que, dans le gigantisme de ces installations, il y a toujours &#224; reprendre tel b&#226;timent, telle piscine de r&#233;acteur, changer tel ensemble de contr&#244;le. L'arm&#233;e des travailleurs provisoires occupe un camp permanent. Certains y passent toute une carri&#232;re, d'autres, parce qu'ils ont appris le boulot, iront d'une Centrale &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fleuves offrent le refroidissement gratis, aussi bien le Rh&#244;ne que la Gironde ou la Loire. C'est eux qui collectent les monstres de b&#233;ton, le r&#233;acteur et les &#233;changeurs de vapeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport &#224; la litt&#233;rature ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun. On peut rester chez nous, et ne pas s'interroger d'o&#249; vient l'&#233;lectricit&#233; de notre ordinateur, ou du chauffage qu'on a dans le dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que c'est une symbolique sourde : on touche &#224; l'organisation m&#234;me de la mati&#232;re. En utilisant les mati&#232;res fissiles, on d&#233;cha&#238;ne une &#233;nergie difficile &#224; contr&#244;ler, c'est la plus difficile t&#226;che de la Centrale. Et pas de rupture essentielle entre cet usage et les armes qu'on fabrique : on nous tanne assez avec l'Iran l&#224;-dessus. Je l'ai appris moi-m&#234;me dans les ann&#233;es 79-80, intervenant sur &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1197'&gt;un r&#233;acteur que l'Inde assemblait&lt;/a&gt; en d&#233;tournant les protections &#233;tablies : les pi&#232;ces principales au Canada, les mati&#232;res fissiles en URSS, et nous autres Fran&#231;ais, qui ne pouvions pas exporter nos mat&#233;riels, assurant cependant l'assemblage de tout &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Symbolique qui vaut pour les tensions principales d'une soci&#233;t&#233; : voir le d&#233;ploiement des &#233;oliennes, ou les manifestations contre l'accumulation des d&#233;chets &#224; la Hague. Et surtout, en retour, interroger le travail m&#234;me : dans les mines, les aci&#233;ries, on touchait au feu et aux ressources secr&#232;tes de la terre. Cela n'existe plus. La notion de travail s'effrite. Dans les Centrales, on touche cela physiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#231;a pourrait s'&#233;crire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un certain culot. Il faut prendre ce qu'on ne comprend pas de fa&#231;on aussi &#233;nigmatique que ces convertisseurs r&#233;frig&#233;r&#233;s qu'on aper&#231;oit &#224; des kilom&#232;tres. Et il faut y entrer, les arpenter, les d&#233;construire. Passer d'une Centrale &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, la solution est simple : et si on prenait dans un livre la vie de ces int&#233;rimaires, au camping et dans le fond m&#234;me des r&#233;acteurs ? Et si on les suivait dans le quotidien du travail, en prenant les contradictions par la base, dans ces gestes tr&#232;s &#233;l&#233;mentaires, d'un fond de r&#233;acteur nettoy&#233; au balai &#233;ponge ? Et les petits compteurs Geiger sur la poitrine, quand on atteint la dose ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Et la route ou les voyages, comme si la g&#233;ographie d'un pays (mais c'est la carte de ses circulations d'&#233;nergie) se superposait &#224; celle des monstres au bord des fleuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne racontez pas cela &#224; Philippe Vasset, il en ferait un livre. Mais, Philippe, si tu passes par l&#224;, juste te signaler que le livre existe : &lt;a href=&#034;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-84682-342-5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Centrale&lt;/a&gt; et &#231;a sort chez POL le 5 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens de le lire : c'est la rigueur de cette inscription de l'&#233;criture dans le &lt;i&gt;travail&lt;/i&gt; qui fait que ce livre rejoint la petite poign&#233;e qui r&#233;guli&#232;rement s'y inscrivent, comme &lt;i&gt;L'Exc&#232;s-l'Usine&lt;/i&gt; de Leslie Kaplan, les &lt;i&gt;M&#233;moires de l'Enclave&lt;/i&gt; de Jean-Paul Goux, &lt;i&gt;Ouvri&#232;re&lt;/i&gt; de Franck Magloire, &lt;i&gt;Central&lt;/i&gt; (au masculin !) de Thierry Beinstingel. Et qu'on ne vienne pas nous parler de litt&#233;rature de t&#233;moignage. D'ailleurs, rien n'indique qu'&lt;a href=&#034;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=auteur&amp;numpage=12&amp;numrub=3&amp;numcateg=2&amp;numsscateg=&amp;lg=fr&amp;numauteur=6000&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;lisabeth Filhol&lt;/a&gt; (avec lecture vid&#233;o) ait jamais pratiqu&#233; l'&#233;lectronique ni les m&#233;tiers du b&#226;timent, ni m&#234;me ne dispose d'une particuli&#232;re formation en &#233;lectronique quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exercice de la litt&#233;rature, c'est &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; litt&#233;rature. En g&#233;n&#233;ral, cela part d'un incipit. Ici, d'embl&#233;e sur la Centrale de Chinon, celle que je vois de devant ma porte : &lt;i&gt;Trois salari&#233;s sont morts au cours des six derni&#232;res mois, trois agents statutaires ayant eu chacun une fonction d'encadrement ou de contr&#244;le...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessous, quelques extraits recopi&#233;s. Je me souviens, &#233;tant &#233;tudiant aux Arts et M&#233;tiers d'Angers, quand la Centrale de Chinon commen&#231;ait juste, on nous avait emmen&#233;s visiter. On avait grimper ces &#233;chelles m&#233;talliques jusque sur le dessus des tours r&#233;frig&#233;rantes. Mais l'&#233;t&#233;, pour l'int&#233;rim, on allait &#224; Longwy, dans les aci&#233;ries. Plus tard dans la bascule permanente du monde, j'aurais peut-&#234;tre &#233;t&#233; de ces int&#233;rimaires, dans les Centrales agrandies tranche par tranche, peut-&#234;tre c'est moi qui aurais &#233;crit ce livre-l&#224; : en tout cas, m&#234;me dans ces 140 pages denses, qui se lisent en trois heures, avec le culot d'aller tout droit dans la fission, et de revenir au camping, de ne rien oublier des tensions sociales, ni de cette d&#233;mesure naturelle, ai en eu &#224; de nombreuses reprises l'impression que j'aurais bien aim&#233; m'en expliquer moi-m&#234;me, avec telle figure pr&#233;cise, tout au long d'une page. Et ce n'est pas souvent. Hommage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;lisabeth Filhol | La Centrale (deux extraits)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vu &#224; la t&#233;l&#233;vision, ce jour du 27 mars 2007 : six hommes descendent en rappel avec une grande r&#233;gularit&#233; et dans une chor&#233;graphie parfaite l'a&#233;rofrig&#233;rant de Belleville-sur-Loire, avant de se stabiliser aux deux tiers de la hauteur pour peindre en caract&#232;res noirs le mot DANGER, pr&#233;c&#233;d&#233; par les trois lettres EPR. Chaque lettre visible de loin, plus de deux fois une hauteur d'homme, environ quatre m&#232;tres. &#192; ce stade, l'alerte a &#233;t&#233; donn&#233;e. Trois h&#233;licopt&#232;res de l'arm&#233;e peints en couleurs camouflage stationnent d&#233;j&#224; au pied de la tour comme des jouets miniatures, tandis que les forces de l'ordre d&#233;limitent et encerclent une zone d'exclusion, au total une soixantaine de gendarmes, parmi eux des membres du GIGN qui seront rejoints par un d&#233;tachement de chasseurs alpins en d&#233;but d'apr&#232;s-midi. Image des six hommes pendus &#224; leur fil avec au-dessus de leur t&#234;te les pictogrammes qui flottent au vent, h&#233;lice noire &#224; trois pales sur fond jaune. Les militaires au sol ont pris position mais laissent faire, ordre leur a &#233;t&#233; donn&#233; de ne pas aller inutilement &#224; l'&#233;preuve de force. Dans d'autres circonstances, j'imagine, &#231;a m'aurait plu, une telle mobilisation &#224; une heure de grande &#233;coute, pour un geste qui se veut spectaculaire, au nez et &#224; la barbe des officiels en rangs serr&#233;s qui l&#232;vent la t&#234;te ou r&#233;pondent embarrass&#233;s aux questions des journalistes. Dans d'autres circonstances s&#251;rement, une sympathie pour ce qu'ils sont, leur engagement, et le culot d'une entreprise pareille. Mais aujourd'hui, j'avoue, &#231;a ne passe pas, parce qu'hier j'ai pris ma dose, j'ai du mal spontan&#233;ment &#224; me sentir solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veiller les consciences, alerter l'opinion. Chez ceux &#224; qui on demande d'aller toujours plus vite et au moindre co&#251;t, qui font leur boulot et encaissent les doses, la prise de conscience est d&#233;j&#224; faite : la dur&#233;e d'un arr&#234;t de tranche divis&#233;e par deux en quinze ans, la sous-traitance en cascade, les agents d'EDF coup&#233;s de l'op&#233;rationnel qui perdent pied, et cette pression morale sans &#233;quivalent dans d'autres industries. Donc oui, les dangers du nucl&#233;aire. Derri&#232;re les murs. Une cocotte-minute. Et en attendant d'en sortir, dix-neuf centrales alimentent le r&#233;seau afin que tout un chacun puisse consommer, sans rationnement, sans m&#234;me y penser, d'un simple geste. Solidaires, nous sur les sites, de ceux qui p&#233;n&#232;trent et font le spectacle ? Le sont-ils seulement de nous ? Ils descendront comme convenu dans le calme pour le direct des journaux de vingt heures, escort&#233;s par les chasseurs alpins, apr&#232;s avoir d&#233;ploy&#233; la banderole aux couleurs de leur association &#8211; la m&#234;me banderole pr&#233;vue un mois plus tard, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, comme chaque ann&#233;e, le 26 avril, aux grilles de la centrale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il se tient debout au bord de la piscine, vide. Il se tient debout en combinaison &#233;tanche, heaume ventil&#233; et masque &#224; gaz sous le heaume, incapable de franchir le pas qui lui permettrait d'agripper la rampe, de pivoter, puis de poser son bottillon droit en caoutchouc blanc et semelle crant&#233;e sur le premier barreau de l'&#233;chelle, en prenant bien garde de ne pas s'enrouler ou entortiller le cordon d'alimentation, une fausse manoeuvre qui couperait net l'arriv&#233;e d'air au plus mauvais moment, une fois atteint le fond de la piscine ; pour l'instant, en cas d'urgence ou sur un coup de t^te, il peut encore agir, arracher le heaume et le masque et respirer librement, mais quinze m&#232;tres plus bas, ce qu'un homme sans tenue de protection est surtout libre de respirer, ce sont les gaz et a&#233;rosols radioactifs lib&#233;r&#233;s par les parois, tritium, cobalt, c&#233;sium, etc. Il entend la voix derri&#232;re lui, &#224; travers le heaume, qui lui donne l'ordre pour la deuxi&#232;me fois de descendre. Il ne r&#233;agit pas. Il se tient debout, t&#233;tanis&#233;, sans rumination, sans conflit int&#233;rieur. Devant lui, la piscine. Le trou b&#233;ant d'un sarcophage en b&#233;ton, vide. Sous le mat&#233;riel de manutention peinte en jaune, pont roulant, treuils et m&#226;ts de levage, non plus la surface troublante et lisse de l'eau anim&#233;e par une lumi&#232;re int&#233;rieure, non plus cette eau qui vous tend les bras, dont le charme par la seule magie de sa couleur repousse les h&#233;sitations et les craintes, mais une fosse vide et grise dans son cuvelage d'&#233;tanch&#233;it&#233;. Il ne peut pas descendre. Il sait qu'il ne pourra pas le faire. Il ne le sait pas &#224; la mani&#232;re d'un bip&#232;de dou&#233; de parole et raisonnable, mais d'instinct. C'est en engagement massif de tout le corps contre la volont&#233;, si tant est que la volont&#233;, depuis qu'il est entr&#233; ici, ait eu son mot &#224; dire. La voix est celle, identifi&#233;e du chef d'&#233;quipe qui en appelle &#224; la raison. Les gars de la premi&#232;re vague ont eu leur dose. Maintenant c'est &#224; eux de jouer, lui Bernard et ses coll&#232;gues qui attendent le d&#233;but de l'intervention habill&#233;s comme lui en tenue Mururoa, tant qu'&#224; faire, quitte &#224; devoir y aller, qui voudraient en &#234;tre d&#233;j&#224; d&#233;barrass&#233;s, et s'impatientent. Un homme le double, suivi d'un deuxi&#232;me, etc., lentement, avec pr&#233;cautions, ils commencent &#224; descendre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#169; Elisabteh Filhol, POL, 2010&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1468 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chinon-centrale.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/chinon-centrale.jpg?1261776340' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;margin-top: 10px; width: 150px;&#034;&gt;
&lt;a style=&#034;text-decoration: none;&#034; href=&#034;http://www.bibliosurf.com/La-Centrale&#034;&gt;&lt;img style='border-left: 2px solid #9D8D6B;border-right:2px solid #9D8D6B;' src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L120xH176/arton16127-4a2e87c8-340c5.jpg?1750867075' width='120' height='176' alt=&#034;La Centrale&#034; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;a style=&#034;text-decoration: none;font-size: 10px; font-family: Arial; font-weight: bold;&#034; href=&#034;http://www.bibliosurf.com/La-Centrale&#034;&gt;Achetez ce livre sur Bibliosurf&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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