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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Lagrasse, Banquet du livre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Verdier (&#233;ditions)</dc:subject>
		<dc:subject>Quignard, Pascal </dc:subject>
		<dc:subject>Rolin, Olivier </dc:subject>
		<dc:subject>Mac&#233;, G&#233;rard </dc:subject>
		<dc:subject>Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)</dc:subject>
		<dc:subject>Pierrot, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Pennac, Daniel </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;cette ann&#233;e bien s&#251;r en hommage &#224; G&#233;rard Bobillier, plus Bartleby par Pennac, et une petite goutte de num&#233;rique avec Alain Pierrot&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Verdier (&#233;ditions)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Quignard, Pascal &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot103" rel="tag"&gt;Rolin, Olivier &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot155" rel="tag"&gt;Mac&#233;, G&#233;rard &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot372" rel="tag"&gt;Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot410" rel="tag"&gt;Pierrot, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot545" rel="tag"&gt;Pennac, Daniel &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2215.jpg?1352733089' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le Banquet du Livre de Lagrasse a choisi comme th&#232;me cette ann&#233;e &lt;i&gt;Chaque Un&lt;/i&gt;, voir ici le &lt;a href=&#034;http://www.lamaisondubanquet.moonfruit.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;programme complet&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, apr&#232;s la disparition en octobre dernier, de G&#233;rard Bobillier, fondateur des &#233;ditions Verdier et du Banquet de Lagrasse, un hommage lui est consacr&#233;. Je mets en ligne ci-dessous, en compl&#233;ment de &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1900' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bob ne grincera plus&lt;/a&gt;, ce texte lu en d&#233;cembre 2009 &#224; Paris, lors de l'hommage coordonn&#233; par Gilles Jouanard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi leurs invit&#233;s de cette ann&#233;e : Olivier Rolin, Pascal Quignard, G&#233;rard Mac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter : une lecture de &lt;i&gt;Bartleby&lt;/i&gt; par Daniel Pennac, et vendredi 13 ao&#251;t une conf&#233;rence d'Alain Pierrot sur le th&#232;me : &lt;i&gt;La singuli&#232;re posture des internautes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir ici les archives (surtout programmes, mais quelques textes) des premiers &lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/banquet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banquets, depuis 1995.&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En profiter aussi pour les &lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/v3/nouveautes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouveaut&#233;s rentr&#233;e&lt;/a&gt; de Verdier, dont surtout Vincent Eggericx, &lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-artducontresens.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Art du contresens&lt;/a&gt; et un nouveau Lutz Bassman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image : lecture de Pierre Michon au Banquet de Lagrasse, 2009, par &lt;a href=&#034;http://www.twitter.com/yogen_&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;yogen_&lt;/a&gt;, sur &lt;a href=&#034;http://www.flickr.com/photos/16973624@N05/2813055335#/photos/16973624@N05/2813055335/in/set-72157607021523608/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FlickR&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;mort d'un apiculteur &lt;br&gt;
(hommage &#224; G&#233;rard Bobillier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que la litt&#233;rature est &#224; elle-m&#234;me sa propre finalit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probablement que c'est le seul point sur lequel on ait jamais &#233;t&#233; d'accord, avec Bobillier : non, la litt&#233;rature n'est pas &#224; elle-m&#234;me sa propre finalit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
On l'exerce parce qu'on est mal, on l'exerce parce que le langage est un risque, on l'exerce pour s'expliquer avec le monde, on l'exerce pour l'ab&#238;me &#8211; et qu'on ne sait pas se d&#233;fendre de comment l'ab&#238;me en vous travaille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors oui, on se retrouve &#224; partager une action, et cette action &#8211; dans le temps que mat&#233;riellement on l'accomplit, et c'est affaire de ce qu'il aimait tant, Bobillier, comme un r&#234;ve de gosse qui &#233;tait peut-&#234;tre une r&#233;compense, la fabrication des livres, les arrangements avec le marchand de papier, les cartons et des stocks, et jusqu'aux couvertures des retours nettoy&#233;es &#224; l'alcool, ou le break Citro&#235;n, seul luxe que je lui aie connu (le break &#171; de Verdier &#187;, attention, il disait) d'un bout du pays &#224; l'autre, tout seul toujours &#224; pleines nuits et les cartons de livres jusqu'au toit, mais aussi bien pour livrer, dans telle rue populeuse du 9&#232;me ou du 3&#232;me, l'&#233;troite vitrine d'une librairie sp&#233;cialis&#233;e, cette action rel&#232;ve de la litt&#233;rature, parce qu'affaire de mots qui agissent, qui frottent, qui d&#233;rangent. Qui n'aiment pas que le monde &#224; sa place reste tranquille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'est-ce qu'on en avait &#224; foutre. Est-ce que seulement &#231;a compte au regard du reste, et de ce qu'on ne commande pas de l'ab&#238;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'en dix ans j'ai parl&#233; une fois litt&#233;rature avec Bobillier ? Sans doute qu'au d&#233;but on a essay&#233;. C'&#233;tait sa le&#231;on, &#224; Bobillier, il vous massacrait le discours tout de suite. &#199;a ne comptait pas. Vous &#233;tiez un petit gar&#231;on, de vous occuper de ces trucs. Ce qui comptait, oui, et dont on parlait, c'&#233;tait le bouquin, et comment on s'y prendrait pour qu'il rejoigne le bon endroit. &lt;br class='autobr' /&gt;
De toute fa&#231;on, en politique non plus on &#233;tait pas d'accord. Il jouait les protecteurs. Et c'&#233;tait &#231;a, son ricanement, a priori le point de vue inverse du v&#244;tre, quel qu'il soit. Je crois que sa seule politique c'&#233;tait le clan. Les amis. Les coups de t&#233;l&#233;phones aux amis. Les coups qu'on fait ou qu'on partage avec les amis. Et c'est bien pour &#231;a qu'on s'entendait sur la litt&#233;rature, avec Bobillier, si la litt&#233;rature n'est rien d'autre, alors, que cette amiti&#233; en acte, que cette amiti&#233; en coup port&#233;, en coup partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;puisable, le ricanement de Bobillier. L'avant-derni&#232;re fois que je l'ai vu, c'&#233;tait cette histoire de vert&#232;bre : lui, Bobillier, l'homme &#224; la nuque raide, comme il est dit dans Ysa&#239;e, on lui retire une cervicale, on la scanne en trois dimensions &#8211; ah tout d'un coup l'informatique ce n'&#233;tait plus un gadget de rigolade, on lui fabrique la m&#234;me &#224; Singapour et avion depuis l'autre c&#244;t&#233; du monde, la belle vert&#232;bre en titane qu'on lui remet en quarante-huit heures dans les cervicales &#224; Bobillier : il se r&#233;veille, il a un peu mal au cr&#226;ne, et repart comme avant. Tout content de montrer la cicatrice, qui n'&#233;tait pas sur l'arri&#232;re, mais sur le c&#244;t&#233;, et toute petite. Ah oui, qu'on en ricane, de la maladie &#8211; est-ce que &#231;a compte, au regard de ce qu'on a fait avec les amis, des cigarettes fum&#233;es, des coups de vin partag&#233;s, des nuits sans dormir et tout ce que je ne savais pas, moi, de lui ? On a bien rigol&#233;, de tout le monde moderne convoqu&#233; pour offrir au vieux Mao d&#233;glingue sa vert&#232;bre de secours, et qu'il les emmerde un an de plus : dans l'h&#244;pital, il s'occupait de ses manuscrits. &#171; Ses &#187;, ceux de Verdier, les manuscrits des autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
De toute fa&#231;on, Bob, l&#224;-dessus on &#233;tait d'accord : t'aurais &#233;crit comme tu parlais, &#231;'aurait &#233;t&#233; la cata, c'&#233;tait pas &#231;a ton boulot. Ton boulot c'est ce qu'on faisait ensemble, bricoler ces machins comme des armes, les glisser sous les portes, t&#233;l&#233;phoner au libraire. Promener un faux Volodine dans un sac en plastique et le montrer sous le coude en te marrant comme d'une bonne farce, Lutz Bassman &#231;a y est, t'as compris ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bobillier vivait sans adresse. Ou plut&#244;t une piaule dont lui seul savait l'adresse. Michon y a dormi une fois, il para&#238;t, mais comme il ne se souvenait pas comment ils y &#233;taient arriv&#233;s et repartis, risquait pas l'indiscr&#233;tion. Bobillier non pas pr&#234;t pour la clandestinit&#233;, mais qui n'aurait jamais quitt&#233; la clandestinit&#233; : nos livres, son visage. C'&#233;tait &#231;a notre fraternit&#233;, Bob Arcimboldo, pacte de sang, sa grimace et le ricanement &#224; la face du monde, c'est nous qui fournissions les dents, l'oeil, la peau ou le ventre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bobillier &#233;tait apiculteur. C'&#233;tait &#231;a son &#233;tat civil. Je n'ai aucune id&#233;e s'il a jamais touch&#233; un salaire de Verdier, et comme &#231;a ne me regarde pas, je n'irai pas demander. Depuis l'histoire des manifestations de viticulteurs, en 76, de toute fa&#231;on l&#224;-bas &#224; Verdier on leur fichait la paix, je n'imagine pas qu'on soit all&#233; v&#233;rifier leurs activit&#233;s agricoles, aux Verdier. Peut-&#234;tre que le coup de l'huile de vidange, &#224; distance, c'&#233;tait une vengeance de Montredon : ils ont la m&#233;moire longue, chez les flics d'un c&#244;t&#233;, dans les montagnes cathares de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de toute fa&#231;on elles existaient bien, les activit&#233;s agricoles, le vieux lien &#224; cette terre et ce ciel, l'arbre dans la cour devant Verdier. On y a mang&#233;, sur le vieux carrelage de la ferme, un hiver, du sanglier, Colette, si tu es l&#224;, tu t'en souviens forc&#233;ment, cette m&#233;moire-l&#224; c'est la tienne. J'y ai cueilli des fruits, &#224; Verdier : des p&#234;ches, parfaitement m&#251;res, et Bobillier &#224; c&#244;t&#233;, lui aussi avec un sac plastique, et peut-&#234;tre m&#234;me un sac de librairie. Et Bobillier qui donnait tout &#231;a &#224; mes m&#244;mes. C'&#233;tait son d&#233;faut, &#224; Bobillier, il craquait sur les m&#244;mes. Tous les m&#244;mes de ses potes, ils se souviendront de Bobillier, ils ont pris des le&#231;ons de Bobillier. Demandez aux miens, ils diront : l'anarchie, c'est Bobillier qui m'a appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'il a jamais touch&#233; une ruche et des abeilles, Bobillier ? Peut-&#234;tre bien, apr&#232;s tout. C'est comme la piaule, je n'ai pas visit&#233;, je n'ai pas ouvert les tiroirs. Je doute qu'il ait mis beaucoup de photos sur les murs, c'&#233;tait pas son genre. Je doute qu'il y ait eu des livres, c'&#233;tait pas son genre : le petit cartable &#233;tait assez plein, avec les machins de Verdier &#224; lire ou travailler dans la nuit, pouvoir t&#233;l&#233;phoner au matin. Fran&#231;ois, c'est Bob... La r&#233;ponse tardait jamais. Verdier, Verdier, Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais entre la politique, les ann&#233;es Toulouse, la manif de Montredon avec ses deux morts, et le lancement de Verdier, il y a eu Verdier la ferme. Repli je ne sais pas, mais ils en sont sortis arm&#233;s, les quatre de Verdier, et leur cercle des tout proches, dont jamais, nous autres qui viendrons apr&#232;s, ne ferons vraiment partie. Bobillier disait &#171; nous &#187; quand il voulait dire quelque chose qui ne plairait pas. Peut-&#234;tre qu'il y a eu, pour de vrai, une p&#233;riode o&#249; ils y ont cru, &#224; l'&#233;cart, aux p&#234;ches, aux abeilles. Le r&#234;ve de Lagrasse, &#171; notre &#187; Banquet (et l&#224; je dis &#171; nous &#187;, sans leur demander leur avis) vient peut-&#234;tre de ces ann&#233;es-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport il y a, Bob, entre le fait d'&#234;tre d&#233;clar&#233; apiculteur aupr&#232;s de la s&#233;curit&#233; sociale agricole, et de publier nos livres ? Je lui avais pos&#233; la question, il avait rican&#233; bien s&#251;r. C'est pour &#231;a qu'on s'entendait bien, au fond, la capacit&#233; r&#233;ciproque de ne jamais r&#233;pondre aux questions de l'autre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Salut &#224; toi, l'apiculteur &#224; la vert&#232;bre inalt&#233;rable. On leur a fait quelques bons coups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a s'appelait litt&#233;rature justement pour &#231;a : de n'avoir jamais &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme sa propre finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(FB, d&#233;cembre 2009)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>hommage Bobillier, Paris 18 d&#233;cembre</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1974</link>
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		<dc:date>2009-12-08T02:13:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Bergounioux, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Michon, Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>Rolin, Olivier </dc:subject>
		<dc:subject>Gatti, Armand</dc:subject>
		<dc:subject>Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;v&#233;nements</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#224; l'initiative de Marc Delouze et Gil Jouanard, cit&#233; V&#233;ron, chez Boris Vian&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;Bergounioux, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Michon, Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot103" rel="tag"&gt;Rolin, Olivier &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot308" rel="tag"&gt;Gatti, Armand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot372" rel="tag"&gt;Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot380" rel="tag"&gt;&#233;v&#233;nements&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1974.jpg?1352732896' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le moindre &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1900' class=&#034;spip_in&#034;&gt;qu'on lui doit&lt;/a&gt;, &#224; lui que &#231;a ferait ricaner l'id&#233;e qu'on lui doive.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; noter, tir&#233; &#224; part aux &#233;ditions Verdier, Paroles autour de la tombe, dites (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vendredi 18 d&#233;cembre 2009, &#224; 18h30&lt;br&gt;
des &#233;crivains des &#233;ditions Verdier salueront la m&#233;moire de &lt;br&gt;
G&#233;rard Bobillier&lt;br&gt;
mort le 5 octobre 2009&lt;br&gt;
l'ann&#233;e des trente ans des &#233;ditions qu'il avait cr&#233;&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;lectures de textes par&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bergounioux, Fran&#231;ois Bon (texte envoy&#233;), Fabienne Courtade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Delouze, Armand Gatti, Gil Jouanard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Yves Masson, Pierre Michon, Mathieu Riboulet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Rolin, Jean-Jacques Salgon (texte envoy&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interventions musicale : Maxime Perrin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond'action Boris Vian&lt;br&gt;
6bis Cit&#233; V&#233;ron 75018 Paris (place et m&#233;tro Blanche)&lt;br&gt;
Entr&#233;e libre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renseignements : voir &lt;a href=&#034;http://www.parvispoetiques.fr/actus.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Parvis po&#233;tiques&lt;/a&gt;, le site de marc Delouze.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; noter, tir&#233; &#224; part aux &#233;ditions Verdier, &lt;i&gt;Paroles autour de la tombe, dites au cimeti&#232;re de Rieux-en-Val le 8 octobre 2009&lt;/i&gt;, exergue de Bobillier, &#171; &#192; quoi bon lire si ce n'est pas pour soulever le monde ? &#187;, textes entre autres de Christian Thorel, Jean-Yves Masson, Alain Raybaud, Paul Audi, Gilles Hanus, Ren&#233; L&#233;vy, Pierre Michon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>qui pleurera le Salon du Livre ?</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1926</link>
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		<dc:date>2009-10-29T02:34:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>salons, festivals</dc:subject>
		<dc:subject>Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;un salon du livre de Paris atrophi&#233;, ou plus du tout de Salon &#8211; et l'occasion de reparler de Bobillier G&#233;rard&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;grognes &amp; soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot137" rel="tag"&gt;salons, festivals&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot372" rel="tag"&gt;Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1926.jpg?1352732867' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je n'ai jamais aim&#233; le Salon du livre de Paris. Au tout d&#233;but, m&#234;me au Grand Palais, pour ce confinement dans trop et trop de titres, o&#249; la profusion &#233;crase la singularit&#233; (pas mieux qu'Internet, le monde du papier). Autant j'aime me promener dans une librairie (navigation spatiale, comme dans nos sites), autant l&#224; dans cette cuve &#224; vendre du livre, sans cette premi&#232;re s&#233;lection qui fait une librairie (non, &#231;a n'a jamais &#233;t&#233; &lt;i&gt;la premi&#232;re librairie de France&lt;/i&gt;), pas de plaisir associ&#233;. J'y ai achet&#233; des livres : les &#233;diteurs mettent en place leur fonds, on trouvait quelques raret&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des bons souvenirs : oui, deux. Le premier, &lt;a href=&#034;http://classes.bnf.fr/ecrirelaville/rencontres/roubaud.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jacques Roubaud&lt;/a&gt;, assis, &#233;panoui, ses grosses pataugas de marcheur au pied, et qui se marre parce que le stand o&#249; ils ont leur d&#233;bat sur la po&#233;sie sent &#224; plein nez la paille et le purin des bestiaux du Salon agricole, qui se tient au m&#234;me endroit, juste avant. Le deuxi&#232;me : &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article769' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Daeninckx&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1900' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bobillier&lt;/a&gt; (me demande si Bergounioux n'&#233;tait pas dans le coin non plus), parce que cette ann&#233;e-l&#224; les organisateurs du Salon du livre ont accept&#233; la pr&#233;sence des &#233;ditions du Front national, en un tour de main organisent un mouvement de foule, le stand litt&#233;ralement &#224; plat, les bouquins par terre. Juste chacun pousser un peu, de toute fa&#231;on y avait le nombre. Quand la s&#233;curit&#233; arrive, quarante secondes et demies plus tard, mon vieux Bob qui se marre &#224; cinq m&#232;tres, paten&#244;tre, comme s'il n'y &#233;tait pour rien &#8211; affaire r&#233;gl&#233;e. Je le vois bien susurrer quelque chose du genre : &#171; Le peuple ne conna&#238;t pas sa propre sagesse &#187;, et pr&#233;tendre illico que ce soit de Mao Ts&#233; Toung le supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en ajoute un troisi&#232;me, trois ans de &#231;a : on est assis par terre dans un coin du stand Actes Sud, &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article181&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Andr&#233; Markowicz&lt;/a&gt; r&#233;cite vers par vers une strophe de Mandelstam et les d&#233;cortique comme il sait faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r c'est le bal des fant&#244;mes : allez, tiens, encore un bon souvenir quand m&#234;me, la derni&#232;re fois que j'y &#233;tais, ce bonhomme en veste velours noir fa&#231;on vieil anar et barbe d&#233;ploy&#233;e, James Tanneau, ancien libraire de La Taupe au Mans, reconvertie en Plurielle quand la politique se portait moins bien, et qui venait promener sa retraite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la journ&#233;e professionnelle, le lundi, surtout : journ&#233;e r&#233;serv&#233;e aux biblioth&#233;caires et libraires, on retombe forc&#233;ment sur un peu tout le monde, les d&#233;bats sont plus calmes. Cette journ&#233;e pro, elle manquera &#8211; m&#234;me si la mont&#233;e en pression des &#233;v&#233;nements en r&#233;gion, Manosque, La Baule, Bron, Besan&#231;on ont pris le relais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour le reste, c'est l'horreur. La soir&#233;e d'inauguration, la queue de trois cents m&#232;tres, les stands assaillis, et le mousseux ou le champagne pas trop frais, dans les gobelets de carton, avec visite du ministre de service qui met le monde au garde-&#224;-vous. C'est abject de g&#226;chis, d'une profession qui tout d'un coup s'imagine encore en situation de notable. On y va une fois, pas deux, apr&#232;s on se fait raconter. Comme on re&#231;oit toujours 3 ou 4 invitations de diverses sources, on les file aux &#233;tudiants de connaissance, finalement, c'est eux qui font le gros de la foule, pour l'inauguration (une fois, pas deux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion Languedoc-Roussillon (encore impulsion Verdier) a &#233;t&#233; la premi&#232;re je crois &#224; installer son propre stand, payer de ses fonds (idem pour Francfort et Montr&#233;al, aux temps heureux) un stand collectif accueillant les &#233;diteurs locaux. &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1900' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bobillier&lt;/a&gt;, le m&#234;me (qui &#233;mergeait &#224; la s&#233;curit&#233; sociale agricole comme apiculteur, depuis des lustres, pour ne pas co&#251;ter &#224; sa maison d'&#233;dition), avait eu cette id&#233;e &#8211; ou souvenir de gosse, lui qui ne nous les racontait pas ? &#8211; toute l'ann&#233;e durant, de garder les enveloppes postales adress&#233;es &#224; Verdier de l'&#233;tranger, ou dot&#233;es de beaux timbres. Sur le stand, dans un carton &#224; chaussures, les enveloppes &#233;taient &#224; vendre, 1 F chaque, ou 50 cts plus tard, et &#231;a faisait cagnotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, le jour de visite au Salon c'&#233;tait &#231;a, pour moi comme probablement pas mal d'autres : le tour des r&#233;gions. Parce qu'on savait, en allant Pays de la Loire, qu'on tomberait sur les Joca Seria, sur G&#233;rard Lambert de Saint-Nazaire et Louis Dubost de La Roche-sur-Yon. Et qu'on se glisse c&#244;t&#233; marchand, &#224; l'abri du chahut, pour nos petites conspirations et le grand tambour de brousse. &#201;tonnant comme les libraires savent y faire. Au Salon, c'est les libraires qui tiennent les stands des &#233;diteurs, de ce c&#244;t&#233;-l&#224; ce serait une perte de cesser : Colette Kerber tenait le stand Minuit ou une librairie po&#233;sie (quand elle l'a pu, c'&#233;tait fini), ou Ozanne qui court partout, ou Jean-Marie Sevestre qui regarde &#231;a d'un petit coup d'oeil ironique mais c'est des gens qui vous remontent le moral. Le tambour de brousse des petites infos, maintenant il a pass&#233; c&#244;t&#233; Internet. Le Salon du livre, c'&#233;tait un peu la foire du premier mardi du mois dans mon patelin du Poitou, mais d&#233;sormais cette fonction a migr&#233;, m&#234;me si c'est un milieu tr&#232;s &#224; la tra&#238;ne, et trop attach&#233; &#224; ses petites formes de secret, le syndrome du notable toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois derni&#232;res ann&#233;es, la r&#233;gion &#206;le-de-France s'y &#233;tait coll&#233;e. Un stand en plein milieu des all&#233;es principales, qui accueillait un espace de d&#233;bat, et une kyrielle d'&#233;diteurs ind&#233;pendants, mais justement, ceux qui comptent. A ma derni&#232;re visite, souvenir de discussions avec Laurence Teper et Catherine Flohic. Je ne sais pas s'il y a une l&#233;gitimit&#233; &#224; faire d'un Salon du livre une constellation de terroirs, et je sais encore moins, dans ce contexte, ce que repr&#233;sente le fait d'&#233;diter &#224; Paris...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis jamais all&#233; &#224; Brive, m&#234;me si tous les ans j'en re&#231;ois la proposition. Les r&#233;cits me suffisent. Le comble de la gobergerie et de l'auto-congratulation. Aux antipodes de Saint-Malo les courants d'air, avec des vrais visages, des gens qui ont fait des centaines de kilom&#232;tres pour &#234;tre l&#224;, et parfois, dans tel coin de vieille tour, m&#234;me si on n'est que 20 ou 40 (mais souvent c'est plut&#244;t 700 ou 800), un d&#233;bat qui s'amorce parce qu'on sait tous pourquoi on est l&#224;. S'il y avait un sauvetage &#224; effectuer du Salon de Paris, ce serait peut-&#234;tre &#231;a l'id&#233;e : en faire l'annexe, ou le salon d'hiver, d'&#201;tonnants voyageurs. Mais en France &#231;a ne marcherait pas, mettre Paris sous la coupe de la province. Pourtant, je suis s&#251;r que l'id&#233;e est quasiment la seule viable. Saint-Malo, c'est &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; festival litt&#233;rature(s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je n'aime pas les d&#233;bats du Salon du livre de Paris (5 fois : &#171; on fait une table ronde sur le num&#233;rique, on a pens&#233; que... &#187; &#8211; mais j'&#233;tais ici au Qu&#233;bec, en mars dernier, pour pr&#233;parer le voyage, un bon pr&#233;texte pour ne pas y aller), c'est d'abord pour l'inconfort, bruit g&#233;n&#233;ral (inconfort g&#233;n&#233;ral, ce salon, pour manger, pour pisser, pour trouver un coin o&#249; parler &#8211; pour tout &#231;a on retraversait le boulevard, vers la brasserie &#224; l'angle, quelqu'un comme Christian Thorel quand il parle du Salon du livre de Paris m&#234;me pas s&#251;r qu'il ait jamais quitt&#233; la brasserie pour le grand hall), visages qui surgissent et repartent, entendent mal, courants d'air. Alors on fait son petit num&#233;ro &#8211; 40 minutes &#224; 5 avec l'animateur, dose standard, &#231;a fait 10 minutes de parole par t&#234;te de pipe, et au revoir. Les radios s'y installent, &#231;a a souvent &#233;t&#233; la raison d'y venir : &#233;mission de radio, mais l&#224; on est avec le casque, ou dans un studio provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui souffrirait qu'arr&#234;te le Salon du livre de Paris ? Souvenir d'un des spectacles les plus tristes qu'il m'ait &#233;t&#233; donn&#233; de voir : le dernier soir, quand les &#233;diteurs remballent les cartons. Livres fichus, salis, &#224; jeter. Perte s&#232;che qui s'ajoute &#224; leurs frais. Autre spectacle, deux ans de &#231;a, quand on nous avait &#233;ject&#233;s suite &#224; alerte &#224; la bombe : quelques-uns sont rentr&#233;s &#224; nouveau, apr&#232;s, mais la plupart sont rentr&#233;s chez eux, bien lest&#233;s de kilos de bouquins, pas eu trop le temps de choisir, mais tout d'un coup c'&#233;tait gratuit... Sans doute que c'est ce souvenir-l&#224;, dur au porte-monnaie, qui en a dissuad&#233; quelques-uns de revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie du livre a-t-elle besoin d'un Salon ? Peu probable. Elle traite ses affaires ailleurs. Les petits &#233;diteurs : mais ceux-l&#224; ils ont un Berlingo ou une camionnette, on les verra le mois suivant &#224; tel endroit, ou tel autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se voit &lt;i&gt;real life&lt;/i&gt; : oui, mais on se voit tellement mieux avec nos outils informatiques, pour ce qu'on a d'important &#224; se dire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que c'est un peu tout &#231;a, et pr&#233;cis&#233;ment le Salon du livre de Paris, qui a r&#233;sonn&#233; l'hiver dernier quand je me suis mis &#224; &#233;crire mon &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Incendie du Hilton&lt;/a&gt;, apr&#232;s cette bizarre nuit &#224; dormir au-dessus du Salon du livre de Montr&#233;al, les 3 &#233;tages sous terre qu'il occupe, acc&#232;s direct depuis les galeries enfouies de la ville, et notre &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1854' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#233;vacuation&lt;/a&gt;. Montr&#233;al th&#233;&#226;tralisait (les groupes d'&#233;dition fran&#231;ais y occupent les places principales, pour la sant&#233; de Qu&#233;b&#233;cor, mais pas vraiment repr&#233;sentatif de l'&#233;dition ici) ce qui n'&#233;tait que le spectacle industriel et sa peau d&#233;sormais fissur&#233;es, craquel&#233;e et raidie. Les queues devant les &#233;crivains dits &#224; succ&#232;s, leur attente indiff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez, dernier Bob : il y a 2 ans. Il arrive avec ce vieil imper qu'il devait changer une fois tous les 10 ans, et un gros sac plastique informe. Il en sort 2 livres, me les met dans les mains. Je n'avais jamais entendu parler de &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1312' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lutz Bassman&lt;/a&gt;, et pour cause. J'ouvre les 2 livres, po&#232;mes et r&#233;cits. Je lis un bout de ligne, un autre bout de ligne. Bobillier me les reprend : &#8211; T'as compris ? Il me regarde en se marrant, comme il fait, sans qu'on sache jamais le degr&#233; de l'ironie ou de sa vraie joie &#224; vous pigeonner. &#8211; H&#233;, h&#233;... il m'a fait. Son seul commentaire. Et il est reparti dans les gens, montrer les 2 livres de Lutz Bassman &#224; qui serait capable de reconna&#238;tre la phrase. Ils sortiraient un mois plus tard, le terrain serait pr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &lt;a href=&#034;http://www.actualitte.com/actualite/14401-Salon-livre-Paris-2010-arreter.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;arr&#234;ter le Salon du livre&lt;/a&gt;. Y a plus Bob.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>petits liens &#233;go&#239;stes</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1902</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1902</guid>
		<dc:date>2009-10-10T17:52:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>ateliers d'&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Winckler, Martin </dc:subject>
		<dc:subject>Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;comptes rendus d'activit&#233; dans Le Temps, &#224; Radio Canada et Ouvrez&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;ateliers d'&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot365" rel="tag"&gt;Winckler, Martin &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot372" rel="tag"&gt;Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1902.jpg?1352732854' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Merci &#224; Isabelle R&#252;f&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui avec Isabelle Martin m'avait autrefois propos&#233;, ainsi qu'&#224; Jean Rouaud, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de m'associer &#224; l'ami Winckler, et pas seulement parce que nous voil&#224; tous deux voisins de couloir ou presque &#224; l'universit&#233; de Montr&#233;al, cette fois sur le lien &lt;a href=&#034;http://www.letemps.ch/Page/Uuid/31431e46-b514-11de-86ab-756874689762|1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entre nos sites Internet et notre travail d'auteur&lt;/a&gt;. Pour Marc Zaffran, dit Winckler Martin, &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1884' class=&#034;spip_in&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;, et ce beau billet auquel je souscris (m&#234;me si j'ai bien du mal &#224; y satisfaire) sur la question &lt;a href=&#034;http://wincklersblog.blogspot.com/2009/10/tu-reponds-tout-le-monde.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tu r&#233;ponds &#224; tout le monde ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Content aussi, pour mon intronisation &#224; Radio Canada, d'&#234;tre associ&#233; sur la question du num&#233;rique &#224; deux amis d'importance, Cl&#233;ment Laberge et Gilles Herman (&lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1880' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;), pour cette &#233;mission de Catherine Lachauss&#233;e &lt;a href=&#034;http://www.radio-canada.ca/regions/quebec/emissions/emission_Chron.asp?pk_region=6&amp;id=1462&amp;IDEmissionFR=386&amp;IDCat=8&amp;leMois1=2009/10&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#199;a me dit de prendre le temps&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne compense pas vraiment une semaine pas fameuse, avec 10 ans de vie arrach&#233;s &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1900' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d'un coup&lt;/a&gt;, plus &lt;a href=&#034;http://blog.lignesdefuite.fr/post/2009/10/08/c-est-la-peur-de-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Federman&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2009/10/10/jacques-chessex-foudroye.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chessex&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question travail, on avance dans l'id&#233;e de &lt;a href=&#034;http://ouvrez.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ouvrez&lt;/a&gt;, le titre du dernier livre de Nathalie Sarraute (publi&#233; l'ann&#233;e m&#234;me o&#249; je commen&#231;ais Internet), avec Thibaud Saintin, du lyc&#233;e fran&#231;ais de Bangkok et vieux compagnon d'armes, reprendre et &#233;largir l'id&#233;e de &lt;a href=&#034;http://classes.bnf.fr/ecrirelaville/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crire la ville&lt;/a&gt;, pour une sorte de transcontinentale de l'atelier d'&#233;criture : on vous tiendra au courant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et partant pour vos propositions de collaboration : ce sera un site ouvert.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui avec Isabelle Martin m'avait autrefois propos&#233;, ainsi qu'&#224; Jean Rouaud, ces deux ans de chronique altern&#233;e dans &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt;, un &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article900' class=&#034;spip_in&#034;&gt;tr&#232;s grand souvenir&lt;/a&gt; qui a contribu&#233; &#224; l'apprentissage blog...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et partant pour vos propositions de collaboration : ce sera un site ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Bob ne grincera plus</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1900</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Bergounioux, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Verdier (&#233;ditions)</dc:subject>
		<dc:subject>Daeninckx, Didier </dc:subject>
		<dc:subject>Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)</dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;d&#233;c&#232;s de G&#233;rard Bobillier, la vie qu'on nous arrache&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;Bergounioux, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Verdier (&#233;ditions)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot162" rel="tag"&gt;Daeninckx, Didier &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot372" rel="tag"&gt;Bobillier G&#233;rard (&#233;diteur, Verdier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1900.jpg?1352732852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Lire ci-dessous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;COMMUNIQUE DE PRESSE DES EDITIONS VERDIER Les Editions Verdier font part du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;
le communiqu&#233; diffus&#233; par les &lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/v3/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Verdier&lt;/a&gt; apr&#232;s disparition de G&#233;rard Bobillier. Sur le Net, lire aussi &lt;a href=&#034;http://www.unnecessairemalentendu.com/archive/2009/10/06/gerard-bobillier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Claude Chambard&lt;/a&gt;, ou photo en compagnie de Pierre Michon dans &lt;a href=&#034;http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1347&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La revue des ressources&lt;/a&gt;. Ainsi que l'hommage de &lt;a href=&#034;http://bibliobs.nouvelobs.com/20091007/15079/hommage-a-gerard-bobillier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Jacques Salgon&lt;/a&gt; sur Bibliobs.
&lt;p&gt;Et touch&#233; aussi par les hommages de libraires : &lt;a href=&#034;http://lalibrairieniort.hautetfort.com/archive/2009/10/07/deces-de-gerard-bobillier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La librairie&lt;/a&gt; (Niort), &lt;a href=&#034;http://www.mollat.com/actualites/un_bon_cru_une_mauvaise_nouvelle-18925.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mollat&lt;/a&gt; (Bordeaux) et bien s&#251;r &lt;a href=&#034;http://www.ombres-blanches.fr/sur-la-table-du-libraire/detailtab/selection/16/hommage-a-gerard-bobillier--directeur-des-editions-verdier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ombres Blanches&lt;/a&gt; (Toulouse). Hommage aussi de Pierre Assouline, et il a suffi que je sois mentionn&#233; dans sa &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/10/07/pour-saluer-bobillier/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;publique des Lettres&lt;/a&gt; pour que 736 de ses visiteurs fassent le d&#233;tour...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Fran&#231;ois Bon | mort d'un apiculteur (sur G&#233;rard Bobillier)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On est de l'autre c&#244;t&#233; du monde, on a sur le t&#233;l&#233;phone portable un num&#233;ro &#224; l'h&#244;pital (je l'avais not&#233; &#224; la vol&#233;e, il y avait une erreur de transcription : &lt;i&gt;bbikier&lt;/i&gt; mais &#231;a fait rien, c'est sur ce mot-l&#224; que je cliquais). Et, de l'autre c&#244;t&#233;, la voix fraternelle : elle grin&#231;ait, comme d'habitude, elle se moquait du &lt;i&gt;crabe&lt;/i&gt;, elle repartait sur la politique, la litt&#233;rature, et ne se privait pas d'une petite grincerie suppl&#233;mentaire &#224; votre &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re fois, m&#233;tro R&#233;aumur-S&#233;basto, et on avait fait le chemin jusqu'&#224; la station sous leur nouveau bureau, aux Verdier. La silhouette si fragile d&#233;sormais, qui disait qu'encore il y avait le mal, mais que &lt;i&gt;oui, on en gu&#233;rit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bobillier est entr&#233; dans ma vie en 1990. &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article495' class=&#034;spip_in&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Lindon&lt;/a&gt; venait de me refuser pour la troisi&#232;me fois un texte, &lt;i&gt;L'Enterrement&lt;/i&gt;, qui me semblait trop de mon chemin pour renoncer, mais pour lui, disait-il : &#171; Ce n'est pas du roman. &#187; Comme si l'&#233;l&#233;mentaire du roman n'&#233;tait pas de faire que la r&#233;alit&#233; qu'il r&#233;invente soit consid&#233;r&#233;e comme vraie. Pierre Michon m'avait dit : &#171; Envoie-le &#224; Bob. &#8211; C'est qui, Bob ? &#187; Lui, alors que &lt;i&gt;Les vies minuscules&lt;/i&gt;, &#224; 15 mois apr&#232;s parution, &#233;taient disparues dans les oubliettes de Gallimard, venait de na&#238;tre litt&#233;rairement avec &lt;i&gt;Joseph Roulin&lt;/i&gt; sous la couverture jaune de Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon tour, je pr&#233;senterai &#224; Bob Pierre Bergounioux et Didier Daeninckx. Plus tard on aurait des divergences : Bob ne se risquait pas facilement vers un nouvel auteur, et pas mal de manuscrits que je lui aurai d'abord pr&#233;sent&#233;s s'en iront voyager chez d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est dix ans de voyage. On s'est engueul&#233;s bien des fois. Mais &#224; l'endroit o&#249; &#231;a compte. Il ne disait pas &lt;i&gt;je&lt;/i&gt;, on n'avait devant soi rien que le &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; du collectif Verdier. Sans eux, je n'aurais pas &#233;t&#233; si loin dans ma d&#233;marche, parfois bien plus loin qu'on l'oserait de soi-m&#234;me, et c'est &#231;a, un &#233;diteur. Je leur dois &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/mecanique/html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;canique&lt;/a&gt; et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les visages, Benny L&#233;vy et sa ribambelle de m&#244;mes, Armand Gatti, Milner, d'autres : sous l'arbre, dans la lumi&#232;re de Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyage g&#233;ographique aussi, le laboratoire qu'a &#233;t&#233; le &lt;a href=&#034;http://www.editions-verdier.fr/banquet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banquet du livre&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On y a appris ensemble le live blogging, la photo num&#233;rique, l'impression de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Lagrasse. L'accueil &#224; la grande table de bois sous les arbres de Verdier, la ferme historique des Corbi&#232;res. Les visages. Et lui, qui se tenait plut&#244;t dans l'ombre &#224; l'&#233;tage, y avait son bureau &#224; l'identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 2 derni&#232;res rencontres, il y a 1 an chez Christian Thorel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ah tiens, autre souvenir qui remonte, la fois pr&#233;c&#233;dente c'&#233;tait aussi avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, parce que m&#234;me dans la chimio et le tunnel Bob a &#233;t&#233; entour&#233; de cette amiti&#233; solide n&#233;e de leur r&#233;seau politique toulousain des origines, et cette fois dans le m&#233;tro, j'avais dit &#224; Bob qu'il faudrait quand m&#234;me qu'on &#233;claircisse : &lt;i&gt;Tous les mots sont adultes&lt;/i&gt;, mon livre sur les ateliers d'&#233;criture, puis mon &lt;i&gt;Rolling Stones, une biographie&lt;/i&gt; qui &#233;tait pour moi l'&#233;tape autobiographique n&#233;cessaire, ou le prolongement m&#234;me des livres Verdier, il n'en avait pas voulu, et dans ce cas c'est le travail qui commande, j'&#233;tais all&#233; ailleurs &#8211; non, Bob, l'histoire des Stones ce n'&#233;tait pas un r&#234;ve &lt;i&gt;petit bourgeois&lt;/i&gt;. On &#233;tait convenu d'une nouvelle &#233;tape, des notes sur Michaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers jours, c'est Pierre Bergounioux qui me donnait les nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne serai pas &#224; leur c&#244;t&#233;, je ne sais pas si c'est dans les Corbi&#232;res ou &#224; Paris, ou Besan&#231;on, ou dans ce nulle part qu'affectionnait Bob, qui continuait de vivre &#224; la clandestine, dans un chambre dont personne ne savait l'adresse, m&#234;me pas ses proches (ah si, Michon une fois y avait dormi : &#171; mais je ne saurais pas y retourner... &#187;). C'est plus &#231;a qui va &#234;tre dur : ils y seront, les fr&#232;res, Olivier Rolin, Bergou, Daeninckx, Michon et les autres. Bob avait cr&#233;&#233; ce partage de sang, ce que J&#233;r&#244;me Lindon avait su faire, il y a d'autres ann&#233;es, avec d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir ses propres gosses dans les pattes de Bob, et lui qui s'amusait &#224; leur faire peur, ou leur donnait des le&#231;ons d'anarcho-subversion. Ou ces aller-retours qu'il faisait avec son break Citro&#235;n charg&#233; de livres &#224; la gueule &#8211; on savait qu'il avait son petit jardin secret aussi, Bob, les neuf cent bornes de solitude, ou crochet par Bordeaux, quand &#231;a le prenait : pourvu qu'il y ait les cartons de bouquins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou quand l'inondation (l'Ormieux qui d&#233;borde sous l'orage) et dans les empilements de cartons du hangar le pauvre &lt;i&gt;Enterrement&lt;/i&gt; de 120 pages semblait en faire 400. Ou quand ces trois conards de Nice-chic &#8211; depuis quelques mois on sait parfaitement leur nom et leur adresse, mais les flics et la justice ont d&#233;cid&#233; le rideau sarkosien lourd &#8211; ont &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article968' class=&#034;spip_in&#034;&gt;noy&#233; la librairie du banquet sous l'huile de vidange&lt;/a&gt;, et le t&#233;l&#233;phone chaque fois &#224; pas d'heure : &#8211; Fran&#231;ois, c'est Bob...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, la voix qui grince, le petit rire en coin, le grognement au bon endroit, la silhouette qui prend &#233;cart et se fiche de vous carr&#233;ment, et le culot des bouquins, la pr&#233;cision du travail, l'engagement &#224; vos c&#244;t&#233;s quoi qu'on fasse, le partage de vie qui passe avant tous les d&#233;saccords, et le verre de vin dans ce petit restau portugais de la rue du Faubourg Saint-Antoine, on continue le voyage avec toi, Bob.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pens&#233;es pour Colette et Mich&#232;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;COMMUNIQUE DE PRESSE DES EDITIONS VERDIER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Editions Verdier font part du d&#233;c&#232;s de G&#233;rard BOBILLIER, leur directeur fondateur, le lundi 5 octobre &#224; Carcassonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Bobillier a affront&#233; le cancer qui l'avait frapp&#233; depuis plus d'un an, avec un vouloir vivre et un rare courage, une volont&#233; exceptionnelle d'honorer le vivant &#224; son plus haut point de dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Besan&#231;on le 12 octobre 1945, G&#233;rard Bobillier s'engage au cours des ann&#233;es 68 dans la cause r&#233;volutionnaire avec la d&#233;termination et la g&#233;n&#233;rosit&#233; qui l'ont caract&#233;ris&#233; sa vie durant. De la Gauche Prol&#233;tarienne, en passant par LIP, Toulouse et les Corbi&#232;res, o&#249; il accompagne en 1976 la lutte des viticulteurs de l'Aude, il a &#233;t&#233; de tous les combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays des Corbi&#232;res qu'il aimait particuli&#232;rement, tout en se m&#233;fiant de l'illusion dangereuse d'un enracinement identitaire, il fonde en 1979 avec Benny L&#233;vy et quelques amis les Editions Verdier, &#233;tant convaincu que l'au-del&#224; du &#171; tout politique &#187; passe par une mise en r&#233;serve de l'engagement politique et par la longue patience de l'&#233;tude des textes fondateurs. L'effort exigeant de la pens&#233;e suppose d'&#339;uvrer &#224; la circulation des textes et des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Editions Verdier ont trente ans cette ann&#233;e. Elles sont riches d'un catalogue qui traduit fid&#232;lement le geste inaugural voulu par G&#233;rard Bobillier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au premier plan, s'y inscrivent des collections de textes des grandes spiritualit&#233;s. Tout particuli&#232;rement, la collection des &#171; Dix Paroles &#187;, longtemps dirig&#233;e par Charles Mopsik, &#224; travers la publication des traductions fran&#231;aises d'ouvrages fondateurs tels que &lt;i&gt;Le Guide des Egar&#233;s&lt;/i&gt;, de Mo&#239;se Ma&#239;monide, les &lt;i&gt;Trait&#233;s&lt;/i&gt; du Talmud, ou encore le Zohar, s'efforce de permettre l'&#233;tude des grands textes philosophiques et spirituels de la tradition juive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication de grands textes de la philosophie &#8211; qu'il s'agisse &lt;i&gt;Des Premiers Principes&lt;/i&gt; de Damascius (dans la traduction de Marie-Claire Galp&#233;rine) ou bien &lt;i&gt;De la v&#233;racit&#233;&lt;/i&gt; du philosophe Guy Lardreau, des &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques&lt;/i&gt; de Jan Patocka, ou bien encore de &lt;i&gt;Rousseau : une philosophie de l'&#226;me&lt;/i&gt;, de Paul Audi &#8211; ob&#233;issait &#224; sa conviction que l'urgence de ce temps est de cr&#233;er un espace de tension fertile &#171; entre Ath&#232;nes et J&#233;rusalem &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me en est-il des autres textes de pens&#233;e et de sciences humaines qui figurent au catalogue : citons au fil des pages les livres de Jean-Claude Milner, de l'historien Carlo Ginzburg ou bien d'Henri Meschonnic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le catalogue Verdier offre &#224; lire des auteurs fran&#231;ais ou &#233;trangers parmi les meilleurs de la litt&#233;rature contemporaine &#8211; G&#233;rard Bobillier &#233;tait convaincu que, dans ce qu'elle a de plus haut, la litt&#233;rature est la chair de la Pens&#233;e. Ainsi a-t-il &#233;t&#233; l'&#233;diteur de Pierre Michon avec qui il a entretenu un long compagnonnage d'amiti&#233; et de pens&#233;e, ou encore de Pierre Bergounioux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#224; c&#244;t&#233; des &#233;ditions Verdier, G&#233;rard Bobillier a impuls&#233; de fa&#231;on d&#233;cisive, comme il savait le faire, la cr&#233;ation de la Maison du Banquet et des g&#233;n&#233;rations, &#224; Lagrasse, dans ce m&#234;me pays des Corbi&#232;res, qui organise notamment depuis 1995 le &#171; Banquet du Livre &#187;, au mois d'ao&#251;t. C'est l&#224; un lieu rayonnant d'&#233;tude et d'&#233;change, autour du livre et de la pens&#233;e. Sa vie, G&#233;rard Bobillier l'avait d&#233;di&#233;e &#224; cette exigence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On y a appris ensemble le live blogging, la photo num&#233;rique, l'impression de livres en temps r&#233;el sur l'&#233;norme machine mise &#224; disposition par Rank Xerox. Il y avait le cin&#233;ma en plein air, les ateliers d'&#233;criture, les lectures dans le clo&#238;tre...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ah tiens, autre souvenir qui remonte, la fois pr&#233;c&#233;dente c'&#233;tait aussi avec Christian, sur cette demi terrasse implant&#233;e sur le trottoir en face la librairie, matin de soleil pendant le Marathon des mots, il avait Bob donc, et Volodine &#8211; peux vous dire que la conversation de ces deux taiseux-l&#224; &#231;a fatiguait pas les oreilles, et pourtant la densit&#233; de moments qui restent...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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