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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>lire avec musicien (Sylvain Kassap, suite)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>audio &amp; video</dc:subject>
		<dc:subject>Sylvain Kassap</dc:subject>
		<dc:subject>musique, musiciens</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;bref extrait d'une lecture avec Sylvain Kassap&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique68" rel="directory"&gt;le mag | rock &amp; musiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;musique, musiciens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton557.jpg?1352732198' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff557.jpg?1352731883&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les instruments sont plus diff&#233;rents que les musiciens ? Le violon vous offre une g&#233;om&#233;trie mentale, vous avez l'impression que votre cr&#226;ne s'est fait abstrait du dedans pour construire les lignes de mots. Les clarinettes offrent des vibrations de souffle qui recoupent la tessiture vocale. Mais &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article347' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dominique Pifar&#233;ly&lt;/a&gt;, mon partenaire habituel et un peu l'initiateur, ou &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article344' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sylvain Kassap&lt;/a&gt;, ce qui est propos&#233; c'est un &#233;lan, un rythme, une grammaire, et un constant travail d'&#233;cart. Alors on cherche, dans cet &#233;cart, ce qu'il advient de distance ou de convocation pour la narration, comment on peut s'y mettre un peu plus &#224; plein corps qu'on ne le ferait seul, parce que soudain le musicien a emport&#233; la rambarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes de la lecture &#224; Bagnolet, le 10 octobre 2006, avec Sylvain Kassap aux clarinettes, sur deux extraits de &lt;i&gt;Tumulte&lt;/i&gt; (Fayard, 2006). Je choisis ce moment parce que typique de ce qui se passe en lecture : le premier texte, on avait pr&#233;vu de le lire, et Sylvain construisait son impro avec les pages sous les yeux, ensuite je le laisse partir, &#231;a devient une m&#233;canique &#233;trange d'entrecroisements de rythmes, et c'est moi alors qui pense au second texte, non pr&#233;vu, le cherche dans le livre et le lance &#224; partir de sa musique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/media/vox/kassap.mp3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'&#233;coute : Sylvain Kassap &amp; Fran&#231;ois Bon, Bagnolet&lt;/a&gt;, 10/10/06 (extrait, 8'30).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; compte rendu images de la &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article68&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lecture Bagnolet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sylvain Kassap clarinettes</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Sylvain Kassap</dc:subject>
		<dc:subject>musique, musiciens</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;travers&#233;e des musiciens&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;musique, musiciens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton344.jpg?1352732147' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Sur Sylvain Kassap, voir aussi &lt;a href=&#034;http://www.laborintus.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laborintus&lt;/a&gt;, lecture &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article68&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bon-Kassap &#224; Bagnolet&lt;/a&gt; (octobre 2006) et notre rencontre pour &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article296' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Banlieues Bleues&lt;/a&gt;, le 16 mars 2006. &lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tout du long qu'il parle de lui, c'est au pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi je veux le faire parler de ceux qu'il porte, et m&#234;me d'o&#249; vient son nom. Mais Kassap on dirait que &#231;a ne l'int&#233;resse pas : &#171; Tout le monde s'est reconstruit l&#224; o&#249; il &#233;tait, il n'y a pas eu de transmission. &#187; O&#249; on &#233;tait c'est Villiers-sur-Marne, c'est Champigny : &#171; Je suis un m&#244;me de la banlieue. &#187; Et la banlieue il y habite toujours, puisqu'&#224; Montreuil il vit et travaille, mais par provocation c'est Paris centre qu'on a choisi, lui Perrier moi bi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourquoi je demande aux musiciens de me dire ce que je n'ai pas su r&#233;ussir pour moi-m&#234;me, est-ce que simplement je leur demande de m'expliquer pourquoi ce qui s'est pass&#233; pour eux ne s'est pas pass&#233; pour moi ? Ils sont ici les traceurs d'imaginaire, ceux qui font les paysages en avant. Avec Kassap on pourrait &#234;tre fr&#232;re plus qu'aucun autre, on a le m&#234;me &#226;ge, on a &#233;cout&#233; les m&#234;mes musiques au m&#234;me moment, on s'est sci&#233; les doigts pareil au m&#234;me &#226;ge sur les m&#234;mes Framus, alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors j'insiste. Kassap pour le grand-p&#232;re ukrainien. L'autre grand-p&#232;re, moldave. L'un qui &#233;pouse une Italienne, l'autre qui &#233;pouse une guadeloup&#233;enne. Le grand-p&#232;re : &#171; Un taciturne, tu posais une question il grognait une r&#233;ponse. &#187; La juda&#239;t&#233; et l'exil : &#171; Il m'a dit, le grand-p&#232;re : apr&#232;s la guerre tu ne peux pas croire en dieu, Isra&#235;l terre promise par dieu moi je ne crois pas en Isra&#235;l. &#187; Mais l'Italienne : &#171; Plus anglaise qu'une anglaise. Quatre-vingt seize ans, j'ai toujours parl&#233; anglais avec elle : quand ils se sont connus, elle &#233;tait danseuse &#224; Londres et le grand-p&#232;re monsieur Loyal dans les cabarets. &#187; Mais ce qu'il en est du germe ou du r&#234;ve, des tourn&#233;es, des lumi&#232;res, et de la ville inconnue devenue aventure, il n'en parle pas, Kassap : est-ce qu'on se lance dans son propre r&#234;ve sans qu'il pr&#233;-existe, est-ce que ceux dont il parle, qui ont pu croiser l&#224;-bas Cendrars ou Chaplin (non, ils &#233;taient ces anonymes du spectacle, et le cabaret n'est pas forc&#233;ment un r&#234;ve de grand art : moi j'aurais des questions &#224; lui poser, en anglais s'il faut, sur comment elle dansait et sur quelles musiques, la vieille dame de quatre-vingt-seize ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'abord, il n'y a rien, ou presque. Quelques disques, un peu la radio, ceux qu'on appelait les y&#233;y&#233;s, presque pas la t&#233;l&#233;. Enfin ; il y avait les livres, ce qui n'est pas rien, mais pas vraiment de musique ni m&#234;me de son.&lt;br/&gt;
Et puis il y a le coll&#232;ge et soudain le Sergent Poivre et l&#224;, je sais que je serai musicien, bien que je ne joue de rien, sans savoir ce que &#231;a peut bien vouloir dire, juste parce que je sens que c'est l&#224; que je veux vivre et sans doute exister.&lt;br/&gt;
Alors j'&#233;coute.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie pour Kassap commence &#224; l'encontre de ses parents, et elle commence &#224; seize ans, c'est d&#233;j&#224; au pr&#233;sent quand il en parle : &#171; A douze ans je me vois batteur, c'est toujours un r&#234;ve, un jour je serai batteur. Tout le reste c'est par ereur. &#187; Il dit qu'&#224; la maison il y a un tourne-disque, qu'il n'a pas une batterie compl&#232;te mais une caisse claire et une charley, il joue sur les disques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alors j'&#233;coute,&lt;/i&gt; dit Sylvain Kassap : &lt;i&gt;d'abord les fracas fantasm&#233;s des tambours sans lesquels les Marshall auraient vrombi sans assise.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quatorze ans premier groupe, le nom Anacharsis et peu importe qui &#233;tait le vieil impr&#233;cateur grec, le nom sonne bien. Il fait la guitare et la basse, on change d'instrument &#224; chaque morceau : &#171; &#199;a n'a pas vraiment d'importance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va &#224; Paris, au Bataclan on peut entrer librement pour les enregistrements t&#233;l&#233;vision de Pop 2. Il voit Robert Wyatt, il voit Rory Gallagher. Au lyc&#233;e, son copain c'est Claude Barth&#233;l&#233;my : &#231;a encore c'est un myst&#232;re, est-ce qu'on y arrive tout seul, &#224; s'installer sur la fronde, et qu'est-ce que cela change, si on s'y retrouve &#224; deux, sans trop savoir, ou bien si c'est seulement bien apr&#232;s qu'on mesure, de tous ceux qu'on a crois&#233;s, qu'il en reste si peu sur le dur chemin de musique. &#171; Barth&#233;, son groupe s'appelle Aircraft Alarm + Chimie, il a une Framus avec un micro dans la rosace, &#224; quatorze ans il joue pareil qu'aujourd'hui sauf qu'il n'a pas la m&#234;me culture. &#187; Et qu'il faut aussi &#224; chaque &#233;tape un fr&#232;re a&#238;n&#233; : on emprunte le fr&#232;re a&#238;n&#233; du copain. &#171; Barth&#233;, son fr&#232;re a&#238;n&#233; nous fait &#233;couter vachement de trucs, Miles Davis, Chick Corea : il y avait un disquaire en bas du boulevard Saint-Michel, des disques pas cher, j'ach&#232;te Miles et Coltrane, &#231;a faisait pas assez de bruit ce truc l&#224; c'&#233;tait pas assez rock. &#187; Parce que son truc, &#224; Kassap, il insiste, c'est le rock. &#171; Le monde se partageait en deux : ceux qui prenaient de l'acide en allant voir Gong, et les autres qui allaient voir Magma. &#187; Et dans la chanson de Kassap, la chanson qu'il &#233;crit de sa ligne de vie, cela se chante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La voix, la densit&#233; rythmique, puis le monde psychotrope de celui qui fut le moteur de la machine molle&lt;br/&gt;
Alors, je gratte &lt;br/&gt;
et j'&#233;coute&lt;br/&gt;
Le brouet des putes et la cl&#233; espagnole que me fait d&#233;couvrir le fr&#232;re a&#238;n&#233; de l'&#233;mule de Mc Laughlin ; et qui plus tard sera la base de &#171; et d'&#233;querre &#187;.&lt;br/&gt;
Alors, je souffle&lt;br/&gt; et j'&#233;coute&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est cela qui me hante, &#224; trois jours de distance, que moi j'ai en vrac tous ces mots et ces histoires de Kassap, et le lyc&#233;e, et les vir&#233;es &#224; paris, et les r&#233;p&#233;titions du groupe aux m&#233;chantes guitares, et les cheveux trop longs et ce qu'on s'imagine dans la t&#234;te en &#233;coutant les disques, lui il l'enl&#232;ve et voil&#224;. Il n'y a plus de Barth&#233;l&#233;my, juste l'&#233;mule de Mc Laughlin, il n'y a plus Soft Machine mais la machine molle, et tout d'un coup le mot souffle. Il te faut, Kassap, ce vide en arri&#232;re, ou cette &#233;nigme tout autour ? Dans sa chanson il a disparu, le postier Antillais : &#171; Dans Anacharsis, le fl&#251;tiste c'est un Antillais de dix-neuf ans, plus vieux que nous, il bosse au tri postal de Cr&#233;teil, un samedi il ne peut pas venir, il me montre, j'apprends ces bouts de fl&#251;te-l&#224;. &#187; Alors la fl&#251;te aurait pu devenir sa vie : &#171; J'en ai toujours une, toute oxyd&#233;e. Mais les copains ont des amplis, la fl&#251;te &#231;a ne fait pas assez de bruit, je me d&#233;gotte un sax. &#187; Et il compl&#232;te &#224; distance : &#171; L'hyper expressivit&#233; du sax. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi je l'emb&#234;te. Moi j'ai eu mes livres au coll&#232;ge, et les premiers po&#232;mes le soir dans le garage, sur la grosse Japy qui sert &#224; faire les factures, quitte &#224; les recommencer trois ou quinze fois, et ce Verlaine sur papier transparent qui a appartenu &#224; mon grand-p&#232;re maternel et c'est &#224; quatorze ans une totalit&#233; d'&#233;rotisme plus que jamais le monde ne pourra se douer d'&#233;rotisme qui reste pour moi dans le nom Verlaine quand c'est le seul livre de po&#233;sie qu'&#224; quatorze ans vous connaissez, quand bien m&#234;me vous avalez toutes les proses, et que les proses comme Verlaine sont capables d'impair. Pour Kassap c'est d'un bloc, et ce bloc on le repousse comme une masse noire et sans dur&#233;e : &#171; Des fois l&#224; j'ai l'impression que je raconte la vie d'un autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma premi&#232;re seconde, vraiment la rupture. Tu redoubles contre une batterie, on me met dans une bo&#238;te priv&#233;e mais donc il n'y a plus de bl&#233; pour la batterie je m'&#233;tais fait avoir. Je passe le bac C, je le rate, et le bac A l'ann&#233;e d'apr&#232;s en candidat libre, mais je n'&#233;tais plus de chez eux. Et la dope, les ann&#233;es dope. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chanson : &lt;i&gt;Il y aura tous ceux avec qui j'ai partag&#233; les notes ; ici et ailleurs ; &#233;crites ou improvis&#233;es, toujours r&#234;v&#233;es ...&lt;br class='autobr' /&gt;
et puis les sc&#232;nes aux c&#244;t&#233;s de ceux qui &#233;taient sur les disques...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fini la banlieue et l'&#233;cart. Il vit &#224; Paris, il est dans la nuit et les musiques. Il y a les appartements pr&#234;t&#233;s, les lieux o&#249; on s'h&#233;berge, il en reste dans la t&#234;te les adresses, et puis ce saxophone &#224; la main, on imagine un &#233;tui noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un endroit communautaire &#224; Joinville-le-Pont, un appart &#224; plusieurs rue de l'Arbal&#232;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, dans la chanson de Kassap, &#231;a a disparu ces ann&#233;es-l&#224;. On dirait que le r&#233;veil est apr&#232;s. Pourtant, pourtant : &#171; Pour mes seize ans, les potes se cotisent et ils m'offrent un le pavillon, un le corps, un l'embouchure : une clarinette, c'&#233;tait un instrument &#224; anche et ils n'avaient pas les moyens de m'en offrir un plus beau. &#187; La clarinette entre dans la vie de Kassap, la clarinette mange la vie de Kassap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi, c'est comme un coda ou un &#233;cho, ou une phrase de saxophone mise en boucle : &#171; Des fois l&#224; j'ai l'impression que je raconte la vie d'un autre. &#187; La rupture consomm&#233;e avec la famille, on ne donne m&#234;me plus de nouvelles : &#171; Mes parents ils ne m'aident que pour mes &#233;tudes : ils r&#234;vaient pour moi d'un autre m&#233;tier. Je suis en musicologie &#224; Vincennes, plus psycho comme tout le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arri&#232;re-fond sauvage. Il dit, de ce d&#233;sordre : &#171; Le langage ne veut plus dire grand-chose, les mots ont &#233;chapp&#233;. Je suis bilingue de naissance, je sais que les m&#234;mes objets ont deux noms, et l&#224; tout est en vrac. &#187; Et puis : &lt;i&gt;Le voile en mauve de l'h&#233;ro&#239;ne dans les yeux&lt;/i&gt;, il me sort une phrase d'un de mes livres, c'est il y a longtemps et moi je mets m&#234;me du temps &#224; retrouver o&#249; je l'avais mise, la phrase, et d'o&#249; elle me vient, si maintenant je sais d'o&#249; elle me vient, la phrase sur l'h&#233;ro&#239;ne et les poisons qu'on s'injecte, et comment c'est lui, Sylvain Kassap, qui s'en est fait le d&#233;positaire pour lui-m&#234;me et ce dont il pr&#233;f&#232;re ne pas se souvenir. Il dit, Kassap, au pr&#233;sent pour maintenant comme au pr&#233;sent pour alors : &#171; C'est une p&#233;riode je ne me souviens plus vraiment. &#187; Sauf qu'il joue : &#171; Des groupes plus &#233;lectriques, un boulot plus musical. &#187; Et que la fac de Vincennes sera pour lui le creuset, l'autorisation : &#171; A la fois j'avais tr&#232;s peur, parce que tout de suite les profs me filent du boulot, accompagner les pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre. &#187; Et puis, s'il n'y a plus Anacharsis, il y a toujours les amis d'Anacharsis et leur chanteuse : &#171; Ils m'ont permis de sauter du train en marche et de revivre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi aussi c'est l'ann&#233;e o&#249; j'arrive &#224; Paris, l'ann&#233;e o&#249; j'ai ces chambres &#224; Paris, l'ann&#233;e o&#249; sans doute Kassap je le croise trente fois sans savoir parce qu'on est aux m&#234;mes endroits pour &#233;couter les m&#234;mes musiques. Sauf que moi je ne joue pas, moi je me mets dans les livres. Il dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plus personne ne savait jouer. Le rock, &#231;a commen&#231;ait &#224; s'estomper. Mais la p&#233;riode permet &#231;a : tu montes sur sc&#232;ne, tu vas tra&#238;ner au Riverbop, tu fais le b&#339;uf du trois&#232;me set. Et puis le folk : j'&#233;coute le folk roumain, Sun R&#226; chez S&#233;same, Interstellar Space. La compagnie Lubat, j'y vais vachement souvent. Le deuxi&#232;me disque de Pierre Bensusan, je joue dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi je l'ach&#232;te, le deuxi&#232;me disque de Bensusan comme j'ai achet&#233; le premier, et que je les ach&#232;te toujours depuis lors. Et que je l'ai vu tant de fois en concert, Bensusan, que probablement j'ai vu &#224; l'&#233;poque Kassap et ne m'en souviens pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant tr&#232;s longtemps je souffle dans des trucs, et comme je ne sais pas bien jouer je change souvent : j'ai souvent consid&#233;r&#233; l'instrumentarium dans lequel je joue comme un seul instrument... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est tout cela qui discr&#232;tement r&#233;sonne dans la chanson de Kassap, la chanson sans les noms, la chanson de ce qu'on s'offre de main &#224; main, et par quoi la musique se renouvelle et s'invente. Nous, c&#244;t&#233; livres, on prend cela des morts, on s'acharne sur son Proust, on suit Beckett dans la rue et une fois il vous fera un sourire, mais &#231;a ne passe pas de vivant &#224; vivant entre auteurs de votre &#226;ge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il y aura le souffleur de la gu&#234;pe qui m'apprend &#224; &#234;tre cornemuse&lt;br/&gt;
le trio &#224; La Chartreuse qui m'invite aux c&#244;t&#233;s de la danseuse longiligne, &lt;br/&gt;
les diseurs de mots et les visionnaires d'images&lt;br/&gt;
le blues breton du pianiste de free jazz&lt;br/&gt;
l'allemand de derri&#232;re le mur&lt;br/&gt;
le collectif des r&#233;ducteurs de t&#234;tes et ses invit&#233;s&lt;br/&gt;
celles qui tirent sur les cordes&lt;br/&gt;
et celle qui tire les ficelles&lt;br/&gt;
et puis la clarinette&lt;br/&gt;
il y aura les deux arl&#233;siennes puis les briseurs de rocs&lt;br/&gt;
les pantins d'Orl&#233;ans&lt;br/&gt;
l'incidence et l'&#233;vidence&lt;br/&gt;
et puis la clarinette&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kassap, puisque tu les sais, les noms, puisque tu les sais, chacune de ces histoires, pourquoi ne les racontes-tu pas, et ce qui fut &#224; Orl&#233;ans ce soir-l&#224;, et qui &#233;tait la gu&#234;pe cornemuse, et ce que &#231;a voulait dire Breton en free-jazz ou la premi&#232;re vir&#233;e dans la lourde Allemagne de l'Est ? &#171; Et puis la clarinette. &#187; Et que de cela il en dit si peu, pour l'instant. Mais la question du free :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne sais m&#234;me pas quel instrument mais je sais que je suis musicien. C'est un placement de r&#233;volte : le free-jazz c'est un point de vue sur la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nouvelle rupture : une naissance ? &#171; J'avais un sax t&#233;nor, c'&#233;tait Soft Machine, Albert Ayler. Celui qui m'&#233;branle r&#233;ellement c'est Portal : la personne vivante qui m'a le plus marqu&#233;. Je vais le voir &#224; la fin d'un concert, aux D&#233;bardeurs. Il fait un stage &#224; France Musique : &#8212; Il n'y a que des classiques, tu n'as qu'&#224; venir... On pouvait apporter toutes les musiques qu'on aimait, en faire un gros tas. Quand je suis sorti de l'atelier je ne savais plus jouer une note tellement il posait de questions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est la chanson de Kassap qui reprend, et la clarinette d&#233;sormais y chante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les cris d'enfants, en col&#232;re puis apais&#233;s, dans le t&#233;nor du noy&#233; de l'Hudson River et la clarinette basque du tortur&#233; lumineux ; non, non, mais &#231;a peut &#234;tre...&lt;br/&gt;
Alors, plus rien ne sera jamais pareil&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce que vous laisse de lumi&#232;re celui qui se torture, Portal la lumi&#232;re. Kassap est sur la route, une route de toutes les routes et les &lt;i&gt;Domaines&lt;/i&gt; de Boulez et l'Orient o&#249; il prend la respiration continue : est-ce qu'&#224; nous &#233;crivains le m&#234;me chemin serait possible, o&#249; les rencontres sajoutent ? Ic il peut ici chanter seul, Kassap, et nous emm&#232;ne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il y aura&lt;br/&gt;
Septembre &#224; Istanbul&lt;br/&gt;
et octandre&lt;br class='autobr' /&gt;
dans l'orchestre&lt;br/&gt;
la colonne de fer&lt;br/&gt;
les notes abandonn&#233;es ; parfois &#224; regret ; et qui seront jou&#233;es par d'autres&lt;br/&gt;
et toutes celles sur le papier, moi qui ne voulais pas les lire...&lt;br/&gt;
et puis la clarinette&lt;br/&gt;
qui permet les Domaines &lt;br/&gt;
et Cuba, &lt;br/&gt;
les folklores r&#233;invent&#233;s et le po&#232;te de L&#233;ognan, &lt;br/&gt;
le bendir d'Alep et les soir&#233;es &#224; Smarves&lt;br/&gt;
le plaisir de la vibration que mon souffle produit dans le tube d'&#233;b&#232;ne&lt;br/&gt;
celui de la transformation du hi&#233;roglyphe en pens&#233;e intelligible, ou en tout cas audible&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'une fois qu'on a dit cela, les notes toujours r&#234;v&#233;es on ne pourrait qu'en alourdir comme le nuage : &#171; J'avais une clarinette basse. Encore maintenant : tu n'as jamais fini d'apprendre, puisque tu n'as jamais eu le dipl&#244;me. Juste, c'est ce qui remplit ma vie le plus compl&#232;tement. Quand je pars en vacances, m&#234;me si je suis deux jours sans toucher une clarinette, le troisi&#232;me non. Il y a beaucoup de choses, c'est un d&#233;faut technique qui permet de les avoir. Il y a vingt-cinq ans, quand j'&#233;coute Berio, je ne peux pas le jouer : comme je ne voulais pas lire la musique (je vois mon fils lire la cl&#233; d'ut 3 et d'ut 4 comme une &#233;ponge) la musique contemporaine je mets cinq fois plus de temps, mais si je mets cinq fois plus de temps je le fais pareil, peut-&#234;tre je le fais mieux. J'ai toujours cherch&#233; d'abord par les disques. En fait, &#224; mesure que je trouve quelque chose que je ne sais pas faire, il faut que j'apprenne : &#231;a y est, c'est derri&#232;re moi, c'est quoi le prochain truc ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si on parle de cette pratique &#233;tonnante d'une respiration continue, apprise l&#224;-bas sur les chemins de Turquie, il vous regarde comme si c'&#233;tait tout naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on parle d'&#233;criture, &#224; lui qui n'a pas appris &#224; &#233;crire, qui n'a pas connu les routes des conservatoires, de l'harmonie et du contrepoint : &#171; Improviser et &#233;crire, c'est pareil. Quand on improvise, il y a des r&#233;currences, &#231;a vaut le coup de s'interroger sur ce que &#231;a repr&#233;sente. Ma premi&#232;re commande, c'&#233;tait pour un exercice : j'ai pris mes tics de clarinette basse et j'ai &#233;crit l'imaginaire des r&#233;ponses que j'attends quand j'improvise. Ecrire et improviser ce n'est pas deux mots, c'est la m&#234;me chose, la m&#234;me t&#234;te, la m&#234;me pens&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce qu'il dit dans sa chanson, Kassap :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La transformation du hi&#233;roglyphe en pens&#233;e intelligible, ou en tout cas audible&lt;br/&gt;
D'abord, il n'y a rien, ou presque... maintenant, il y a tout &#231;a, et plus encore...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que c'est cela, l'&#233;nergie de la silhouette aux lourds cheveux supprimant le visage, et la vrille continue ou l'air m&#234;me mis en vibration quand vous lisez des mots et qu'il joue pr&#232;s de vous, o&#249; vous installez le texte dans cette vibration. Est-ce qu'il sera batteur de rock, un jour, Kassap ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/kassap_02.jpg?1166889454' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Banlieues Bleues | voisiner les monstres</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article296</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article296</guid>
		<dc:date>2006-03-18T08:55:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Dominique Pifar&#233;ly</dc:subject>
		<dc:subject>Vincent Segal</dc:subject>
		<dc:subject>Sylvain Kassap</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;d&#233;ric Collignon</dc:subject>
		<dc:subject>musique, musiciens</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;deux soirs Banlieues Bleues au Forum du Blanc-Mesnil&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique68" rel="directory"&gt;le mag | rock &amp; musiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Dominique Pifar&#233;ly&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Vincent Segal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;Sylvain Kassap&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot202" rel="tag"&gt;M&#233;d&#233;ric Collignon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;musique, musiciens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dure semaine, mais c'&#233;tait surtout la trouille. Voir ici photos de mercredi soir (&lt;a href=&#034;http://photosartpasnet23.free.fr/bs.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Led Zep avec Vincent S&#233;gal&lt;/a&gt; et ici photos de jeudi soir (&lt;a href=&#034;http://photosartpasnet23.free.fr/bsandco.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Invention des musiciens&lt;/a&gt; - merci &#224; Celia d'Art Pas Net).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi r&#233;p&#233;tition, premi&#232;re &#233;tape : voir surgir &lt;a href=&#034;http://www.tumulte.net/article.php3?id_article=387&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;d&#233;ric Collignon&lt;/a&gt; au rendez-vous de Pantin (je ferai mercredi et vendredi mes &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/rubrique.php3?id_rubrique=13&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ateliers d'&#233;criture&lt;/a&gt; avec les jeunes du CIFAP, c'est Pantin la base de vie cette semaine). M&#233;do a apport&#233; ses instruments, c'est-&#224;-dire : un tuyau ramass&#233; sur un chantier, un ancien m&#233;gaphone trouv&#233; dans une brocante. On attend le bus navette, il organise &#224; lui seul avec son m&#233;gaphone une manif anti CPE.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/medo1.jpg?1166889602' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ces r&#233;p&#233;titions, la tension et l'univers de secret que semble porter avec lui l'exigeant &lt;a href=&#034;http://www.tumulte.net/article.php3?id_article=282&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pifar&#233;ly&lt;/a&gt; devient une base commune pour l'ancrage int&#233;rieur. Le&#231;on de ma&#238;tre : en tout cas, si cette fin de semaine je revis ces moments aussi comme d'immense chance, c'est pour ce que j'en ai re&#231;u, de musique d'abord (sa musique, &#224; Pifar&#233;ly), et ce qu'aussi &#231;a a d&#233;busqu&#233; de mots, jusqu'au minibus du retour, dans la nuit de jeudi, et que soudain de son cartable il a sorti Paul Celan, comme par hasard Paul Celan, pour en lire une phrase.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/pif01.jpg?1166889827' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas le vocabulaire int&#233;rieur des musiciens avec qui je vais partager la rencontre spectacle de jeudi, je dois tout apprendre. Par exemple, leur fa&#231;on de s'installer corporellement ensemble, instrument sur les genoux, dans la salle vide, qu'on y passe beaucoup de temps. Arpenter. Essayer des micros, des places. Et moi j'entendrai beaucoup de musique : musiques secr&#232;tes, celles qu'ils ne joueront jamais quand la salle sera &#233;clair&#233;e, peupl&#233;e (devant M&#233;d&#233;ric Collignon travaillant, seule dans la salle, Nilou Kaveh, charg&#233;e de production de &lt;a href=&#034;http://www.banlieuesbleues.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banlieues Bleues&lt;/a&gt; et qui nous a accompagn&#233;s tout ce parcours).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/lundi2.jpg?1166889513' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible de photographier &lt;a href=&#034;http://www.tumulte.net/article.php3?id_article=399&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sylvain Kassap&lt;/a&gt; (trop de cheveux, et il bouge trop), et ce sera le seul de mes quatre invit&#233;s &#224; ne me proposer aucune image d'archives : il n'en a pas. Il aura cette phrase &#233;tonnante de cons&#233;quences : &#034;Je me construis sur l'abandon.&#034; Je lui volerai des photos de ses mains rangeant la clarinette, ou les instruments dans la loge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi, ma religion c'est les Beaux-Arts, la semaine derni&#232;re on a fait l'atelier d'&#233;criture autour de Val&#232;re Novarina, ce matin c'est autour de Francis Ponge. Le midi on va chez Ernest avec &lt;a href=&#034;http://www.berlol.net/dotclear/index.php/2006/03/14/203-on-dit-que-le-pouvoir-a-ce-pouvoir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Patrick Rebollar&lt;/a&gt;, ensuite deux heures sur Kafka. Ce week-end, r&#233;soudre l'&#233;quation : reprendre le cours mardi avec une lecture d&#233;taill&#233;e d'un r&#233;cit de Kafka parmi ceux que les &#233;tudiants ne connaissent pas (&lt;i&gt;Champion de je&#251;ne&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;Jos&#233;phine la cantatrice&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;Le Terrier&lt;/i&gt;), ou commencer Proust...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi, grand jour. Je suis d&#232;s le d&#233;but d'apr&#232;s-midi au Forum. M'immerger mentalement dans Led Zeppelin. J'ai plus de quatre cents pages d'&#233;crites sur l'histoire du groupe, le microscope que cela repr&#233;sente pour une travers&#233;e des ann&#233;es 70. Mais beaucoup, beaucoup de points encore &#224; &#233;claircir, compl&#233;ter, c'est un puzzle dont toutes les parties sont mouvantes. J'y consacrerai cinq mois plein et exclusifs &#224; partir d'avril. Le livre continuera de faire quatre cents pages, mais tout le mouvant devra finir par se stabiliser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/VS02.jpg?1166890131' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tumulte.net/article.php3?id_article=178&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;VIncent S&#233;gal&lt;/a&gt;. Il a re&#231;u la semaine derni&#232;re avec Cyril Atef une des Victoire de la musique (j'ai bien re&#231;u un Moli&#232;re !), et sur Internet on voit les copains de Cyril la lui d&#233;couper en deux parties &#233;gales pour une juste r&#233;partition (&lt;a href=&#034;http://www.musiquepostbourgeoise.com/avis.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;musiquepostbourgeoise.com&lt;/a&gt;, voir vid&#233;o n&#176; 6)...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/VS03.jpg?1166890134' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le soir, six cents personnes, salle remplie &#224; craquer. Des amis dans la salle, dont pas mal de la galaxie Internet, comme &lt;a href=&#034;http://artpasnet.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;elle&lt;/a&gt; ou bien &lt;a href=&#034;http://33ruehenrimartin.hautetfort.com/voyage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;elle&lt;/a&gt;. Vincent est Led Zeppelin &#224; lui seul, mais Led Zep dans l'invention des morceaux, leur c&#244;t&#233; rauque, ou d'&#233;tonnants arp&#232;ges de guitare au violoncelle acoustique, sans jamais tromper l'instrument ni mimer l'instrument voisin, juste parce qu'il revient l&#224; o&#249; cette musique s'invente. Moi j'ai cinquante pages s&#233;lectionn&#233;es, je choisis &#224; mesure de son impro telle ou telle histoire br&#232;ve, &#234;tre tout pr&#232;s des personnages dont je parle, les sentir dans mes mains. Je terminerai par leur rencontre avec Elvis, intuition de dernier moment, avoir joint cette page... Quelle &#233;trange moment, de voisiner &#224; quelques dizaines de centim&#232;tres cette source g&#233;ante de son en mouvement. Ceux qui connaissent &lt;a href=&#034;http://www.bumcello.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bumcello&lt;/a&gt; comprendront...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'&#233;tais pas en &#233;tat d'&#233;couter ensuite la prestation Led Zeppelin de l'ONJ, que j'ai trouv&#233;e bien molle, et les gens de cette formation pas vraiment ouverts ni polis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_269 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/paris.jpg?1166889813' width='500' height='265' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je dors les deux soirs au Libertel &#224; Pantin. Etonnante vue depuis mon septi&#232;me &#233;tage sur Paris : &#231;a me replace dans les souvenirs de Bobigny &#233;poque &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/decorcim.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;cor Ciment&lt;/a&gt;. Je fais de nombreuses photos, toutes heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, retour Blanc-Mesnil. Ville dont Xavier Croci me raconte les sp&#233;cificit&#233;s, l'&#233;volution, et l'&#226;pret&#233; que c'est de conduire un &#233;tablissement comme le sien, via des r&#233;sidences d'artistes, tout un travail de proximit&#233;. Un moment, &#233;trange soleil orange tombant lourdement sur la dalle, mais j'ai laiss&#233; l'appareil photo sur la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_270 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/16a.jpg?1166888724' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Complicit&#233;s et respect des quatre musiciens : M&#233;do a scotch&#233; par terre un Shure 58, et son tuyau de chantier deviendra un instrument complet et multiple, une sorte de foyer d'harmoniques. Vincent S&#233;gal et Domique Pifar&#233;ly parleront de leurs profs, &#034;non pas d'instrument, mais de vie&#034; : les deux hommes jouaient ensemble dans le quatuor Parrenin, on entendra un enregistrement de Debussy sur un ancien 33 tours craquant : unicit&#233; de la musique. Kassap remontera aux sources d'Europe centrale de la clarinette. Pour l'ouverture, je raconte sur sc&#232;ne, en impro, ce que je sais de chacun et pourquoi je leur ai demand&#233; de venir l&#224; ce soir. Quand j'&#233;voquerai pour M&#233;do la perte de son p&#232;re, un cri en arri&#232;re me r&#233;pondra, et quand j'&#233;voque le parcours de Kassap, rock, errances, et cette clarinette d'occasion que lui offrent &#224; 16 ans ses copains, chacun un morceau, souvent lui aussi cherche &#224; couvrir, amplifier, dialoguer. C 'est Dominique Pifar&#233;ly qui a pris mon appareil sans que je m'en aper&#231;oive, sans doute, puisque je me d&#233;couvre en position moi aussi de souffleur : souffleur de voix, l'impression de peser cent kilos (j'en suis pas l&#224; quand m&#234;me), d&#233;coupage de mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin, lorsqu'ils iront tous quatre construire une improvisation que je rejoindrai en lisant un texte de Michaux (&lt;i&gt;D'un certain ph&#233;nom&#232;ne appel&#233; musique&lt;/i&gt;), Dominique Pifar&#233;ly puis M&#233;d&#233;ric Collignon viendront dire au micro comment eux per&#231;oivent ce que construisent les trois autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Empoisonn&#233; toute cette semaine par foulure ou enflure cassure &#224; index main gauche &lt;a href=&#034;http://www.tumulte.net/article.php3?id_article=423&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;souvenir de Lyon&lt;/a&gt; l'autre dimanche, va falloir s'en pr&#233;occuper plus scientifiquement, mais quand m&#234;me sentiment de chance, tr&#232;s grande chance : apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/pantin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/pantin.jpg?1166889811' width='500' height='285' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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