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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Apr&#232;s le livre | sp&#233;cial acide Assouline </title>
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		<dc:date>2011-11-05T10:35:23Z</dc:date>
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		<dc:creator>_ tiers livre invite... </dc:creator>


		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>eReaders, tablettes, liseuses</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pierre Assouline blogue sur &#034;Apr&#232;s le livre&#034;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;2011 | Apr&#232;s le livre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot248" rel="tag"&gt;eReaders, tablettes, liseuses&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2707.jpg?1352733696' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Whou... quand on ouvre un billet de la &lt;i&gt;R&#233;publique des livres&lt;/i&gt; o&#249; on sait que c'est son propre travail qui va se retrouver pr&#232;s de la petite tasse de caf&#233; noir, on trouille... Mais avec &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2617' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Saint-Simon&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article985' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Simenon&lt;/a&gt; &#224; l'arriv&#233;e, de quoi se rassurer. Touch&#233; par cette lecture qui attrape dans mon bouquin les points essentiels &#8211; tout simplement que le num&#233;rique n'est pas une finalit&#233;, mais que c'est de litt&#233;rature qu'il faut parler.
&lt;p&gt;Pierre Assouline, &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/11/05/francois-bon-a-tourne-la-page/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans son blog&lt;/a&gt;, est un genre de danseur qui lui-m&#234;me, ces huit ans (?) d'intervention continue, a chemin&#233; dans ou vers le web, dans les premiers temps de son blog on y voyait rarement des liens hypertextes, et aujourd'hui son intervention d&#233;borde largement le champ du livre, repose de multiple fa&#231;on ce devoir de continuit&#233; dans le s&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;voque aussi dans son billet, et c'est un bon exemple de cette extension de champ, les ateliers artistiques qu'il a contribu&#233; &#8211; avec Bruno Latour &#8211; &#224; impulser &#224; SciencesPo, o&#249; nous sommes une dizaine d'auteurs &#224; intervenir (voir &lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr/spip.php?article1325&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard/Liminaire&lt;/a&gt;), premi&#232;re officialisation dans un &#233;tablissement sup&#233;rieur en France du &lt;i&gt;creative writing&lt;/i&gt; qui a pourtant fait ses preuves ailleurs, et &#231;a change du froncement de nez arrogant de la grosse masse des autres universit&#233;s. Et sensible &#233;videmment &#224; ce &lt;i&gt;travailler ensemble&lt;/i&gt; et cette confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je recopie pour trace le billet de &lt;i&gt;Passou&lt;/i&gt;, il sait mon respect, et bien s&#251;r il est dans son plein droit de me charrier un peu &#8211; si je &lt;i&gt;m'&#233;broue avec mes jouets&lt;/i&gt;, que ne parlons-vous de votre scooter, cher ami de la cafet du sous-sol des Saints-P&#232;re &#224; 8 heures ? Ou lui r&#233;pondre qu'un des int&#233;r&#234;ts de l'intervention Sciences Po c'est pr&#233;cis&#233;ment que, si j'ai besoin d'un tuyau pour raccorder mon t&#233;l&#233;phone &#224; mon ordi, je trouverai toujours les &#233;tudiants pour m'expliquer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pourrais r&#233;torquer que non, l'expression &lt;i&gt;plus connect&#233; que&lt;/i&gt; n'est pas pertinente : on est connect&#233;, c'est tout, et on le reste pendant le cours, la communication en temps r&#233;el avec 15 &#233;tudiants qui ont tous l'ordi ouvert devenant le vecteur m&#234;me du cours (et un beau d&#233;fi d'ailleurs pour tenir leur attention !). Et que j'ai de moins en moins de jouets, l'iPhone servant &#224; quasi tout, un petit MacAir pour la route et voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'accord avec &lt;i&gt;Passou&lt;/i&gt; : oui, le code est une &lt;i&gt;po&#233;tique&lt;/i&gt;. Nous, on le sait. On avance tout doucement nos petits engins de site et d'outils r&#233;seaux parce que, comme le dit Walter Benjamin, &lt;i&gt;convaincre est inf&#233;cond&lt;/i&gt;. Et que Pierre Assouline finisse son texte par note concernant la &lt;i&gt;biblioth&#232;que&lt;/i&gt;, rien de neutre non plus. Prise de date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter qu'apr&#232;s Simenon, Pierre Assouline propose ces jours-ci un &lt;i&gt;Autodictionnaire&lt;/i&gt; Proust (chez Omnibus) qui est un vrai r&#233;gal de chemins de traverses (quand on entre au hasard via Jos&#233;-Maria Sert, eff&#233;min&#233;, &lt;i&gt;feuilleter sa m&#233;moire&lt;/i&gt; ou Gustave Flaubert...), entre les lettres, les articles, la Recherche &#8211; et que bien s&#251;r, pour remonter de cet &lt;i&gt;Autodictionnaire&lt;/i&gt; &#224; la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;, rien ne vaut la fonction recherche plein texte de Proust sur iPad !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : graffiti, Sciences Po Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pierre Assouline | Fran&#231;ois Bon a tourn&#233; la page&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Rarement vu un &#233;crivain fran&#231;ais aussi connect&#233; que Fran&#231;ois Bon. Qu'on l'&#233;coute, qu'on l'observe ou qu'on le lise, on en retire l'&#233;trange impression d'avoir affaire &#224; un grand lecteur cern&#233; par des machines. Un geek lettr&#233; et superlatif. Un &#233;crivain du troisi&#232;me type. Son essai Apr&#232;s le livre (274 pages, 18 euros, Seuil &#8211; et bien &#233;videmment t&#233;l&#233;chargeable ici) le confirme. Le titre n'est pas trompeur : l'auteur a d&#233;j&#224; tourn&#233; la page. Oh, pas totalement, rassurez-vous : son bureau d&#233;borde encore de livres, mais plut&#244;t des livres d'avant. Entendez : avant la r&#233;volution num&#233;rique, &#224; l'&#233;poque de l'ancien r&#233;gime de l'&#233;crit, lorsque l'&#233;crit se confondait encore avec l'imprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en parle de mani&#232;re quasi f&#233;tichiste, avec un soup&#231;on de nostalgie dans la plume. Les livres, il en a plein son cartable lorsqu'il enseigne l'&#233;criture &#224; ses &#233;tudiants de Sciences Po, ne f&#251;t-ce que pour les leur montrer et mieux incarner son propos car le papier est encore pour beaucoup la chair du livre. N'emp&#234;che qu'il est le plus e-lecteur et le plus e-crivain d'entre nous, m&#234;me s'il nous r&#233;v&#232;le que le dramaturge Val&#232;re Novarina est le premier auteur qu'il a vu acqu&#233;rir un ordinateur portable (un Mac Powerbook 100). Il a beau pr&#233;venir d&#232;s l'entame de son essai qu'il sera fait de beaucoup d'incertitudes mais de tr&#232;s peu de technique, celle-ci est terriblement pr&#233;sente ; il ne s'en rend pas compte tant elle lui est naturelle. Y affleure m&#234;me une secr&#232;te fascination pour les nouveaux f&#233;tiches technologiques et leurs potentialit&#233;s sans limite ; le t&#233;l&#233;phone, &lt;i&gt;couteau suisse&lt;/i&gt; de l'enregistrement des connaissances, lui est devenu l'outil indispensable pour documenter le r&#233;el ; on sent qu'il se retient d'accorder une dimension po&#233;tique &#224; la norme internationale UTF-8, au masque CSS, ou au plugin TextArea cache ; il doit rester quelque chose de l'ancien ing&#233;nieur en lui, d'autant qu'il fut sp&#233;cialis&#233; dans la soudure par faisceau d'&#233;lectrons, ce qui ne doit pas &#234;tre tr&#232;s courant parmi les adh&#233;rents de la Soci&#233;t&#233; des Gens de Lettres. Fran&#231;ois Bon, qui se livre l&#224; sur ses propres pratiques de lecture et d'&#233;criture, se souvient m&#234;me, non sans &#233;motion, de l'endroit (Borders, NY, juillet 2008) o&#249; il a achet&#233; son premier lecteur &#224; encre &#233;lectronique&#8230; Au fond, il s'&#233;broue parmi ses jouets comme Rabelais choisissait soigneusement son papier, et Flaubert taillait ses plumes. Son panth&#233;on litt&#233;raire n'en est pas moins pr&#233;sent &#224; toutes les pages de cette apologie de l'immat&#233;riel, qu'il s'agisse d'&#233;tudier le rythme de la s&#233;quence balzacienne ou de &#171; l'&#233;criture en &#233;paisseur &#187; chez les classiques du XIX&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a si souvent &#233;t&#233; invit&#233;, dans des d&#233;bats et des forums, &#224; analyser la mutation en cours, dont le caract&#232;re irr&#233;versible n'est plus discutable, qu'il y a gagn&#233; une le&#231;on de sagesse teint&#233;e de prudence : gardons-nous de rien pr&#233;dire. Surtout si l'on se persuade que, dans la fameuse mutation en cours, le livre num&#233;rique n'est pas une fin ni un aboutissement, mais juste une transition. Fran&#231;ois Bon, qui a fait son miel des travaux de l'historien Roger Chartier, rend d'abord hommage au visionnaire en Walter Benjamin (&#171; Tout indique maintenant que livre sous sa forme traditionnelle approche &#224; de sa fin &#187;), le philosophe ayant le premier point&#233; (en 1927 !) l'autonomie r&#233;ciproque du livre et de l'&#233;criture. En passant, il r&#232;gle son compte &#224; l'un des clich&#233;s les plus r&#233;pandus et les plus b&#234;tes que suscite la toilophobie (&#171; Le r&#233;seau serait-il chronophage ? &#187;), le plus souvent exprim&#233; par des gens qui passent chaque jour des heures au t&#233;l&#233;phone. Et tant qu'&#224; faire, il s'offre le luxe d'un n&#233;ologisme de son cru en lan&#231;ant &#171; orditer &#187; : &#171; nous n'avons pas encore invent&#233; de mots pour ce temps pass&#233; &#224; l'ordinateur, qui n'est ni r&#233;ellement travail ni simple loisir &#187;. Au d&#233;tour d'un paragraphe, il reconna&#238;t : &#171; Je n'ach&#232;te plus que rarement des livres r&#233;cents : ou alors vraiment parce que l'&#233;diteur n'a pas fait l'effort d'une version num&#233;rique &#187;, ce qui n'&#233;tonne pas venant de celui qui a cr&#233;&#233; en 1997 l'un des tous premiers sites exclusivement consacr&#233;s &#224; la litt&#233;rature (qui deviendra Remue.net d'o&#249; sortira dans la foul&#233;e Le Tiers livre et la coop&#233;rative d'&#233;dition en ligne Publie.net). L'inauguration de sa biblioth&#232;que num&#233;rique date de 1996. Les &lt;i&gt;Fleurs du mal&lt;/i&gt; fut son premier livre t&#233;l&#233;charg&#233;. Trois mille autres ont suivi depuis. Leur consultation lui est naturelle ; il n'en avoue pas moins : &#171; Il y a seulement deux ans, je n'aurais pas os&#233; nommer &#171; biblioth&#232;que &#187; ce dossier contenant mes livres num&#233;riques &#187;. Ca va vite, tr&#232;s vite. Hier, &#224; l'instant m&#234;me o&#249; j'achevais la lecture d'Apr&#232;s le livre, l'information suivante atterrissait sur mon &#233;cran :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt; Amazon vient d'ouvrir une biblioth&#232;que de pr&#234;t en ligne r&#233;serv&#233;e aux abonn&#233;s de son service Amazon Prime ($79 par an) ; ils pourront emprunter gratuitement un livre par mois, &#224; choisir parmi 5000 titres, et &#224; t&#233;l&#233;charger sur Kindle. Ils auront la possibilit&#233; de le conserver autant de temps qu'ils le souhaiteront, mais il s'effacera de leur &#233;cran d&#232;s qu'ils en emprunteront un autre, leurs notes &#233;tant sauvegard&#233;es, puis restaur&#233;es en cas d'achat ou de nouvel emprunt du m&#234;me titre. Mais bien qu'Amazon assure qu'une centaine d'actuels ou d'anciens titres ayant figur&#233; sur la liste des best-sellers du New York Times y sont propos&#233;s, force est de constater qu'Hachette, HarperCollins, MacMillan, Penguin, Random House, Simon and Schuster (ce qui constitue tout de m&#234;me le gros des bataillons de l'&#233;dition) ont refus&#233; ce deal au motif qu'il porte pr&#233;judice &#224; la vente des livres et &#224; leurs relations avec les libraires.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Peu avant, dans un autre article tout aussi am&#233;ricain, un auteur angoiss&#233; se demandait si la d&#233;licieuse, l'exquise, l'irrempla&#231;able note en bas de page allait survivre au triomphe du livre num&#233;rique, tandis qu'ailleurs, la digitalisation quasi compl&#232;te des &lt;i&gt;Manuscrits de la mer morte&lt;/i&gt; progresse... Fran&#231;ois Bon pourrait r&#233;actualiser son recueil d'essais tous les moins. Disons m&#234;me : &#224; flux tendu. Impossible sur papier... &lt;i&gt;Apr&#232;s le livre&lt;/i&gt;, livre plein d'&#339;uvres et d'&#233;crivains, poss&#232;de ce suppl&#233;ment d'&#226;me qui le distingue de tous les essais qui paraissent sur la mutation num&#233;rique : c'est un cri d'amour pour la litt&#233;rature. Et puis quoi, un homme qui avoue s'isoler du monde pour reprendre tranquillement quelques exemplaires de ses vieux Simenon et s'y d&#233;lecter ne saurait &#234;tre enti&#232;rement mauvais. M&#234;me si Saint-Simon repose toujours sur sa table de chevet ; enfin, &#224; l'int&#233;rieur de sa tablette (Ipad) et de sa liseuse (Kindle)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#169; Pierre Assouline / &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/11/05/francois-bon-a-tourne-la-page/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lemonde.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>m&#233;moire vive contre m&#233;moire vide</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2517</link>
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		<dc:date>2011-04-22T12:57:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>
		<dc:subject>lire, lecture</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, archives</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;sur quelques pistes ouvertes par Pierre Assouline &#224; propos de Pierre-Marc de Biasi (et hommage &#224; Heritrix)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot238" rel="tag"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot574" rel="tag"&gt;lire, lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot578" rel="tag"&gt;m&#233;moire, archives&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2517.jpg?1352733474' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La m&#233;moire vide des temps informatiques&lt;/i&gt;, c'est le titre d'un &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/04/21/la-memoire-vide-des-temps-informatises_1510720_3260.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article important&lt;/a&gt; de Pierre Assouline dans le Monde des Livres (sera repris dans &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son blog&lt;/a&gt; lundi en acc&#232;s libre, je suppose). En voici le passage central :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Dans un texte de dix-sept pages encore in&#233;dit intitul&#233; &#171; Les archives de la cr&#233;ation &#224; l'&#226;ge du tout-num&#233;rique &#187;, Pierre-Marc de Biasi avance une explication &#224; la d&#233;sinvolture de l'&#233;poque vis-&#224;-vis de sa m&#233;moire : le court terme, le flux tendu, la rentabilit&#233; imm&#233;diate ont vaincu la notion m&#234;me de dur&#233;e et d'&#233;paisseur du temps, avec toute la profondeur qu'elle suppose. &#171; L'&#232;re du parchemin avait &#233;t&#233; celui du palimpseste, l'&#226;ge du papier celui de la rature, voici venue l'&#232;re du support sans repentir. &#187;
&lt;p&gt;N'allez pas y voir la r&#233;action affol&#233;e d'une corporation menac&#233;e de ch&#244;mage technique : avec les archives encore inexploit&#233;es des XIXe et XXe si&#232;cles, les g&#233;n&#233;ticiens de la litt&#233;rature ont de quoi s'occuper pendant quelques d&#233;cennies. M&#234;me si les livres sont eux-m&#234;mes rong&#233;s par l'acidit&#233; et les manuscrits menac&#233;s par les encres m&#233;talliques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lecture &#233;videmment plus que concern&#233;e de ce billet de Pierre Assouline, puisque recoupant un certain nombre des th&#232;mes auxquels je suis moi-m&#234;me attel&#233; dans &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504103/apr%C3%A8s-le-livre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apr&#232;s le livre&lt;/a&gt; (chantier mis &#224; jour toutes les 2 semaines sur publie.net, version imprim&#233;e &#224; para&#238;tre au Seuil le 10 septembre) : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2390' class=&#034;spip_in&#034;&gt;de l'art de ne pas conserver ses &#233;bauches&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2355' class=&#034;spip_in&#034;&gt;nous serions alors chacun l'&#233;crivain d'un seul livre&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2333' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'ordinateur suffit-il &#224; nos secrets&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Assouline reprend donc en d&#233;tail un certain nombre d'id&#233;es &#233;mises par Pierre-Marc de Biasi, dont on conna&#238;t le travail de g&#233;n&#233;ticien sur Flaubert. Malheureusement, le texte de 17 pages &#233;voqu&#233; n'est pas disponible en ligne, la premi&#232;re chose pour qu'on prenne ce d&#233;bat au s&#233;rieux &#8211; dans l'esprit web et non pas dans le Titanic des pratiques universitaires papier &#8211;, ce serait qu'il prenne 3 minutes pour le mettre &#224; notre disposition. Mais l'approche qu'en fait Pierre Assouline ouvre sur un certain nombre de pistes importantes, o&#249; ma propre position diff&#232;re notablement de celles exprim&#233;es par P-M DB.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Un g&#233;n&#233;ticien litt&#233;raire sonne le tocsin. Le ph&#233;nom&#232;ne est rare. Et si un sp&#233;cialiste de l'interpr&#233;tation des oeuvres litt&#233;raires d'apr&#232;s les archives de la cr&#233;ation (brouillons, plans, &#233;preuves corrig&#233;es, notes diverses, carnets, rebuts, chutes et tous documents de gen&#232;se) s'autorise une telle proc&#233;dure d'urgence, c'est qu'il doit vraiment y avoir p&#233;ril en la demeure. D'autant que Pierre-Marc de Biasi agit &#232;s qualit&#233;s, en directeur de l'Institut des textes et manuscrits modernes, le fameux ITEM qui a pr&#233;cis&#233;ment fond&#233; et d&#233;velopp&#233; cette jeune discipline au sein du CNRS. On s'y soucie avant tout de reconstituer le processus mental &#224; l'origine de la cr&#233;ation d'une oeuvre artistique, ses &#233;tapes, son parcours, ses obstacles.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'abord, une r&#233;ticence : on utilise &#224; tort et &#224; travers ces m&#233;taphores religieuses &#8211; le tocsin c'est pour la guerre ou la mort. Le num&#233;rique c'est plut&#244;t une naissance, au pire un prolongement agrandi du tr&#232;s vieux combat de l'homme pour sa curiosit&#233;, ce qu'on apprend et ce qu'on transmet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout de suite aussi, l'historicit&#233; parfaite aussi de ce qui est d&#233;crit : brouillons, plans, &#233;preuves corrig&#233;es, carnets, c'est d&#233;j&#224; une &#233;poque. &#199;a ne marche pas pour Chateaubriand, ni Saint-Simon, ni Rabelais. Magnifique travail celui de De Biasi, qui co&#239;ncide parfaitement avec une configuration pr&#233;cise de la litt&#233;rature, celle qui va de Balzac &#224; Proust, via Flaubert et Mallarm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuscrits : la main est est pass&#233;e &#224; la machine. Mais, &#224; supprimer la trace de la main, supprime-t-on sa propre trace ? Et si on constatait exactement le contraire : m&#234;me sans pratique num&#233;rique personnelle, notre identit&#233; num&#233;rique ne cesse de se complexifier et s'alourdir. L'enjeu, c'est pr&#233;cis&#233;ment comment on peut se rendre ma&#238;tre, chacun, de son identit&#233; num&#233;rique. Et donc, sur ce qui suit, a priori constat clair : dans le cloisonnement du CNRS, si le champ de Pierre-Marc de Biasi ne d&#233;c&#232;le plus de &lt;i&gt;trac&#233; g&#233;n&#233;tique interpr&#233;table&lt;/i&gt; c'est qu'il attend dans le hall de la gare alors qu'on a tous pris le train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le travail g&#233;n&#233;tique d'un auteur, d'un musicien ne serait pas mille fois plus riche quand il s'accompagne justement, en ligne ou dans sa machine personnelle, de tout un ensemble de donn&#233;es, carnets, r&#233;cits, images, recherches, &#233;changes ? En quoi et comment la g&#233;n&#233;tique d'un texte se limiterait aux &#233;tats successifs de sa r&#233;daction ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le cri d'alarme de ce flaubertien est lanc&#233; sur la base d'un constat : depuis une vingtaine d'ann&#233;es que la majorit&#233; des cr&#233;ateurs s'est convertie au num&#233;rique, il ne reste plus aucune trace g&#233;n&#233;tique interpr&#233;table de leur travail, qu'il s'agisse des &#233;crivains comme des historiens, des philosophes, des chercheurs. Plus rien quand on aurait cru que les fabuleuses facult&#233;s de la m&#233;moire informatique allaient les conserver comme jamais auparavant. D'o&#249; l'appel &#224; une prise de conscience lanc&#233; aujourd'hui par Pierre-Marc de Biasi : &#034;Avec la destruction de la possibilit&#233; de la m&#233;moire, nous rendons notre futur orphelin de nous&#034;, dit-il.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Encore une m&#233;taphore religieuse : on s'est &lt;i&gt;converti&lt;/i&gt; au num&#233;rique. Non, cher Pierre-Marc de Biasi, si la totalit&#233; de l'&#233;dition imprim&#233;e utilise le num&#233;rique, si un livre imprim&#233; est un ensemble pr&#233;cis de fichiers xml, css et onix, il ne s'agit pas d'un changement de religion. Vous diriez &#231;a d'un biologiste ou d'un astrophysicien, ou de la s&#233;curit&#233; sociale, &lt;i&gt;converti&lt;/i&gt; au num&#233;rique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de &lt;i&gt;futur&lt;/i&gt;, depuis l'&lt;i&gt;Angelus Novus&lt;/i&gt; des th&#232;ses sur l'histoire de Walter Benjamin, nous ne l'appr&#233;hendons qu'&#224; partir des figures d'utopie n&#233;gative. Le pr&#233;sent est impr&#233;dictible : pas seulement la mutation des supports et appareils, mais le contexte &#233;conomique et politique. Jamais au contraire r&#233;el n'aura &#233;t&#233; aussi document&#233; que le n&#244;tre. Nous constituons non seulement des bassins entiers de ressources qui sont la m&#233;moire de notre temps, mais aussi les outils qui permettent de l'inventorier, de la requ&#233;rir. Les travaux d'&lt;a href=&#034;http://affordance.typepad.com/mon_weblog/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier Ertzscheid&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&#034;http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Michel Salaun&lt;/a&gt;, parmi bien d'autres &#8211; et vrai que j'y passe plus de temps que dans la g&#233;n&#233;tique textuelle &#8211;, t&#233;moignent de la richesse ici des r&#233;flexions. La m&#233;moire dont il s'agit ici, c'est celle de l'espace clos du texte pendant sa gestation : effectivement, cet espace clos n'a plus de raison d'&#234;tre. Mais c'est bien plus sur cette relation du texte &#224; ce qui l'environne qu'il faut mener le travail. Orphelin, on l'est toujours : des morts de vingt ans massacr&#233;s en 14-18 comme de Desnos mort dans un camp, comme des humbles autour de notre enfance &#8211; et je ne sais pas si la litt&#233;rature a jamais pouss&#233; ailleurs que dans ce manque, ce non-rattrapable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un &lt;i&gt;g&#233;n&#233;ticien&lt;/i&gt; comme Pierre-Marc de Biasi est forc&#233;ment conscient des limites m&#234;me de sa discipline : dans chaque livre de Henri Michaux se rejoue l'histoire de sa gen&#232;se, des accumulations versifi&#233;es, aux aphorismes et proverbes, puis aux fictions br&#232;ves, avant d'arriver au terme du parcours &#224; la fiction construite. Chaque livre, en rejouant ce sch&#233;ma (m&#234;me si c'est dans &lt;i&gt;Face aux verrous&lt;/i&gt; qu'il appara&#238;t de la fa&#231;on la plus lisible, nous force &#224; consid&#233;rer un seul concept : c'est la gen&#232;se du texte qui constitue le tete lui-m&#234;me. Et lui seul, puisque la pi&#232;ce blanche o&#249; travaillait Michaux ne comportait, en bout de table, qu'un broyeur &#224; papier. On a typiquement, ici, l'&#233;vidence d'un auteur requ&#233;rant, pour le myst&#232;re m&#234;me de son oeuvre, sa disparition en tant que gen&#232;se. En quoi cela enl&#232;verait quoi que ce soit &#224; l'importance d&#233;cisive de Michaux dans notre histoire litt&#233;raire, ou la fa&#231;on dont il nous est &#224; chacun vital, n&#233;cessaire ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Parce qu'on peut tout stocker, on a pens&#233; que l'on pouvait tout conserver. Or c'est exactement le contraire qui se produit : pour la premi&#232;re fois depuis le XVIIIe si&#232;cle, il ne restera &#224; peu pr&#232;s rien du travail pr&#233;paratoire en amont de l'oeuvre litt&#233;raire achev&#233;e. Ses indices mat&#233;riels ont disparu. Un trou &#233;norme et qui va en s'&#233;largissant si rien n'est tent&#233;. Un &#226;ge d'or s'annon&#231;ait. Ce n'&#233;tait qu'un mirage car, dans les faits, faute de support p&#233;renne et de proc&#233;dure de sauvegarde automatique des fichiers, les traces se sont &#233;vapor&#233;es.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Reprenons le chantier : pour un nombre tr&#232;s restreint d'auteurs (&#231;a ne concerne absolument pas Lautr&#233;amont, &#231;a concerne tr&#232;s peu Rimbaud, &#231;a va bient&#244;t concerner Julien Gracq, mais certainement pas Christophe Tarkos), l'ad&#233;quation entre la forme terminale, le livre imprim&#233;, et le mat&#233;riau de la gestation, manuscrit, tapuscrit, &#233;preuves, a permis de reconstituer un trac&#233; temporel d'une forme d&#233;j&#224; constitu&#233;e pour son devenir-livre. Par exemple, ce sch&#233;ma ne s'applique en rien aux manuscrits et journaux de Kafka, qui proc&#233;dait par s&#233;ries et r&#233;currences de prises d'&#233;criture sur un m&#234;me th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; est le &lt;i&gt;travail pr&#233;paratoire en amont&lt;/i&gt; de l'oeuvre litt&#233;raire ? Hasard si le moindre logiciel de traitement de texte propose des fonctions de &lt;i&gt;gestion de projet&lt;/i&gt; ? La naissance de l'oeuvre litt&#233;raire, elle n'est pas dans le fichier texte qui repr&#233;sente ses phases successives de mise au propre. Elle est dans les requ&#234;tes de nos recherches web, dans Zotero o&#249; nous les archivons, dans le fichier parall&#232;le o&#249; nous conservons ce que nous en recopions, dans les forums o&#249; nous intervenons sur les questions qui nous pr&#233;occupent pour ce projet. Elle est dans les textes, interventions, lectures, qui accompagnent l'&#233;criture, en sont le laboratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;projet&lt;/i&gt; d'un travail litt&#233;raire, pour ce qui me concerne, c'est mon site lui-m&#234;me. J'ai m&#234;me besoin de cet &#233;ph&#233;m&#232;re, de ce &lt;i&gt;sans trace&lt;/i&gt; : &#233;crire en ligne, r&#233;fl&#233;chir &#224; haute voix par un commentaire sur un site, participer &#224; une &#233;criture collective. Comme dans la musique et le film, l'ancien cloisonnement de m&#233;tiers, manuscrit -&gt; correction -&gt; composition -&gt; &#233;preuves -&gt;livre a fait place &#224; une r&#233;partition diff&#233;rente des r&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
M&#234;me pour les archives d'&#233;crivains remontant non plus aux seules vingt derni&#232;res mais aux quarante derni&#232;res ann&#233;es, le pire est &#224; craindre lorsqu'elles ont &#233;t&#233; l&#233;gu&#233;es sur des supports &#233;lectroniques, le mat&#233;riel pour les lire n'ayant pas &#233;t&#233; conserv&#233;. La dur&#233;e de vie garantie d'une disquette, d'un disque dur, ou d'une cl&#233; USB est de cinq ans en moyenne. Au-del&#224; d'une pure question technique, c'est d'un autre rapport au temps dont il s'agit.
&lt;p&gt;L'&#233;crivain contemporain n'a presque plus recours au papier : il &#233;crit sur traitement de texte, corrige sur &#233;cran, envoie son roman ou son essai &#224; son &#233;diteur en pi&#232;ce jointe, correspond par courriel ou texto. Et en changeant d'ordinateur, il perd ses donn&#233;es. Un paradoxe que pointe le g&#233;n&#233;ticien en chef de l'ITEM : &#171; Nous n'avons jamais &#233;t&#233; aussi pr&#232;s d'avoir les moyens techniques de tout conserver, et dans le m&#234;me temps, nous perdons tout en raison de la logique m&#234;me de m&#233;moire du disque dur : le syst&#232;me de ses anciennes unit&#233;s de m&#233;moire est &#233;cras&#233; au fur et &#224; mesure de son utilisation et donc de saturation &#187;, explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On a certainement attendu que Pierre-Marc de Biasi sonne son tocsin pour commencer &#224; penser &#224; ces choses-l&#224; ! Bien s&#251;r, c'est complexe, et cela rel&#232;ve en partie de la responsabilit&#233; publique. Mais c'est bourr&#233; de contre-sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, ouvrir les yeux. Cette r&#233;cente publicit&#233; de Google en &#233;tait le meilleur exemple : un quidam pose son ordinateur portable sur un parking, un 35 tonnes qui manoeuvre l'&#233;crase. Nous stockons dans les nuages. L&#224; aussi, quantit&#233; de questions lourdes, sur les serveurs (Google qui rach&#232;te d'anciennes plate-formes p&#233;troli&#232;res pour stockage massif &#224; refroidissement gratuit, nouveaux data-centre de Facebook). Sur tous les Mac, nous disposons de &lt;i&gt;Time Machine&lt;/i&gt; : une sauvegarde incr&#233;mentielle, automatique, de l'ensemble des donn&#233;es de l'ordinateur. On dispose, avec DropBox, avec MobileMe, de ce m&#234;me archivage en ligne, sans disposer nous-m&#234;mes du support mat&#233;riel de la sauvegarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les universit&#233;s, les petites unit&#233;s pullulent, o&#249; ces questions sont &#233;videmment prises en compte pour leur domaine pr&#233;cis de recherche &#8211; le centre d'archivage &lt;a href=&#034;http://carnets.contemporain.info/audet/tag/archives&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;calq&lt;/a&gt; de Ren&#233; Audet en serait un des plus signifiants exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour la langue fran&#231;aise, on sait qu'un d&#233;cret autorise la BNF &#224; pratiquer un archivage web qui remplace le d&#233;p&#244;t l&#233;gal de l'imprim&#233;. Une collecte annuelle g&#233;n&#233;rale, et des collectes r&#233;guli&#232;res sur un ensemble de sites r&#233;partis par discipline. Ces archives, compl&#233;t&#233;es du rachat des ann&#233;es 1996-2002 d'archive.org, la puissance publique s'engage pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce que les outils d'interpr&#233;tation et d&#233;chiffrage les rende p&#233;renne. Je ne dis pas que ce soit simple, je rappelle juste que c'est un des champs de r&#233;flexion et qu'un outil majeur &#8211; le &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article326&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;robot Heritrix&lt;/a&gt; &#8211; est d&#233;j&#224; en place. Seulement, cela replace au premier plan ces fronti&#232;res entre archives priv&#233;es et acc&#232;s public, et le fait que le web en lui-m&#234;me est devenu cette archive de cr&#233;ation : pour nous qui pratiquons la &lt;i&gt;blogosph&#232;re&lt;/i&gt;, certainement une exp&#233;rience en soi bien plus riche que tout ce que nous pouvons individuellement stocker.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Pour l'instant, nos ordinateurs courants n'&#233;tant pas &#233;quip&#233;s d'une fonction d'archivage automatique des anciens fichiers, l'historique est vou&#233; &#224; l'effacement. A moins que l'utilisateur songe &#224; tout sauvegarder r&#233;guli&#232;rement et &#224; tout mettre &#224; l'abri, mais combien d'&#233;crivains s'en soucient ? En attendant, ils seraient bien inspir&#233;s de d&#233;poser leurs disques durs &#224; l'Institut m&#233;moires de l'&#233;dition contemporaine (IMEC) ou &#224; la Biblioth&#232;que nationale de France (BNF), quand bien m&#234;me seraient-ils insensibles aux perspectives de &#171; la science du texte &#187;. Car rien n'est aussi pr&#233;cieux et exhaustif pour les chercheurs que ces disques durs.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il prend du risque, ici, Pierre Assouline. Passons sur le fait de faire croire que les &lt;i&gt;&#233;crivains&lt;/i&gt; sont tellement plus manches que les autres, qu'ils ne savent pas sauvegarder le manuscrit en cours. Dans un micro-monde culturel qui pousse les hauts cris d&#232;s qu'on murmure que le &lt;i&gt;droit d'auteur&lt;/i&gt; peut &#234;tre soumis &#224; &#233;volution, voil&#224; qu'on nous sugg&#232;re que notre oeuvre m&#234;me, globalement, se r&#233;sout &#224; un d&#233;p&#244;t gratuit. Moi je serais pr&#234;t &#224; ce qu'une g&#233;n&#233;reuse fac am&#233;ricaine (ce n'est pas que les facs fran&#231;aises soient si pauvres, c'est plut&#244;t que le web n'y a pas p&#233;n&#233;tr&#233;, du moins chez les profs &#224; un degr&#233; de &#8211; quoi, 2% ? soyons large dans l'estimation...) me propose de me r&#233;mun&#233;rer moyennant un acc&#232;s &#224; ma DropBox ou le mot de passe de mon MobileMe, ou m&#234;me, chaque 24 d&#233;cembre, l'envoi d'un disque dur de 500 Go achet&#233; au supermarch&#233; du coin, et contenant l'ensemble de mes photos, de mes textes, de mes calepins virtuels, la base de donn&#233;e de mon site s'ils veulent &#8211; pour mon twitter ou mon facebook, le flux rss est libre. En tout cas, pour l'instant, pas constat&#233; que personne ni aucune institution ne m'ait propos&#233; ce genre de deal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, moi-m&#234;me, depuis 1992 passage de l'Atari au Mac j'ai sauvegard&#233; &#224; peu pr&#232;s tous mes fichiers, articles, et j'ai cess&#233; en 2000 de tenir le registre de ma propre bibliographie : mon site, y compris en ce qu'il n'inclut pas, constituant ma bibliographie exclusive et exhaustive. Par contre, j'ai sur le web des espaces priv&#233;s, qui me servent de stockage et d'exp&#233;rimentation &#8211; l&#224;, pas d'acc&#232;s aux robots d'archivage. Je note aussi que moi-m&#234;me, contrairement &#224; l'id&#233;e de P-M DB, je ne &lt;i&gt;vide&lt;/i&gt; pas mon ordinateur de ses archives : j'ai mis longtemps &#224; m'y r&#233;soudre, mais depuis 2007 environ j'utilise mon logiciel mail (Entourage, du coup j'y suis enferm&#233;) comme archive de fichiers re&#231;us, correspondances (notamment avec auteurs publie.net ou quelques correspondants suivis) &#8211; la base de donn&#233;es de mon logiciel mail devant ainsi une base de ressources incluant pi&#232;ces jointes, &lt;i&gt;time line&lt;/i&gt; d'&#233;v&#233;nements publics, constructions de projets (lorsque je veux savoir ce que je faisais tel jour, ou bien quelle jour, mois, ann&#233;e, je suis all&#233; &#224; Cherbourg ou Toulouse, c'est le calendrier de ma bo&#238;te mail qui seul me le permet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les 2500 et quelques mails &#233;chang&#233;s ces 3 ans avec l'Immat&#233;riel-fr sont comme une micro-histoire de l'&#233;dition num&#233;rique &#8211; je la garde pour moi. Idem pour &#233;changes avec amis auteurs ou quelques blogueurs de r&#233;f&#233;rence. Institution ou m&#233;c&#232;ne int&#233;ress&#233;s &#224; l'archiver ou l'&#233;tudier ? Pourquoi pas, mais ce ne sera pas gratuit (allez, on fait le deal : l'int&#233;gralit&#233; de mes textes, e-mails, photographies de l'ann&#233;e moyennant abonnement r&#233;siliable de 2400 euros/an TTC, livraison sur disque dur externe, port compris, et lettre confirmant non exploitation commerciale ni utilisation publique pendant dur&#233;e de la propri&#233;t&#233; intellectuelle internationale ?).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Alors, la solution ? Un logiciel gratuit sauvegardant l'int&#233;gralit&#233; de l'&#233;criture num&#233;rique d'un livre et cr&#233;ant un fichier &#224; chaque changement, de mani&#232;re &#224; fournir ensuite un historique index&#233; et horodat&#233;. L'&#233;quipe de l'ITEM, qui le d&#233;veloppe actuellement, se donne encore deux ans pour le finaliser.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce logiciel, il existe depuis longtemps : c'est &lt;a href=&#034;http://www.lecture.org/revues_livres/actes_lectures/AL/AL46/AL46P95.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gen&#232;se&lt;/a&gt;, d&#233;velopp&#233; par l'AFL, on s'en &#233;tait intensivement servi lors de l'exposition &lt;a href=&#034;http://expositions.bnf.fr/brouillons/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Brouillons d'&#233;crivains&lt;/a&gt; &#224; la BNF, en 2000. Mais ce n'est pas grave de refaire l'histoire tous les dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, j'avais fait l'exp&#233;rience suivante : prendre 5 pages d'&lt;i&gt;Esp&#232;ces d'Espaces&lt;/i&gt;, et les recopier en notant tout ce qui me passait par la t&#234;te, associations, gamberges, r&#233;actions. Puis, au bout de ces quelques heures de recopie, j'avais effac&#233;es une &#224; une mes interventions, mais par cat&#233;gories successives. J'obtenais donc exactement le texte de Perec, sauf que les 5 pages en contenaient 40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quel int&#233;r&#234;t ? Il fallait travailler sur une machine sp&#233;cifique, pas du tout dans le rapport d'intimit&#233; que j'ai avec la mienne. Et puis il ne s'agissait que de l'histoire interne d'un fichier : alors que notre utilisation du web, ce qu'on peut nommer &lt;i&gt;&#233;criture num&#233;rique&lt;/i&gt;, c'est un ensemble bien plus diffus, o&#249; figureraient un tel billet, les commentaires qui l'accompagneront, ceux que j'ai pu d&#233;poser chez Hubert Guillaud ou d'autres travaillant sur des domaines proches, mes propres ateliers d'&#233;criture &#224; partir d'&lt;i&gt;Esp&#232;ces d'Espaces&lt;/i&gt;, et &#224; la BNF m&#234;me, pas seulement les manuscrits, mais cette rencontre vid&#233;o avec &lt;a href=&#034;http://classes.bnf.fr/ecrirelaville/rencontres/perec.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paulette Perec&lt;/a&gt;, ou les chemins pi&#233;tons dans la ville de &lt;a href=&#034;http://classes.bnf.fr/ecrirelaville/rencontres/roubaud.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jacques Roubaud&lt;/a&gt; et bien d'autres choses. Si &#224; SciencesPo je parle de Michaux, Artaud ou Cortazar, les &lt;a href=&#034;http://www.ubu.com/film/michaux_images.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ressources film&lt;/a&gt; de YouTube, Ina, UbuWeb feront partie de mes prescriptions autant que le livre : ce n'est pas le web qui les apporte, c'est juste que le filtre de l'imprimerie n'est plus n&#233;cessaire pour la transmission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, courage &#224; l'ITEM, dans 2 ans ce sera vraiment encore plus d'actualit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Mais ce logiciel ne nous fera pas faire l'&#233;conomie d'une r&#233;vision de notre rapport &#224; l'Histoire : ce que nous jugions indispensable de transmettre ne l'est peut-&#234;tre plus. Reste &#224; savoir pourquoi, avec le changement de m&#233;dium, le go&#251;t de conserver la m&#233;moire de son oeuvre s'est perdu chez l'&#233;crivain.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et si c'&#233;tait cela qui avait effectivement bascul&#233; &#8211; de m&#234;me que c'est l'intervention web de Pierre Assouline qui a repris le r&#244;le anciennement d&#233;volu au &lt;i&gt;Feuilleton&lt;/i&gt; du Monde des Livres : &#171; l'&#233;crivain &#187; n'est pas une cat&#233;gorie si facilement identifiable. N&#233;e au 17e si&#232;cle (Viala), f&#233;tichis&#233;e au 19e (Chartier), le destin de la maison de Gracq est bien embl&#233;matique de cette position fausse. Lui, Louis Poirier dit Julien Gracq, a choisi l'incin&#233;ration, pas de tombe. Il a l&#233;gu&#233; sa maison &#224; la collectivit&#233; (et le b&#226;timent longtemps lou&#233;e &#224; la gendarmerie du canton, revenu probablement plus certain que les droits d'auteurs), mais ses l&#233;gataires l'ont vid&#233;e du moindre bout de papier, meuble, fauteuil. Ce dont nous avons &#224; faire m&#233;moire, ce n'est pas de l'oeuvre, c'est du monde. Si cette rencontre de l'oeuvre et du monde fait m&#233;moire, tant mieux. Mais nous vivons depuis si longtemps dans les terribles manques de cette relation. Ce que nous jugeons &lt;i&gt;indispensable&lt;/i&gt; de transmettre, peut-&#234;tre simplement que ce n'est pas ce qui concerne notre regard dans la glace, et nos cartons de vieilles lettres : le go&#251;t de lire, le go&#251;t de s'aventurer par l'&#233;criture dans le pr&#233;sent, le go&#251;t de se &lt;i&gt;mettre en travail&lt;/i&gt;, par le regard, par l'&#233;criture &#8211; pr&#233;cis&#233;ment ce qu'on a fait ce semestre, chaque mardi &#224; 10h. Mais justement : oui, peut-&#234;tre que ce site, en assume les fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il que les auteurs acceptent de prendre en main leur identit&#233; num&#233;rique. Probl&#232;me de formation ? Probablement. &#199;a s'assume. Pendant que la plupart des Centres r&#233;gionaux du livre s'&#233;puisent en journ&#233;es d'&#233;tudes et comit&#233;s de r&#233;flexion lente, celui de la r&#233;gion Centre m'a propos&#233; plusieurs fois des stages de 2 jours o&#249; on apprend &#8211; auteurs, blogueurs, biblioth&#233;caires, &#233;diteurs, m&#233;diateurs &#8211; &#224; s'emparer de ces outils et y &#233;crire. Probl&#232;me de g&#233;n&#233;ration ? Voir &lt;a href=&#034;http://michel-chaillou.com/blog_notes.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Michel Chaillou&lt;/a&gt;. Risque ? Oui, risque. Que ceux qui surgissent avec blog et &#233;criture, ceux qui de toute fa&#231;on auraient pris le relais dans l'&#233;dition classique il y a 15 ans, se superposent &#224; un monde susceptible de dispara&#238;tre tr&#232;s vite : justement parce que, &lt;i&gt;&#233;crivain&lt;/i&gt;, ce n'est en rien un statut garanti &#224; vie. Quant aux paperoles de Proust, aux rugissements de Flaubert, pas de probl&#232;me, le web les accueille comme il respire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Rappel : toutes les citations de ce billet reprises de l'article de Pierre Assouline, &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/04/21/la-memoire-vide-des-temps-informatises_1510720_3260.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La m&#233;moire vide du monde informatique&lt;/a&gt;, &#224; propos d'une analyse de Pierre-Marc de Biasi, paru dans &lt;i&gt;Le Monde des Livres&lt;/i&gt; ce jeudi 21 avril 2011. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>auteurs et agents (litt&#233;raires)</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2177</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2177</guid>
		<dc:date>2010-06-24T15:33:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web, &#233;crans, r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>
		<dc:subject>politique de la litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>POL (&#233;ditions)</dc:subject>
		<dc:subject>POL (&#233;ditions), Jean-Paul Hirsch</dc:subject>
		<dc:subject>Benhamou, Fran&#231;oise </dc:subject>
		<dc:subject>Laferri&#232;re, Dany </dc:subject>
		<dc:subject>droits d'auteur &amp; juridique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;une &#233;tude sur &#233;dition, auteurs et agents par le Motif, qui d&#233;borde largement sa question initiale &#8211; sans pol&#233;mique et amicalement croyez-le&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;web, &#233;crans, r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot238" rel="tag"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot292" rel="tag"&gt;politique de la litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot323" rel="tag"&gt;POL (&#233;ditions)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot492" rel="tag"&gt;POL (&#233;ditions), Jean-Paul Hirsch&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot529" rel="tag"&gt;Benhamou, Fran&#231;oise &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot530" rel="tag"&gt;Laferri&#232;re, Dany &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot600" rel="tag"&gt;droits d'auteur &amp; juridique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2177.jpg?1352733049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;strong&gt;note du 25 juin 2010&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Juliette Joste, auteur de l'&#233;tude du Motif sur le r&#244;le des agents litt&#233;raires, me fait part de quelques remarques et correctifs suite &#224; lecture de ce billet. Avec son assentiment, je les inclus donc &#224; la suite de ce billet, ici-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cher Fran&#231;ois Bon, Merci de votre lecture qui me r&#233;jouit &#233;videmment au plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la remercie sinc&#232;rement de ce dialogue. Il confirme que cette &#233;tude rec&#232;le des enjeux essentiels pour nos m&#233;tiers d'auteur... Autre confirmation : la lecture qu'en fait Alain Beuve-M&#233;ry dans &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/06/25/les-agents-litteraires-font-moins-peur_1378425_3260.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde des livres&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;pr&#233;sentation initiale, 24 juin 2010&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Ah l&#224; l&#224;, que c'est compliqu&#233; le Motif... &#192; peine ils existaient, qu'ils avaient propos&#233; une cartographie des blogs o&#249; je devenais &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1682' class=&#034;spip_in&#034;&gt;une sorte de m&#233;duse&lt;/a&gt; soigneusement mise &#224; l'&#233;cart du paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant-hier, recevant comme pas mal d'autres, j'imagine, une nouvelle &#233;tude 24h avant parution : &lt;a href=&#034;http://www.lemotif.fr/fr/actualites/bdd/article/980&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;agents litt&#233;raires, en avoir ou pas&lt;/a&gt;, et la feuilletant bien s&#251;r illico, j'&#233;tais surpris de la richesse des id&#233;es et commen&#231;ai &#224; gamberger en vue d'un billet qui en r&#233;percute l'importance. Comme d'habitude, ma petite &#171; radio texte &#187; qu'est twitter faisait part de ces sensations &#224; la vol&#233;e, lecture, &#233;criture &#8211; m&#234;me si bien s&#251;r il aurait &#233;t&#233; hors de question qu'un billet sur cette &#233;tude soit mis ici en ligne avant qu'elle soit publiquement disponible sur le site du Motif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, me voil&#224; soudain r&#233;cipiendaire de messages au nom du &#034;respect du travail de l'auteur&#034; comme si cette petite lucarne sur table qu'&#233;tait &lt;a href=&#034;http://www.twitter.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mon compte twitter&lt;/a&gt; devenait un tribunal, messages redoubl&#233;s sur ma page Face Book priv&#233;e. Moi, ras le bol &#8211; l'&#233;criture est exercice de pens&#233;e indivisible, suffit de lire les lettres de Flaubert ou n'importe quel carnet d'auteur, le web c'est la chance de mettre cet atelier en partage, dans sa dimension personnelle autant que professionnelle, et tout aussi bien citoyenne. Et on ne me fera pas faire demi-tour : ici, ce n'est pas un organe de presse ou une institution sur deniers publics, c'est juste mon atelier &#8211; y vient qui veut et bienvenue, si &#231;a ne vous pla&#238;t pas le web est assez grand merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'&#233;tais donc bien promis de ne pas du tout relayer ni d'en parler plus, si c'est chaque fois pour se cr&#233;er des ennuis. Et pris donc nouvelle dose de vaccination : le poids politique qui p&#232;se sur ces instances explique sans doute qu'ils soient ainsi &#224; cran, je le regrette pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;sol&#233; si on a &#224; s'exprimer sur l'instance publique de la profession, ce n'est pas la premi&#232;re fois ni la derni&#232;re &#8211; encore r&#233;cemment sur cette question des &lt;i&gt;formations d'auteur&lt;/i&gt; propos&#233;es par le Motif, mais strictement r&#233;serv&#233;es aux auteurs relevant de l'Agessa &#8211; pratiques divergentes, rien de grave, nous on propose &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2109' class=&#034;spip_in&#034;&gt;autre chose ailleurs&lt;/a&gt;, il y a de la place pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, cette &#233;tude. Premi&#232;re curiosit&#233;, le constat que ces &#233;tudes r&#233;mun&#233;r&#233;es par leurs commanditaires prolif&#232;rent au point qu'on a de la peine &#224; suivre. Parfois elles sont ridicules : ainsi r&#233;cemment l'ineffable Mme Albanel, parce qu'il fallait bien la payer apr&#232;s que vir&#233;e de son minist&#232;re et en attente de ses pantoufles dor&#233;es &#224; Orange (&#231;a promet, si les voil&#224; en juillet propri&#233;taire du Monde...) &#8211; &#233;tude professionnellement insipide, et les seuls chiffres qu'elle citait, 4 mois pour 32 pages, &#233;taient justement repiqu&#233;s sur une tr&#232;s pertinente &#233;tude du Motif resituant le contexte du piratage des livres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, &#233;videmment on se r&#233;jouit quand une de ces &#233;tudes vous donne un vrai aliment de r&#233;flexion, non pas tant des solutions miracles, qu'une m&#233;thodologie de pens&#233;e et d'approche, de d&#233;finition des param&#232;tres. Hier matin c'&#233;tait un r&#233;gal que lire l'&#233;tude (commandit&#233;e par minist&#232;re de la Culture, avec pr&#233;sentation Philippe Chantepie) de Fran&#231;oise Benhamou et Olivia Guillon. Lecture vraiment recommand&#233;e avec insistance pour la fa&#231;on dont elle positionne les circuits num&#233;riques, &#233;diteurs, agr&#233;gateurs, libraires, positionne la probl&#233;matique des DRM avec le p&#233;age Adobe, sans compter des encarts sur le paysage am&#233;ricain, japonais ou allemand. Et Fran&#231;oise Benhamou, elle, que ce soit dans son blog sur Livres Hebdo ou dans ses chroniques Rue 89, n'a jamais craint l'opposition d'un web de flux avec ses travaux de fond : il n'y a que ceux qui ne &lt;i&gt;pratiquent&lt;/i&gt; pas le web qui vous envoient des briques &#224; la figure si vous faites de leurs propres propositions un rebond d'id&#233;es... Lire donc, &lt;a href=&#034;http://www.culture.gouv.fr/nav/index-stat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;oise Benhamou &amp; Olivia Guillon : mod&#232;les &#233;conomiques d'un march&#233; naissant&lt;/a&gt; (ou &lt;a href=&#034;http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/cp-livrenumerique-2010-2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;PDF&lt;/a&gt; direct) et heureusement cette question marronnier du &lt;i&gt;march&#233;&lt;/i&gt; assez mineure dans l'&#233;tude par rapport aux n&#233;cessit&#233;s qui nous conduisent l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude du Motif est sign&#233;e en premi&#232;re page par &lt;a href=&#034;http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?page=invites&amp;id_article=4087&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Juliette Joste&lt;/a&gt;, longtemps &#233;ditrice chez Flammarion, et c'est vraiment un travail en pleine connaissance des champs de force et pi&#232;ces de puzzle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les digressions qui suivent auraient &#233;t&#233; diff&#233;rentes sans cette injonction de lire sans &#233;crire, mais j'insiste : j'y reviens parce que &#8211; bravo &#224; l'auteur &#8211; elle d&#233;borde largement les seules questions d'agent litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : nos m&#233;tiers du livre, Dany Laferri&#232;re signe, Salon du livre de Qu&#233;bec, avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;lit &#233;tude @lemotif &#034;l'agent litt&#233;raire en France&#034; (en ligne demain chez eux) &#244; vieux monde papier qui tombe, pris &#224; ses miroirs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3:08 PM Jun 21st via web&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Curieux au d&#233;part, parce que le monde des agents litt&#233;raires me concerne peu. Rappelons qu'en France 1200 &#233;diteurs repr&#233;sentent 1% du CA de l'&#233;dition (et pourtant, le labo principal, et vital pour combien d'entre nous), et que de l'autre c&#244;t&#233; 1,6% des titres repr&#233;sentent 50% de ce CA : pas difficile de savoir de quel c&#244;t&#233; est la probl&#233;matique des agents. D'autre part, dans cette phase d'industrialisation culturelle qui d&#233;sormais a r&#233;organis&#233; tout le petit monde du livre, la notion m&#234;me d'auteur est affect&#233;e, et ce qui se passe sur le web, c&#244;t&#233; cr&#233;ation litt&#233;raire, fait que &#231;a nous semble un monde bien lointain...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;tude @lemotif agent litt&#233;raire : &#034;111 entretiens face &#224; face&#034; &#231;a change &#233;tudes S&#233;nat Albanel etc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon Jun 21 2010 09:09:16 (EDT) via web&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
M&#233;thodologie explicite et travail bien fait : assez, de la prolif&#233;ration d'&#233;tudes baratin (ou journ&#233;es d'&#233;tude etc... Tiens, on m'avait propos&#233; pour la semaine prochaine d'aller en Chine, en haute compagnie dont je me r&#233;jouissais, dont Fran&#231;oise Benhamou justement, pour une intervention de 20', oui, P&#233;kin pour 20 minutes, sur blogs et cr&#233;ation litt&#233;raire : j'&#233;tais incapable de supporter qu'on br&#251;le en argent public, pour billet d'avion, alors que sur ces questions je m'exprime ici &#224; sati&#233;t&#233;, plus que j'aurai &#224; d&#233;penser pour manger et me loger le m&#234;me mois, bien plus... c'est Claro qui s'y colle, tant mieux), alors qu'il n'y a aucune politique de financement public digne de nos chantiers virtuels, notamment quand ils se renvoient la balle pour la lecture publique en biblioth&#232;que. &#199;a pourrait changer, qu'on nous dit, tant mieux. Mais l&#224; aussi, si on les attendait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter aussi que pour cette &#233;tude (voir page 3), un questionnaire compl&#233;mentaire a &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; 100 auteurs ayant publi&#233; en 2009 et que 29 seulement ont r&#233;pondu &#8211; ce qui semble bien illustrer l'int&#233;r&#234;t limit&#233; pour la corporation (cf synth&#232;se p 96-100). Mais le r&#233;pertoire des entretiens &lt;i&gt;face &#224; face&lt;/i&gt; impressionne : cf p 108-110, par rapport aux &#233;tudes genre Albanel ou S&#233;nat, bravo pour cela aussi (on n'aurait pas fait la fine bouche sur retranscription en annexe !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;serve : &lt;i&gt;A un moment o&#249; les mutations &#233;conomiques et technologiques secouent&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;rieusement les &#233;quilibres install&#233;s, ces questions sont plus que jamais d'actualit&#233;&lt;/i&gt; : j'aurais dit qu'au contraire elles les rendent un peu d&#233;su&#232;tes, et ce que le contexte num&#233;rique change sur le fond &#224; la question d'agent et &#224; la relation auteur-&#233;diteur n'a pas &#233;t&#233; abord&#233;, m&#234;me si je comprends bien que ce n'&#233;tait pas leur domaine de pertinence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;certains de ses clients n'ont jamais &#233;t&#233; &#233;dit&#233;s&#034; ou l'arnaque des &#034;coach litt&#233;raire&#034; y a comme du 2nd degr&#233; dans @lemotif &#034;agents&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon Jun 21 2010 09:13:28 (EDT) via web&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Premi&#232;re partie &#224; lire vraiment de pr&#232;s, d&#233;finitions tr&#232;s pertinentes et claires des diff&#233;rentes d&#233;finitions en cours. Par exemple, sur le r&#244;le des avocats : un Emmanuel Pierrat (quand il aura le temps d'&#233;crire un livre, la semaine prochaine) en aurait &#224; dire, tiens, sur Alain Robbe-Grillet par exemple &#8211; mais eux (m&#234;me si Emmanuel a particip&#233; aux entretiens) se doivent de rester discrets...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquable et humoristique ellipse lorsque l'&#233;tude aborde la nouvelle prolif&#233;ration de ces interm&#233;diaires de la r&#233;&#233;criture &#224; la gagne-petit, via citations d'un &lt;i&gt;coach&lt;/i&gt; litt&#233;raire (cherchez sur Google, si vous ne croyez pas que &#231;a prolif&#232;re. Rh&#233;torique admirable : &lt;i&gt;je n'effectue pas de s&#233;lection pr&#233;alable et je pr&#233;cise que je ne cherche pas &#224; faire publier les manuscrits&lt;/i&gt;, &#231;a cadre effectivement l'efficacit&#233;, &lt;i&gt;Comment d&#233;cr&#233;ter que les vrais &#233;crivains sont ceux qui sont publi&#233;s, pas les autres ?&lt;/i&gt; &#233;largit le champ marketing, &lt;i&gt;L'&#233;dition entretient le mythe romantique de l'artiste inspir&#233;. Plus le travail des interm&#233;diaires est discret, mieux c'est pour tout le monde&lt;/i&gt; explique la difficult&#233; des affaires. Mais bon, peut-&#234;tre que certains avatars sportifs vont faire rapidement passer de mode le terme &lt;i&gt;coach&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude ensuite (p 12) r&#233;pertorie les auteurs repr&#233;sent&#233;s par des agents et lesquels &#8211; point int&#233;ressant la distribution des auteurs relevant des soci&#233;t&#233;s professionnelles, et ceux ayant droit &#224; l'Agessa, dont 2038 &lt;i&gt;&#233;crivains&lt;/i&gt; et 877 traducteurs (question souvent lev&#233;e par Markowicz ou Claro, cette s&#233;paration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus surpris, du coup par le &lt;i&gt;tableau&lt;/i&gt; propos&#233; p 91-93. Cette ann&#233;e au Qu&#233;bec, j'aurai beaucoup appris de leurs syst&#232;mes coop&#233;ratifs, vital pour penser notre publie.net, mais la s&#233;paration am&#233;ricaine des domaines priv&#233;s et publics c'est aussi une le&#231;on n&#233;cessaire. On d&#233;couvre donc, en vis-&#224;-vis des agents, le nom des principaux auteurs qu'ils repr&#233;sentent &#8211; aucune r&#233;v&#233;lation, longtemps que Fran&#231;ois Samuelson ou Pierre Astier ont pignon sur rue, cr&#233;dibilit&#233; et intervention publique, et des auteurs comme Pierre Assouline (&lt;i&gt;Avec un agent, l'amiti&#233; n'influe pas sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;gociations...&lt;/i&gt;, p 25), Philippe Djian, Fred Vargas et d'autres n'ont jamais &#233;vit&#233; la question &#8211; mais &#231;a me para&#238;t quand m&#234;me quelque peu vieillot : l'auteur &#224; nouveau consid&#233;r&#233; dans sa symbolique alors qu'il s'agit pr&#233;cis&#233;ment de ce que d&#233;crit l'&#233;tude, la n&#233;cessaire professionnalisation d'un m&#233;tier. Imaginez que dans votre municipalit&#233; on affiche la liste des dentistes avec lesquels de vos voisins sont leurs clients ? Mais bon, gageons que ce seront les pages les plus lues...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;si on me demandait une commission pour avoir apport&#233; un manuscrit, je dirais non&#034; @editionsPOL in @lemotif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon Jun 21 2010 09:11:21 (EDT) via web&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
De mon point de vue, des pages vraiment importantes. On sort de la probl&#233;matique agent, on rentre dans le lien direct auteur/&#233;diteur, l'itin&#233;raire de construction, l'intuition aux manuscrits. Logique &#233;videmment d'y retrouver Paul Otchakovsky-Laurens. Discussion &#233;videmment vitale pour le num&#233;rique aussi, quand Amazon, ainsi qu'Apple et Google, et c'est d&#233;j&#224; act&#233; pour les US, promulguent un mod&#232;le d'acc&#232;s &#224; l'auto-&#233;dition o&#249; le niveau professionnel de l'objet est assur&#233; par la plate-forme, la m&#233;diation confi&#233;e &#224; l'auteur, et la r&#233;partition symbolique boulevers&#233;e : si 10 000 auteurs vendent 3 livres, c'est identique pour Amazon &#224; 3 auteurs vendant 10 000 livres. Mais la validation symbolique conf&#233;r&#233;e par l'&#233;diteur a disparu, alors qu'elle assurait &#233;videmment (d&#233;sol&#233; du pass&#233;...) une fonction principale de r&#233;gulation et prescription. Citation exacte de POL, p 9 : &#171; Quant &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
apporter un manuscrit &#224; un &#233;diteur, on le fait pour la beaut&#233; du geste. Si on me demandait une commission pour avoir apport&#233; un manuscrit, je dirais non. &#187; Juliette Joste introduit notion de &lt;i&gt;maillage&lt;/i&gt; entre &#233;diteur et auteur qui me semble vraiment importante, et c'est le r&#244;le qu'ont relay&#233; progressivement la validit&#233; et la p&#233;rennit&#233; de sites comme remue.net, poezibao, et ce que je cherche depuis 3 ans en construisant publie.net sur mod&#232;le d'une coop&#233;rative d'auteurs, et non plateforme d'auto-&#233;dition &#224; la demande. Corollaire : c'est la fonction qu'exer&#231;ait autrefois, m&#233;diation aval, la critique litt&#233;raire, qui tirait sa validation symbolique de l'acc&#232;s au lieu pr&#233;cis de sa publication, de la Quinzaine litt&#233;raire au Monde des Livres, ou au Matricule des Anges. Mais la prescription web change les r&#232;gles, passant par la mise &#224; disposition directe de contenu sur le site auteur, ou de ressources non textuelles chez l'&#233;diteur. Ainsi, pour rester avec POL, la mont&#233;e en puissance de leur &lt;a href=&#034;http://www.pol-editeur.com/editions-pol-blog.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog atelier&lt;/a&gt; confi&#233; directement aux auteurs, en parall&#232;le de l'&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/user/jeanpaulhirsch&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;tonnante accumulation vid&#233;o&lt;/a&gt; de leur directeur commercial, Jean-Paul Hirsch (mais visiblement son lien avec Charles Juliet, Bernard No&#235;l et tous les autres n'a rien de &lt;i&gt;commercial&lt;/i&gt;, qui conna&#238;t Jean-Paul sera d'accord). C'est sur ce chantier-l&#224;, de ce que modifie le num&#233;rique &#224; l'&#233;cosyst&#232;me de l'auteur, qu'il faudrait bien une fois que les Centres r&#233;gionaux &#171; du livre &#187; ne restent pas au bord de la piscine (hors prolif&#233;ration de tables-rondes et de journ&#233;es d'&#233;tudes sur &lt;i&gt;le num&#233;rique et l'avenir du livre&lt;/i&gt; dont je re&#231;ois une par semaine &#8211; et, &#224; l'honneur de la r&#233;gion &#206;le-de-France pilote en cela, que des auteurs &#224; forte implication web soient accueillis en r&#233;sidence dans des projets o&#249; la r&#233;flexion et l'intervention num&#233;riques deviennent centrales)...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;tude &#034;agents&#034; @lemotif p 75 : POL &amp; Olivier Cohen contre r&#233;duction contrat &#233;dition &#224; 10 ans : confirme que c'est bien point essentiel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon Jun 21 2010 09:19:07 (EDT) via web&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;tude &#034;agents&#034; @lemotif confirme qu'agents imposent limitation contrat &#224; 10 ans &#8211; 1 auteur qui l'exige, l'&#233;diteur c&#232;de, pour nous vital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon Jun 21 2010 09:20:30 (EDT) via web&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Je suis souvent intervenu sur ce point pour moi essentiel d'une limitation &#224; 10 ans du contrat &#233;diteur (voir &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2017' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;sum&#233;&lt;/a&gt;). Encore r&#233;cemment dans un &#233;change de mails avec Livres Hebdo au sujet des avenants num&#233;riques propos&#233;s par les &#233;diteurs sur le mod&#232;le des pourcentages papier, et que de plus en plus d'auteurs refusent de signer : peu importe qu'on passe de 11% (Fr) &#224; 22/23% (norme US), ce qui compte avant tout c'est qu'on r&#233;tablisse qu'un contrat commercial d'&#233;dition ob&#233;isse &#224; la loi g&#233;n&#233;rale : limit&#233; &#224; 10 ans, m&#234;me si renouvelable &#233;videmment. C'est par exception au droit commercial et fran&#231;ais et international que les contrats d'&#233;dition valent pour totalit&#233; de la p&#233;riode de propri&#233;t&#233; artistique, soit 70 ans post-mortem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est un changement total de paradigme : &#224; nous de continuer en permanence de faire marcher les presses &#224; imprimer si on veut manger. Mais vous croyez qu'un boulot comme mes &lt;i&gt;Rolling Stones, une biographie&lt;/i&gt; je ne serais pas hyper heureux, 10 ans apr&#232;s parution, d'un livre qui m'a demand&#233; autant d'ann&#233;es en amont, d'en reproposer, au m&#234;me &#233;diteur pourquoi pas, Fayard et le livre de poche ont &#233;t&#233; admirables, comme Albin-Michel pour les suivants &#8211;, une version augment&#233;e ou affin&#233;e ? Nous n'aurions pas &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; si Balzac ne l'avait pas constitu&#233;e en r&#233;crivant ses livres &#224; chaque nouveau contrat de r&#233;&#233;dition, le titre de &lt;i&gt;Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; surgissant &lt;i&gt;r&#233;trospectivement&lt;/i&gt; (la g&#233;niale analyse de Proust au d&#233;but de la &lt;i&gt;Prisonni&#232;re&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#233;videmment je comprends la r&#233;action tr&#232;s violente (et pourtant, au civil, je vous atteste de leur gentillesse !) et de POL et d'Olivier Cohen, qui ne sont des demi-&#233;diteurs ni l'un ni l'autre (Olivier Cohen, p 37 : &lt;i&gt;Les agents occupent l'espace laiss&#233; vacant par les &#233;diteurs en donnant aux auteurs un point fixe quand leur &#233;diteur n'en est plus un. Le meilleur moyen de les freiner, c'est de montrer qu'on est aussi bons et parfois meilleurs qu'eux. Il serait bon que les &#233;diteurs acceptent de rentrer dans le d&#233;tail des comptes, de parler de la gestion des droits, qu'ils montrent aux auteurs qu'on peut &#234;tre actif en trouvant des d&#233;bouch&#233;s pour leurs livres.&lt;/i&gt;). Mais &#224; la fois avec un faux argument et un constat par la n&#233;gative. Faux argument : &lt;i&gt;...Paul Otchakovsky-Laurens : &#171; La r&#233;duction de la dur&#233;e d'exploitation pousse &#224; la &#8220;best-sellarisation&#8221;. Dans le syst&#232;me actuel, m&#234;me un livre qui vend 50 exemplaires par an contribue &#224; la vie de la maison. Pour moi, le fonds repr&#233;sente peut &#234;tre 15 % de l'activit&#233;. &#187; Olivier Cohen est encore plus ferme : &#171; Le jour ou on basculera vers une exploitation limit&#233;e dans le temps, je changerai peut-&#234;tre de m&#233;tier. Si on ne peut pas construire sur la dur&#233;e, le mod&#232;le sera cass&#233; et ce m&#233;tier d'aventurier ne sera plus possible. &#187;&lt;/i&gt; Alors quoi, en Italie et en Allemagne, o&#249; le contrat d'&#233;dition est limit&#233; &#224; 10 ans, ils ne sont pas tout aussi actifs et mordants sur les 2 points &#233;voqu&#233;s ? Et constat par la n&#233;gative : d&#232;s qu'il y a agent, le contrat est &lt;i&gt;de fait&lt;/i&gt; limit&#233; dans le temps (l'&#233;tude y revient plusieurs fois d'ailleurs). Cela veut dire, &lt;i&gt;de fait&lt;/i&gt;, que la part commerciale la plus d&#233;cisive de l'&#233;dition est &lt;i&gt;d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; sous le r&#233;gime de contrats limit&#233;s &#224; 10 ans. Pour cela que c'est &#224; nous, auteurs, dans &lt;i&gt;chaque&lt;/i&gt; contrat, d'en signifier la clause &#8211; et vous verrez que les &#233;diteurs obtemp&#232;rent, parce qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; cette limitation avec leurs auteurs principaux. Quand on sait, d'autre part, que la dur&#233;e moyenne d'un livre en librairie est 5 semaines...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;tude &#034;agents&#034; @lemotif : en Allemagne lecture auteur r&#233;mun 1000/1500 euros, avec mes 650 HT suis loin du compte et encore je me bats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;:23 PM Jun 21st via web&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Encore un point qui m'avait fait r&#233;agir. Sur cela aussi, suis souvent intervenu, &#224; part pour quelques auteurs (et cela recoupe en bonne partie les auteurs tr&#232;s gros vendeurs, tous avec agents), aucun de nous pour vivre principalement de ses droits d'auteurs &#8211; ou du moins, des droits d'auteurs des livres principaux. L&#224; encore, un &#233;cosyst&#232;me qui se d&#233;place, o&#249; le CNL avec ses bourses de cr&#233;ation et ann&#233;es sabbatiques (pour moi, derni&#232;re fois que j'ai eu cette chance, 1997), les commandes radio ou les collaborations t&#233;l&#233; seules rendaient possibles de s'y consacrer &#224; plein temps. On d&#233;couvre donc comment l'Allemagne garde un tour d'avance, en r&#233;mun&#233;rant entre 1000 et 1500 euros une lecture publique. Et ce n'est pas de l'&#233;picerie : quand c'est pris en charge s&#233;rieusement, on peut aussi &#234;tre assur&#233; qu'on aura une sono correcte et un vid&#233;o-projo, et non pas simplement une carafe d'eau, un Shure 58 usag&#233; et une plante verte plus le n&#233;on au-dessus. De notre c&#244;t&#233;, le temps de vraiment pr&#233;parer et construire. Pour ma part, je demande 650 net pour une lecture publique, eh bien on est plut&#244;t en-dessous des standards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corollaire d'ailleurs sur la n&#233;cessit&#233; d&#233;sormais d'obtenir son SIRET de micro-entrepreneur, la plupart des auteurs y ont proc&#233;d&#233;, mais il y a 2 ans je me souviens de la grimace horrifi&#233;e de Jean-Claude Bologne lors d'un &#233;change &#224; la SGDL, &lt;i&gt;comme n'importe quel plombier&lt;/i&gt; avait-il dit, mais d&#233;sormais on n'a plus le choix, et on est compl&#232;tement livr&#233;s &#224; nous-m&#234;mes sur ces questions... Merci &#224; Juliette Joste, l&#224; aussi, d'avoir d&#233;bord&#233; de la seule question agents litt&#233;raires pour privil&#233;gier cette approche &#233;cosyst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;tude &#034;agents&#034; @lemotif, sous-titre : &#034;l'agent, chef de produit d'une litt&#233;rature jetable ?&#034; en ligne demain chez eux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3:24 PM Jun 21st via web&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Je ne commente pas. Mais vraiment, c&#244;t&#233; Motif, il y avait de quoi pousser les hauts cris parce que je soulignais l'int&#233;r&#234;t de cette &#233;tude, mise en ligne annonc&#233;e dans les 12 heures &#224; suivre, et l'audace tr&#232;s claire de sa structure ? &#8211; oui, la &lt;i&gt;litt&#233;rature jetable&lt;/i&gt; question de plus en plus vitale, dans la domination de ce mot &lt;i&gt;march&#233;&lt;/i&gt; qui nous &#233;crase, et l'industrie du livre qui amorce une d&#233;gringolade progressive qui semble bien irr&#233;versible, comme si eux-m&#234;mes creusaient de plus en plus leur tombe avec ces bouquins qui nous encombrent, &lt;i&gt;litt&#233;rature jetable&lt;/i&gt;, cat&#233;gorie loisir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#233;tude &#034;agents&#034; @lemotif, conclusion : &#034;le syst&#232;me [d'&#233;dition] actuel laisse l'auteur &#224; ses probl&#232;mes &#233;conomiques et sociaux&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3:25 PM Jun 21st via web&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Dur constat, donc, qui pour moi est la principale conclusion de cette &#233;tude : confirmation qu'en dehors de ce qu'imposent les agents pour leurs auteurs gros vendeurs, le syst&#232;me &#233;ditorial actuel, en proie &#224; sa concentration renforc&#233;e, &#224; sa reconversion en industrie de loisir, n'est plus apte &#224; assurer le contrat moral, l'appui socio-&#233;conomique suffisant pour ses auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on voie bien le contexte : qu'est-ce que twitter ? Une minuscule fen&#234;tre (Echofon) en bas &#224; droite de la fen&#234;tre Firefox &#8211; c'est un mini-memo, ce qu'on lit, ce qu'on consulte, ce qu'on &#233;change, on le fait comme on pense &#224; voix haute, prend qui veut, ou qui est en ligne &#224; ce moment-l&#224;. Oui, c'est un outil qui change les rep&#232;res sociaux &#8211; mais pour nous autres, la veille est un outil essentiel, tout va si vite, tout est si glissant, si charg&#233;. Je n'ai pas chang&#233; mon temps global de lecture et d'&#233;criture. Seulement, dans mon temps de lecture et d'information, la veille num&#233;rique est un vecteur essentiel, et twitter en est le relev&#233;, la &lt;i&gt;time line&lt;/i&gt; toute personnelle. Ainsi, dans les heures suivant ces 45 minutes consacr&#233;es &#224; premi&#232;re lecture de cette &#233;tude de 110 pages, ce premier rep&#233;rage, je signalais via twitter &lt;a href=&#034;http://www.internetactu.net/2010/04/19/pdlt-google-version-annotee-de-notre-cerveau/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;interview de William Gibson&lt;/a&gt; dans Internet'Actu avec cette phrase : &#034;Internet, version annot&#233;e de notre cerveau&#034;, puis l'article d'Olivier Ertzscheid dans Le Monde, &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/06/22/extinction-des-especes-a-l-education-nationale_1376423_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extinction des esp&#232;ces &#224; l'&#233;ducation nationale&lt;/a&gt;, une intervention de &lt;a href=&#034;http://www.rue89.com/en-pleine-culture/2010/06/22/budget-de-la-culture-panne-seche-dans-les-departements-155806&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;oise Benhamou dans Rue89&lt;/a&gt; sur la mise &#224; mal des budgets culturels dans les d&#233;partements, un nouveau site sur &lt;a href=&#034;http://www.buala.org/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;culture africaine et cr&#233;ation contemporaine&lt;/a&gt;, et l'intervention importante d'Alain Beuve-M&#233;ry sur &lt;a href=&#034;http://phbm.blog.lemonde.fr/2010/06/21/et-si-lon-sauvait-le-monde/#xtor=RSS-32280322&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la fin d'un Monde&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors d&#233;sol&#233;, amis du Motif &#8211; et respect &#224; Juliette Joste pour cette &#233;tude dont la lecture me semble vraiment importante, bien au-del&#224; de la seule question des agents litt&#233;raires &#8211; mais je ne suis pas d'une corporation &lt;i&gt;ob&#233;issante&lt;/i&gt; et &#231;a passe m&#234;me avant le reste. Quant aux outils que nous utilisons, le fait que twitter soit un petit calepin perso, dont moi-m&#234;me je me sers, &#224; 2 ou 3 jours d'&#233;cart, pour retrouver tel article lu, telle discussion en cours, mais que ce calepin soit &#224; ciel ouvert, il faudra bien vous y faire. Ou vous d&#233;prendre vous-m&#234;me, un petit peu, enfin, de la &lt;i&gt;comm'&lt;/i&gt; &#224; champ de vue loin comme le bout du nez. Merci &#224; vous pour le travail r&#233;alis&#233;, et &#224; vous d'accepter, parce qu'il s'agit de la &lt;i&gt;res publica&lt;/i&gt; que notre assimilation critique, en son meilleur, soit pr&#233;cis&#233;ment l'expression de comment en nous &#231;a rebondit et induit &#8211; en gros : &lt;i&gt;le flux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cher Fran&#231;ois Bon,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci de votre lecture qui me r&#233;jouit &#233;videmment au plus haut point [...] et parce que vous soulignez au plus juste que l'int&#233;r&#234;t &lt;br class='autobr' /&gt;
du sujet est en bonne partie dans ce qu'il permet d'aborder &#034;&#224; la &lt;br class='autobr' /&gt;
marge&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques remarques en vrac :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Crit&#232;res de s&#233;lection des auteurs : nous avons veill&#233; &#224; une &lt;br class='autobr' /&gt;
repr&#233;sentativit&#233; aussi large que possible par &#034;taille&#034; de maison, &lt;br class='autobr' /&gt;
notori&#233;t&#233;, succ&#232;s commercial ou non, genres litt&#233;raires, du plus &lt;br class='autobr' /&gt;
classique ou &#034;grand public&#034; au plus &#034;avant gardiste&#034;, et m&#234;me &lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;ration. J'ai notamment &#233;pluch&#233; les programmes de rentr&#233;e (janvier/ &lt;br class='autobr' /&gt;
septembre) disponibles en ligne pour faire la s&#233;lection &#8212; qui &lt;br class='autobr' /&gt;
n'exclut pas cela dit une part de subjectivit&#233; et d'arbitraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce que le num&#233;rique change sur le fond : en effet, dans l'&#233;tude on &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;ouvre&#034; simplement l&#224; dessus . Il aurait fallu au moins 3 mois &lt;br class='autobr' /&gt;
d'enqu&#234;te &#224; temps plein sur le sujet. Et peu d'acteurs du livre ont &lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;ritablement r&#233;fl&#233;chi sur le fond, me semble-t-il. En outre, la &lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;rit&#233; n'est-elle pas qu'en bousculant les &#233;quilibres d'une fa&#231;on &lt;br class='autobr' /&gt;
encore difficile &#224; appr&#233;cier et non mesurable, le num&#233;rique est de &lt;br class='autobr' /&gt;
toute fa&#231;on une secousse de nature, si les acteurs s'en emparent, &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://blog.nathanbransford.com/2010/06/agents-are-not-just-gatekeepers.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;remettre en question les relations &#233;tablies&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tableau p 91-93 : vous avez raison, en m&#234;me temps il fallait bien &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;compter&#034; les agents ? Et faute de statut, d'inscription l&#233;gale, &lt;br class='autobr' /&gt;
comment valider leur &#034;activit&#233;&#034; autrement que par la r&#233;alit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
d'auteurs repr&#233;sent&#233;s &#8212; m&#234;me si mentionner deux ou trois noms n'est &lt;br class='autobr' /&gt;
en r&#233;alit&#233; pas suffisant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Maillage&#034; et &#034;&#233;cosyst&#232;me de l'auteur&#034; : termes tout &#224; fait ad&#233;quats &lt;br class='autobr' /&gt;
pour d&#233;crire une &#233;volution qui m'a... captiv&#233;e. Et chantier &lt;br class='autobr' /&gt;
passionnant, en effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Limitation &#224; 10 ans : oui, &#233;videmment, cela dit quelle que soit la &lt;br class='autobr' /&gt;
dur&#233;e du contrat celui-ci n'est valable qu'en fonction d'un minimum &lt;br class='autobr' /&gt;
d'exploitation. Facile &#224; assurer pour un &#233;diteur, direz-vous ? Certes, &lt;br class='autobr' /&gt;
n'emp&#234;che que face &#224; un &#233;diteur honn&#234;te un auteur concern&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
professionnel et attentif peut d'ores et d&#233;j&#224; argumenter et reprendre &lt;br class='autobr' /&gt;
ses droits lorsque c'est pertinent. Je veux dire : la non revendication &lt;br class='autobr' /&gt;
par les auteurs de leurs droits est aussi une part du probl&#232;me &#8212; et &lt;br class='autobr' /&gt;
la base de possibles &#233;volutions, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;mun&#233;rations : et que pensez-vous du fait qu'aux US la &lt;br class='autobr' /&gt;
professionnalisation des auteurs se fassent via les ateliers &lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;criture, en quelque sorte un syst&#232;me de bourses qui permettent aux &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crivains m&#234;me non publi&#233;s de vivre de leur activit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juliette Joste&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jorge Luis Borges | nuit apr&#232;s la nuit</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article96</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article96</guid>
		<dc:date>2010-04-18T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Ancet, Jacques </dc:subject>
		<dc:subject>Borges, Jorge Luis</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;le double Pl&#233;iade Borges &#224; nouveau en vente libre&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;le mag | grandes pages&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot215" rel="tag"&gt;Ancet, Jacques &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot233" rel="tag"&gt;Borges, Jorge Luis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton96.jpg?1352732054' class='spip_logo spip_logo_right' width='125' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Depuis une bonne douzaine d'ann&#233;es, je ne m'en s&#233;pare pas : mes deux tomes Pl&#233;iade de Borges, &#233;dition Jean-Pierre Bern&#232;s. Il para&#238;t qu'ils vont valoir encore plus cher, maintenant que la nouvelle &#233;dition est arriv&#233;e. Pourquoi pas : mais je les garderai. J'ai beaucoup de Pl&#233;iades, c'est un outil de travail parfois un peu ridicule (note dans Sophocle : &#171; Remarquez l'importance que les Grecs accordent &#224; la fra&#238;cheur en &#233;t&#233;, et &#224; la chaleur en hiver &#187;, bien, en pleine trag&#233;die...), parfois &#224; en hurler de piti&#233; (les introductions &lt;i&gt;Citron&lt;/i&gt; dans la &lt;i&gt;Com&#233;die humaine&lt;/i&gt;), et d'autres par contre vous accompagnent toute la vie, la vieille &#233;dition de Montaigne (avait achet&#233; la plus moderne, mais l'ai r&#233;offerte), le vieux Poe, les trois Michaux, les deux Gracq et plein et plein.
&lt;p&gt;Le Borges avait rejoint tout de suite le clan des r&#233;serv&#233;s : on relit les pierres angulaires, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Aleph&lt;/i&gt;, on a lu 30 fois &lt;i&gt;Les ruines circulaires&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;L'Immortel&lt;/i&gt; mais on y trouve encore quelque chose, et de l&#224; on s'en va au plus loin dans l'oeuvre, vers les &lt;i&gt;Sept nuits&lt;/i&gt; (ci-dessous un extrait) ou &lt;i&gt;Le livre des pr&#233;faces avec une pr&#233;face aux pr&#233;faces&lt;/i&gt; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'affaire Borges et pourquoi l'&#233;clipse, lire &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/04/17/reapparition-de-borges-en-tenue-de-pleiade/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Assouline&lt;/a&gt;, complet et d&#233;finitif &#8211; triste, aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas s'illusionner : on aurait, nous, l'impression que c'est de la famille. Cette famille secr&#232;te et r&#233;serv&#233;e, des grands voyages int&#233;rieurs. Et celui-ci est encore tout pr&#232;s de nous : on a entendu &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1287' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Alberto&lt;/a&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1231' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Manguel&lt;/a&gt; raconter comment il allait lui lire &#224; haute voix les livres dont l'aveugle d&#233;signait sans manquer l'emplacement dans sa biblioth&#232;que. Mais je n'ai jamais eu de groupe d'enseignants ou d'&#233;tudiants o&#249;, sur les vingt habituels, plus de quatre ou cinq &#233;taient familiers de l'oeuvre : &#224; cette altitude, c'est &#224; nous qu'il revient d'y conduire, d'indiquer les pistes, les enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des myst&#232;res plus discrets, par exemple ces 3 semaines de 1936 o&#249; Henri Michaux et Borges, aussi inconnus l'un que l'autre, font amis : ils se disaient quoi ? Aucun des deux pour en avoir parl&#233; en d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a probablement de grands chantiers encore &#224; ouvrir dans l'oeuvre : il y a eu, de 1937 &#224; 1942, quatre versions successives de &lt;i&gt;La biblioth&#232;que de Babel&lt;/i&gt;, et on se souvient que &lt;i&gt;Le livre de sable&lt;/i&gt; na&#238;t d'une des notes de bas de page de la &lt;i&gt;Biblioth&#232;que&lt;/i&gt; : Borges ne nous renseigne pas sur sa propre invention du fantastique, mais dans les textes qui font l'armature du Pl&#233;iade, c'est toujours du fantastique qu'il nous parle, funambule &#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le nouveau Pl&#233;iade, pour consoler ceux qui n'ont pas d'avance l'ancien, des retraductions de po&#232;mes par un de nos plus hauts &#233;crivains (le travail de traducteur en d&#233;coule), Jacques Ancet (voir &lt;a href=&#034;http://jancet.blogg.org/themes-traductions_inedites-113550.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son site&lt;/a&gt;, ou ses textes sur &lt;a href=&#034;http://publie.net/tnc/spip.php?article243&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publie.net&lt;/a&gt;). Ainsi, ce &lt;i&gt;Spinoza&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Elles taillent les translucides mains&lt;br&gt;
Du juif, dans la p&#233;nombre, les cristaux.&lt;br&gt;
Le soir est peur et froid en son d&#233;clin.&lt;br&gt;
(Au soir qui vient chaque soir &#233;quivaut).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses mains comme l'espace de jacinthe&lt;br&gt;
Qui aux lisi&#232;res du Ghetto p&#226;lit&lt;br&gt;
Existent peu pour l'homme qui construit,&lt;br&gt;
calme, le songe clair d'un labyrinthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gloire ne l'&#233;meut pas, cet espoir&lt;br&gt;
De songes au songe d'un autre miroir,&lt;br&gt;
Ni le craintif amour des jeunes filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;taphores et mythes, il les oublie&lt;br&gt;
taillant son cristal : la carte infinie&lt;br&gt;
De Qui dans toutes ses &#233;toiles brille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Jorge Luis Borges, traduit par Jacques Ancet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, se f&#233;liciter que cette pi&#232;ce d&#233;cisive du puzzle litt&#233;raire soit &#224; nouveau en place. Pour l'accueil sur cette page, je me permets d'indiquer le site d'un plasticien du fantastique : &lt;a href=&#034;http://www.johncoulthart.com/feuilleton/2008/09/24/the-art-of-pierre-clayette-1930-2005/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Cayette&lt;/a&gt; (1930-2005), voir notamment ses &lt;a href=&#034;http://www.wanted-rare-books.com/caillois.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Songes de pierre&lt;/a&gt;.. L'image ci-dessus est directement inspir&#233;e de la &lt;i&gt;Biblioth&#232;que de Babel&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Internet, auteur sous droits donc pas de miracle, mais lire cet entretien sur site &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/08/CHAO/15501&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Monde Diplomatique&lt;/a&gt; (par Ramon Chao, p&#232;re de Manu, pens&#233;e pour lui), suivre aussi le site (anglais) &lt;a href=&#034;http://www.themodernword.com/borges/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Garden of forking paths&lt;/a&gt;, bien s&#251;r les extraits film&#233;s de conf&#233;rences ou entretiens sur &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/results?search_query=jorge+luis+borges&amp;aq=f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;YouTube&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jorge Luis Borges | Sept nuits (un extrait)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple de cauchemar, qui fit l'admiration de De Quincey, se trouve dans le second volume de &lt;i&gt;The Prelude&lt;/i&gt;, de Wordsworth. Celui-ci nous dit qu'il &#233;tait pr&#233;occup&#233; &#8211; et cette pr&#233;occupation est surprenante si l'on pense qu'il &#233;crivait au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle &#8211; du danger qu'encouraient les arts et les sciences, qui &#233;taient &#224; la merci de n'importe quel cataclysme cosmique. A cette &#233;poque on ne pensait pas &#224; de tels cataclysmes ; aujourd'hui nous pouvons craindre &#224; tout moment que l'&#339;uvre enti&#232;re de l'humanit&#233;, l'humanit&#233; elle-m&#234;me, ne soit d&#233;truite. Nous pensons &#224; la bombe atomique. Wordsworth raconte donc qu'il s'entretenait avec un ami. &#171; Quelle horreur, lui dit-il, quelle horreur de penser que les grandes &#339;uvres de l'humanit&#233;, que les sciences, que les arts, soient &#224; la merci d'un quelconque cataclysme cosmique ! &#187; L'ami lui avoue que lui aussi a eu cette crainte. Et Wordsworth ajoute : &#171; Voil&#224; ce que j'ai r&#234;v&#233;... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wordsworth nous dit qu'il se trouvait dans une grotte devant la mer, qu'il &#233;tait midi, qu'il lisait dans le Don Quichotte, un de ses livres pr&#233;f&#233;r&#233;s, les aventures du chevalier errant que narre Cervant&#232;s. Il ne le mentionne pas directement, mais nous savons de qui il s'agit. Il ajoute : &#171; Je laissai le livre, je me mis &#224; r&#233;fl&#233;chir ; je pensai, pr&#233;cis&#233;ment, &#224; cette question des sciences et des arts puis ce fut l'heure. &#187; L'heure intense de midi, la chaleur &#233;touffante de midi et Wordsworth, assis dans sa grotte face &#224; la mer (alentour il y a la plage, les sables jaunes), se rappelle : &#171; Le sommeil s'empara de moi et je me mis &#224; r&#234;ver. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est endormi dans sa grotte, face &#224; la mer, parmi les sables dor&#233;s de la plage. Dans son r&#234;ve, le sable l'environne, un Sahara de sable noir. Il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de mer. Il est au centre d'un d&#233;sert &#8211; dans le d&#233;sert on est toujours au centre &#8211; et il se demande, terrifi&#233;, comment s'&#233;chapper quand il s'aper&#231;oit que quelqu'un est pr&#232;s de lui. Fait &#233;trange, c'est un Arabe de la tribu des B&#233;douins, mont&#233; sur un chameau et tenant une lance dans la main droite. Sous son bras gauche il serre une pierre et dans sa main un coquillage. L'Arabe lui dit qu'il a pour mission de sauver les arts et les sciences et il lui approche le coquillage pr&#232;s de l'oreille ; le coquillage est d'une extraordinaire beaut&#233;. Wordsworth nous dit qu'il a entendu la proph&#233;tie (&#171; dans une langue que je ne connaissais pas mais que je compris &#187;). C'&#233;tait une sorte d'ode passionn&#233;e, proph&#233;tisant que la Terre &#233;tait sur le point d'&#234;tre d&#233;truite par le d&#233;luge qu'envoyait la col&#232;re de Dieu. L'Arabe pr&#233;cise que c'est vrai, que le d&#233;luge approche mais qu'il a, lui, une mission &#224; accomplir : il doit sauver les arts et les sciences. Il lui montre la pierre. Et cette pierre, curieusement, est la g&#233;om&#233;trie d'Euclide sans cesser pour autant d'&#234;tre une pierre. Puis il lui tend le coquillage et le coquillage est aussi un livre, c'est le livre qui lui a annonc&#233; ces choses terribles. Le coquillage est aussi toute la po&#233;sie du monde y compris, pourquoi pas ? le po&#232;me de Wordsworth. Le B&#233;douin lui dit : &#171; Je dois sauver ces deux objets, la pierre et le coquillage, ces deux livres. &#187; Il tourne la t&#234;te et Wordsworth, &#224; un moment donn&#233;, voit le visage du B&#233;douin changer et se remplir d'effroi. Il regarde &#224; son tour derri&#232;re lui et voit une grande clart&#233;, une clart&#233; qui a d&#233;j&#224; inond&#233; la moiti&#233; du d&#233;sert. C'est celle des eaux du d&#233;luge qui va d&#233;truire la Terre. Le B&#233;douin s'&#233;loigne et Wordsworth constate que ce B&#233;douin est aussi Don Quichotte et le chameau, Rossinante, et que, tout comme la pierre est un livre et le coquillage Don Quichotte, il est, &#224; la fois, ces deux choses et aucune des deux. Dans cette dualit&#233; r&#233;side l'horreur du r&#234;ve. Wordsworth alors se r&#233;veille avec un cri d'effroi car les eaux l'ont atteint.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>de France Culture comme lieu num&#233;rique</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2100</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2100</guid>
		<dc:date>2010-04-03T12:19:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Kafka, Franz </dc:subject>
		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Patino, Bruno </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;le Ch&#226;teau de Kafka &#224; &#233;couter sur France Culture, et d'un entretien avec Bruno Patino sur la radio comme lieu num&#233;rique&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot62" rel="tag"&gt;Kafka, Franz &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot495" rel="tag"&gt;Patino, Bruno &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2100.jpg?1352732994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Internet a instill&#233; de l'incertitude sur la soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;/i&gt; Juste renvoyer sur deux textes : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Assouline &#224; propos d'une adaptation du &lt;i&gt;Ch&#226;teau&lt;/i&gt; de Kafka, &#224; &#233;couter pendant une semaine sur France Culture : &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/04/03/au-seuil-du-chateau-avec-franz-culture/#xtor=RSS-32280322#xtor=RSS-3208&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au seuil du Ch&#226;teau avec Franz-Culture&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bruno Patino, actuel directeur de France Culture mais fondateur de l'&#233;dition num&#233;rique du Monde : &lt;a href=&#034;http://www.lenouveleconomiste.fr/2010/03/30/bruno-patino-france-culture-a-voix-haute/?utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Internet n'est plus une technologie mais un espace social&lt;/a&gt; (on se souvient aussi de &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1298' class=&#034;spip_in&#034;&gt;son rapport&lt;/a&gt; il y a 3 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les r&#233;percute ensemble, parce que le premier me semble &lt;i&gt;illustrer&lt;/i&gt; le second, et recouper mes propres pratiques : enregistrer en ext&#233;rieur, utiliser la neige, la radio n'a pas besoin du num&#233;rique pour &#231;a (a-t-elle m&#234;me besoin de l'ext&#233;rieur, quand on sait l'&#233;tonnant savoir du bruitage dont les studios sont d&#233;positaires ?), mais via le web c'est reproduire, dans notre propre espace et notre temporalit&#233;, une exp&#233;rience de lecture o&#249; les voix et le contact direct au monde recoupent &#224; notre convenance notre propre micro-monde. Kafka n'a pas publi&#233; son &lt;i&gt;Ch&#226;teau&lt;/i&gt;, la notion m&#234;me de &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt; est donc partiellement valid&#233;e pour ce monument d'&#233;criture : mais les outils num&#233;riques nous donnent le moyen aujourd'hui d'&lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt; presque directement ainsi, dans la neige et par la voix, et d'en produire ainsi diffusion &#8211; m&#234;me avec nos &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/faceB/spip.php?article27&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;outils personnels&lt;/a&gt; &#8211; et ce n'est pas s&#251;r que notre implication &lt;i&gt;litt&#233;rature&lt;/i&gt; y soit perdante. Juste, c'est une fa&#231;on autre d'&lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt;, qui n'a jamais &#233;t&#233; ind&#233;pendante de ses supports (m&#234;me les &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2039' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cahiers num&#233;rot&#233;s&lt;/a&gt; de Kafka), et de leur diffusion ou &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cet entretien avec Bruno Patino (sur le site du Nouvel Economiste), prendre au s&#233;rieux les d&#233;placements de vocabulaire qu'il induit : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; son emploi du verbe &lt;i&gt;d&#233;sindustrialiser&lt;/i&gt; &#8211; assez fascinant ce passage sur le Monde appel&#233; &#224; se d&#233;barrasser d'une imprimerie ultra-moderne (et qui &#233;tait m&#234;me devenue roman avec Bernard No&#235;l : &lt;a href=&#034;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=2-86744-138-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Portrait du monde&lt;/a&gt;). Avec le web, pour la presse comme pour le livre, aborder une &#233;tape technologique qui n'a pas besoin de produire le passage &#224; un &#233;tat &lt;i&gt;industriel&lt;/i&gt;, et ne saurait transposer la masse industrielle existante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En tout cas, pas possible d'imaginer pour l'instant que la seule diffusion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;l'acte de lire&lt;/i&gt; comme s&#233;par&#233; du &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt;, qui longtemps en a &#233;t&#233; le d&#233;positaire exclusif, ou la m&#233;diation obligatoire. L&#224; encore, l'intervention de Bruno Patino comme t&#233;moin de cette fronti&#232;re qui &#233;tait d&#233;cisive dans l'ancienne configuration du litt&#233;raire : &#224; la presse les t&#226;ches de m&#233;diation critique, mais qui dispara&#238;t d'un double mouvement (en tant que support, en tant que fonction) dans la mutation actuelle. On n'est pas confront&#233; &#224; la &lt;i&gt;disparition d'un support&lt;/i&gt; mais &#224; la disparition &lt;i&gt;industrielle&lt;/i&gt; de ce support&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La semaine derni&#232;re, un r&#233;alisateur de France Culture avait tr&#232;s mal pris (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;placement vers les &lt;i&gt;usages&lt;/i&gt; : m&#234;me si le mot &lt;i&gt;usages&lt;/i&gt; tend &#224; devenir ces jours-ci la tarte &#224; la cr&#232;me des papiers sur Internet et que vais t&#226;cher de ne plus l'employer ici, Patino nous donne deux pistes importantes pour penser ce d&#233;placement : &lt;i&gt;l'exp&#233;rience empirique du consommateur lui-m&#234;me qui invente une nouvelle pratique, le r&#233;f&#233;rencement de l'&#339;uvre, la construction et l'effet de r&#233;seaux reliant contenus et utilisateurs&lt;/i&gt;, le fait que &#171; chacun &lt;i&gt;contextualise&lt;/i&gt; son environnement personnel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bruno Patino n'aborde pas, dans le cadre r&#233;duit de cet entretien, le fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Passage donc &#224; une notion de recomposition singuli&#232;re des univers de contenus, via cette formulation : &lt;i&gt;&#171; L'esprit carte &#187; est devenu un outil strat&#233;gique pour essayer de comprendre comment une information doit parvenir &#224; un destinataire, sans &#234;tre submerg&#233;e par l'environnement que fabrique Internet&lt;/i&gt;. Et que cela vaut de fa&#231;on exacte pour la cr&#233;ation litt&#233;raire, non pas transposition, mais circulation, partage et diffusion : et la chance avant tout que des contenus singuliers puissent trouver, l&#224; o&#249; les anciennes hi&#233;rarchies faisaient obstacle, leur destinataire le plus singulier aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre au s&#233;rieux aussi deux formulations de Bruno Patino : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Deuxi&#232;me donn&#233;e, le num&#233;rique explose les business-models de tous les m&#233;dias ainsi que de l'&#233;dition, o&#249; le tirage moyen d'un livre est revu constamment &#224; la baisse tout comme son temps de rotation dans les circuits de distribution.&lt;/i&gt; Signal d'alerte ? M&#234;me plus : l'an pass&#233; encore, on nous claironnait la chance que c'&#233;tait pour le &lt;i&gt;march&#233; du livre&lt;/i&gt; d'&#234;tre stable, ce qui cachait confortablement la d&#233;gradation massive de ce qui concernait la cr&#233;ation contemporaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bon, pas suffisamment de fa&#231;on &#224; ce que les auteurs, apparemment, s'en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; Il faut concevoir d&#233;sormais de vivre avec des publics de plus en plus fragment&#233;s. Le comportement moyen n'existe plus.&lt;/i&gt; Alors m&#234;me le web s'en tient le plus souvent &#224; ce mod&#232;le du &lt;i&gt;comportement moyen&lt;/i&gt; : livres les plus vendus, billets les plus lus, et parler de ce dont tout le monde parle, on le constate jusque dans les outils comme twitter, qui a priori naissent comme r&#233;sistance et antidote. La notion de &lt;i&gt;public&lt;/i&gt; m'est indiff&#233;rente ici, mais dans cette notion de &lt;i&gt;fragment&#233;&lt;/i&gt; y voir pr&#233;cis&#233;ment notre chance : d&#233;velopper nos contenus sur le web dans leur plus haute singularit&#233;. Avec les tablettes et les abonnements payants, le mat&#233;riau-site peut lui-m&#234;me &#234;tre directement r&#233;interpr&#233;t&#233; comme &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt;, incluant l'ensemble de ses dimensions sonores ou visuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu commun ? Le texte comme vecteur de transaction commerciale a sans doute encore de beaux jours &#224; vivre dans ses deux extr&#234;mes : le march&#233; de niche d'une &#233;dition artisanale (tenez, &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2068' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tarabuste&lt;/a&gt;...), et l'industrie sauvage qu'on conna&#238;t pour la lecture loisir. Ce qui s'effondre, c'est le milieu, mais les &#233;crivains contemporains c'est l&#224; qu'ils &#233;taient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#199;a ne va sans doute pas durer : mais les chiffres dont chacun dispose (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Quand le transfert de la propri&#233;t&#233; mat&#233;rielle d'un texte n'est plus l'enracinement n&#233;cessaire de la transaction commerciale, quelle red&#233;finition neuve de l'auteur &#233;tablit le saut radical dans le web ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Corollaire : l'importance d&#233;cisive, pas assez analys&#233;e, qu'a eue en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Combien je vis comme chance radicale &#8211; loin avant que nous puissions m&#234;me en faire salaire ou quoi que ce soit d'&lt;i&gt;&#233;conomique&lt;/i&gt; &#8211; d'avoir &#233;tabli ces premi&#232;res bases collectives d'une coop&#233;rative avec &lt;a href=&#034;http://www.publie.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mes amis web&lt;/a&gt;. Pour cela aussi, cet entretien avec Bruno Patino aide &#224; dessiner les contours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la joie profonde d'y voir France Culture, qualifi&#233;e de &lt;i&gt;lieu num&#233;rique&lt;/i&gt; (et l&#224; aussi, changement s&#233;mantique d'importance) garder sa place...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petit post-scriptum : Bruno Patino &#233;voque la cr&#233;ation du site de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En tout cas, pas possible d'imaginer pour l'instant que la seule diffusion num&#233;rique puisse porter une maison d'&#233;dition petite mais de grande importance symbolique que Verdier, m&#234;me comptant moins de 10 salaires et encore moins une moyenne de 200 (Le Seuil, Albin), mais renversement possible pour les groupes type Editis ou Hachette &#8211; d'o&#249; sans doute la guerre civile qu'ils instaurent dans l'int&#233;rieur du vieux SNE ? Corollaire sans doute de ce qui se passe avec r&#233;partition des revenus d&#233;plac&#233;e en profondeur, c&#244;t&#233; musique, par Spotify (ce sont les 2 abonnements mensuels que je paye : lemonde.fr depuis le d&#233;but en 2002 et Spotify depuis mon arriv&#233;e Qu&#233;bec), r&#233;organisant sym&#233;triquement les revenus artistiques des musiciens : nous r&#233;inventons nos sources de revenu, et l'intervention web y tient &lt;i&gt;d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; sa place, mais le rouage &lt;i&gt;&#233;diteur&lt;/i&gt; dans les revenus &#233;crivain se redispose &#233;videmment d'autre fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La semaine derni&#232;re, un r&#233;alisateur de France Culture avait tr&#232;s mal pris mon refus de participer &#224; un d&#233;bat intitul&#233; &lt;i&gt;Le livre num&#233;rique va-t-il cannibaliser le livre papier&lt;/i&gt;, lui ayant r&#233;pondu qu'une telle formulation datait d'il y a 3 ans... Me suis encore fait un ami, pas grave (avais r&#233;pondu depuis ma base 2ndCup de Montr&#233;al) : j'esp&#232;re que leur d&#233;bat aura fait trace dans ce &lt;i&gt;rendre accessible la complexit&#233;&lt;/i&gt; et cet &lt;i&gt;inattendu&lt;/i&gt; que Bruno Patino met en avant pour notre indispensable cha&#238;ne culturelle ! &#192; noter aussi que France Culture n'est pas indemne de ce travers de soci&#233;t&#233; &#8211; ce qu'il d&#233;nonce d'ailleurs comme caricature du journalisme ancienne mani&#232;re &#8211; : la demande d'un entretien par t&#233;l&#233;phone, sujet &#224; volont&#233;, toujours accompagn&#233; de la formule &#171; &#199;a ne durera pas longtemps, je vous promets &#187;, et s'&#233;tonner de nos gentilles r&#233;ponses dilatoires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bruno Patino n'aborde pas, dans le cadre r&#233;duit de cet entretien, le fait que la notion de &lt;i&gt;consommateur&lt;/i&gt; n'est pas forc&#233;ment appropri&#233;e &#224; l'espace de la mutation, o&#249; le d&#233;placement de &lt;i&gt;lire&lt;/i&gt; &#224; un concept de &lt;i&gt;lire-&#233;crire&lt;/i&gt; (expression qui figure dans un texte central de Duras, elle n'a pas attendu l'&#226;ge web) interdit de r&#233;duire le destinataire de l'&#233;crit web &#224; un simple &lt;i&gt;r&#233;cepteur&lt;/i&gt; (au sens radio du terme), m&#234;me dans le cadre d'une r&#233;mun&#233;ration de l'acc&#232;s au texte, comme nous le proposons via publie.net. Je le souligne uniquement parce que c'est bien ce qui se passe en partie avec l'iPad, outil g&#233;nial mais enfermant son possesseur dans un sch&#233;ma (principal, puisqu'il peut &#233;crire, faire des mails, mettre un texte en ligne) de consommateur du web, l&#224; o&#249; nos ordinateurs &#233;taient sans cesse un dispositif d'interaction sym&#233;trique... Et qu'un des enjeux purement &#233;conomiques de cette mutation, l&#224; o&#249; probablement coince le plus les &#233;diteurs traditionnels, c'est justement de se d&#233;placer l&#224; o&#249; le lecteur n'est pas &lt;i&gt;seulement&lt;/i&gt; un consommateur... Est-ce que j'ai jamais &lt;i&gt;consomm&#233;&lt;/i&gt; France Culture lorsque j'en suis &lt;i&gt;auditeur&lt;/i&gt; ? Questions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bon, pas suffisamment de fa&#231;on &#224; ce que les auteurs, apparemment, &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2017' class=&#034;spip_in&#034;&gt;s'en pr&#233;occupent&lt;/a&gt; ! Mais quand m&#234;me : temps moyen de pr&#233;sence d'un livre en librairie moins de 6 semaines, et 1,6% des titres repr&#233;sentant 50,4% du chiffre d'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#199;a ne va sans doute pas durer : mais les chiffres dont chacun dispose partiellement pour cet effondrement d&#233;j&#224; act&#233; des tirages des auteurs contemporains &#8211; ceux que nous consid&#233;rons comme principaux, ou les plus vitaux pour notre &#233;criture &#8211; c'est un des points les plus tabous dans le parloir pourtant bien bavard des coulisses de l'&#233;dition (50% en 4 ans ?). Ce n'est pas mon r&#244;le que d'aller l&#224;, nous on essaye plut&#244;t de diffuser les &#233;crits neufs... Faites vos tests, tout le monde conna&#238;t ce site pro qui permet d'acc&#233;der &#224; r&#233;sultats gratuits concernant 5 livres pour les non abonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Corollaire : l'importance d&#233;cisive, pas assez analys&#233;e, qu'a eue en Allemagne et en France (en Allemagne encore plus qu'en France, puisque chaque Land avait son propre &lt;i&gt;SFB Drei&lt;/i&gt; et sa politique de commande de &lt;i&gt;H&#246;rspiel&lt;/i&gt;, voir comment Perec lui-m&#234;me en a vitalement b&#233;n&#233;fici&#233;), la commande radio de cr&#233;ation dans l'&#233;conomie des auteurs ? Pour ma part, je le mesure &#224; la chance que j'ai eue de plusieurs commandes pour les &lt;i&gt;Nuits magn&#233;tiques&lt;/i&gt; d'Alain Veinstein et Laure Adler, et ce que j'y ai appris, puis plus tard la confiance de Laure Adler pour premier &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article322' class=&#034;spip_in&#034;&gt;feuilleton rock&lt;/a&gt; (me souviens m&#234;me des r&#233;actions syndicales, du fait que j'&#233;tais seul &#224; raconter, alors qu'on avait soigneusement transf&#233;r&#233; tout le budget d'heures acteur du feuilleton sur une cr&#233;ation &#224; large casting de Myron M.)... Ou les commandes de fiction en 21 minutes de Lucien Attoun, comme mon &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article321' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quoi faire de son chien mort&lt;/a&gt; etc... Jamais les auteurs contemporains n'ont v&#233;cu de leurs droits d'auteur. Mais cette part vitale de la commande publique en 10 ans s'est consid&#233;rablement r&#233;orient&#233;e. Ce n'est pas une plainte (ai encore pu b&#233;n&#233;ficier d'une de ces commandes en 2006, pour feuilleton Dylan r&#233;cemment rediffus&#233;), l&#224; aussi juste une question &#8211; mais d'importance. Toute une g&#233;n&#233;ration d'auteurs a pu construire son travail par cette imbrication vitale de la radio (ou Arte ensuite, de fa&#231;on moins accentu&#233;e) et de ce qui lui permettait de vivre entre deux livres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Petit post-scriptum : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bruno Patino &#233;voque la cr&#233;ation du site de France-Culture en 2001, pens&#233;e pour le minuscule bureau qu'occupait alors Anne Brunel et son stagiaire, et comment on avait pass&#233; l&#224; plusieurs fois quelques heures &#224; discuter (mon site cr&#233;&#233; en 1998, j'avais de l'anciennet&#233; !)...
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de la radio comme art de cr&#233;ation et non de transposition ou m&#233;diation, auquel le num&#233;rique donne un vocabulaire suppl&#233;mentaire : comment ne pas contribuer, &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne que note aussi Bruno Patino : le week-end, double l'audience web de France Culture. C'est parce que, comme moi, tout le monde &#233;coute ce qui s'est pass&#233; pendant la semaine dans &lt;a href=&#034;http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/passagers-de-la-nuit/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Passagers de la nuit&lt;/a&gt; de Thomas Baumgartner &#8211; int&#233;gration dans la m&#234;me cin&#233;tique sonore de fiction, entretien, reportages, mati&#232;re son...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Simenon sur France-Culture</title>
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		<dc:date>2009-08-17T10:51:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Simenon, Georges </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Simenon voyageur, par Pierre Assouline&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;site | infos, t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Simenon, Georges &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1856.jpg?1352732815' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les choix &#233;taient &#233;videmment tous douloureux : probablement qu'ici au Qu&#233;bec tout est disponible en biblioth&#232;que, mais il y a un noyau incompressible de livres &#224; poser aupr&#232;s de la table de travail, et &#231;a fait vite des kilos. L'oeuvre compl&#232;te de Simenon (collection Bouquins), jamais &#233;t&#233; question de l'embarquer, je dois avoir au moins 20 des 27 tomes du &lt;i&gt;Tout Simenon&lt;/i&gt; : mais pourtant comme elle est us&#233;e, d&#233;form&#233;e, jaunie, pas des bouquins qu'on lit sur la table d'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je regrette, pour Simenon, la frilosit&#233; des &#233;diteurs sur le num&#233;rique : c'est pile ce que je serais pr&#234;t &#224; acheter : non pas un ou quelques Simenon, mais la totalit&#233; des Maigret, et &#231;a tiendrait si facilement dans la carte SD de ma Sony (ou de l'Opus que je vais bient&#244;t recevoir, ou de la nouvelle Sony 600 qui va remplacer mon actuelle). Non pas un Gracq, mais l'oeuvre compl&#232;te de Gracq, pour travailler.... Faire comprendre aux &#233;diteurs que le d&#233;veloppement num&#233;rique impose de penser autrement ce qu'ils nomment &lt;i&gt;produit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, j'ai d&#233;j&#224; dit &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article985' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'importance de Simenon pour moi&lt;/a&gt; : dans mon enfance vend&#233;enne, en ces ann&#233;es 50 quasi pr&#233;historiques, la musique ou la peinture ne venaient pas, mais les livres si. Et, en plus, comprendre (y compris via Perochon) que le monde d&#233;crit dans les livres pouvait &#234;tre le v&#244;tre (tant de Simenon &#224; Fontenay-le-Comte, Les Sables d'Olonne, L'Aiguillon-sur-Mer, ou le pont du Brault...) et qu'il fallait quelqu'un pour les &#233;crire : cette madame Ponetta qui avait &#233;t&#233; sa dactylographe, et lui-m&#234;me, pendant toute cette p&#233;riode de la guerre o&#249; il vivait pr&#232;s de la Rochelle, prenant son essence &#224; Saint-Michel en l'Herm, et faisant la conversation &#224; ma grand-m&#232;re, pas grand-m&#232;re alors, qui pompait son levier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Assouline, qui a fait autrefois le voyage de Noland, en Suisse, propose toute la semaine &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/08/17/simenon-sur-france-culture-demandez-le-programme/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une s&#233;rie sur Simenon voyageur (voir pr&#233;sentation et programme)&lt;/a&gt;, chaque &#233;mission &#233;tant bas&#233;e sur un lieu d'&#233;criture. Lire sa pr&#233;sentation, sur le myst&#232;re que repr&#233;sente cette oeuvre avec tant de cailloux durs, tant de d&#233;placements de la langue qui dit la ville, une voix, une ambiance. La dominante (Pierre Assouline le piste aussi) de la notion de &lt;i&gt;tragique&lt;/i&gt;. Et le myst&#232;re le plus haut, celui que Pierre Assouline nomme &lt;i&gt;intuition animale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ce sera ma premi&#232;re exp&#233;rience ici de France-Culture &#233;cout&#233; via le web...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>le cas Assouline</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1394</link>
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		<dc:date>2008-09-15T17:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pierre Assouline publie 400 pages de commentaires, avec pr&#233;face&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1394.jpg?1352732455' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Je vois d&#233;j&#224; m'arriver les commentaires d&#233;sobligeants d'amis qui ne l'aiment pas : quoi, il fait un billet sur Assouline (&lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.arenes.fr/spip.php?article1156&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Br&#232;ves de blog&lt;/a&gt;), il en attend quoi ? Bien rien, je n'en attends rien, sinon ce qui nous concerne nous : portrait d'Internet comme il se fait, comme on le pratique tous les jours, et, justement, comment l'exp&#233;rience Assouline le d&#233;place. Ou, encore plus pr&#233;cis&#233;ment, comme nous-m&#234;mes au jour le jour on le d&#233;couvre et on l'apprend. En y marchant.
&lt;p&gt;Les r&#233;ticences (non, je ne vous nommerai pas, amis qui ne l'aimez pas), elles sont claires : l'exp&#233;rience de Pierre Assouline, auteur de biographies qui ont d&#233;plac&#233; le champ de notre perception concr&#232;te de l'histoire litt&#233;raire ou &#233;ditoriale, donc le statut du livre dans notre soci&#233;t&#233;, chroniqueur &#224; Lire, donc dans la tradition de l'intervention critique &#233;crite et digressive, nous rejoint dans le jardin &#233;troit du Net litt&#233;rature en 2004, mais port&#233; par une machine de premier plan, l'&#233;dition &#233;lectronique du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrivant sur Internet, dans un premier temps il se contente de transposer ses pratiques de la presse &#233;crite : quasiment aucun lien, indiff&#233;rence au paysage Internet qui lui pr&#233;existe, indiff&#233;rence aussi aux questions graphiques (l'&#233;ternelle &#171; tasse de caf&#233; &#187; qu'il n'en finit pas de boire depuis 4 ans !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois, &#233;videmment, &#231;a nous &#233;nerve : au d&#233;c&#232;s de Julien Gracq, je retrouve en illustration de son billet une photographie venue de mon propre site (prise sans savoir que c'&#233;tait la derni&#232;re fois que je verrais Gracq) , mais reprise de Google ! &#8211; ou bien, alors qu'un d&#233;bat est en cours, lanc&#233; depuis quelques jours sur nos propres sites, voil&#224; le billet Assouline qui reprend la donne sans s'encombrer des traditionnels &#171; via &#187; que nous consid&#233;rons depuis la fin des ann&#233;es 90 comme le principe de la &#171; Netiquette &#187;, ou litt&#233;rature en r&#233;seau, ce que d'aucuns nomment le &#171; litt&#233;r&#233;ticulaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'emp&#234;che qu'on le lit, et qu'en 4 ans l'exp&#233;rience de Pierre Assouline nous concerne, pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;placement de contenu, d'abord. Venu de la critique litt&#233;raire via sa forme &#233;crite, Assouline parle d'abord, et souvent &#8211; &#231;a para&#238;t d'&#233;vidence, mais c'est cela qu'il faut d&#233;plier &#8211;, de &lt;i&gt;livres&lt;/i&gt;. D'ailleurs, sur la page de Une de &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lemonde.fr&lt;/a&gt;, publicit&#233; dont nous autres ne b&#233;n&#233;ficions pas, son blog est mentionn&#233; (place d'honneur, en haut &#224; droite de la page Culture : &#171; L'&#233;crivain Pierre Assouline nous dit sa passion de la chose imprim&#233;e. &#187; Phrase qui n'est pas sans cons&#233;quence, l&#233;gitimation de l'auteur (&#171; &#233;crivain &#187;, incontestable &#233;videmment, mais un des enjeux d'Internet est aussi le d&#233;placement des validations symboliques de cette cat&#233;gorie, &#171; passion &#187; parce que reconnaissance que dans et via le blog il s'agit d'abord d'engagement subjectif, et, &#244; douleur, de la &#171; chose imprim&#233;e &#187;, le mot &#171; chose &#187; &#233;tant sans doute repr&#233;sentatif d'une certaine impasse s&#233;mantique, et le mot &#171; imprim&#233;e &#187; parce qu'on voit bien que le mot &#171; livre &#187; ne suffit plus &#224; d&#233;finir cet espace.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_785 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L320xH472/monde-2-1f821.jpg?1750465433' width='320' height='472' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce d&#233;placement (je me souviens, lors d'un d&#233;bat SGDL o&#249; j'avan&#231;ais cette id&#233;e, son sourcil fronc&#233;, il croyait que j'allais dire une m&#233;chancet&#233;, que non&#8230;), est-ce qu'il est exag&#233;r&#233; de dire que d&#233;sormais 1 billet sur 3 ou sur 4, dans &lt;i&gt;La R&#233;publique des livres&lt;/i&gt;, parle pr&#233;cis&#233;ment d'un livre ? Et c'est cela peut-&#234;tre qui est le plus passionnant : l&#224; encore, probable que les sources d'acc&#232;s et d'information dont le Monde fait b&#233;n&#233;ficier Assouline ne sont pas les n&#244;tres : il est le premier &#224; r&#233;agir au vandalisme de &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article968' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lagrasse&lt;/a&gt; (les livres de Christian Thorel mazout&#233;s, affaire non r&#233;solue, on met moins de z&#232;le sur ce genre d'enqu&#234;te qu'on en met &#224; accueillir le pape &#224; Lourdes&#8230; : double insulte, le vandalisme en lui-m&#234;me, l'inaction qu'on pourrait croire en partie d&#233;lib&#233;r&#233;e de gendarmerie et juges). Mais il est souvent le premier &#224; rendre hommage &#224; tel &#233;diteur ou &#233;crivain disparu, il se mouille dans les questions touchant &#224; l'&#233;conomie du livre (un des grands enjeux pour nous tous, dans les ann&#233;es &#224; venir, c'est de ramener &#224; 10 ans, comme chez nos voisins europ&#233;ens, le contrat d'&#233;dition qui court jusqu'&#224; 70 ans post-mortem), il rapporte la pol&#233;mique touchant le transfert des cendres d'Edgar Poe, il n'h&#233;site pas &#224; raconter sa soir&#233;e de la veille au th&#233;&#226;tre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que dessine ainsi l'accumulation quotidienne, en 4 ans continus, c'est la d&#233;finition d'un paysage transform&#233; : ne change pas le territoire des pratiques litt&#233;raires (belle analyse de cette question dans sa pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Br&#232;ves de blog&lt;/i&gt;), change que les anciennes m&#233;diations de publication, presse ou livre, &#233;tablissaient une notion d' &#171; objet &#187; litt&#233;raire dont le blog se dispense. Les journaux, correspondances et carnets d'&#233;crivain existent de toujours, mais n'&#233;taient publiquement accessibles qu'une fois l'auteur reconnu depuis l'&#339;uvre publi&#233;e, et ce d&#233;placement-l&#224; ne fait que s'amorcer. Le principe de &lt;i&gt;publication&lt;/i&gt; est le m&#234;me, la densit&#233; litt&#233;raire aussi (on commence &#224; les voir s'assourdir, ceux qui parlent avec m&#233;pris de &#171; l'&#233;criture blog &#187; selon le &#171; tout et n'importe quoi &#187;, m&#234;me dans le Monde &#8211; Francis Marmande m'en veut toujours d'avoir repris sur tiers livre son expression de &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article737' class=&#034;spip_in&#034;&gt;toile cir&#233;e&lt;/a&gt; comme si ce n'&#233;tait pas lui qui avait attaqu&#233; d'abord (Allez Francis, on fait la paix sur un air de contrebasse ?)&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a longtemps manqu&#233; une jambe au bog d'Assouline : nous autres consacrant une large part de temps et de travail &#224; la veille informatique, m&#234;me si nous ne sommes pas plus, et de loin, que des amateurs vaguement avertis sur ces questions. Ces derniers mois, Assouline a propos&#233; plusieurs billets parlant de lecture num&#233;rique, il introduit plus facilement des liens (merci), et de plus en plus souvent utilise ses propres photographies num&#233;riques : il est indiscutable, et notamment depuis un an, que Pierre Assouline a quitt&#233; l'univers de la transposition pour celui d'une &#233;criture nativement num&#233;rique, et l&#224; encore il est sympt&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_782 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/CTRB1.jpg?1221173097' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;placement nous &lt;i&gt;concerne&lt;/i&gt;, je reviens sur le mot, pour deux raisons essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re, parce qu'il r&#233;&#233;value le champ m&#234;me de l'intervention litt&#233;raire. La marchandisation g&#233;n&#233;rale, l'industrialisation de la culture, le cloisonnement des champs annexes (la presse magazine, les suppl&#233;ments litt&#233;raires) ont eu tendance &#224; cantonner la litt&#233;rature dans le champ loisirs, et le d&#233;bat intellectuel dans une sorte de sp&#233;cialit&#233; (c'est d'ailleurs le point faible de la pr&#233;face d'Assouline : il ignore ses voisins du Net, mais sur&#233;value l'agitation francecultienne de Finkelkraut et autres obsol&#232;tes). &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai souvent cit&#233; cette phrase que je trouve admirable, en t&#234;te de la &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt; d'Aristote : &lt;i&gt;Qu'est-ce qui pousse les hommes &#224; se repr&#233;senter eux-m&#234;mes ?&lt;/i&gt; Les grandes p&#233;riodes de mutation concernant le livre et la litt&#233;rature, celle du 16&#232;me si&#232;cle, de Rabelais &#224; Montaigne, et celle de la presse et du feuilleton au 19&#232;me, ont &#233;t&#233; un rebrassage &#224; neuf du &lt;i&gt;temps&lt;/i&gt; dans la possibilit&#233; donn&#233;e &#224; la litt&#233;rature de s'immiscer dans les affaires du si&#232;cle : voir Bruno Rives sur &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1361' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Aldo Manuzio&lt;/a&gt;, la possibilit&#233; technique d'imprimer &#224; 1000 exemplaires comme garantie de survivre soi &#224; la diffusion d'une id&#233;e dangereuse, ou lire le 1er tome du Pl&#233;iade Nerval, son travail de presse au quotidien (idem pour Dostoievski, Dickens, et ce qu'on appelle faussement &lt;i&gt;&#339;uvres diverses&lt;/i&gt; de Balzac). Dans un lieu d'extr&#234;me visibilit&#233; et de haute teneur symbolique, lemonde.fr, Pierre Assouline r&#233;tablit le &lt;i&gt;visage&lt;/i&gt; et la complexit&#233; de l'intervention litt&#233;raire : il le fait avec ses fa&#231;ons &#224; lui, mais ce d&#233;placement est significatif de ce qui se passe sur d'autres blogs qui comptent (&lt;a href=&#034;http://poezibao.typepad.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;poezibao&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://blog.lignesdefuite.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lignes de fuite&lt;/a&gt;&#8230;), et il l'a fait sans jamais renier ni d&#233;vier de sa propre position d'auteur : importance donn&#233;e &#224; l'histoire contemporaine, r&#233;flexion sur la biographie, sans m&#234;me renier le prof de sciences-po, m&#234;me lorsqu'on peut consid&#233;rer qu'il fait erreur (son intervention concernant la fiabilit&#233; de wikipedia).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde, parce que le support de son blog, donc lemonde.fr, se d&#233;place en retour, et que c'est aussi un indicateur. Assouline en donne l'histoire dans sa pr&#233;face : l'id&#233;e au d&#233;part d'une &#171; lettre confidentielle &#187; diffus&#233;e par mail, et c'est Jean-Fran&#231;ois Fogel, de retour d'un voyage aux US o&#249; il d&#233;couvre les blogs de quartier &#224; Manhattan, qui fait bifurquer le projet : &#171; Je m'y suis lanc&#233; sans soup&#231;onner ce qui m'attendait. &#187; A l'&#233;poque (mais sur remue.net l'ajout du module blog c'est 2001...), lemonde.fr sugg&#232;re &#224; Pierre Assouline une intervention le lundi, jour de grosse lecture et reprise, et le jeudi, jour de parution des suppl&#233;ments litt&#233;raires, et c'est lui (autre page importante de la pr&#233;face, sur l'&#233;criture &#224; flux tendu), qui d&#233;cide de la contrainte journali&#232;re. A l'&#233;poque, le suppl&#233;ment du Monde est encore de 12 ou 16 pages, inclut un &#233;ditorial en place de l'ancien et prestigieux feuilleton, et c'est le mod&#232;le du suppl&#233;ment &#171; prescripteur &#187;, conserv&#233; dans les biblioth&#232;ques, et l&#224; o&#249; on coche les achats &#224; faire. Quatre ans apr&#232;s, c'est le blog d'Assouline qui a pris le statut de l'ancien feuilleton, le suppl&#233;ment s'est r&#233;duit &#224; 2 doubles pages : le loup dans la bergerie ? Gageons qu'il ne s'agissait pas d'une exp&#233;rience d&#233;lib&#233;r&#233;e. Mais elle est signifiante : le nombre des lecteurs en ligne, payants ou gratuits (je suis abonn&#233; payant depuis la premi&#232;re heure) est bien sup&#233;rieur au nombre de lecteurs papiers. Le Monde lui-m&#234;me a chang&#233; : dans la petite fen&#234;tre en haut &#224; droite qui indique le blog Assouline, la fen&#234;tre jointive indique &#171; les meilleures ventes &#187; (dans leur &lt;i&gt;les livres dont on parle&lt;/i&gt; : qui est &lt;i&gt;on&lt;/i&gt; ?), &#231;'aurait &#233;t&#233; inimaginable il y a encore 4 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Significatif au regard de ce paysage Net, le n&#244;tre : dans la premi&#232;re grande expansion de l'Internet, le &lt;a href=&#034;http://www.lmda.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Matricule des Anges&lt;/a&gt; s'&#233;tait lanc&#233; dans cette exp&#233;rience d'intervention permanente en ligne, avec agenda, tribunes. Les ventes papier n'y r&#233;sistant pas (et pourtant, ils ne s'offrent pas gros salaires, Guichard &amp; Co), le Matricule a coup&#233; les ponts. Des sites plus g&#233;n&#233;ralistes prolif&#232;rent pour occuper le terrain : mais, sans boussole litt&#233;raire, le plus consensuel a tendance &#224; passer devant, une sorte de bruit g&#233;n&#233;ral, o&#249; le prix d'un manuscrit de Harry Potter sera consid&#233;r&#233; comme relevant du fait litt&#233;rature, et o&#249; la mort de Julien Gracq fait qu'il sera mentionn&#233; comme si, autrement, on se serait int&#233;ress&#233; &#224; lui. Quant au Matricule des Anges, on remarquera dans le denier num&#233;ro (bel interview d'Emmanuelle Pagano), une tentative accrue d'&#233;chapper &#224; la seule critique des livres parus, place plus grande donn&#233;e aux nouvelles et tribunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'&#233;tonner alors que la prescription change aussi ? Il y a beaucoup de travaux sur ces questions : un des ph&#233;nom&#232;nes discrets de ce qui se passe en ce moment, pas encore vraiment analys&#233;, c'est que le livre publi&#233; sert toujours de d&#233;clencheur au blog, mais pourquoi se donneraient-ils la peine d'inciter &#224; son achat (ni l'&#233;dition ni les libraires ne se sont jamais vraiment pr&#233;occup&#233;s de nous relayer sur ce point pr&#233;cis, malgr&#233; 3 ans d'insistance...). On estime que 40% des acheteurs d'un livre en librairie ont pr&#233;alablement consult&#233; Internet au sujet de ce livre : on commence enfin, c&#244;t&#233; producteurs et diffuseurs, et tr&#232;s vaguement, &#224; porter attention port&#233;e &#224; notre univers du web litt&#233;rature. Mais trop tard ? L'exemple du blog de Pierre Assouline est l&#224; pour prouver que l'&#233;criture num&#233;rique se constitue peu &#224; peu en sa propre finalit&#233;, perception du monde depuis la pratique litt&#233;raire, et non pas &lt;i&gt;m&#233;diatisation&lt;/i&gt; de livres dont le circuit resterait inchang&#233;. La lecture blog est devenue lecture, sans autre d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que Pierre Assouline publie ses &lt;i&gt;Br&#232;ves de blog&lt;/i&gt;, voir site des &lt;a href=&#034;http://www.arenes.fr/spip.php?article1156&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Arenes&lt;/a&gt;. Le concept m&#234;me de &lt;i&gt;r&#233;tropublication&lt;/i&gt; fait question : la publication sur blog ne permet pas l'acc&#232;s raisonn&#233; et synth&#233;tique, &lt;i&gt;&#233;dit&#233;&lt;/i&gt; puisque c'est cela la fonction, &#224; des achives devenues massives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre &#233;tait annonc&#233;, on nous avait pr&#233;venu qu'il int&#232;grerait des &#171; commentaires &#187; de la R&#233;publique des Livres, je m'attendais &#224; une reprise des billets de Pierre Assouline, assortie de ces &#171; commentaires &#187; : non. Assouline donne une pr&#233;face consistante, analysant le v&#233;ritable ph&#233;nom&#232;ne qu'est devenue la part cach&#233;e de son blog. Les insultes, les injonctions, les variantes de pseudonymes, les &#233;crivains masqu&#233;s, mais aussi ceux qui viennent &#224; sa rencontre dans les festivals et le remercient d'une bouteille de vin ou d'un livre rare. L&#224; encore, manque criant : le reste de l'Internet est absent &#8211; disons que c'est par discr&#233;tion, Assouline commentant depuis son jardin et s'en tenant l&#224; ? Autre silence : la publicit&#233; sur la colonne de droite &#8211; g&#233;r&#233;e par lemonde.fr ? Et est-il vraiment besoin de pr&#233;coniser chapitre.com plut&#244;t que les librairies ind&#233;pendantes ? On sait apr&#232;s lecture qu'il ne tient pas oblig&#233; de r&#233;pondre, et c'est l&#233;gitime. Mais une question sous-jacente : de plus en plus, pour nous autres, Internet devient une activit&#233; &#224; part enti&#232;re. Nous l'assumons b&#233;n&#233;volement, certains en conjugaison avec leur m&#233;tier d'enseignant ou de journaliste, ou &lt;a href=&#034;http://www.desordre.net/blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;autre&lt;/a&gt;, d'autres, mon cas, sans revenus r&#233;guliers, alors que le site devient l'intervention esth&#233;tique principale, au m&#234;me lieu et fonction que le livre &#8211; aurons-nous longtemps la possibilit&#233; de tenir, &#224; c&#244;t&#233; des machines lourdes de la presse ? (Ce n'est pas vraiment une inqui&#233;tude, d'ailleurs, et encore moins une quelconque revendication : la force, sur Internet, c'est la pertinence des contenus, et le reste, serveur, etc, on peut toujours faire avec le libre... N'emp&#234;che qu'il y aurait comme une concurrence un peu disproportionn&#233;e...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et directement apr&#232;s la pr&#233;face, non pas une compile ou un parcours des billets Assouline, mais directement un r&#233;pertoire d'interventions des lecteurs de son blog, sur plus de 300 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je lis au quotidien les billets de Pierre Assouline, c'est bien rare que j'ouvre la porte au monde bruyant de ses commentateurs. Dans sa pr&#233;face, d&#8216;ailleurs, beau passage sur le fait que la densit&#233; litt&#233;raire d'un billet est inversement proportionnelle au nombre de commentaires suscit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces commentaires sont une coupe &#224; vif dans l'usage aujourd'hui du Net, et l'intersection du Net et des pratiques litt&#233;raires. Ils en constituent un t&#233;moignage qui vaut largement aussi pour nos blogs, m&#234;me pour ceux (mon cas), qui ont supprim&#233; les commentaires directs en bas des articles (il y a cependant sur tiers livre le &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/forum/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;forum&lt;/a&gt; et le &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;petit journal&lt;/a&gt; qui fonctionnent sur ce mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, et ce sera le terme de mon propre &lt;i&gt;commentaire&lt;/i&gt;, et si ce livre construit apr&#232;s blog faisait r&#234;ver &#224; une &#233;dition &#233;lecrtronique ? En amont, le blog. Au centre, l'objet livre, la s&#233;lection &#233;dit&#233;e et choisie, plus la pr&#233;face (tiens, c'est marrant : compos&#233; par Dominique Guillaumin, le m&#234;me qui a compos&#233; mes Rolling Stones et Daewoo, un salut !). Mais pourquoi pas, en aval, le texte rassembl&#233; de l'int&#233;gralit&#233; des billets, et l'oc&#233;an des commentaires, tri&#233; ou pas : et tout &#231;a accessible sur l'ordi ou la Sony, pour tous ceux qui auront achet&#233; le livre ? Alors on quitterait le concept du &#171; livre d'apr&#232;s blog &#187; pour une autre dimension, o&#249; la question de l'&#233;diteur retrouve sa pleine fonction. J'ai souvent eu recours &#224; la petite case de son moteur de recherche pour retrouver tel ou tel billet ou intervention de Pierre Assouline : le texte &#233;dit&#233; &#233;lectroniquement de l'ensemble des billets, je serais pr&#234;t &#224; me le procurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin sur un petit d&#233;tail : la couverture du livre d'Assouline ressemble &#224; la couverture d'un livre &#171; normal &#187;. Sauf, juste, une petite fl&#232;che de souris qui se prom&#232;ne sous le titre, et aussi sur la tranche du livre. Au d&#233;but d'Internet, les ic&#244;nes des logiciels se basaient sur l'image d'objets r&#233;els (la plume d'oie pour les traitements de texte !). De plus en plus, maintenant, dans les magazines et, ici, m&#234;me dans le livre, l'image prise aux pratiques num&#233;riques s'impose &#224; rebours sur l'objet traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amis, qui m'enverrez un message surpris parce que je mets en ligne un billet concernant Assouline, lu 10 fois plus que nous tous r&#233;unis, qui n'a pas besoin d'ascenseur et ne les renvoie pas, juste pour en arriver l&#224; : il ne s'agit pas, dans ce livre, de sociologie des blogs. C'est le chantier mis sur nos tables, pour &#233;tude &lt;i&gt;in vitro&lt;/i&gt;, plein de mines, d'ouvertures, d'une dispersion statistique allant de la pure litt&#233;rature &#224; la franche rigolade, de ce qui change et bascule dans la litt&#233;rature comme pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, donc, en respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FB&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images : &#233;tuis de contrebasse d'un orchestre symphonique, Arte Belgique, ce 11 septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_783 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/CTRB2.jpg?1221173111' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pierre Assouline | Br&#232;ves de blogs (extraits de la pr&#233;face)&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt; Il y a l'embarras du choix, pour donner la couleur de ce dont t&#233;moigne ce gros livre. Par exemple, p 250-256, la discussion sur Bartleby. Ou, dans la toute fin, le chapitre consacr&#233; aux requ&#234;tes &#233;tranges&#8230;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_786 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L200xH318/BREVES-BLOG-COUVweb-1d664-a3d8e.jpg?1750465433' width='200' height='318' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je viens de relire en ligne les 149 168 premiers (soyons optimistes- commentaires de &lt;i&gt;La r&#233;publique des Livres&lt;/i&gt; et, pour &#234;tre franc, je ne me sens pas tr&#232;s bien. La quantit&#233; n'y est peut-&#234;tre pas &#233;trang&#232;re, mais moins que la densit&#233; et l'intensit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui ont pignon sur Toile en conviendront : si l'Internet est une poubelle, on y trouve le meilleur et le pire. Mais outre le fait que le pire rec&#232;le aussi des p&#233;pites, le meilleur a ceci de particulier qu'il se trouve l&#224; et nulle part ailleurs. Si c'est d&#233;sormais en ligne que &#231;a se passe, c'est aussi l&#224; que passe l'essentiel de la conversation, l&#224; qu'elle se d&#233;ploie, comme veulent en t&#233;moigner ces &lt;i&gt;Fragments d'un discours blogueux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors que son animateur y active la fonction &#171; commentaires &#187;, tout blog ouvre &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; un forum de discussion appel&#233; &#224; susciter dans le meilleur des cas un dialogue platonicien, et dans le pire le trou noir de la pens&#233;e en action. Mais il a ceci de particulier que public et priv&#233; s'y confondant, l'Agora &#233;tant redevenue la place du march&#233;, les sophistes y c&#244;toient les disciples de Socrate, les citoyens et les esclaves. Il faut voir le blog comme un vigoureux banquet et consid&#233;rer qu'il y a un orateur en tout internaute. Il participe d'une mani&#232;re de r&#233;volution, et tant pis si le terme est galvaud&#233;. Il n'y a pas eu rupture lorsqu'on est pass&#233; de l'incunable &#224; l'imprim&#233; alors qu'il y en a une lorsqu'on est pass&#233; du livre &#224; l'&#233;cran. La vraie r&#233;volution de l'&#233;crit, ce n'est pas Gutenberg mais le num&#233;rique, car on change radicalement de support au lieu de glisser du papier au papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anonymat lib&#232;re parfois une humeur brid&#233;e, parfois des forces sombres. Il dilue la peur. De grands bavards du virtuel se r&#233;v&#232;lent &#234;tre muets dans le r&#233;el. L'anonymat nous autorise &#224; explorer des pans de notre personnalit&#233; comme nous n'aurions jamais os&#233; le faire sous notre propre nom. Il permet toutes les exp&#233;riences et m&#234;me &#224; un &#233;crivain de tester quelques pages de son prochain roman, juste pour voir si les lecteurs appr&#233;cient son texte pour lui-m&#234;me et non pour la l&#233;gende qui le pr&#233;c&#232;de via la seule vertu du nom de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que l'Internet d&#233;sinhibe comme aucun m&#233;dia de masse avant lui. L'usage des faux noms et des fausses adresses y est pour beaucoup. L'interlocuteur n'ayant pas de visage, de regard ni de gestes, il est priv&#233; de l'&#233;loquence du corps ; il ne peut &#234;tre jug&#233; sur son apparence ; le grain de sa voix nous &#233;tant inconnu, on ne peut rien tirer de cet &#233;cho d'ordinaire si expressif. Tout passe par l'&#233;criture ; encore celle-ci s'avance-t-elle d&#233;pourvue de ce qui renseigne tant en elle, la graphie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avantage des lettres anonymes, c'est que l'on n'a pas &#224; y r&#233;pondre. Sur le blog, m&#234;me pas ! En fait, l'Internet est le seul lieu o&#249; l'on peut r&#233;pondre &#224; celui qui nous envoie une lettre anonyme. On y est m&#234;me somm&#233; de le faire. Bien s&#251;r, sous l'Occupation, la d&#233;nonciation avait d'autres r&#233;percussions. L'arrestation, la d&#233;portation, la mort. L&#224;, l'enjeu est moindre ; sans commune mesure, il n'en est pas moins dangereux, autant qu'il peut l'&#234;tre en p&#233;riode de paix ; mais les gens ne peuvent en juger car le plus souvent, cette violence est &#233;vacu&#233;e de la Toile par les mod&#233;rateurs. Il y a dans les corbeilles un concentr&#233; de haine d'une nature insoup&#231;onn&#233;e. Celle que je laisse en ligne pour la vigoureuse sant&#233; du d&#233;bat d'id&#233;es donne une petite id&#233;e de celle qui en a &#233;t&#233; bannie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains font d&#233;couvrir des livres et des auteurs. D'autres se contentent de r&#233;v&#233;ler une phrase oubli&#233;e, ce qui est d&#233;j&#224; beaucoup, puisque citer, c'est ressusciter. Rien &#224; voir avec les citateurs professionnels qui sont les assommoirs de la conversation. Il ne s'agit pas de lancer des bons mots pour &#233;blouir, divertir ou s&#233;duire mais de f&#233;conder une pens&#233;e par celles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e sur la m&#234;me voie. Comme disait Borges dans &lt;i&gt;&#201;loge de l'ombre&lt;/i&gt; : &#171; Que d'autres se targuent des pages qu'ils ont &#233;crites ; moi, je suis fier de celles que j'ai lues. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant d'&#233;crivains &#233;crivent car ils n'ont d'autre moyen, de parler sans &#234;tre interrompu. Et s'il n'en &#233;tait pas autrement pour les commentateurs ? Au fond, ils ne se parlent pas, ils s'entreglosent, comme disait Montaigne. Parfois je me sens en trop, j'ai l'impression de d&#233;ranger tant ils ont oubli&#233; jusqu'au sujet du billet qui a suscit&#233; leur &#233;change. Alors je me retire sur la pointe des pieds de ce petite th&#233;&#226;tre, jusqu'au prochain. [&#8230;] Ils s'inscrivent dans une histoire, celle de la conversation. Encore faut-il s'entendre sur le mot. Longtemps, l'&#233;change de lettres fut tenu pour une conversation. Avec un absent, certes, mais conversation tout de m&#234;me, au sens le plus large. Mais de quoi s'agit-il, depuis la &lt;i&gt;conversation&lt;/i&gt; jusqu'&#224; l'entretien, en passant par la &lt;i&gt;disputatio&lt;/i&gt; et le colloque ? D'&#234;tre ensemble ? En chair ou en ligne on y revient toujours sous une forme ou sous une autre. Briser la rumination en solitaire, confronter sa v&#233;rit&#233; &#224; l'arc-en-ciel des v&#233;rit&#233;s. Dans les temps les plus recul&#233;s comme &#224; l'&#226;ge technologique, ce sentiment de la convivialit&#233; h&#233;rit&#233;e du banquet philosophique, f&#251;t-elle nettement plus rude, implique l'appartenance &#224; un groupe, &#224; une tribu, un club, toutes choses qui se retrouvent aujourd'hui contenues dans le terme ambivalent de &#171; r&#233;seau. Tous dans les &lt;i&gt;Essais&lt;/i&gt; de Montaigne ne parle que de cela, d'uen mani&#232;re ou d'une autre ; ils en sont travers&#233;s de part en part, m&#234;me si c'est naturellement vers le chapitre &#171; De l'art de conf&#233;rer &#187; que le regard s'attardera. Cet &#233;loge de la conf&#233;rence devrait irradier tout &#233;change en ligne : &#171; &#171; Si je conf&#232;re avec une &#226;me forte, et un roide jouteur, il me presse les flancs, me pique &#224; gauche et &#224; dextre : ses imaginations &#233;lancent les miennes. La jalousie, la gloire, la contention, me poussent et rehaussent au-dessus de moi-m&#234;me. &#187; Montaigne pourrait &#234;tre le saint patron des internautes si ceux-ci n'oubliaient pas que la qu&#234;te de la v&#233;rit&#233; pour elle-m&#234;me est la finalit&#233; de la dispute.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_784 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/jpg/CTRB4.jpg?1221173118' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>le livre parole vivante</title>
		<link>https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1015</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1015</guid>
		<dc:date>2007-10-08T19:46:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web, &#233;crans, r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Assouline, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;forum SGDL num&#233;rique : avant la mise en ligne compl&#232;te&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;le livre &amp; l'Internet&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;web, &#233;crans, r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;livre, &#233;dition, librairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot124" rel="tag"&gt;Assouline, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot462" rel="tag"&gt;Thorel, Christian (librairie Ombres Blanches, Toulouse)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1015.jpg?1352732312' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1015.jpg?1352731955&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je n'aime pas trop parler d'Internet, et encore moins en table ronde. C'est Internet qui est le meilleur lieu pour parler d'Internet ou l'&#233;tudier. Mais les enjeux sont trop d'urgence vitale pour qu'on refuse les occasions d'&#233;tat des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 80 ou 100 personnes aujourd'hui &#224; la &lt;a href=&#034;http://www.sgdl.org/actualite_Manifestations.asp#forum&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SGDL&lt;/a&gt;, beaucoup de blogueurs : Internet, comme d'habitude, concerne d'abord ceux qui le font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je participe &#224; la table ronde de l'apr&#232;s-midi, Pierre Assouline se chargeant de la conduite, avec Jean-Marie Sevestre, directeur de &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article997' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sauramps&lt;/a&gt;, et un responsable commercial de Gallimard (Internet pour l'&#233;dition c'est le commerce), mais apparemment un peu loin des questions informatiques. On se reportera &#224; la prochaine mise en ligne promise par Alain Absire, pr&#233;sident de la SGDL, les d&#233;bats &#233;tant film&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Yvert, directeur du livre, fait l'ouverture et commence par poser sur sa chaise les notes qu'il avait pr&#233;par&#233;es. Debout au micro, il improvise : voici 9 minutes de son intervention. Internet comme &lt;i&gt;media absolu&lt;/i&gt;, et dans l'entre-deux technologique de la mutation en cours, une &lt;i&gt;crise d'entr&#233;e&lt;/i&gt; de la m&#233;diation dans l'&lt;i&gt;oc&#233;an d'accessibilit&#233; imm&#233;diate&lt;/i&gt; (expression qu'il n'utilise pas, mais viendra plus tard) qu'est le web : r&#233;f&#233;rence &#224; Fran&#231;ois Furet pour le d&#233;cryptage des micro-processus qu'historicisent nos usages.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/U8A70nAQrDc&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Puis Daniel Garcia, de Livres Hebdo, lance la premi&#232;re table ronde par un rappel du &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article968' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mazoutage de Lagrasse&lt;/a&gt;, &#224; quoi Christian Thorel, d'Ombres Blanches &#224; Toulouse, r&#233;pond en soulignant le r&#244;le aussi &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; du libraire.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/k_URTd90nxs&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois que je rencontre Philippe Boisnard, webmaster de &lt;a href=&#034;http://www.t-pas-net.com/libr-critique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;libr-critique&lt;/a&gt; : l&#224;, on entre dans l'univers des sites de litt&#233;rature :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/GUKnb1mIJH8&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Question ensuite de Daniel Garcia : l'&#339;uvre num&#233;rique dispose-t-elle de &lt;i&gt;qualit&#233;&lt;/i&gt; litt&#233;raire ? R&#233;ponse de Boisnard via la &lt;i&gt;logique d'&#238;lots&lt;/i&gt;, la question de l'&#339;uvre qui se g&#233;n&#232;re en temps r&#233;el devant son public, et le fait que &lt;i&gt;les m&#233;diums ne s'excluent pas, ils se compl&#232;tent&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Jean-Pierre Sim&#233;on : si l'informatique change la logique de r&#233;ception, c'est toujours de &lt;i&gt;conduire vers&lt;/i&gt; qu'il est question, et d'&#233;duquer &#224; un comportement de lecteur qui puisse inclure attention soutenue et temps du livre :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/3ytqcoIGj_o&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;. Jean-Pierre Sim&#233;on fera ensuite r&#233;f&#233;rence au &lt;a href=&#034;http://mortain.free.fr/Culture/Prevert/prevert6.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cancre&lt;/a&gt; de Jacques Pr&#233;vert avec l'image de l'arbre surgissant de celle du livre, l'image du sable surgissant de celle du verre, disant ne pas retrouver ce rapport de suggestion imaginaire via l'ordinateur. La po&#233;sie &lt;i&gt;s'&#233;crit en marchant&lt;/i&gt;, mais est-ce incompatible avec l'usage qu'on fait de nos machines portables et wifi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour &#224; Christian Thorel,&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;360&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/UJzGxek2sAo&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Personne pour r&#233;torquer &#224; Daniel Garcia que les questions qu'il pose sont vaguement provocatrices, et que &lt;a href=&#034;http://www.livreshebdo.com/weblog/webLogText.aspx?id=11&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son propre blog&lt;/a&gt; leur fournirait parfois des r&#233;ponses argument&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parlera aussi biblioth&#232;ques : j'aurais aim&#233; souligner qu'un des faits nouveaux de la blogosph&#232;re, ces derniers mois, c'&#233;tait l'irruption de blogs &#224; l'initiative de biblioth&#233;caires, mais pas dans le cadre de leur structure&#8230; On &#233;voquera le passage &#224; l'&#233;cran des &lt;i&gt;usuels&lt;/i&gt; : j'y pensais hier soir, en lisant (chez Payot Voyageurs), les travers&#233;es du Nord Canada de &lt;a href=&#034;http://www.payot-rivages.fr/asp/fiche.asp?Id=1804&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Samuel Hearne&lt;/a&gt; en 1770&#8230; Je ressors et soul&#232;ve le lourd atlas : les pages d'index &#224; la fin, o&#249; je cherche les ports de la baie d'Hudson, est un monument de r&#234;ve. Pourtant, lorsque je suis venu &#224; ma table, ce matin, j'ai recherch&#233; via photos satellites les m&#234;mes lieux, et seul l'Internet me le permettait : est-ce le m&#234;me r&#234;ve, et comment sauver ce qu'il y avait d'irr&#233;ductible parce que l'atlas &#233;tait un livre ? J'aurais aim&#233; qu'on s'y attache plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude, frustration &#224; trop d'opposition bin&#244;miale entre ceux qui pratiquent le Net en tant que &lt;i&gt;producteurs de (micro-)contenu&lt;/i&gt; et ceux qui en reviennent toujours &#224; ses limites parce qu'ils le consid&#232;rent en l'&#233;tat. Jean-Pierre Sim&#233;on, on se conna&#238;t depuis trop longtemps, et trop de combats au coude &#224; coude (tiens, du temps qu'il &#233;tait question de proposer aux &#233;crivains des r&#233;sidences dans les IUFM, vous vous souvenez, au si&#232;cle dernier ?) pour que je ne le chambre pas un peu sur ses questions : pour nous, la conception d'une page web est une approche tout aussi &lt;i&gt;sensitive&lt;/i&gt; que le support papier. Jean-Pierre d'ailleurs sera conduit &#224; faire l'analogie avec les affiches qu'il &#233;dite pour le &lt;a href=&#034;http://www.printempsdespoetes.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Printemps des Po&#232;tes&lt;/a&gt; : l&#224; aussi, on aurait soudain pu d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression que quelques id&#233;es commencent &#224; passer : qu'on n'est pas en opposition de d&#233;marches, mais qu'il s'agit de logiques de compl&#233;ment. Et le paysage Internet, c&#244;t&#233; &#233;crivains, pourrait tr&#232;s vite donner un peu moins l'impression de d&#233;sert &#224; condition qu'on regarde un peu ce qui se passe c&#244;t&#233; de d&#233;marches neuves, o&#249; le texte (voire le livre &#8211; et je parlerai du rapport livre/site pour &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article955' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Philippe Vasset&lt;/a&gt;) s'int&#232;gre dans un ensemble complexe dont Internet n'est plus que vecteur de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des supports que seul le site (ou l'identit&#233; num&#233;rique) assemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On r&#233;ussira l'apr&#232;s-midi &#224; faire sortir un instant Pierre Assouline de sa r&#233;serve d&#233;cid&#233;e de &lt;i&gt;mod&#233;rateur&lt;/i&gt; en lui demandant si la &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tasse &#224; caf&#233;&lt;/a&gt; qui surplombe son blog ne refroidit jamais : arriver &#224; faire passer dans l'id&#233;e que la nouveaut&#233;, s'il y a, de l'&#233;criture Internet, c'est la prise en compte par le blogueur lui-m&#234;me, en tant qu'auteur, que l'environnement graphique et l'(hyper)activit&#233; du code sont des &#233;l&#233;ments d'&#233;criture comme le texte lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'a valu de dire quelques b&#234;tises, alors que je m'&#233;tais promis de bien me surveiller : oui, le support neuf et le mode de circulation neufs cr&#233;ent des espaces neufs de litt&#233;rature. Il ne s'agit pas de transposer nos usages, ou simplement d'envisager le transfert sur Internet de l'&#233;conomie du livre, mais &#8211; dans l'int&#233;rieur de ces espaces encore inconnus, d'exercer notre r&#244;le de litt&#233;rature : mise en r&#233;flexion du langage, question pos&#233;e au monde depuis notre usage de la litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait un peu tendance, &#224; ce moment de la discussion, &#224; se limiter aux exemples de romans &#233;crits en ligne : j'ai dit, mais pas tr&#232;s d&#233;licatement, que le roman &#233;tait une certaine convergence de l'histoire du livre et de l'histoire de notre soci&#233;t&#233;, et que le d&#233;placement de ce rapport, entra&#238;nant d'autres convergences, permettra &#224; l'intervention litt&#233;raire de s'&#233;tablir sur des modalit&#233;s et formes autres que le roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mary Higgins-Clark, dit Pierre Assouline, lui aurait confi&#233; que depuis le Net elle &#233;crit ses romans avec beaucoup moins de &lt;i&gt;descriptions&lt;/i&gt;, et il y voit une analogie avec la lecture zapping : je r&#233;ponds que, personnellement, sur mon site, ce sont souvent des &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article148&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;descriptions&lt;/a&gt; que j'installe. Si la litt&#233;rature est l'exp&#233;rience faite langage de notre rapport au monde, notre curiosit&#233; au monde, en s'augmentant de techniques impr&#233;vues, portera peut-&#234;tre un coup au roman simulacre (ma stup&#233;faction au succ&#232;s de &lt;i&gt;Second Life&lt;/i&gt;), et alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui me concerne moi, crise du roman (on est quand m&#234;me 50 ans apr&#232;s &lt;i&gt;L'Ere du soup&#231;on&lt;/i&gt; de Nathalie Sarraute), ce serait sans regret : l'histoire de la litt&#233;rature est celle du surgissement de ses formes. A quoi le directeur commercial de Gallimard a dit, en gros, que &lt;i&gt;l'&#233;criture spontan&#233;e&lt;/i&gt; n'avait pas grand avenir ni l&#233;gitimit&#233; : je n'avais pourtant pas employ&#233; ce mot-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moments impr&#233;vus, Pierre Assouline parlant de ses cours &#224; Sciences Po devant non pas des visages mais des capots ouverts d'ordinateurs portables, et connect&#233;s. Mais &#224; quoi bon s'acharner sur les limites de Wikipedia si nous ne prenons pas en charge nous-m&#234;mes la fourniture de contenus r&#233;solument en prise avec ce que nous souhaitons transmettre aux m&#234;mes &#233;tudiants ? Jean-Marie Sevestre dit qu'&#224; la fac de sciences de Montpellier on en est revenu aux &lt;i&gt;livres obligatoires&lt;/i&gt;, si incongru que cela nous paraisse. Je dis qu'aux &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Beaux-Arts&lt;/a&gt;, quand j'y faisais cours, j'avais le droit de parler-lire 2 heures de Michaux, mais hors de question d'en mettre plus de 18 lignes sur mon site sans protestation de Gallimard : le responsable commercial de ladite maison, assis &#224; c&#244;t&#233; de moi, n'a pas repris. J'ai dit que j'aimerais bien disposer d'un Michaux num&#233;rique et serais pr&#234;t &#224; payer pour cela, c'est de ma t&#234;te qu'on s'est pay&#233; : &#171; Si on aime Michaux, on le lit dans les livres &#187;, m'a-t-on r&#233;pondu. Mais justement, je les ai d&#233;j&#224;, les livres&#8230; (Et allez donc voir, via Google, en entrant HENRI MICHAUX, comment nous savons mettre en valeur le meilleur de notre &lt;i&gt;patrimoine&lt;/i&gt; : alors on peut toujours s'&#233;tonner des limites d'Internet, quand il serait plut&#244;t question de retrousser les manches &#8212; mais le travail fourni depuis maintenant des ann&#233;es par les sites de litt&#233;rature &#233;tait le grand absent de ces journ&#233;es...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou lorsque Philippe Boisnard a dit : &#171; Il y a eu un &lt;a href=&#034;http://lafeuille.blogspot.com/2007/09/paragraphes-comments-pour-tous.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;post&lt;/a&gt; de La Feuille sur CommentPress et les commentaires associ&#233;s aux paragraphes.... &#8212; Euh, vous pouvez traduire ? &#187; Bon, on avait l'impression que deux mondes se c&#244;toyaient et ne pourraient pas vraiment se comprendre (ceux qui lisent la Feuille et les autres ?)... &#171; On dit qu'on d&#233;vore un livre &#187;, est intervenue une dame dans la salle, &#171; vous n'avez pas la m&#234;me sensualit&#233; avec l'ordinateur&#8230; &#187; J'ai propos&#233; de manger un bout du mien devant elle, mais c'&#233;tait pas la bonne r&#233;ponse (remarque, elle a repris en disant : &#171; Vous ne pouvez pas comparer la chair humaine et le plastique &#187;, ce qui &#233;tait quand m&#234;me aller un peu loin pour le livre imprim&#233;), il &#233;tait temps d'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi, le &lt;a href=&#034;http://www.sgdl.org/actualite_Manifestations.asp#forum&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;forum SGDL&lt;/a&gt; continue, mais en plus s&#233;rieux : sans auteurs &#224; la tribune.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; voir r&#233;actions de &lt;a href=&#034;http://www.archicampus.net/wordpress/?p=137&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;teXts&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&#034;http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article121&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tache aveugle&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lire sur &lt;a href=&#034;http://lafeuille.blogspot.com/2007/10/les-maillons-de-la-chane-discutent.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Feuille&lt;/a&gt; (commentaires)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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