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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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		<title>64 | le go&#251;t des bars cosy avec Bleuet &#224; Rome</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Muron, Jacques</dc:subject>
		<dc:subject>Fr&#233;d&#233;ric Bleuet</dc:subject>
		<dc:subject>Rome (Italie)</dc:subject>
		<dc:subject>Rome, Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Balthus, p&#232;re et fils</dc:subject>
		<dc:subject>1985</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Rome, Villa M&#233;dicis, 1985, Fr&#233;d&#233;ric Bleuet, Jacques Muron, Balthus&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1107" rel="tag"&gt;Muron, Jacques&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;64 | le go&#251;t des bars cosy avec Bleuet &#224; Rome&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ou plut&#244;t, pour s'&#233;loigner de soi-m&#234;me, lancer comme des cailloux &#224; distance, qui &#233;largissent le p&#233;rim&#232;tre du territoire qu'on arpente &#8212; on les lance dans l'espace, on les lance dans le temps : &#224; Rome, tout cette ann&#233;e &#224; la villa M&#233;dicis, je descendais parfois le matin s'il s'agissait de quelques courses alimentaires et du journal, est-ce qu'on aurait seulement pu avoir l'id&#233;e de l'Internet, ni m&#234;me de l'ordinateur puis de l'ordinateur portable, et le t&#233;l&#233;phone autrement que les gros postes fixes, la facture en fin de mois avec le suppl&#233;ment pour les appels &#224; l'international, le trajet jusqu'&#224; la Poste centrale (ce n'&#233;tait pas loin, et les postes &#233;taient des mondes comme les gares) pour oblit&#233;rer les lettres, et m&#234;me en cette ville o&#249; chaque ruine t&#233;moigne d'une fin de monde est-ce qu'on aurait pens&#233; un instant &#224; une &#233;ventuelle possibilit&#233; de fin du n&#244;tre, non : on c&#233;l&#233;brait &#8212; l'apr&#232;s-midi si je descendais c'&#233;tait pour aller retrouver Caravage piazza del Popolo, visiter Caravage chaque jour sur son trajet ordinaire &#231;a justifie bien un tel s&#233;jour, parfois avec Bleuet on descendait aussi piazza del Popolo pour ce tout petit resto &#224; l'&#233;cart derri&#232;re la place c'&#233;tait tenu par un couple r&#233;pondant au patronyme de Graciozo, un petit monsieur maigre et toujours l&#224; &#224; vous pr&#233;venir comme s'il avait l'&#339;il dans chaque assiette, son &#233;pouse aux fourneaux et le fils, bien le fils &#224; faire ce qui restait &#224; faire, la caisse par exemple, j'y suis retourn&#233; en p&#232;lerinage il y a quelques ann&#233;es c'&#233;tait toujours le fils aux commandes et il a paru tr&#232;s sensible au fait que je lui parle de son p&#232;re mais le menu n'avait plus rien &#224; voir avec ces plats de quatre sous dans la tradition italienne (&#244; son saltimbocco du jeudi) qui permettait (le menu) qu'on s'en serve une fois la semaine comme d'un petit luxe ou d'une cantine (sinon, &#224; la villa, on se convoyait &#224; midi &#224; la cuisine d'o&#249; on repartait vers nos chambres lest&#233; d'une gamelle &#224; deux &#233;tages, p&#226;tes plus viande en sauce mais le plus souvent c'&#233;tait trois trucs improvis&#233;s dans mon minuscule studio en bout de parc, et c'est Bleuet qui m'avait fait remarquer (la dette en cela aussi : apprendre &#224; regarder, eux ils savent) que dans cette arche monumentale qui bouclait la place en enjambant la rue &#8212; Porta del Popolo justement s'adossant sur l'&#233;glise aux Caravage et de l'autre c&#244;t&#233; cette Viale del Muro Torto o&#249; se pr&#233;cipitait l'enfer habituel des voitures &#8212;, il y avait des rideaux aux minuscules fen&#234;tres t&#233;moignant qu'on y habitait aussi, chez Graciozo on &#233;changeait quelques mots avec ce bonhomme rondouillard et un peu b&#232;gue mais qui avait &#233;t&#233; le traducteur attitr&#233; de Ren&#233; Char et Saint-John Perse, avait fr&#233;quent&#233; jusqu'au bout le dernier mais tu peux traduire pendant un demi-si&#232;cle et finir tes jours dans la mis&#232;re, ces jours-l&#224; souvent je lui payais son repas en &#233;change d'histoires que jamais je n'irais v&#233;rifier et son nom c'&#233;tait Romeo Lucchese, je l'appelais Romeo la lumi&#232;re et &#231;a l'amusait, mais souvent Bleuet passait plut&#244;t me prendre en fin d'apr&#232;s-midi dans ce moment o&#249; Rome devient dor&#233; sour le soleil rasant et tous les toits une sorte de d&#233;coupure plan sur plan dans toutes les tonalit&#233;s du mauve au pourpre et le verre de blanc pour lui ou le cafe latte pour moi (pas par je ne sais quel moralisme mais parce que toujours le vin blanc m'a donn&#233; mal &#224; la t&#234;te), il avait le go&#251;t qu'on aille le prendre dans des lieux o&#249; je n'aurais m&#234;me pas eu l'id&#233;e de p&#233;n&#233;trer seul ou pas, le coquet bistrot soi-disant l&#233;gende depuis l'&#233;poque des romantiques et Byron ou Shelley mais peut-&#234;tre j'extrapole pourtant souvent on s'arr&#234;tait au Caff&#232; Greco de la via della Croce (&#224; c&#244;t&#233; du Vertecchi o&#249; j'achetais mes cahiers et n'en ai jamais utilis&#233; d'autres m&#234;me quinze ans apr&#232;s mon retour) mais d'autres fois on descendait au Corso jusqu'au Grand Hotel Plaza sous les arcades immenses du bar au rez-de-chauss&#233;e, on avait plus ou moins pris assez de plis romains, ou nos tronches de rapins, pour qu'on ne nous traite pas en touristes, des fois on poussait jusqu'au Trastevere mais plut&#244;t un peu plus tard &#224; nuit tombante, l&#224; c'est les plis de marbre des tombeaux baroques du Bernin qui nous servaient d'ap&#233;ritifs avant une soupe du soir ou ce bistrot bruyant et confus du Campo dei Fiori avec son unique table toute en longueur, et d&#232;s qu'il y avait des chaises vides tu t'asseyais, menu unique sardines grill&#233;es vin blanc l&#224; aussi j'y suis retourn&#233; mais ferm&#233;, je commen&#231;ais d&#233;j&#224; &#224; collectionner les livres sur les Rolling Stones (Muron, le copain graveur au burin, m'avait rapport&#233; ses propres livres, dont le &lt;i&gt;Stones Touring Party&lt;/i&gt; que je dois toujours lui rendre), je n'avais aucune id&#233;e &#224; cette &#233;poque-l&#224; de cet hiver o&#249; Keith Richards, accompagnant Pallenberg, sous le regard un peu m&#233;prisant de Pasolini et des autres dont lui n'avait rien &#224; fiche non plus, payait pour tout le monde avec son American Express comme par vengeance, sur le Corso dans cette grande salle du Plaza justement qui n'avais m&#234;me jamais d&#251; &#234;tre repeinte et qu'il avait plus ou moins m&#234;me habit&#233; lui aussi villa M&#233;dicis, quand Stash le fils de Balthus qui en &#233;tait directeur occupait les lieux &#8212; on l'avait vu plusieurs fois, cette ann&#233;e, le vieux mais tr&#232;s vieux Balthus aux mains tremblantes il &#233;tait chez lui ici et on le traitait comme tel &#8212;, facile d'&#233;changer sur Facebook avec Stash, arri&#232;re-petit-fils de Rilke mais il n'aimerait pas qu'on lui pose des questions sur cette p&#233;riode-l&#224;, &#224; supposer qu'il en ait des souvenirs pr&#233;cis, avec Fr&#233;d&#233;ric Bleuet donc mais pas tout seul une g&#233;ographie pr&#233;cise de quelques lieux r&#233;currents &#224; Rome et parfois non, rien d'autre que marcher, marcher sans but et juste pour se perdre comme on pouvait le faire &#224; l'&#233;poque et dans cette ville &#8212; puis le Bleuet 20 ans sans nouvelles (&#224; Tanger en librairie j'avais trouv&#233; ce livre qu'il avait &#233;crit et publi&#233;, au titre de &lt;i&gt;C'est quelque chose aussi &#224; peu pr&#232;s de cela&lt;/i&gt; et puis l&#224; pile quelques jours apr&#232;s premi&#232;re &#233;bauche de ce texte un coup de fil...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>65 | victoire pour &#233;crire, les sous-sols de Roma Termini</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>1984</dc:subject>
		<dc:subject>Rome (Italie)</dc:subject>
		<dc:subject>Rome, Villa M&#233;dicis</dc:subject>
		<dc:subject>Lindon, J&#233;r&#244;me </dc:subject>
		<dc:subject>Michon, Pierre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Italie, Rome, J&#233;r&#244;me Lindon, Pierre Michon&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1076" rel="tag"&gt;1984&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1077" rel="tag"&gt;Rome (Italie)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1078" rel="tag"&gt;Rome, Villa M&#233;dicis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;Lindon, J&#233;r&#244;me &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Michon, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;65 | victoire pour &#233;crire, les sous-sols de Roma Termini&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et qu'une m&#234;me ville alors puisse accepter juxtaposition de cartographies diff&#233;rentes : j'&#233;tais arriv&#233; en p&#233;riode instable, voire pr&#233;caire, J&#233;r&#244;me Lindon m'ayant refus&#233; au mois de juin ce gros manuscrit de pas loin de quatre cents pages que j'imaginais mon deuxi&#232;me livre (je l'ai toujours l&#224; dans le tiroir de ma table, pas le courage de le d&#233;truire mais &#231;a viendra, pas du tout envie de le scanner et publier), de septembre &#224; d&#233;cembre je ne sais pas trop ce qui est sorti de ma machine &#224; &#233;crire, pas grand-chose je suppose et de toute fa&#231;on aucune trace : des notes et textes sur Dosto&#239;evski, Faulkner et Tolsto&#239;, ma premi&#232;re relecture de la Recherche tout &#231;a sauvait plus ou moins l'honneur, de toute fa&#231;on j'avais annonc&#233; lors de mon passage au jury que mon projet &#224; Rome c'&#233;tait de me doter de cette culture classique dont je manquais totalement alors marcher dans la ville, apprendre &#224; rep&#233;rer les architectures &#231;a suffisait en soi, en d&#233;cembre je d&#233;couvrirais les &lt;i&gt;Vies minuscules&lt;/i&gt; de Pierre Michon (Didier Pignari, un libraire &#224; Marseille : &#8212; Je te donne ce bouquin-l&#224;, reviens demain, soit tu me le payes soit tu me le rapportes) c'est en f&#233;vrier seulement que je raccrocherais solidement les wagons et que le livre Limite s'&#233;crirait en quatre mois, avant envoi fin mai et parution septembre, en tout cas je vivais assez mal ces heures dans cette minuscule chambre en bout de parc, dans un &#233;cart relatif (et non choisi) d'avec les autres pensionnaires, la machine &#224; &#233;crire &#233;lectrique &#224; marguerite solidement arrim&#233;e sur la table avec l'adaptateur de prise de courant, et la pile des cahiers Vertecchi avec celui en cours, un stylo-plume Shaefer que je consid&#233;rais comme f&#233;tiche (comme aujourd'hui quand tu choisis un micro pour les podcasts ou un grand-angle grande ouverture pour tes vid&#233;os) dans une minuscule pap&#232;terie entre le Corso et le Panth&#233;on il y avait des Shaefer en vitrine j'en avais achet&#233; un &#224; lourd corps m&#233;tallique comme les autres mais beaucoup plus court et ramass&#233;, je le promenais dans la ville avec mes cahiers mais rien qui venait, il me fallait nier tout cela qui m'entourait, le premier souvenir qui me revient c'est dans les anguleux couloirs au deuxi&#232;me sous-sol en dessous de Roma Termini, une sorte de bo&#238;te dont on aurait enlev&#233; la paroi sur l'infinie r&#233;sonance de cette galerie carrel&#233;e, l'impression d'&#234;tre loin sous la surface mais au-dessus de soi ces locomotives et trains de nuit pour toutes les directions possibles dans une Europe partiellement inconnue, et les gars qui venaient siffler leur expresso ou leur grappa au comptoir les porteurs, livreurs, chauffeurs, magasiniers, contr&#244;leurs, un peuple de tous les passages et c'est l&#224; que j'ai pu enfin pencher la t&#234;te comme &#224; tomber dans ce cahier, j'y reviendrais r&#233;guli&#232;rement et sans jamais donner le tuyau &#224; personne, dans ma t&#234;te j'appelais &#231;a &#171; mon bureau &#187;, &#224; la villa j'avais tent&#233; de demander l'acc&#232;s &#224; un des ateliers de peintre ou sculpteur inoccup&#233;s sous pr&#233;texte d'avoir un lieu s&#233;par&#233; de la petite table face au lit, de l'espace pour marcher et des murs neutres mais on me l'avait refus&#233; en disant que &#171; les &#233;crivains n'avaient pas besoin d'atelier &#187; pareil qu'&#224; mon arriv&#233;e exhibant un ticket de caisse pour une lampe d'architecte &#224; deux sous que j'avais viss&#233;e au-dessus de la machine &#224; &#233;crire on m'avait dit &#171; les lampes d'architecte c'est pour les architectes &#187; mais dans la t&#234;te, atavisme familial, je n'ai jamais dout&#233; quant au fait de m'acheter moi-m&#234;me mon mat&#233;riel, et le meilleur, sans rien demander &#224; personne : &#231;a valait pour la lampe prise au bazar quincaillerie en bas de la della Croce comme pour le Shaefer en m&#233;tal poli comme pour aujourd'hui la suite de mes ordinateurs mais &#231;a n'emp&#234;che pas qu'&#233;crire c'&#233;tait entrer escalier apr&#232;s escalier dans le labyrinthe de ces galeries souterraines sous la gare Roma Termini pour retrouver ta petite case &#171; bureau &#187; et ses lumi&#232;res artificielles, son bruit et ses caf&#233;s &#224; peine un d&#233; &#224; coudre et c'&#233;tait un d&#233;but de tachycardie, qu'importe si apr&#232;s dans la lumi&#232;re tu faisais pour compenser le crochet par le Testaccio ou la petite place Michel-Ange circulaire avec ce trou de serrure d'o&#249; on apercevait la coupole de Saint-Pierre ou cette impasse grillag&#233;e (Bleuet encore, qui me l'avait fait conna&#238;tre) qui te permettait d'acc&#233;der en plein forum sans avoir &#224; passer par les guichets &#224; touristes, ensuite, une fois tout &#231;a amorc&#233; dans les cahiers bien s&#251;r ce serait plus facile de s'atteler &#224; la machine et rester la journ&#233;e dans la petite piaule, parfois c'&#233;tait juste marcher le soir &#224; ce coin de parc qui surplombait la rocade sous le Muro Torto (c'en &#233;tait un fragment, justement, du Muro Torto) et voir les phares des voitures &#224; s'en so&#251;ler.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#224; quoi sert la villa M&#233;dicis ? </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Rome, Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Rome, Villa M&#233;dicis</dc:subject>
		<dc:subject>Rome (Italie)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;r&#233;ponse : &#224; faire autre chose que s&#233;nateur dans la vie&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1077" rel="tag"&gt;Rome (Italie)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1238.jpg?1352732398' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'art, &#231;a ne sert &#224; rien. Les livres, &#231;a ne sert &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas productif, tout &#231;a, sauf si &#231;a devient march&#233; de l'art, sauf si &#231;a devient gros commerce. Mais pour &#231;a les morts suffisent, ou les g&#233;nies qu'on fabrique : &lt;i&gt;Star academy&lt;/i&gt; pour tout le monde, et &#224; chaque &#233;poque les artistes qu'elle m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an pass&#233;, pour la Mission Livre 2010, on avait eu la version &#233;tatique, avec justification th&#233;orique de Mme Nathalie Heinich, directrice de recherche au CNRS, comme cette gigantesque phrase : &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article728' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les auteurs ne sont &#233;ventuellement victimes de rien d'autre que de leur propre choix de vivre exclusivement de leur art&lt;/a&gt;, dont acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine pass&#233;e, on s'insurge contre une petite goujaterie de plus, &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1216'&gt;une goujaterie de trop&lt;/a&gt; : le monarque attribue &#224; un de ses subalternes conseillers qu'il ne supporte plus, et dont j'ai d&#233;j&#224; oubli&#233; le nom, la direction de la Villa M&#233;dicis. Le monarque est en difficult&#233;, il l&#226;che aussit&#244;t du lest, l'important c'est la part secr&#232;te de la politique (dans les DRAC, avoir r&#233;ussi en quelques mois &#224; ce qu'il n'y ait plus qu'un seul conseiller du livre et non deux), et recule sur la Villa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#233;videmment, &#231;a les vexe, les troupes du monarque : faire un cadeau pareil &#224; des individus comme Olivier Rolin, dont on conna&#238;t le pass&#233;, et qui a &#233;t&#233; &#224; l'initiative de la p&#233;tition dans le Monde ? Alors, dans le m&#234;me Monde, un vice-pr&#233;sident s&#233;nateur, membre du groupe &lt;a href=&#034;http://www.senat.fr/senfic/gouteyron_adrien78006d.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chasse et p&#234;che&lt;/a&gt;, grand &lt;a href=&#034;http://www.senat.fr/seances/s200710/s20071002/s20071002007.html#int1045&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;admirateur&lt;/a&gt; de Brice Hortefeux (y en a peu, mais y a lui) descend de son train et nous pond &lt;i&gt;A quoi sert la Villa M&#233;dicis ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A quoi sert la Villa M&#233;dicis ?, par Adrien Gouteyron LE MONDE | 03.04.08 | (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Villa M&#233;dicis, quand j'ai pu y s&#233;journer, l'hiver 1984-1985, je n'avais &#233;crit qu'un seul livre. Je ne savais m&#234;me pas que c'&#233;tait accessible aux auteurs. C'est un des membres du pr&#233;-jury, m&#233;content des candidatures re&#231;ues, qui m'avait sorti &#231;a, au t&#233;l&#233;phone : &#8212; C'est des gars comme toi, qu'il faudrait... J'avais boucl&#233; le dossier en deux jours, n'ayant pas attendu qu'on m'offre le voyage pour savoir ce que l'Italie avait d'important &#224; nous apprendre. Plancher devant le jury (il y avait Pontus Hulten, Louis Marin) n'avait pas &#233;t&#233; une affaire formelle : on s'&#233;tait embarqu&#233; dans Dostoievski, l&#224;-dessus qu'ils me tarabustaient. J'avais fini par dire que Rome ou pas Rome j'&#233;crirais probablement la m&#234;me chose, et c'est ce qui avait d&#233;cid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditions mat&#233;rielles : prof Capes d&#233;butant avec prime de s&#233;jour &#224; l'&#233;tranger. C'&#233;tait confortable. Comme tous les autres, j'ai pu rembourser mes dettes les premiers mois, mettre un peu de c&#244;t&#233; les derniers mois, pour le retour. &#199;a voulait dire, comme les autres, qu'on bouffait des nouilles (mais romaines, ce qui change tout), et qu'on ne s'estourbissait pas de luxe. Les piaules &#233;taient sommaires. On avait droit le midi &#224; une &lt;i&gt;gamelle&lt;/i&gt; cuisin&#233;e &#224; l'italienne, qu'on y rapportait. Je marchais beaucoup, au moins 2 ou 3 heures par jour, l'apr&#232;s-midi, dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, que c'est tr&#232;s fort : on surplombe une m&#233;tropole, on en per&#231;oit la rumeur, mais on est dans un hors-temps, avec des souterrains romains, des blocs Renaissance, une &#233;l&#233;gance de tout. En pleine ville, on est livr&#233; &#224; la violence des saisons, les brouillards, la neige, le vent de mer. On nourrissait les chars du parc. Dans les ateliers, du ciment nu, des chevalets, de la glaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, pour rompre, ou par contraste, j'allais &#233;crire dans le barouf moderne, les galeries souterraines de la Stazione Termini. Parfois je prenais un train, pour Assise, ou Venise, dans ces semaines sans touristes. C'est une dette &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, par les &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article182' class=&#034;spip_in&#034;&gt;architectes&lt;/a&gt;, les musiciens (on jouait Scelsi, il venait souvent), tel sculpteur, tel graveur, sa propre discipline &#233;tait soudain replac&#233;e dans l'&#233;clairage des autres. Je ne connais pas de &lt;i&gt;pensionnaires&lt;/i&gt; qui aient &#233;chapp&#233; &#224; cela. Ou Georges Didi-Hubermann, qui avait d&#233;gott&#233;, dans une minuscule chapelle d'une &#233;glise grise et d&#233;centr&#233;e, une galerie o&#249; &#233;taient rassembl&#233;es les &lt;i&gt;preuves terrestres de l'existence du purgatoire&lt;/i&gt; : rigolade, certainement, mais quand c'est &lt;a href=&#034;http://www.vacarme.eu.org/article1210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Georges&lt;/a&gt; qui vous explique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, &#224; trois minutes, en descendant vers la piazza del Popolo, on tombait sur Caravage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est une &#233;norme chance, un &#233;norme luxe. Deux &#233;crivains par an, mine de rien sur dix ans, &#231;a en fait, des d&#233;butants &#224; qui on permet un terreau, un apprentissage, une solidit&#233;. Rome est un chantier de civilisation : Fellini venait se promener avec son chien dans le parc de la Villa, mais nous on &#233;tait confront&#233; en direct &#224; cette sc&#232;ne de &lt;i&gt;Roma&lt;/i&gt;, ou la fresque s'efface dans le chantier du m&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis mont&#233; &#224; mon tour sur le haut du &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article712' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Testaccio&lt;/a&gt;, &#224; l'endroit pr&#233;cis o&#249; je savais que Rabelais, puis Cervant&#232;s, &#233;taient mont&#233;s eux aussi. Ce sont de grands troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Villa a d&#233;riv&#233;. J'ai assist&#233; &#224; cette transition (j'ai &#233;t&#233; bri&#232;vement &lt;i&gt;d&#233;l&#233;gu&#233; des pensionnaires&lt;/i&gt; au conseil d'administration, j'avais eu &#224; m'opposer &#224; la bonne id&#233;e suivante : &#171; On supprime l'abonnement au Monde, s'ils veulent le lire ils n'ont qu'&#224; aller l'acheter, on remplace par T&#233;l&#233;rama, les artistes d'aujourd'hui doivent &#234;tre au courant de ce qui se passe dans l'image &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y ai serr&#233; la main de Balthus, de Moravia. C'est une &#233;poque bien s&#251;r r&#233;volue, cette aust&#233;rit&#233; que pr&#244;nait encore Jean Leymarie. Mais je n'ai pas vu les d&#233;fil&#233;s de mode dans les jardins, les expositions de voiture Renault dans la grande cour, les fiestas priv&#233;es des grandes banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant vingt ans, silence radio. Je suis retourn&#233;, quand m&#234;me. Clandestinement, ou presque. Marie NDiaye, puis Tanguy Viel m'y ont pr&#234;t&#233; chambre comme, dans mon propre s&#233;jour, j'avais laiss&#233; la cl&#233; aux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis un questionnaire, missionn&#233; par l'&#233;tablissement, avec des questions du genre : &#171; A votre retour, combien de temps avez-vous mis pour retrouver un travail ? &#187; A quoi j'avais r&#233;pondu, pr&#233;cis&#233;ment : vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Rolin a lanc&#233;, l'an dernier, un programme de lecture. Pour la premi&#232;re fois, je revenais officiellement &#224; la Villa M&#233;dicis, et c'&#233;tait pour une &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lecture Rabelais&lt;/a&gt;, dans le grand salon, rempli. On avait le sentiment d'une bonne &#233;nergie. Volodine, Michon, Jean Rolin et d'autres ont suivi : signe positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture a d&#233;clench&#233; un stage, &#224; l'universit&#233; Sapienza, &#224; l'initiative de Martine Van Geertruijden et Gianfranco Rubino : &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article182&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;deux jours, en d&#233;cembre&lt;/a&gt;. On avait &#233;mis l'id&#233;e qu'on puisse accueillir les &#233;tudiants &#224; la Villa, les salles ne manquent pas, et quel plaisir &#231;'aurait &#233;t&#233; pour les &#233;tudiants italiens : refus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors retour &#224; la lettre de monsieur le s&#233;nateur : Rome, ville p&#233;rim&#233;e ? Allons donc. C'est que vous ne savez pas regarder. Envoyer plut&#244;t les artistes &#224; Barcelone, &#224; New York ? Cultures France s'en charge, et m&#234;me plut&#244;t bien. Dire que la villa Kujoyama c'est une erreur, que les &#233;changes avec le Japon doivent se faire avec Tokyo et non Kyoto : mais, monsieur le s&#233;nateur, il y a un train ! Il s'appelle le Shinkansen, et on voit de &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/wcam/0401JP.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tr&#232;s beaux paysages&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Rome, on &lt;i&gt;apprend&lt;/i&gt;. Il y a l'histoire, l'accumulation. Il y a notre vieille civilisation &#224; ciel ouvert. Il y a l'histoire italienne, sa politique au pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, &#231;a ne sert &#224; rien. Pas plus que l'Ecole fran&#231;aise de Rome, qui continue d'y fouiller les tombes &#233;trusques, ou les villas souterraines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Trop &#233;loign&#233; du march&#233; de l'art &#187;, dit monsieur le s&#233;nateur : imparable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Lionel Jospin avait &#233;mis l'id&#233;e que la R&#233;publique pourrait se passer du S&#233;nat : il me semble, tant qu'&#224; faire des &#233;conomies, que le S&#233;nat co&#251;te bien plus cher &#224; la d&#233;mocratie qu'il ne lui rapporte. Et que la d&#233;pense pour le S&#233;nat est d'ordre d'1 &#224; 100, par rapport &#224; 15 salaires profs d&#233;butants par an, qui marqueront d&#233;finitivement le travail de ceux qui en b&#233;n&#233;ficient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, r&#233;apprendre &#224; ce lieu un peu de modestie. Lors de ce dernier passage Villa M&#233;dicis, revenant de la fac tard le soir, je me suis trouv&#233; &#224; traverser le pot d'adieu que la R&#233;publique offrait &#224; monsieur le repr&#233;sentant en Italie de Groupama, qui la sponsorise. J'en suis encore &#233;berlu&#233;. Le co&#251;t de la r&#233;ception, larbins, petits fours, lumi&#232;res, &#231;a devait &#234;tre &#224; peu pr&#232;s le co&#251;t d'une, deux ou trois bourses annuelles. Jamais vu publi&#233;, le budget r&#233;ception de la Villa M&#233;dicis : mais apr&#232;s tout, monsieur l'UMP, longtemps que c'est vous qui contr&#244;lez tout &#231;a, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que Renaud Camus n'ait rien compris, puisque vous l'embauchez pour vos arguments, &#231;a c'est tout aussi imparable... Tiens, l'an dernier c'&#233;tait &lt;a href=&#034;http://remue.net/revue/TXT0310Coher_01.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sylvain Coher&lt;/a&gt;. Cette ann&#233;e, &lt;a href=&#034;http://blog.lignesdefuite.fr/post/2007/05/08/ses-conditions-de-possibilite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C&#233;line Minard&lt;/a&gt; : boulot discret, boulot de fond. Vous les avez lus, ces deux-l&#224;, monsieur le vice-pr&#233;sident s&#233;nateur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous dites que la France est trop repr&#233;sent&#233;e &#224; Rome : les Am&#233;ricains, les Allemands, les Espagnols, les Belges, les Suisses, les Anglais ont maintenu &#224; Rome une structure d'accueil de jeunes artistes ou chercheurs, et ce c&#244;t&#233; international, ce n'est pas le moindre de ce qu'on en re&#231;oit. Mais est-ce que dans ce cas il ne faudrait pas commencer par supprimer l'ambassade de France aupr&#232;s du Vatican ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;321 s&#233;nateurs &#224; 6000 euros net (plus train et taxi gratuit) contre 15 artistes en r&#233;sidence, vous &#234;tes s&#251;r du c&#244;t&#233; o&#249; faire &#233;conomie ? Quant &#224; &lt;a href=&#034;http://www.france-vatican.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'ambassade de France pr&#232;s de le Saint-Si&#232;ge&lt;/a&gt;, &#231;a m&#233;rite visite du site : c'est beau comme Lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien &#231;a nous co&#251;te, les fonctionnaires et ambassadeurs titr&#233;s et tout &#231;a, pour s'incliner devant le Pape expert en modernit&#233; et progr&#232;s, avortement et mariage des pr&#234;tres, au nom de la Sainte Messe ? L&#224;, oui, Rome est profond&#233;ment ringard, mais c'est l'hypocrisie d'&#201;tat, comme le discours de votre monarque &#224; &lt;a href=&#034;http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2008/01/linstituteur-le.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Saint-Jean du Latran&lt;/a&gt; en octobre dernier, avec le cur&#233; qui passe avant l'instituteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci, sainte UMP de monsieur le s&#233;nateur, l'art &#231;a sert &#224; rien, vous nous le rappelez. Les livres &#231;a ne sert &#224; rien. Et tout ce monde-l&#224; en a peu &#224; faire, ni de votre monarque ni de votre pauvre petit parti sous-repr&#233;sent&#233; dans les assembl&#233;es... Alors allez-y, d&#233;truisez, cassez : Total accumule 56 milliards par an de b&#233;nef, et la BNP 8, et tous les autres. Ils sont rassur&#233;s, on sait dans ce pays qui est au service de qui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens, y a que l'Internet, justement...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A quoi sert la Villa M&#233;dicis ?, par Adrien Gouteyron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE MONDE | 03.04.08 | 14h24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qui s'int&#233;resse au rayonnement culturel de notre pays, l'ampleur de la &#034;bataille de la Villa M&#233;dicis&#034; suscite une grande perplexit&#233;. Endroit magnifique, poste prestigieux, vue incomparable : les qualificatifs n'ont pas manqu&#233; pour justifier les ambitions, expliquer les rancoeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un seul instant n'a &#233;t&#233; pos&#233;e la seule question qui vaille. Mais &#224; quoi sert donc encore en 2008 la Villa M&#233;dicis, h&#233;riti&#232;re de l'Acad&#233;mie de France &#224; Rome de 1666, dont les pensionnaires s'adonnaient &#224; l'&#233;norme labeur de copiste des plus fameuses effigies de l'Antiquit&#233; ? Maintenant qu'une commission pr&#233;sid&#233;e par Hugues Gall, compos&#233;e de grands esprits et de responsables &#233;minents des institutions culturelles, a &#233;t&#233; charg&#233;e de choisir le directeur de la Villa M&#233;dicis, n'est-il pas temps, apr&#232;s avoir c&#233;l&#233;br&#233; la magie de ces lieux, de s'interroger sur le sens de son action ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps des prix de Rome, Berlioz et Debussy l'ont fait &#224; leur fa&#231;on. L'interrogation se fait aujourd'hui plus pressante. Dans son Journal romain (&#233;d. POL, 1987), l'&#233;crivain Renaud Camus livrait ce diagnostic : &#034;Voil&#224; une institution qui &#224; l'&#233;vidence ne fonctionne pas. Elle co&#251;te cher &#224; l'Etat et ne lui rapporte un peu de prestige que par survivance, gr&#226;ce &#224; des souvenirs tr&#232;s lointains qui chez beaucoup de gens, heureusement, ne sont pas confront&#233;s aux faits. Il est certain qu'une politique de pur bon sens, dont Dieu sait que je ne la pr&#233;conise pas, la supprimerait.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, au terme d'un contr&#244;le approfondi, le s&#233;nateur Yann Gaillard, rapporteur du budget de la culture, &#233;crivait dans un rapport pass&#233; sous silence : &#034;Voil&#224; une acad&#233;mie qui n'a plus de tradition &#224; transmettre, qui groupe des laur&#233;ats sans aucun centre d'int&#233;r&#234;t commun (...). Qui invite, aux frais de la R&#233;publique, des artistes - au sens le plus large du terme - dans une capitale qui n'est plus, et depuis longtemps, un centre important de cr&#233;ation, m&#234;me &#224; l'&#233;chelle de l'Italie.&#034; Et de poser une question urgente : la villa M&#233;dicis, contenant superbe, a-t-elle encore un contenu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES AMBASSADES NOMADES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondre &#224; la question, c'est rappeler que pour le peuple de Rome, cette Villa est la leur : son ouverture aux visiteurs a constitu&#233; un progr&#232;s important. Mais, alors que la revue g&#233;n&#233;rale des politiques publiques invite &#224; rationaliser, &#224; red&#233;ployer les moyens, pour r&#233;inventer notre action culturelle &#224; l'&#233;tranger, y a-t-il r&#233;ellement une place pour la Villa, centre culturel de luxe, en marge des trois ambassades que notre pays entretient &#224; Rome, sans &#234;tre compl&#232;tement int&#233;gr&#233;e au service culturel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, l'avenir de l'action culturelle &#224; l'&#233;tranger passe-t-il par des lieux, fussent-ils plein de charme, &#224; l'heure o&#249; Internet et le num&#233;rique ont aboli quasi compl&#232;tement les fronti&#232;res ? Il faut r&#233;nover de fond en comble l'id&#233;e de pr&#233;sence culturelle, en inventant des ambassades nomades, porteuses d'initiatives et de partenariats nombreux, dans les lieux les plus divers possibles. Le rayonnement culturel passe d&#233;sormais par une fluidit&#233; accrue des &#233;changes artistiques : nos postes culturels doivent donc jouer la carte de la mobilit&#233;, du &#034;sans-lieu fixe&#034;, et abattre les murs de centres et de villas encore trop coup&#233;s du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne nommons donc pas un directeur dans les murs de la Villa M&#233;dicis, &#224; l'&#233;cart des lieux les plus en vue de la cr&#233;ation contemporaine et, osons-le mot, du march&#233; de l'art. Ce n'est pas &#224; Rome que se trouve le Bateau-Lavoir du XXIe si&#232;cle. La commission d'Hugues Gall ne devrait pas &#234;tre l&#224;, par ailleurs, pour choisir un ma&#238;tre h&#244;telier, offrant le g&#238;te et le couvert &#224; quelques pensionnaires tri&#233;s sur le volet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;servons la belle id&#233;e d'offrir &#224; nos artistes un moment de respiration propice &#224; leur cr&#233;ation, mais en leur offrant aussi un acc&#232;s au monde fascinant d'aujourd'hui. Luttons contre le travers si fran&#231;ais qui consiste &#224; cr&#233;er ou maintenir des r&#233;sidences d'artistes dans des villes au patrimoine formidable, mais o&#249; ne bat pas toujours assez le coeur de la vie : &#224; entretenir une r&#233;sidence d'artistes, au bord de la M&#233;diterran&#233;e, &#224; Rome plut&#244;t qu'&#224; Barcelone, &#224; cr&#233;er une villa Kujoyama &#224; Kyoto plut&#244;t qu'&#224; Tokyo. Il existe aujourd'hui d'innombrables bourses de cr&#233;ation, de multiples r&#233;sidences d'artistes entretenues par la France de par le monde, fruit des initiatives parfois concurrentes du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res et du minist&#232;re de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nommons un directeur d'une &#034;Villa M&#233;dicis hors les murs&#034;, charg&#233; de mener une profonde modernisation de ces r&#233;sidences d'artistes, de rebattre les cartes des lieux, de coordonner les programmes, de rationaliser les moyens : voil&#224; quel pourrait le sens de la commission d'Hugues Gall, qui s'&#233;garerait si elle enfermait dans un palais romain l'ambition que notre pays doit avoir pour ses artistes &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adrien Gouteyron est vice-pr&#233;sident du S&#233;nat, s&#233;nateur UMP de la Haute-Loire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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