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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>34 | Les Ondes, en face la Maison de la radio</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>2001</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre, Claude </dc:subject>
		<dc:subject>Kolt&#232;s, Bernard-Marie </dc:subject>
		<dc:subject>Piccoli, Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Paris, Bernard-Marie Kolt&#232;s, Michel Piccoli, Claude Guerre, 2001&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1072" rel="tag"&gt;2001&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot421" rel="tag"&gt;Guerre, Claude &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot256" rel="tag"&gt;Kolt&#232;s, Bernard-Marie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1073" rel="tag"&gt;Piccoli, Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot326" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;34 | Les Ondes, en face la Maison de la radio&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu une premi&#232;re fois &#224; la Maison de la radio et je m'en souviens avec pr&#233;cision, mais sans passer par la case bistrot ni la case cantine : le bistrot c'est en face l'entr&#233;e B, &#231;a s'appelle Les Ondes et &#231;a reste une institution, peut-&#234;tre qu'on le recroisera &#224; mesure du r&#233;cit &#8212; les p&#233;riodes o&#249; on travaillait sur les feuilletons et que c'est &#224; deux ou trois, avec le r&#233;alisateur et l'ing&#233; son, la cantine de service, les croisements qu'on y a avec des gens du m&#233;tier qu'on ne verrait pas autrement, ou simplement attendre une &#233;mission parce que &#231;a permet tranquillement de se concentrer m&#234;me si tu es venu &#224; pied depuis le m&#233;tro Passy, parfois m&#234;me en descendant en amont, de l'autre c&#244;t&#233; de la Seine, pour le plaisir de passer sous ce pont-viaduc qui semble vou&#233; aux photos de mariages avec la Tour Eiffel en fond, et puis passer les sas de s&#233;curit&#233;, dans chacun de ces bistrots vou&#233;s aux habitudes tu connais aussi les toilettes en sous-sol, et c'est une question d'architecture : le b&#226;timent circulaire tu le connaissais d&#232;s la premi&#232;re visite &#224; Paris dans le bus de tourisme avec le petit syst&#232;me audio pour voir l'Arc-de-Triomphe, l'Op&#233;ra et tout ce que tu avais oubli&#233; quasi aussit&#244;t puisque ce qui comptait c'&#233;tait &#231;a, la foule, l'odeur du m&#233;tro et sa sourde vibration qui remontait jusque dans l'exigu appartement de la tante rue Ordener, un b&#226;timent qui rayonnait de toutes ses portes comme &#233;taient cens&#233;es se diffuser les Ondes mais longtemps qu'on y avait num&#233;rot&#233; les entr&#233;es, plus portique et d&#233;p&#244;t de carte d'identit&#233; alors tu essayais de te souvenir pour les coursives et la petite passerelle radiale au premier &#233;tage, puis le num&#233;ro de la pi&#232;ce o&#249; &#233;tait le rendez-vous, sixi&#232;me &#233;tage si c'&#233;tait France Culture, une fois des vigiles mastards et tu te serais presque senti coupable d'exister mais non c'&#233;tait cette vieille grenouille racornie &#224; &#339;il de verre du parti d'extr&#234;me-droite puisqu'on les re&#231;oit ici bras ouverts et une autre fois, avec Maryse Haz&#233; qui le pilotait, la silhouette finalement bien plus petit que tu croyais de Johnny Halliday, les souvenirs plus forts c'est les trois quarts d'heure avec Kolt&#232;s, quelques mois avant sa mort, un jour que Veinstein &#233;tait en retard (il &#233;tait toujours en retard) ou comment tu apprends par hasard, l&#224; parce que tu attends, une mort qui te touche, ou encore cette invitation au 13 heures d'Inter o&#249; tellement rien &#224; dire qu'ils avaient &#233;voqu&#233; ces chats d&#233;couverts &#224; l'ambassade am&#233;ricaine de Moscou et para&#238;t-il porteurs d'un micro dans la queue et puis avec Michel Piccoli et encore Maryse Haz&#233; en traversant les couloirs d&#233;serts de l'apr&#232;s coup de bourre du midi Piccoli avait reparl&#233; des derni&#232;res heures de Kolt&#232;s, lui d'un c&#244;t&#233;, sa m&#232;re de l'autre et en arrivant &#224; Montparnasse ce qui bruissait d&#233;j&#224; des attentats du 11 septembre ah &#231;a valait le coup pour ton bouquin de d&#233;cocher enfin le 13 h d'Inter mais les Ondes, tout en bas en face l'entr&#233;e B, indissociables de la cantine au 8&#232;me et de la vue qu'on y a, c'est si loin cette p&#233;riode o&#249; on invitait les auteurs &#224; bosser directement dans le monde des micros et de la fabrication d'histoires, tout ce que tu as appris &#224; le faire et comme probablement tu n'aurais jamais avanc&#233; dans le num&#233;rique de la m&#234;me fa&#231;on, se souvenir m&#234;me des bruiteurs, ou de la jeune am&#233;ricaine qui venait lire (mieux que toi) les citations de Bob Dylan ou des Rolling Stones, la fa&#231;on dont Claude Guerre venait danser devant ton ventre quand tu faisais tes monologues pour les rythmer et donc cette sorte de vertige lent quand tu te retrouvais &#224; la cantine avec le plateau entr&#233;e plat dessert tarif invit&#233;, les crudit&#233;s et le steak frites plus mousse au chocolat quoique plut&#244;t industrielle, passer entre les tables pour aller remplir la carafe d'eau et le d&#233;calage avec tes commensaux qui mangent l&#224; depuis tant d'ann&#233;es et continueront tant d'ann&#233;es &#8212; la liste &#224; faire de toutes les cantines o&#249;, toi de passage, tu as &#233;prouv&#233; la m&#234;me sensation, sinon qu'ici tu te sentais vaguement chez toi et que c'est seulement ensuite que tu comprenais que non ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mes &lt;a href=&#034;https://www.patreon.com/posts/un-recapitulatif-59705478&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;trois feuilletons rock pour France-Culture&lt;/a&gt; et autres ressources (sur Patreon)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://www.patreon.com/posts/du-veinstein-au-56954859&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;du Veinstein au lendemain, archives radio&lt;/a&gt; (sur Patreon)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article153' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cette jeune Noire tout en haut du World Trade Center&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> 11.09.2001 | cette jeune Noire tout en haut du World Trade Center</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>vie quotidienne (questions sur la)</dc:subject>
		<dc:subject>New York &amp; USA</dc:subject>
		<dc:subject>routes, voyages</dc:subject>
		<dc:subject>2001</dc:subject>
		<dc:subject>Piccoli, Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Kolt&#232;s, Bernard-Marie </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;11 septembre 2001 : du visage et du nom&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;grognes &amp; soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton153.jpg?1352732083' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;i&gt;chaque ann&#233;e le 11 septembre, depuis le d&#233;but du blog en 2005, cette page revient en Une&lt;/i&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Mon livre &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/mecanique.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;canique&lt;/a&gt; venait de sortir, j'avais voulu de mon p&#232;re &#8211; d&#233;c&#233;d&#233; brusquement au mois de d&#233;cembre pr&#233;c&#233;dent &#8211; comme un bronze mortuaire. La semaine suivante devaient para&#238;tre un article dans le Monde et un autre dans Lib&#233;ration, la &lt;i&gt;rentr&#233;e litt&#233;raire&lt;/i&gt; n'&#233;tait pas encore devenue cette cacophonie grandissante et normalisatrice en voie d'acc&#233;l&#233;ration suicidaire. J'&#233;tais, le 11 septembre 2001, invit&#233; au 13h de France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre invit&#233; de leur magazine, c'&#233;tait Michel Piccoli. On a &#233;voqu&#233; Kolt&#232;s. L'&#233;mission finie, avec Maryse Haz&#233; et Piccoli, on a prolong&#233; : les couloirs &#233;taient d&#233;serts, on &#233;tait l&#224; debout, et Michel Piccoli nous disait, l&#224; dans un coin de couloir &#8212; et simplement peut-&#234;tre parce que personne ne le lui demandait jamais plus, ce qu'avaient &#233;t&#233; les derni&#232;res heures de &#171; Bernard &#187;, qu'avec la m&#232;re de Kolt&#232;s il avait veill&#233; jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait 14h35 quand nous avons travers&#233; la r&#233;daction d'Inter pour reprendre l'ascenseur. L'immense salle de r&#233;daction, &#233;crans branch&#233;s en direct sur les agences de presse du monde tout entier, &#233;tait quasi d&#233;serte, et les &#233;crans vides. Les gens revenaient doucement de la caf&#233;t&#233;ria, deux &#233;tages plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 11 septembre 2001, &#224; 13h heure de Paris, le monde &#233;tait calme : au point qu'au journal d'Inter ils avaient &#233;voqu&#233; une histoire un peu vaseuse : &#224; Moscou, dans les locaux de l'ambassade am&#233;ricaine, on avait trouv&#233; des chats &#233;quip&#233;s de micro sur la queue pour espionnage incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pris le TGV de 15h20, je suis arriv&#233; chez moi &#224; 16h30, dans cette heure si famili&#232;re du train, rien du bruit du monde n'aurait pu nous rejoindre, et pareil probablement lorsque je suis rentr&#233; chez moi : un bel apr&#232;s-midi, oui, et tranquille. C'est &#224; cause de notre fils a&#238;n&#233;, qui a t&#233;l&#233;phon&#233;, quoi : vingt minutes apr&#232;s ? Il avait entendu &#231;a dans le m&#233;tro. Je me souviens lui r&#233;torquer, pour le calmer : &#8212; Les Parisiens, ils exag&#232;rent tout. Les deux tours on les conna&#238;t, nous, on est mont&#233;s dedans... On a c&#226;bl&#233; une antenne portable sur l'appareil &#224; passer les cassettes vid&#233;o, l'image n'&#233;tait pas tr&#232;s belle (on se passait de t&#233;l&#233;vision) mais on a vu la premi&#232;re, puis la seconde tour s'&#233;crouler en direct. Ensuite, l'image s'est mise en boucle. Elle continue, en boucle pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est vrai qu'on &#233;tait mont&#233;s dedans, &#224; peine une poign&#233;e de mois plus t&#244;t. On &#233;tait rest&#233;s fascin&#233;s. On &#233;tait mont&#233;s pour faire les touristes, on avait d&#251; rester pr&#232;s de deux heures. C'&#233;tait presque vide. Je me souviens de la jeune serveuse parce que, pour du lait &#224; mettre dans le th&#233;, je ne savais pas o&#249; trouver, elle m'avait aid&#233;... C'est son visage que je portais, de son visage que je parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, au second &#233;tage, nous &#233;tions rest&#233;s longtemps dans cette immense librairie, et j'avais compl&#233;t&#233; ma bibliographie pour ma &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/stones.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biographie Rolling Stones&lt;/a&gt; : des livres sur le rock que je n'aurais pas trouv&#233; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais &#233;crit ce texte &#224; la demande express des Inrockuptibles, mais apr&#232;s ils avaient d&#233;cid&#233; que nous, auteurs fran&#231;ais, on &#233;tait moins vendeurs que des auteurs am&#233;ricains pour en parler : Bourmeau &#233;tait bien emb&#234;t&#233; de me dire &#231;a au t&#233;l&#233;phone, mais apparemment les d&#233;cisions se prenaient au-dessus de lui. C'est dans Le Temps, &#224; Gen&#232;ve, que c'&#233;tait paru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 septembre 2001, on mettait &lt;a href=&#034;http://www.remue.net/bulletin/TB010915.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne sur remue.net&lt;/a&gt; une premi&#232;re suite de textes, avec ces mots de Marguerite Duras :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tout doit &#234;tre cass&#233; autour. Tout va mourir ? Tout va-t-il finir ? S'arr&#234;ter ? Aussi bien les larmes, l'amour, la mort ? Le sentiment ?&lt;br/&gt;
On ne sait plus.&lt;br/&gt;
C'est un mauvais jour. Serait-ce cela ? Seulement &#231;a, un mauvais jour ? On ne sait plus rien de fa&#231;on claire. On a 100 ans tout &#224; coup. On pleure.&lt;br/&gt;
On voudrait pleurer davantage, et puis non c'est trop, mais personne ne le dit.&lt;br/&gt;
Les cris des femmes, ceux des enfants ? Ca continuerait donc ? Oui, &#231;a continue. On est en vie. Comme la guerre. Lire &#231;a : qu'on est en vie.&lt;br/&gt;
Ce serait un mauvais jour ? On essaie de d&#233;tecter une connaissance d&#233;lav&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens encore, aujourd'hui, de la voix de Piccoli, ce 11 septembre &#224; 14h35 heure de Paris, disant la fin de Bernard-Marie Kolt&#232;s, une main tenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde &#224; nouveau cette photo de brume sur Manhattan, que j'avais faite depuis l'&#233;tage sup&#233;rieur du World Trade Center, deuxi&#232;me tour, quoi ? Quatorze mois plus t&#244;t, exactement. C'est ce que voyait encore le visage qui n'aura pas nom, le matin m&#234;me, peut-&#234;tre, du 11 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Autre r&#233;f&#233;rence au 11 septembre 2001 dans tiers livre &#224; propos de cette performance &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article1129' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sur des images de Robert Cantarella&lt;/a&gt;, au 104/pr&#233;figuration en juin 2007. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voir tiers livre images en &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article112&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avril 2007&lt;/a&gt; &#8211; plus, ci-dessous, World Trade Center, juillet 2008. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; lire : le t&#233;moignage de &lt;a href=&#034;http://remolino.qc.ca/2010/09/12/neuf-ans-plus-tard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cl&#233;ment Laberge&lt;/a&gt; et, du m&#234;me, &lt;a href=&#034;http://remolino.qc.ca/2011/09/10/au-coeur-de-lhistoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au coeur de l'histoire&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce texte, mis en ligne sur Tiers Livre le 11 septembre 2005, repassera en Une du site chaque 11 septembre, pendant dur&#233;e &#224; d&#233;finir. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Photo du haut : FB, WTC, mai 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;WTC&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon | D'un &#233;croulement &#233;videmment int&#233;rieur&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;du visage et du nom, &#224; propos du 11 septembre 2001&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on affronte, par l'&#233;croulement qui persiste dans la r&#233;tine, chute comme infinie et sans terme, est d'abord int&#233;rieur. J'ai explor&#233; pendant tout un an le mur de Berlin, tout le pourtour du mur de Berlin, l'ann&#233;e 1988, d'Oberbaumbr&#252;cke &#224; Glienicke ou Potsdam, et je suis revenu onze mois plus tard &#224; Berlin dans cet &#233;tonnement de la traverse, de la rue qui continue droit dans la ville. Le mur surgissait comme obstacle dans la compr&#233;hension ant&#233;rieure, on avait du mal &#224; en chasser le fant&#244;me, mais on n'en voulait plus. On en gardait un &#233;clat peint sur sa table, mais qu'il cesse &#233;tait une vie neuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai assist&#233; &#224; l'effondrement de tours qu'on souffle. Particip&#233; &#224; ces f&#234;tes qu'on organise, parce que cet habitat mutil&#233; des folies soixante-dix ne peut avoir apoth&#233;ose qu'en finissant ainsi : un &#233;tage qu'on dynamite, et les &#233;tages sup&#233;rieurs enfoncent ceux d'en dessous, il ne reste plus que poussi&#232;re et tant mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai connu Bombay et Moscou, mais j'ai &#233;t&#233; effray&#233; la premi&#232;re fois que j'ai march&#233; dans ces entailles de vent qu'est Manhattan, hiss&#233;e sur les eaux. J'ai &#233;t&#233; fascin&#233; par le World Trade Center : on y entre en touriste, et puis tout l&#224;-haut, vous savez, dans ce balancement l&#233;ger qu'avait le b&#226;timent dans le ciel, on reste une heure et puis deux, comme en hypnose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions assis dans cette caf&#233;t&#233;ria paradoxalement d&#233;serte ou presque, o&#249; d'un coup va se modifier toute votre compr&#233;hension de la ville, votre compr&#233;hension du monde. Alors on s'&#233;tait attard&#233;, tout le temps que le soleil baisse, on avait repris du th&#233; et du caf&#233;, et aujourd'hui c'est ce regard et ce visage de la jeune serveuse noire, alors que je lui demandais ce petit rien pour compl&#233;ter ma commande, mais qu'on ne se comprenait pas. Si on s'&#233;tait compris de suite, aujourd'hui je ne me souviendrais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aim&#233; ce labyrinthe souterrain qu'organisait sous lui le World Trade Center, j'ai derri&#232;re moi des livres que j'y ai achet&#233;s dans la tr&#232;s grande librairie du rez-de-chauss&#233;e, je bois mon caf&#233;, depuis, dans un mug d'une &#233;trange quincaillerie du sous-sol de ce qui se voulait un r&#233;sum&#233; du monde, une apoth&#233;ose folle du monde. Berlin, on voulait imaginer que le mur avait cess&#233;, on ne pouvait pas. Sur place, oui, on acceptait la respiration neuve. L&#224;, si j'imagine, revient visage de la jeune serveuse noire, dans la caf&#233;t&#233;ria tout en haut et oscillante, presque vide, avec vue sur monde, dans la &lt;i&gt;deuxi&#232;me tour&lt;/i&gt;, puisque maintenant on sait les compter. Je veux imaginer plus, je ne peux pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'image de cet effondrement &#224; jamais perp&#233;tuel, l'effondrement qui jamais ne touche le sol. C'est le visage de cette fille, et puis le mot &#233;gorg&#233;. Nous, ce matin-l&#224;, dans l'avion &#233;gorg&#233;s, sans image. Reste quoi, peut-&#234;tre ce qu'a photographi&#233; Cartier-Bresson en 1945, bien avant les Twins : l'entaille de vent dans le haut ciment de Manhattan, et cet homme assis par terre, face &#224; un chat. Si on affronte sans vaincre l'image int&#233;rieure, c'est parce que c'est nous-m&#234;mes qu'on y voit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me manquera &#224; jamais son pr&#233;nom, &#224; la jeune fille noire, et c'est peut-&#234;tre cela l'obsession : non pas aux images, mais aux noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que personne n'aura eu de nom, les morts m&#234;me n'auront pas nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; F Bon _ sept 2001&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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