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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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<item xml:lang="fr">
		<title>54 | manger de la t&#234;te de veau &#224; Illiers-Combray</title>
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		<dc:date>2022-01-02T12:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Illiers-Combray</dc:subject>
		<dc:subject>Proust, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>2013</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Illiers-Combray, 2013, Marcel Proust&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1043" rel="tag"&gt;Illiers-Combray&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Proust, Marcel &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1044" rel="tag"&gt;2013&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication n'est pas chronologique, et sera compl&#233;t&#233;e progressivement par une suite de mots-cl&#233;s spatialis&#233;s, liens vid&#233;os ou Google Street View etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi lire et naviguer depuis la page des &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;54 | manger de la t&#234;te de veau &#224; Illiers-Combray&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Avancer alors par contraste, par loi du rien &#224; voir, pas pas comprendre pourquoi c'est &#231;a maintenant qui vient, Illiers-Combray un matin o&#249; tu ne visites pas la maison de tante L&#233;onie, cet &#233;l&#233;ment intervenant de fa&#231;on si symbolique parmi les trois ou quatre maisons qui ont forg&#233; la maison de Combray dans ce sommet de litt&#233;rature qu'est &lt;i&gt;&#192; la recherche du temps perdu&lt;/i&gt;, la difficult&#233; au d&#233;but, le blocage d'avant lire et puis une fois r&#233;solu comment et pourquoi y revenir toujours, donc cette fois non pas la maison-mus&#233;e (tu la connaissais, mais l&#224; c'&#233;tait pour ton essai &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction&lt;/a&gt;, ce que tu voulais c'est comprendre les rues, le bourg, les distances, les ponts, les traces sur un pignon de l'ancien garage Simca et les fringues que vendaient les trois remorques &#224; auvent sur le march&#233;), alors ce creux ou ce d&#233;pli du temps : non pas &#233;crire, pas m&#234;me la volont&#233; d'&#233;crire, juste capter, juste laisser se construire en soi-m&#234;me ce comprends pas ou cet &#233;tat fixe et latent des choses, leur dimension, le go&#251;t de l'air et du vent et la lourdeur du parler, les signes sur les affiches et les annonces municipales concernant les jours et quotas de chasse, tu avais photographi&#233; des portes, des murs, des portails, tu avais cette obsession de la photographie frontale (c'est encore, c'est toujours), la suite des portes ferm&#233;es au long de la Vivonne qui l&#224;-bas est simplement le Loir m&#234;me si le patelin a &#233;t&#233; rebaptis&#233; (c'est bien le seul en France qui ait chang&#233; son nom pour sa projection fictive dans un livre probablement pas mieux ou plus lu ici qu'ailleurs), si ce que tu cherchais c'est ce moment o&#249; le p&#232;re du narrateur sort de sa poche une cl&#233; et qu'on se retrouve sans avoir compris ni pourquoi ni comment dans le jardin de la maison apr&#232;s la promenade du c&#244;t&#233; de Guermantes, trouver dans les vieux murs de pierre au long du Loir (c'est parfaitement fictif dans la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt;) et ces portes de bois pourries d&#233;labr&#233;es par en bas, au long de potagers mi abandonn&#233;s, ce qui serait la porte d'entr&#233;e m&#234;me vers la fiction et le livre, parce que justement tu en as photographi&#233; une s&#233;rie, de ces portes, serrures, grilles et cadenas, alors un peu avant 13 h parce que dans ces pays mieux vaut rester dans les heures conventionnelles entrer dans ce bistrot plat du jour, soudain tr&#232;s sombre, tout sombre mais on te fait signe (ou bien le traditionnel pour manger ?) de continuer vers l'arri&#232;re jusqu'&#224; ce jardin minuscule transform&#233; en terrasse et c'est l&#224; puisqu'il fait beau qu'on vous sert, il n'y a pas vraiment de carte mais un tableau &#224; la craie avec les entr&#233;es fa&#231;on buffet (revenir dans l'entr&#233;e plus sombre, s'y rep&#233;rer parmi salade de lentilles, p&#226;t&#233; de campagne et saucisson cornichons, radis et carottes r&#226;p&#233;es, les assiettes &#233;tant d'un format plus petit que pour le plat principal) et que sur le tableau il y avait indiqu&#233; t&#234;te de veau comme plat du jour, d'ailleurs sur la petite terrasse mais qui finissaient d&#233;j&#224; leur repas c'&#233;tait visiblement des gars qu'on trouve d&#233;sormais dans ces haltes, occup&#233;s au r&#233;seau &#233;lectrique, aux travaux routiers, aux pyl&#244;nes de t&#233;l&#233;communication, t&#234;te de veau pourquoi pas, apr&#232;s tout dans le ciel frais et bleu p&#226;le de ce printemps, et ton livre dans sa phase ultime (sinon tu ne serais pas venu l&#224; te confronter &#224; une r&#233;alit&#233; justement trompeuse pour vouloir se conformer &#224; une id&#233;e d'ailleurs en partie factice de la Recherche) toi tu voyais dans cette inscription pr&#233;sent&#233;e &#224; la main par cette serveuse avec qui on discuterait forc&#233;ment (&#171; Vous venez pour quoi, mais dit si discr&#232;tement, vous faites des photos ? &#187;) une fois tous les autres clients partis et qu'elle, l'&#233;tablissement ne travaillant que le midi, serait repartie vers Chartres o&#249; elle habitait, c'&#233;tait sa seconde saison ici et oui Proust &#171; elle savait, un jour il faudra que je lise &#187; mais tellement plus proche en cela de Proust et ses personnages lanc&#233;s comme des pierres fixes tout au long de sa galaxie mouvante, avec leur parler et leurs gestes ou leurs phobies &#8212; cette servante embauch&#233;e par Fran&#231;oise qui ne supportait pas les asperges &#8212;, je ne savais pas trop en fait ce qu'&#233;tait ce plat pourtant traditionnel et autrefois populaire de la t&#234;te de veau, ces parties un peu molles et non nobles, d&#233;laiss&#233;es, mais assembl&#233;es et cuites dans leurs consistances multiples et c'&#233;tait &#224; bien plus bas prix que les viandes offertes au commerce, donc dans cette assiette contemplant les couleurs de la t&#234;te de veau et y ayant ajout&#233; un verre de vin local moi je me disais que jamais je n'avais &#233;t&#233; si pr&#232;s du b&#339;uf en gel&#233;e qui de Fran&#231;oise &#224; Norpois est objet parfaitement et uniquement litt&#233;raire, ensuite j'avais pris un double caf&#233; et l'avait laiss&#233;e bien s&#251;r repartir au plus vite vers Chartres par cette route &#233;troite mais toute droite sur la Beauce, en retraversant le bourg je m'&#233;tais dit que le plus proustien c'&#233;tait bien l'enseigne du minuscule h&#244;tel &#224; l'enseigne de l'h&#244;tel du Temps, m&#234;me si je d&#233;couvrirais plus tard, le mois de septembre qui suivrait, de retour pour ce colloque et dormant deux nuits &#224; l'h&#244;tel du Temps, qu'il s'appelait comme &#231;a bien avant que le bourg se d&#233;baptise d'Illiers en Illiers-Combray, on d&#233;jeunerait et d&#238;nerait plusieurs fois &#224; Combray dont un midi dans ce m&#234;me bistrot mais ce n'&#233;tait plus ni la m&#234;me serveuse ni la m&#234;me ardoise, souvenir redevenu tout banal, et puis cet apr&#232;s-midi du dimanche avant la lecture que je devais faire une fois les participants au colloque de retour, dans le deuxi&#232;me &#233;tage am&#233;nag&#233; sous charpente de la maison-mus&#233;e, ces deux heures o&#249; nous serions absolument seuls dans les chambres, salons, escalier, le stagiaire complice de service &#224; l'accueil bouquinant un livre de droit &#224; sa caisse et content qu'on n'ait pas besoin finalement de ses services, en tout cas les deux moments, la d&#233;ambulation dans le silence de la maison-mus&#233;e vide et cinq mois plus t&#244;t la t&#234;te de veau tout aussi proustienne que la lanterne magique sur la table de chevet, mais pas si factice, restant comme deux p&#244;les vibrant o&#249; stocker les autres &#233;l&#233;ments de souvenir.&lt;/p&gt;
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