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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>37 | les soirs &#224; Moscou, Oktobrska&#239;a Plochad</title>
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		<dc:date>2022-01-09T06:10:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Moscou</dc:subject>
		<dc:subject>1978</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : URSS, Moscou, 1978, Roland Barbier&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1036" rel="tag"&gt;Moscou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tierslivre.net/spip/spip.php?mot1037" rel="tag"&gt;1978&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;37.	Les soirs &#224; Moscou, Oktobrska&#239;a Plochad&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Moscou, 1978, de mi juillet &#224; mi octobre : ne pas savoir qui on &#233;tait int&#233;rieurement, partir &#224; la recherche de qui on &#233;tait int&#233;rieurement, n'avoir pas tant d'int&#233;r&#234;t que &#231;a pour qui on pouvait &#234;tre int&#233;rieurement, avoir encore pourtant des fils &#224; d&#233;tacher avec qui on pouvait &#234;tre int&#233;rieurement, mais avoir plut&#244;t conscience de l'inverse : ce qui est vivant en toi, ce qui est fragile en toi, ce qui te garde dans le chemin, ce qui t'&#233;carquille les yeux sur l'&#233;blouissant devant quand tu chasses des bras tout ce que tu as pu b&#226;tir depuis (je parle des livres) pour te concentrer sur ce qui vient, tu sais bien que cela te relie &#224; qui tu &#233;tais int&#233;rieurement &#8212; et pourtant tu ne vois pas en lui, et lui-m&#234;me tu ne le vois pas, d'ailleurs tu n'as aucune photo sinon celle arrach&#233;e de ton passeport quand il avait &#233;t&#233; p&#233;rim&#233; et qu'il avait fallu le rendre (comme on &#233;tait lest&#233; d'argent &#224; d&#233;penser sur place, roubles dits non convertibles, tu avais achet&#233; un appareil photo Zenith, enroul&#233; une pellicule de 26 poses et photographi&#233; l'h&#244;tel, ta chambre, toi, puis la Moskva sous le haut contrefort du Kremlin mais tu ne l'avais jamais fait d&#233;velopper, la pellicule, et un peu plus tard donn&#233; l'appareil), mais il te reste, pour te placer derri&#232;re les yeux de qui tu &#233;tais int&#233;rieurement, la possibilit&#233; tr&#232;s lacunaire et opaque, comme une nuit &#8212; m&#234;me si c'&#233;tait une nuit claire, avec des franges joyeuses, et l'usine une grande curiosit&#233; &#8212; avec des &#233;clats de lumi&#232;re, et ce que tu vois c'est cette immense salle de restaurant au rez-de-chauss&#233;e de l'h&#244;tel, o&#249; les repas duraient trois heures mais la petite frange des h&#233;berg&#233;s pour raison de service, c'&#233;tait notre cas (Barbier l'ing&#233;nieur mangeait dans sa belle famille, mais on avait avec nous un ajusteur et un c&#226;bleur, je ne d&#238;nais pas tous les soirs avec eux deux, ils s'autosuffisaient l'un &#224; l'autre et, comme c'&#233;tait leur vie de toujours et pour toujours, s'y &#233;taient acclimat&#233;s, n'avaient pas vraiment go&#251;t ni attention pour la ville), on avait une petite salle en bout o&#249; le service &#233;tait relativement plus rapide, on s'en tirait en moins d'une heure, dans la grande salle un orchestre jouait et ce n'&#233;tait ni original ni emballant, pour eux la musique c'&#233;tait comme la machine &#224; souder pour mon ajusteur et mon c&#226;bleur, quelque chose qu'il fallait faire mais je me souviens qu'on avait fini par discuter, leurs trois mots d'anglais et mes trois mots de russe, le guitariste et un autre &#233;taient mont&#233;s dans ma piaule on avait &#233;cout&#233; sur mon mini Telefunken Fran&#231;ois Jeanneau et Henri Texier, ce sont les noms qui me reviennent, au d&#233;part je leur avais laiss&#233; les cassettes, et donc ces temps &#8212; ce qu'on mangeait je ne saurais le pr&#233;ciser sinon qu'on avait soupe en entr&#233;e, mais les autres restaurants ouverts aux non Russes c'&#233;tait encore bien pire pour l'ambiance et la dur&#233;e &#8212;, c'est cette attente contrainte qui me sert de passerelle, la r&#233;sonance de la grande salle et son lustre dans l'attente du service, puis remonter ensuite dans les &#233;tages, &#224; chaque bout de couloir une dame en g&#233;n&#233;ral &#226;g&#233;e et envelopp&#233;e immobile pr&#232;s du samovar et tu en prenais une tasse avant dans la chambre de rentrer lire, h&#244;tel Oktobrskaya pr&#232;s de la place Oktobrska&#239;a Plochad, un peu plus de trois mois comme &#231;a arriv&#233;s juillet et quand reparti &#231;a sentait d&#233;j&#224; l'hiver.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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