46 | Saint-Pierre des Corps, un bon quart de siècle puis Class’Croûte

tags : gares, Saint-Pierre des Corps, 2021


Ce texte est un fragment d’un travail en cours, amorcé le 20 décembre 2020 et non destiné à publication hors site (pour l’instant).

Le principe est d’aller par une phrase par lieu précis de remémoration, et d’établir la dominante sur la description même, si lacunaire qu’elle soit, du lieu — donc public, puisque bar, bistrot, resto — de la remémoration.

La rédaction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s’appuie principalement sur la navigation par mots-clés depuis la page des index lieux, noms, dates.

Point régulier sur l’avancée de ce chantier dans le journal #Patreon.

 

46 | Saint-Pierre des Corps, un bon quart de siècle puis Class’Croûte


Revenu hier vers 13 h 30 de déposer un de mes fistons à la gare de Saint-Pierre-des-Corps, routine d’un trajet centaines de fois fait, un froid d’hiver sec et clair : évidemment qu’en d’autres temps, entre ce moment précis et le retour maison reprise ordi il y aurait eu arrêt prendre un café — longtemps, le hall même de la gare accueillait un « buffet », les deux garçons (une serveuse aussi, les trois dernières années, mais ça avait été l’exception) pas toujours de bon poil et pas toujours parés instantanément au service, révolté même parfois de la façon dont ils traitaient familles avec trop de valises à leur gré, ou voyageurs trop manifestement étrangers mais cette rançon-là était la garantie que l’intérêt propre du buffet était lui-même et pas ses clients (quand bien même à force je suppose que les loufiats nous reconnaissaient, nous leurs clients habituels, indépendamment des taxis qui laissaient leurs bagnoles dans la file d’attente et se serraient debout côté caisse), un gérant qui faisait toujours le supérieur mais ce vacarme avait du bon, dans les annonces des trains, les grandes bouffées de circulation dans le hall carrelé sous l’horloge, le marchand de journaux et en face la grande salle avec la suite des guichets et ticket pour l’attente (elle a disparu au profit exclusif des machines automatiques), ça fait bien quatre ou cinq ans (mon impossibilité totale à reconstituer ce genre de durée : les images de l’ancien buffet plus résistives que ce Class’Croute qui lui a succédé) qu’il a disparu au profit de ce comptoir normalisé avec viennoiseries et expresso mais plus des demis qui devaient constituer les quatre cinquième du chiffre de son prédécesseur, il m’arrive de me faire servir un gobelet de carton et de m’installer sur un tabouret avec le téléphone en position mail ou réseaux si vraiment je suis en avance ou si c’est le train qui est en retard mais c’est devenu rare, c’est juste un transit, en face de la gare de l’autre côté de l’esplanade des bus il y a ce bistrot d’angle où il m’est arrivé d’avoir des rendez-vous par exemple avec ami en transit par Saint-Pierre-des-Corps et une heure ou deux d’attente, peut-être même j’y ai mangé une fois d’un steak frites quelconque, en tout cas j’ai des images ordis ouverts et piles de livres mais c’est relativement ancien, il m’est arrivé un matin de train supprimé d’y passer deux heures, le couple déjà âgé qui tient la maison accueillant leurs habitués surgis invisiblement du quartier et y re-disparaissant une fois feuilleté le journal local (et je me demande s’ils n’avaient pas déjà fermé il y a plusieurs mois, avant les mesures sanitaires qui sont celles de ce temps où j’écris), mais à revenir de la gare un jour à 14 h, dans d’autres circonstances donc au rond-point d’avant le pont j’aurais tourné sur la gauche vers les Halles, à cette heure il y a des places et je serais entré dans un des rades, à privilégier plutôt un de ceux avec soleil d’hiver tapant sur la vitrine ou carrément au Tourangeau où on vous fiche la paix parce que cette clientèle des zozos qui ne sont pas astreints au salariat c’est leur fond de commerce mais non, bistrots fermés je suis rentré direct.

 

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1ère mise en ligne et dernière modification le 11 janvier 2022
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