dans ma bibliothèque | La petite fabrique de littérature

l’idée toute simple qu’il y a du bonheur à faire pratiquer l’écriture



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Le livre est paru en 1991 et ça tombait bien, j’ai commencé les ateliers d’écriture, il était sur ma route. Pas tout seul, puisqu’il y avait aussi un solide classique, L’atelier d’écriture d’Anne Roche et Nicole Voltz.

Mais La petite fabrique c’était encore la marque d’une édition en bonne santé, inventive (Magnard maintenant c’est une succursale d’Albin-Michel). On pouvait se risquer autrement dans les livres : l’iconographie de celui-ci était magique, plus des encadrés, des extraits, et la présence de Borges ou de Ponge ou de Pinget. Et double crime vis-à vis des tristes facs de Lettres, qui n’ont toujours pas compris d’ailleurs : 1, que la littérature ça ne se coupe pas en tranches de siècles, ici on croise aussi bien Rabelais que les Schtroumpfs de Peyo, ou Gainsbourg entre Saussure et Perec, 2, que la meilleure façon de transmettre la littérature c’est de la mettre en pratique.

Alors non seulement on trouve des kilos de pistes et d’exercices, mais ils sont accompagnés d’analyses des pratiques scolaires et des archétypes, des lexiques, et il y en a 300 pages bon poids.

Les mêmes auteurs, Alain Duchesne et Thierry Leguay, en proposeront 2 autres de la même veine, une sorte de trilogie d’un bloc, avec Lettres en folie et Les petits papiers, mais c’est celui-ci, avec son titre fabuleux, La petite fabrique de littérature qui est devenue notre légende. À preuve qu’un quart de siècle plus tard j’ai toujours les trois dans le rayon de ma bibliothèque où je range tous ces livres-outils qui servent aux ateliers.

Est-ce que pour autant je m’en suis servi ? Non, c’est la grande élégance de ces 2 auteurs, qui n’appuient pas sur ce point : ce qu’ils ouvrent, c’est la démarche. Le lien entre le texte-déclencheur, son appartenance à la littérature, notre capacité à l’analyser, et l’exercice qu’on bâtira depuis ce désir que nous avons construit, pour nous-mêmes, sur ce texte.

Alors évidemment on repasse par les mêmes pistes, comme ces Pays de nulle part, où eux aussi vont citer Calvino, mais à nous d’aller d’abord à Calvino. Il y a des années que je n’avais pas rouvert la Petite fabrique, je suis tout surpris de la trouver aussi vive, aussi diverse. Combinatoires de récit, variations typographiques, et tant pis si je ne suis pas d’accord à les voir requérir Seî Shonagon pour des inventaires futiles. Et ces jours-ci, quant à Cergy nous avons joué à caviarder le Auchan d’Annie Ernaux, c’est aussi un exercice de la Petite fabrique.

C’est peut-être ça ma reconnaissance principale à la Petite fabrique de littérature : alors que nous commencions, et tellement à tâtons, ce livre m’a autorisé d’inventer mes ateliers d’écriture.

 

 

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne 1er janvier 1970 et dernière modification le 4 mai 2016
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