Marie-François Goron, vous voulez un échantillon ?

en direct de la Sûreté de Paris, vers 1890...


Extraordinaire personnage que le breton Marie-François Goron, né à Rennes en 1847, décédé en 1933. Après un début de carrière militaire, et la guerre de 1870, il revient à Rennes pour se faire négociant en vins, s’éclipse en Amérique du Sud, puis entre en 1881 comme secrétaire suppléant d’un commissariat de la périphérie parisienne (Neuilly) en 1881. Sa carrière est alors foudroyante, puisqu’il deviendra en moins de six ans sous-chef de la prestigieuse Sûreté parisienne, puis dirigera le 36 quai des Orfèvres de 1887 à 1895.

Cela veut dire quatorze ans d’une connaissance directe de tous les dessous et coulisses de la ville, des bas-fonds jusqu’au sommet de l’État. En tant que chef de la Sûreté, la responsabilité directe des affaires criminelles d’une grande capitale, juste avant la bascule dans l’ère moderne. Il est le contemporain de Zola (qu’il admire) et de Proust (qu’il ignore, cela vaut mieux).

Débarqué dans des circonstances encore mal élucidées, c’est le troisième Goron qui passera pourtant à la postérité : il devient écrivain comme Jules Verne est écrivain, avec prolixité, mais sur la base d’une documentation comme personne n’en dispose : les chambres ou les ruelles quand on y arrive après un crime, les visages, les voix, les filatures et les coups durs.

Cela ne suffirait pas. Le 36 quai des Orfèvres, dans la grande époque de François Marie Goron, c’est des décennies après Vidocq, et c’est tout près de Maigret – époque où « les mœurs » étaient rattachés à la criminelle.

Il y a le téléphone et l’automobile (les « automédons »), et on est au bord de l’irruption progressive de la police scientifique. Goron est côté Maigret, dans les loges de concierge, sous la pluie des rues, dans les cimetières où il déterre les morts, plutôt que côté Sherlock Holmes. Mais Simenon lui prendra cette leçon d’une langue concrète, tout attentive aux lieux, aux temps, aux trajets, et à la matière humaine.

Le succès des Mémoires de François Marie Goron est énorme : c’est la société renversée. Il n’outrepasse pas les limites de son temps, quand il s’agit des « vices contre nature » ou des manipulations concernant le mariage. Mais la drogue, la violence, ce monde des escroqueries petites ou grandes, personne pour les raconter comme lui.

L’amour à Paris est une oeuvre en trois tomes : L’amour criminel (et le retour sur une des grandes enquêtes criminelles de la fin du XIXe siècle, la malle de Gouffé), Les industries de l’amour avec la naissance des agences matrimoniales, et Les parias de l’amour comme une traversée sans fin des mondes les plus obscurs de la ville, qui font de cette trilogie un thriller où tout a gardé la même infinie verdeur.

Grand, grand plaisir de le proposer ce soir en ligne sur publie.net, travail collectif – et merci particulier bien sûr à Roxane Lecomte pour ses couvs toujours magnifiques.

FB

 

Marie-François Goron | Les fous lucides


À côté des malheureux dont je viens de parler... il est encore d’autres parias, tourmentés par une manie étrange et dont le sort n’est guère plus enviable.
Le marquis de Sade, le divin marquis, qui mourut à Bicêtre, a laissé de tristes émules aussi fous que lui.

Mais, lucides en apparence, bien qu’ils soient plus dangereux parfois que les furieux auxquels on met la camisole de force, ils restent en liberté jusqu’au jour où ils commettent une sottise si grosse qu’il faut les enfermer.

Innombrables sont leurs aberrations, depuis celle qui consiste à se faufiler dans les grands magasins les jours de forte vente pour voler dans la poche des femmes les mouchoirs parfumés, jusqu’à celle des chasseurs de chevelures qui suivent les jeunes filles dans les églises, dans les promenades, et dont le cœur palpite quand ils sont parvenus à couper une natte brune ou blonde ; depuis les êtres malfaisants qui fréquentent l’Hôtel des Ventes et piquent les femmes avec des poinçons, jusqu’aux dangereux maniaques qui s’amusent à planter des épingles dans la poitrine de leurs maîtresses d’occasion.

Les livres de médecine eux-mêmes ne peuvent énumérer tous les cas de folie des sadiques de tout genre qui trouvent dans une bizarrerie quelconque une volupté particulière.

À la Préfecture de police, l’histoire de l’homme à la ringuée est devenue presque une légende. En terme d’argot, ringuée signifie : raclée : sous le nom de l’homme à la ringuée, on désignait donc un homme qui recevait une raclée.

Cet étonnant monomane avait la manie de s’habiller en voyou de bas étage et de courir les bals de barrière les plus ignobles, ayant dans ses poches une somme assez rondelette en pièces de cinq francs, qu’il s’amusait à faire sonner en passant devant les groupes de souteneurs. Puis il sortait.

Naturellement, les mauvais gars, excités par le son argentin de la monnaie, le suivaient, se jetaient sur lui et le dévalisaient, en lui administrant une tournée vigoureuse de coups de poing...

Comme il revenait aux mêmes endroits, bientôt sa manie fut connue et on se repassa « le pante à la ringuée ».

Il put même perfectionner son système et faire durer son plaisir plus longtemps.
Il mettait de l’argent dans toutes ses poches. Quand il avait reçu sa première raclée, ses agresseurs vidaient sa première poche. Alors, il jurait qu’il n’avait plus un sou... Puis, dix pas plus loin, il faisait encore sonner son gousset : la bande s’élançait et le rouait de coups à nouveau ; et la même cérémonie recommençait autant de fois qu’il avait de poches.

Quand réellement il n’avait plus rien, il se mettait à genoux et suppliait qu’on lui donnât de quoi payer le fiacre qui devait le ramener chez lui.
— Ayez pitié, disait-il en sanglotant, d’un homme de bonne famille réduit à cette triste position...

Il s’en allait ensuite, brisé, moulu, mais tout heureux. C’était un homme très bien réputé, très riche, très intelligent... On le ramassa un jour, mort, dans un quartier excentrique.

On prétendit qu’il avait été victime d’une attaque nocturne : la vérité, c’est qu’il avait reçu une ringuée... trop forte.

J’ai connu un autre détraqué qui, pendant deux années, vint tous les soirs, pendant plusieurs heures, se poster devant une fenêtre où passait et repassait une ombre de femme...

C’était un honorable négociant, marié aune femme charmante et, de plus, père de jolis enfants. Il était de mœurs très pures et adorait sa femme qu’il n’avait jamais trompée.
Un soir, s’étant attardé au quartier Latin à faire une partie de billard avec un de ses amis, en passant rue Dauphine pour rentrer chez lui, il leva machinalement les yeux vers une fenêtre éclairée et il aperçut l’ombre d’une femme... qui changeait de chemise...

Pygmalion était devenu amoureux de sa statue ; lui devint amoureux d’une ombre, et chaque soir, pendant des mois et des mois, il revint la contempler...

Jamais il ne chercha à savoir qui était cette femme ; la silhouette lui suffisait, il n’avait pas besoin de la réalité !

Et cet homme, dans sa profession, passait pour absolument supérieur. Pauvre chose que cette intelligence dont l’homme est si fier, puisqu’elle peut avoir des erreurs de ce genre !

Piètre chose également que la raison, puisqu’elle est impuissante, même dans un cerveau supérieur, à dominer l’aberration sensuelle !

N’était-ce pas également un maniaque, un déséquilibré de l’amour, celui dont je vais esquisser le petit roman bizarre ?

M. T..., très connu dans le monde des affaires, où l’on appréciait son intelligence, son jugement net et la sûreté de son coup d’œil, était ce qu’on peut appeler un homme heureux.

Son entente des affaires lui avait assuré une jolie fortune, et il était l’époux d’une femme gracieuse et spirituelle. Le ménage paraissait très uni. Madame Z... aimait le plaisir et tout particulièrement le théâtre et la musique. Elle suivait avec passion les spectacles et les concerts parisiens où son mari l’accompagnait, souriant, impeccable dans son habit, portant allègrement ses cinquante ans que trahissaient seuls ses cheveux grisonnants et rares.

On les rencontrait souvent à la Comédie Française ; mais pendant que sa femme était absorbée par le spectacle, M. Z... ne quittait pas du regard une belle personne, des plus élégantes, habillée avec un art exquis, à laquelle il faisait de temps à autre et très discrètement un petit signe amical.

Dans la loge, près de cette jolie femme, un homme, les traits flétris par une implacable maladie interne, semblait dormir, affalé sur son siège. Parfois, secoué par l’éclat de voix d’un acteur, un frisson l’agitait ; alors, il levait son visage émacié vers sa compagne, jetait un coup d’œil las sur la scène, puis il retombait aussitôt dans sa torpeur.

Partout où M. et madame Z... se trouvaient le soir, au théâtre, au concert, aux restaurants de nuit, on était certain de rencontrer le couple singulier : la femme élégante, admirablement parée, et le malade somnolent, dont l’habit flottait sur le corps étique.

Cela m’avait intrigué et je finis par connaître le motif de cette rencontre où le hasard n’était absolument pour rien, comme vous allez le voir.

La belle personne, que nous appellerons Yvonne pour plus de commodité, était la maîtresse de M. Z... Il s’était follement épris d’elle et, pour rien au monde, il n’eût voulu qu’elle le trompât. L’idée qu’elle aurait pu lui être infidèle lui causait une véritable torture et, lorsque ses devoirs de mari le séparaient d’elle, il voulait absolument la voir pour être sûr qu’en son absence elle n’était pas dans les bras d’un autre.

Un seul homme avait le don de ne pas exciter sa jalousie. C’était M. R..., le malade qu’Yvonne traînait sans trêve au théâtre, au restaurant, au concert.

Celui-ci était également son amant ; lui aussi l’adorait ; il l’entretenait richement et la situation qu’il lui faisait obligeait Yvonne à ne pas le quitter.

M. Z..., non seulement tolérait ce concurrent, mais il l’imposait même à sa maîtresse ; avec celui-là, il était tranquille !

Or, comme M. Z... ne savait jamais la veille où sa femme passerait sa soirée le lendemain, comme il arrivait très souvent qu’elle se décidait presque au dernier moment, voici la petite scène qui se jouait chaque jour. Dans l’après-midi, Yvonne, chez qui le téléphone était installé, entendait la sonnerie de l’appareil, et sa femme de chambre accourait lui dire :
— Madame... c’est M. Ernest...

Pour les domestiques, M. Z... s’appelait Ernest. C’était le secret de polichinelle, mais cela le flattait et lui paraissait très piquant de passer pour l’amant de cœur. La femme de chambre et ses collègues se gardaient bien de le contrarier. Il était du reste généreux.

On ne faisait pas attendre longtemps M. Ernest et, au bout de deux secondes, le petit dialogue suivant s’échangeait :
— Allô !
— Allô !
— C’est toi, ma chérie ?
— Oui, mon ami...

Ils échangeaient encore quelques répliques galantes, puis arrivait à l’oreille de la maîtresse cette phrase, rappelant les gentlemen réclame qui arpentent les boulevards à l’heure de l’apéritif :
— Ce soir, aux Folies-Bergère...

Ou bien :
— Ce soir aux Français... Ne manque pas de prévenir R... Je veux qu’il soit avec toi... Nous souperons au restaurant X... Vous y viendrez aussi... À ce soir... n’est-ce pas ?...
— À ce soir...

Dix minutes après, Yvonne téléphonait au pauvre R... :
— Allô !
— Allô ! répondait sans enthousiasme le malheureux qui prévoyait ce qui l’attendait.
— Tu sais que ce soir c’est aux Folies Bergère qu’on va...
— Ah !... si tu savais combien je souffre, ma pauvre enfant...
— Mais non, mais non ; ce sont des idées que tu te fais...
— Des idées !...
— Oui... Et puis c’est décidé... Tu vas aller prendre les places... Et vite... au galop !...
— Je t’assure pourtant...
— Rien... Tu viendras... ou sans ça... n... i... ni... c’est fini... je te plaque !...
— Bien, répondait l’autre soumis... Je te prendrai chez toi...

Et le malade, accablé, poussait un profond soupir en raccrochant l’appareil...
— Encore ! toujours... Quel supplice ! Je serais mieux pourtant dans mon lit...

Mais la pensée que sa maîtresse le quitterait s’il désobéissait le galvanisait ; il prenait un abominable breuvage que son docteur lui donnait pour le soutenir et, le soir, il s’en allait, tel un mouton qu’on mène à l’abattoir, traîner sa lamentable personne dans les couloirs du théâtre ou du concert choisi par la femme de son concurrent.

Et M. Z... était heureux... et tranquille.

Quel mobile le poussait ainsi à exiger la présence constante de sa maîtresse avec le pauvre M. R... ? Était-ce seulement la jalousie ? la crainte qu’elle n’appartînt à un autre ? Trouvait-il au contraire un piment quelconque dans le fait de partager les faveurs d’Yvonne avec un moribond ? Il est difficile de préciser ; mais M. R... était bien, malgré sa fortune, une victime de la folie jalouse de M. Z... C’étaient tous deux des parias de l’amour !

Parias de l’amour, également, les vitrioleurs, dont la passion inexplicable est de jeter du vitriol sur les robes des femmes !

Yvette Guilbert, la célèbre divette, fut, un jour, victime d’un attentat de ce genre, et jamais on ne put en découvrir l’auteur.

Ce qui est particulièrement curieux à étudier, c’est la psychologie de ces fous lucides.

Il y a quelques années, la Sûreté avait reçu un grand nombre de plaintes de la part de mamans dont les fillettes, portant de longues nattes, avaient été victimes d’un chasseur de chevelures ! Je me souviens d’une dame américaine, qui me disait avec une grande indignation, bien naturelle d’ailleurs :
— Monsieur, ma fille avait ses nattes qui tombaient jusqu’aux talons ! J’étais orgueilleuse de ses cheveux ! Et, maintenant, plus rien !

On avait fait, en vain, des recherches, et le chasseur de chevelures restait introuvable, quand, un après-midi, un agent, qui filait un pickpocket qu’il venait de prendre sur le fait — sur le tas, comme on dit en argot policier — entra derrière lui à l’église Notre-Dame-des-Victoires.

C’était un jour de grand pèlerinage ; l’église était pleine et l’agent avait le plus grand mal à se frayer un passage dans la foule, pour ne pas perdre de vue son homme, quand, tout à coup, son attention fut attirée par les manières bizarres d’un individu, encore jeune, à la figure glabre, qui, tout en égrenant son chapelet et en marmottant des prières, suivait, avec obstination, une dame accompagnée d’une fillette.
Était-ce aussi un pickpocket, celui-là ?

Bientôt l’agent fut fixé. Tout à coup il vit l’homme porter légèrement la main aux cheveux de l’enfant : au même instant, les deux longues nattes qui tombaient sur le dos de la fillette disparurent : ce fut pour mon agent un trait de lumière ; il tenait, enfin, l’homme qu’on cherchait depuis si longtemps.

Ne voulant pas faire de scandale dans l’église, il ne pouvait l’arrêter sur le fait ; mais, abandonnant son pickpocket, il suivit jusque chez lui le coupeur de nattes !

L’homme l’emmena sur les hauteurs de Montmartre, où il entra dans une maison de bonne apparence.

L’agent fit une rapide enquête et apprit que le coupeur de nattes était un comptable habitant là avec sa femme et ayant dans tout le quartier la réputation d’un homme parfaitement honorable, très tranquille et de mœurs irréprochables.

Le soir même, il me faisait son rapport et j’obtenais d’un juge un mandat de perquisition.

Mais un gros crime avait été découvert ; je fus occupé toute la journée du lendemain et je ne pus exécuter le mandat que le surlendemain.

Je trouvai dans un petit appartement, très simple et un peu en désordre, l’homme à la figure glabre dont mon agent m’avait fait le portrait et une femme encore jeune qui, tous deux, me reçurent avec des allures d’hallucinés, ne paraissant d’ailleurs pas autrement surpris, ni dérangés de ma visite.

Je commençai ma perquisition et, dans le tiroir d’une commode, je trouvai un grand carton contenant une quarantaine de nattes, brunes, blondes et même rousses, soigneusement étiquetées. Cet étrange collectionneur voulait, sans doute, garder un souvenir de chacun de ses exploits.

Tout à coup, en me relevant, j’aperçus sur la commode une serviette blanche qui semblait couvrir un objet assez volumineux.

Instinctivement, je soulevai la serviette et je reculai malgré moi en voyant le cadavre d’un enfant de cinq à six mois.
— Ah ! dit le père d’une voix insouciante, c’est le petit qui est mort cette nuit.
— Nous attendons les pompes funèbres, reprit la femme, avec autant de calme qu’elle eût dit : Bonjour, monsieur !

Ces gens semblaient vivre comme dans un rêve ; on aurait dit qu’ils étaient indifférents à toutes les choses de ce monde : la mort, l’arrestation de l’homme, tout cela ne paraissait point les toucher.

Quant à la femme, comment n’avait-elle pas essayé de lutter contre la stupide passion de son mari ?
— Que voulez-vous ? dit-elle, toujours avec la même indifférence, c’est son idée, à cet homme.

La sensibilité de ces deux êtres ne sembla s’éveiller qu’au moment où je donnai à un agent l’ordre d’emporter le carton contenant les nattes.
— Ah ! mon Dieu ! gémit l’homme avec désespoir.

On eût dit que c’était un peu de son cœur qu’on lui prenait, et il n’aurait certainement pas eu la même douleur, s’il avait vu les croque-morts emporter le cadavre de son enfant.

Chose stupéfiante, sa femme, comme si la folie spéciale de son mari l’avait gagnée, semblait aussi désespérée que lui !

Elle aussi tenait aux nattes !...

Je ne crois pas utile de prolonger cette étude qui relève plutôt de la science médicale que de la psychologie.

Mais j’ai considéré comme un devoir de lever pour mes lecteurs un coin du voile qui recouvre ces mystères. Je l’ai fait avec toute la conscience, avec toute la réserve désirables, et je ne pense pas que les gens — bien intentionnés d’ailleurs — qui semblent vouloir accaparer la surveillance de la vertu, puissent me faire le moindre reproche.

Il est, à mon avis, plus moral de montrer aux gens les tares, les désastres qui peuvent les atteindre s’ils suivent certaines voies, que de les laisser, sans expérience, s’embourber dans la fange et se débattre dans les griffés des chanteurs. Mon rôle d’ancien magistrat de police qui a beaucoup vu était de crier : « Casse-cou ! » à tous ceux qu’une curiosité malsaine peut tenter. Et je serais heureux si j’étais parvenu, par les exemples cités, à dégoûter quelques-uns des vices qui les rongeraient un jour.

Tous ces malades, du reste, ont plutôt besoin de médecins que de juges. Combien de fois, dans l’exercice de mes fonctions, ai-je dû m’inspirer des livres de certains auteurs pour mieux guider mon action ? Jamais je n’oublierai les précieux renseignements, les conseils mêmes qui m’ont été donnés par le savant docteur Garnier, médecin en chef du Dépôt de la Préfecture de Police, que sa situation a placé mieux que tout autre pour étudier ces êtres frappés de démence spéciale, et je viens encore de lire avec le plus grand intérêt son étude remarquable sur les invertis et les pervertis sexuels.

 

Marie-François Goron, L’amour à Paris, tome 3 : Les parias de l’amour.

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1ère mise en ligne 1er janvier 1970 et dernière modification le 5 avril 2013
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