[BANQUET DE LAGRASSE | l’espace russe]

Golovanov et d’autres au Banquet du Livre de Lagrasse, 14-15-16 mai


Bien plus qu’une donnée géographique ou géopolitique, l’immensité russe est une donnée de la conscience. Elle a façonné les représentations, les mentalités, pulvérisé la notion de limite et scellé le temps dans des catégories spatiales. La mort, la renaissance, la quête identitaire ou spirituelle s’incarnent dans des lieux, des paysages, des territoires. A l’inverse, paysages et territoires inclinent à se changer en abîmes où s’engloutissent identité, mémoire, réel et perspectives.
Entre la traversée des enfers (Gogol, Les Ames mortes), la création de l’enfer sous prétexte d’édifier un paradis (Platonov, Le Chantier/La Fouille), l’aspiration à un refuge dans l’extrême (Golovanov, Eloge des voyages insensés), refuge qui, pour des millions de détenus et relégués est devenu, au fil de l’Histoire, le lieu du châtiment, l’espace russe multiforme et informe, apparaît comme la cristallisation de tous les impossibles.

Dans le même temps, par ses lignes de fuite infinies (Guirchovitch, Apologie de la fuite), l’espace russe est gage de salut, offre de rédemption. A l’instant du triomphe absolu de la mort (mort voulue ou non, réelle ou littéraire), l’espace russe demeure tel qu’en lui-même (Sorokine, Roman), terrain propice à tous les recommencements.

- présentation et programme complet sur le site La Maison du banquet : présentation, programme


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1ère mise en ligne et dernière modification le 6 mai 2010
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