formation auteurs

appréhender le monde virtuel dans ses composantes professionnelles


Je ne mets pas de lien, ce ne serait pas chic, mais je tombe de haut en lisant contenu : je trouvais vraiment positif que les auteurs puissent disposer d’un vrai accès à formation, notamment concernant l’appropriation douce du virtuel, et voilà que c’est pire langue de bois et méconnaissance du web conçu quasi uniquement comme stratégie ou communication, bof.

Me souviens de discussions avec Bernard Stiegler il y a déjà 5 ans, qui n’avaient pas abouti, où il était question d’un après-midi hebdo à Beaubourg où on recevrait les auteurs avec leurs machines, pour travail collectif et individualisé. Discussion reprise, et pas aboutie non plus, avec le 104 en préparation il y a 3 ans. J’ai réalisé en partie cette idée à Bagnolet, l’an dernier, en accueillant chaque vendredi après-midi blogueurs et auteurs pour des rencontres où on poussait les thèmes principaux.

À Bagnolet, on devait gérer le grand écart, parfois revenir à ce qu’est un traitement de texte, repartir de l’appropriation des flux rss, mais on a exploré les différents formatages numériques du texte, on a créé des blogs et musclé des sites, etc. Il me semble au moins, désormais, disposer du vocabulaire.

Ce vocabulaire, il ne peut s’appuyer que sur les contenus, ce qu’on partage en terme d’exigence de culture, et de comment nous concevons notre pratique artistique, dans son implication sociale ou performative. Ce n’est pas nouveau pour la littérature, c’est nouveau pour les outils.

D’autre part, un contexte transformé, avoir les arguments nécessaires, y compris techniques – s’affirmer en tant qu’auteurs pour négocier un contrat d’édition, surnager à l’obligation qui nous est faite de passer par un SIRET, s’insérer sans se renier dans une communauté et y contribuer, appréhender la complexité d’un visage professionnel en mosaïque. Et recomposition y compris au niveau de l’auteur des ressources personnelles, des ressources éditées, statut juridique de ces ressources et complémentarité des modes de diffusion.

Ceci juste pour dire, très simplement, que revenant en France fin juin, mais absolument dépourvu de ressources [1] hors l’expérience naissante de publie.net, je suis preneur de toute proposition centres régionaux du livre, bibliothèques et autres lieux de médiation, pour développer journées ou stages ou partenariats plus longs sur ces thèmes de l’appropriation des outils numériques dans nos métiers d’écriture et médiation lecture. Par exemple sous forme de stages de 3 jours en continu, ou 5 jours en discontinu, sérier aspects, avoir le temps de descendre aux fondamentaux [2] [3] [4] [5] [6].

Il y a tant à inventer, y compris dans des dispositifs d’appui et de suivi en ligne, dans la relation technique à établir entre les sites d’auteurs et les sites institutionnels, dans les outils de relais et diffusion d’information des participants.

Suffit d’écrire, on en parle.

[1Attention, ce n’est pas un appel au secours : juste que s’est décidé indépendamment de ma volonté, par seul chemin logique d’engagement, juste nécessité du point de vue de la lecture, mais aussi de transmettre, relayer, résister – que là était pour l’instant mon chemin, donc plus rien d’autre et s’agit de se donner les moyens que ça vive...Disons que c’est plutôt côté Funambule de Genet que Premier chagrin ou Champion de jeûne de Kafka : et pour l’écriture, ça va (sauf que là aussi, c’est désormais l’ailleurs...

[2Auteurs, blogueurs, il n’est pas interdit de vous signaler à vos partenaires habituels pour les inciter à aller par là... Marre de cette gabegie de fric dans toutes ces journées d’études, colloques, tables rondes et assises absolument stériles, alors qu’il s’agit vraiment de bosser en direct – il y a heureusement quelques riches exemples du contraire.

[3Fascination récente, sur la base de quelques expériences montréalaises, à constater qu’à simplement historiciser le geste d’écriture, à échelle large ou celle plus réduite de 2 décennies de traitement de texte, et comprendre ne serait-ce que le codage d’un fichier texte et ses métadonnées on pouvait quasiment aborder tous les tenseurs de l’édition numérique, du portage, de la diffusion, des récepteurs, l’étrangeté qu’on est quelques-uns à partager se formulant alors ainsi : comment un domaine aussi stratégique (le mot que je refusais s’il concerne une destination d’usage du web) semble encore trop neuf pour une appropriation collective ?

[4En notifiant bien aussi des conditions de recrutement non pas réservées aux auteurs inscrits Agessa, comme l’expérience citée en tête d’article, mais à ceux qui aujourd’hui font l’écriture et la renouvellent, et font vivre la littérature sur le terrain, et symétriquement les blogueurs ou acteurs du web pour qui le monde éditorial est une inconnue : les Centres régionaux du livre les connaissent bien tous.

[5Côté facs, très content de constater que plusieurs master pro commencent à s’éloigner des anciens cloisonnements édition/métiers du livre pour appréhender de façon organique cette recomposition de l’écriture-lecture, où la médiation est essentielle – et si ça concernait aussi les départements de littérature en fac, le bonheur serait complet, et ce serait le maillon complémentaire pour que ça rejoigne le monde de l’écriture, mais on n’y est pas encore !

[6J’ajoute enfin qu’un élément nouveau, ces derniers mois, c’est l’intégration d’auteurs web dans les dispositifs traditionnels de résidence : ainsi, côté publie.net, Fred Griot à Banlieues Bleues et Pierre Ménard à la librairie La Litote : deux exemples où on est fiers collectivement de creuser, et – de mon côté – un poumon nécessaire quand ça nous est proposé.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 12 avril 2010
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