s’intéresse à la scène littéraire contemporaine

pendant que nous on rame...


J’étais persuadé avoir effacé ce billet de mon blog – comme on le verra dans les commentaires, ce n’avait pas été le cas, mais je prends acte de cette rencontre qui valait mieux que la façon dont elle était annoncée – même si pas sans-culotte pour autant ...

En ce moment, je m’énerve trop facilement. C’est pas d’aujourd’hui, mais quand même. Ça tient à la pression, à la rotation de ces e-mails, des informations qui nous sont nécessaires, dans une veille où tout bouge (tiens, ce matin, si remarquable billet de Hubert Guillaud traduisant/commentant Bob Stein [1]), dans contexte accéléré où tout semble confirmer l’ampleur et la vitesse de la mutation numérique, tandis que côté livre on a l’impression qu’ils accumulent toutes les bourdes les plus invraisemblables, absurdes décisions bureaucratiques de commissions bidon.

Ou, toujours sous l’égide du Ministère de la culture, le voyage offert à 7 éditeurs américains mastoc qui peuvent se payer eux-mêmes les billets d’avion (sauf que dans ce cas-là ils choisiraient autre destination, et on vous convoque le 27 octobre au matin comme si ces gens-là pouvaient s’intéresser à des micro-groupuscules de notre genre (mais que le 10ème du prix de la chose aurait pu être consacré à soutenir ceux qui bossent sur place, jamais ?) [2].

Encore nous spécifie-t-on, à propos d’un des 7, qu’il s’intéresse à la scène littéraire contemporaine, voilà qui augure d’une belle implication. Et que 2 d’entre eux ont même un site Internet, dont le premier, miracle, interactif et le second est composé d’un blog.

Enfin bon, chers Américains (le ministère de la culture, chez nous, n’a pas encore appris qu’en Amérique y avait plusieurs pays...) seront bien nourris, bien logés, y aura peut-être même un tour en bateau-mouche et ils auront pu vérifier que la chaîne du livre est l’objet de modifications. Je crois que je devrais me mettre au calme.

Je fais partager les copains, quand je reçois ce genre de truc, ça compense et ça réconforte, en ce moment, les copains. Eux ils savent ce qu’ils y font, sur le web. Pas très grave si on continue comme on a commencé : avec nos petits moyens – et l’amitié.

[1L’idée selon laquelle « un livre est un lieu (où les lecteurs, parfois avec les auteurs, se rassemblent) » est née d’une série d’expériences sur ce qui arrive lorsque l’acte de lecture se déplace de la page imprimée pour un espace en ligne conçu pour l’interaction sociale [...] L’actuel commerce du livre électronique (l’achat et la vente de bits) a été conçue (ou du moins a évolué) pour réduire au maximum la friction avec des activités traditionnelles : les prix, les dates de sortie et les DRM structurent toute la chaîne pour qu’elle ne soit pas un défi à l’impression papier traditionnelle, qui est encore la principale source de recettes.

Pour réussir à publier à l’ère du réseau, il ne suffit pas de re-concevoir l’œuvre comme « un livre en réseau ». Si nous acceptons que l’interaction sociale devienne primordiale, non seulement au niveau du travail individuel mais dans toute l’écologie de la lecture et l’écriture en réseau, alors il est important également de se poser la question : « Si un livre est un lieu, quelle est la place des livres ? »

[2Monsieur,
Dans le cadre du programme "Courants", initié par le Ministère de la Culture et de la Communication, la Maison des Cultures du Monde organise, du 26 au 30 octobre prochain, un voyage d’étude à Paris pour une délégation de sept éditeurs américains. Ce séjour a pour objectif de permettre aux participants de se familiariser avec l’industrie du livre et de l’édition en France et de nouer des contacts avec des professionnels français.
Parmi les différents thèmes que nous aborderons, une place importante sera accordée à la question de l’édition numérique : quelles modifications dans la chaîne du livre, quelles transformations pour le métier d’éditeur, les nouveaux modèles économiques, ... Nous souhaiterions vivement vous solliciter pour participer à une table ronde consacrée à cette thématique. Votre expertise et votre expérience dans le domaine du livre et d’Internet nous seraient particulièrement précieuses.
Les contraintes de programme m’amènent à vous proposer le mardi 27 octobre dans la matinée, en espérant que cela puisse convenir à vos impératifs d’agenda.
Cela vous semble-t-il envisageable ?
Vous trouverez ci-dessous la liste des éditeurs invités :
.../...

Maja C. Thomas

Senior Vice President, Hachette Digital, Hachette Book Group & Hachette Livre, NY
Responsable de l’édition numérique : ebooks, livres audio, de la stratégie numérique et du business development et conseiller sur des questions d’édition internationale.

Molly Barton
Director of Business Development, Associate Publisher of eSpecials, Penguin Group USA, NY
S’occupe des différentes possibilités qu’offre le numérique en matière d’édition, de marketing et de vente.

Eli Horowitz

Managing Director, McSweeney’s Books, San Francisco,
Maison d’édition qui s’intéresse à la scène littéraire contemporaine. Publication de livres de fiction, art…, d’un journal de fiction et d’un magazine d’essais et d’entretiens.

Paul Morris
General Manager, Digital Media & Marketing – BOMB Magazine, NY
BOMB est un magazine d’art et de culture trimestriel dédié à la diffusion des idées et pensées d’artistes internationaux émergents. Directeur général des médias numériques, Paul Morris est responsable du développement du contenu pour l’édition papier et de la création d’un contenu spécifique pour le net. Il coordonne également la programmation culturelle pour la série BOMBLive ! et initie des collaborations stratégiques avec d’autres organisations littéraires et artistiques.

Richard Nash
Founder, Round Table / Red Lemonade, NY
Ancien éditeur de Soft Skull Press, Richard Nash vient de créer Round Table, start-up de l’édition se basant sur les technologies de réseaux sociaux. Round Table souhaite redéfinir la frontière entre auteur et lecteur et faire évoluer le rôle de l’éditeur. Le site Internet est interactif et permet de donner une visibilité à des talents potentiels auprès des membres du réseau.

Chad Post
Director, Open Letter, University of Rochester, NY
Open Letter est la maison d’édition de l’Université de Rochester, entièrement dédiée à la littérature en traduction. Open Letter gère également un site internet, Three Percent, composé d’un blog consacré à la littérature internationale et à l’industrie du livre.

Todd Zuniga

Founder of Opium Magazine, NY
Opium Magazine, initié par l’association Opium for the Arts, publie de la fiction à la fois en version papier et sur Internet. Il produit également des manifestations littéraires.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 5 octobre 2009
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