Internet en bibliothèques : "une offre à valeur ajoutée"

l’étude de Madeleine Deloule sur les médiathèques 9-3 et Internet


L‘intégration d’Internet et du multimédia oblige à repositionner les missions de la bibliothèque, ce que traduisent les interrogations de professionnels :
 Satisfaire des besoins couramment exprimés et liés aux difficultés sociales (recherche d’emploi, établissement de CV), est-ce le rôle de la médiathèque ?
 Certains usages dits « domestiques » (administration, banque, préparation de vacances, achats) relèvent-ils des missions des bibliothèques publiques ?
 Peut-on tout laisser faire aux usagers ?
 Si « tout » passe par le Web, quel est le devenir des médiathèques ? Du virtuel et du matériel, y-a-t-il concurrence ?
 Quelle évolution du métier envisager ?
 Certaines offres semblent trop pointues et peu utilisées (archives de presse, offres payantes rares…), faut-il les conserver ?

Disponible sur le Net (merci Bibliobsession), l’étude de Madeleine Deloule sur Internet et les médiathèques, pour l’association des bibliothèques en Seine Saint-Denis.

Toutes ces questions qui reviennent dans nos rencontres du vendredi, permanent grand écart entre ce qu’on sait du terrain (l’informatique des bibliothèques est en général régie par celle des mairies, dont les contraintes ne s’encombrent pas de notre réflexion sur le service public et l’Internet).

Vous pouvez (et devez) télécharger ce rapport, que je reprends ci-dessous. Madeleine Deloule, ancienne directrice de la bibliothèque de Saint-Denis, nous avait déjà offert, il y a 2 ans, une étude sur la lecture en bibliothèque. Mais surtout, s’agissant d’elle, la question de la littérature et du sens est partout sous-jacente dans ses questions :

Et relire Alberto Manguel, et son Histoire de la lecture. De la tablette sumérienne à
l’écran, on a toujours lu, mais pas de la même façon. La lecture « dense » survivra à l’ère
informatique. À l’échelle de l’histoire, nos certitudes et nos inquiétudes s’effondrent.
Le changement « violent » est peut-être ailleurs : ce sont les modes de production des
oeuvres de la pensée qui sont en train de changer. Et partant, les modes de diffusion. Ainsi,
la littérature dite « contemporaine » n’a jamais été commercialement parlant en « tête de
gondole », mais elle fait partie du discours récurrent des bibliothécaires : « il faut défendre
la littérature contemporaine, même si elle n’a guère de lecteurs ». L’occasion nous est
donnée de la faire vivre autrement, car Internet permet une autre mise en valeur et un
autre accompagnement. Des textes qui intéresseraient peu de monde en principe trouvent
un vrai public sur la toile. Les « niches » font vivre efficacement les idées, la littérature, les
débats. Et le même raisonnement peut s’appliquer à bien d’autres domaines : le débat
citoyen, les sciences, la création artistique et musicale…

Le changement « violent » se situe aussi dans les nouvelles façons de lire. Les progrès
fulgurants de l’encre électronique, des « liseuses », ouvrent des perspectives nouvelles à la
lecture. Les hésitations techniques actuelles – liées à des questions de format, donc
d’accessibilité, de droit et de choix encore limités – ne doivent pas occulter les avantages
qu’elles annoncent : rapidité d’accès, confort de lecture, dynamisme de celle-ci avec la
prise de notes, accès à la presse, recherche…

Madeleine Deloule est très souvent présente à notre atelier du vendredi après-midi, en tant qu’observatrice, dit-elle, position qui sera difficile à conserver après ces 32 pages ! Pour prolonger, rejoignez-nous, on échangera volontiers...

Madeleine Deloule | étude sur le multimedia et les bibliothèques
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