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2021.10.03 | Clermont-Ferrand vu d’en haut, et un an qui compte pour cent

une autre date au hasard :
2021.11.19 | vues de Marseille
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Ces photos datent du 22 octobre 2020, c’était un jeudi, et elles me semblent dater d’il y a un siècle. Le 14 mars 2020, tout s’était arrêté, tout l’agenda vidé comme il n’avait jamais été siphonné en 35 ans de vie professionnelle. À l’automne, on commençait à se dire qu’il fallait recommencer, reprendre le train ou la voiture (là, c’était la voiture), le sac à ordi et la valise à bouquins. Travailler avec les écoles d’archi ce n’est pas fréquent pour un auteur : en 30 ans, été invité une fois à Rouen (merci E.D.), un grand, très grand souvenir des 3 workshops de 2 jours, chaque fois si intenses et normalement jamais je ne fais de workshops de durée moindre, à l’école d’archi de Nantes (merci Maëlle Tessier). Là c’est celle de Clermont-Ferrand qui m’invitait. D’accord, juste une journée, mais il était question d’écrire sur la ville, alors pourquoi pas, même pour une journée. Un tout petit groupe d’une dizaine d’étudiantes et d’étudiants, toujours cette surprise à découvrir de comment on les tient tellement à l’écart de la littérature qui, elle, respire pourtant si bien avec l’architecture, mais bon après tout c’est le taf, même une petite goutte d’eau comme ça dans l’océan de l’air ambiant. Si ces images me semblent surgir d’un autre monde, c’est que probablement la veille, dans cette halte d’autoroute, quelques jours d’avant la fermeture pour des mois de tous les lieux de restauration, et malgré mes fières et consciencieuses précautions, j’avais chopé (puis retransmis) la saleté majeure. Dans l’école, toutes les précautions étaient prises, c’est vraiment la veille au soir. Mais dans les jours qui ont suivi on finissait par le comprendre, que c’était voie sans retour. L’agenda désormais, enfin celui des workshops et des trains, restera vide mais on l’assume — et vive la petite piaule, la fibre et la vidéo pour le changement de vie. Donc, à un an d’écart, c’est mon dernier atelier d’écriture « en présentiel ». On doit recommencer à Chambéry les 7 et 8 décembre prochain et j’ai encore du mal à me faire à l’idée, à retrouver ces photos c’est comprendre qu’une page est intérieurement tournée. Alors Clermont-Ferrand, l’école d’architecture, je n’en avais aucune idée : découvrir cet ancien sanatorium, lame fine et élégante plantée façade plein sud sur la hauteur dominant la ville, sous le Disneyland au rabais qu’est Vulcania un peu plus loin. Et la petite salle où m’accueillait Sabine Thuilier c’était tout en haut, tout en haut juste sous la terrasse, alors pour lancer la journée on est parti avec Marcel Cohen sur écrire la ville d’en haut. Avec même l’usine Michelin de légende comme une miniature ou ces anciennes maquettes des lieux d’importance. Encore du mal à la comprendre, cette bascule de vie, et que tout ça, même pas un an, ait pu durer si longtemps.

 

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 3 octobre 2021
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