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2015.07.03 | comment arriver à Providence en 1’30

 

Le plus beau texte que je connaisse sur ce temps suspendu de l’avion, c’est Jean Echenoz qui l’a écrit, ne me souviens plus si c’est dans Un an ou bien Je m’en vais. Passer sur la grève claironnée des contrôleurs aériens et l’incertitude qui en découle : tout était normal, et il a fallu arriver ici pour apprendre que c’était un genre de chantage, suspension à la dernière minute. Les deux valises qui n’ont pas suivi dans le changement Newark, mais finalement déposées ici sur le perron, en pleine nuit et en pleine rue – en France on ne les aurait pas retrouvées, nos valises, mais ici oui. Qu’à la première marche sur la colline de Providence plutôt l’impression de marcher sur les traces de cette journée de 2010, par quoi tout avait commencé, que sur les traces de Lovecraft même mais il y a le temps pour que les choses sérieuses commencent. Dans l’avion, continué Montagnes de la folie, et pour revenir à plus facile, découvert que dans l’avion retour de Shenzhen, en novembre, j’avais traduit 3 des 4 nouvelles du Club des parenticides d’Ambrose Bierce et que je n’avais plus qu’à continuer la ligne interrompue. Finalement c’était ça peut-être le plus troublant de tout le reste. Brume sur New York, peu de vue alors que Manhattan peut devenir si splendide au décollage ou à l’arrivée Newark.

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
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1ère mise en ligne et dernière modification le 3 juillet 2015
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