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2015.05.20 | désastre à Sartrouville, roman

On se lève à 6 h du mat, on travaille dans le train, on se prend la bourre du métro, le TGV étant arrivé avec 10’ de retard suite à « régulation de la circulation » vers Vendrôme on a le RER de 8h50 au lieu du 8h37 (qui est passé, lui) et puis, à Sartrouville, arrêt de longueur indéterminée, puis l’annonce haut-parleur : les passagers sont priés de quitter les voitures et attendre sur le quai. On vous donne peu après la raison : « colis suspect dans la zone d’Achères ». Mais la zone d’Achères c’est immense, énorme et ancien carrefour ferroviaire en bout de forêt de Saint-Germain, on ne sait pas ce qui est le plus surprenant à regarder, des lignes de trains chargés de voitures neuves en attente, des bâtiments ferroviaires de contrôle et d’aiguillages d’avant-guerre, ou des brefs aperçus sur ces gens qui campent en forêt parce que c’est ça qu’il leur reste. On nous prévient que l’attente durera une vingtaine de minutes, mais ils redisent toutes les dix minutes, au moins trois fois, qu’on devra attendre vingt minutes. Et il y a toujours un moment encore plus désespérant après ces coupures où ce sont des trains vides qui défilent au ralenti pour rattrapage, qui vont dans la bonne direction mais ne prennent personne. Évidemment pour une fois je n’ai pas mon appareil-photo, c’est donc juste avec l’iPhone que je fais quelques images envoyées sur Instagram. Et je reprécise que je n’ai rien contre Sartrouville ni les gens qui y habitent, puisque les réactions « c’est mais il y a un très bon théâtre à Sartrouville », ce dont je ne doute pas même n’y ayant jamais été invité, mais moi là j’allais à mon turbin 10 kilomètres plus loin et à 9h du matin c’est pas de m’asseoir dans un théâtre dont j’avais besoin.

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 20 mai 2015
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