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coffre corps

Je n’en aurais pas parlé ici dans cette petite case à la fois secrète, ou discrète dans le site, mais cependant publique et sachant expérimentalement comment tout ce qu’on installe sur le web rejoint ses destinataires inconnus. Mais mardi c’était dans la radio de la voiture, voix d’une proche de cette dame trop corpulente, qui n’avait pu être incinérée à Bordeaux-Pessac, et estimait – c’était cela qui d’un coup échappait au fait divers – qu’il s’agit d’une liberté individuelle à respecter comme les autres, à l’écouter il ne venait pas l’envie de le mettre en cause. J’y pense le jeudi en arrivant en train à Bordeaux, puisque c’est au même moment que, probablement, on transporte son corps à Toulouse où les installations le permettent. Mais voilà, sortant le soir de Bordeaux IV après la conférence, on longe ce même cimetière de Pessac où je n’étais pas revenu depuis l’incinération de mon père, en décembre 2000. Perceptions qui évidemment sont atemporelles, et me renvoient plein fouet à la voix de la radio, pour ce corps dont le handicap lui interdit même après le passage par les ouvertures standardisées de sa ville. Photo : rituellement, et même sans avoir fait cette ligne depuis 2 ans, cette fraction de seconde au départ d’Angoulême où la petite ville laisse percevoir l’exacte structure qu’en décrit Balzac au débit d’Illusions perdues.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 2 octobre 2010
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