Née de ce mot : elle. Et de cette rime : belle. Se débrouiller ensuite pour lui coller un visage.
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Un beau visage, est-ce que ce serait un visage lisse, régulier, sans aspérité ? Est-ce que ce serait ennuyeux à mourir, un beau visage ? Serait-ce un visage ouvert à quelques taches de rousseur, à un grain de beauté ? Un peu de fond de teint est-il nécessaire pour le dessiner, ce beau visage tant cherché ?
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Ce fut fugitif, aveuglant, puis vite sont venus les mots qui figent : deux yeux deux soleils, perles de rosée, bouche mignonne allons voir si la rose, petit nez mutin et peau de pêche. Un beau visage rongé de lettres.
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– Dis-moi miroir, qu’est-ce que c’est qu’être belle ?
– Tu tiens la réponse dans ton visage, ma belle.
– Dis-moi miroir, comment le voir, mon visage si beau ? Je ne l’ai jamais vu.
– C’est que j’en suis jaloux, ma belle, et que je le garde enfermé de l’autre côté.
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Si près – une respiration une fragrance une palpitation – ton visage et cet autre, puis la brûlure et le sang.
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Mixture épaisse de mascara, de rouge, de crème grasse, de cheveux et de transpiration : ton beau visage dans le lavabo.
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Il doit bien avoir un défaut, ce visage si beau, lui dit-il. Le sourire qu’elle lui répondit fut sa première ride.
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La première fois que je l’ai vu ? Du bleu, je crois qu’il y avait du bleu. Après, je ne sais plus.
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Un crâne si lisse, des dents si blanches. Et son nez ? Où est passé son nez ?
oui, c’est la fragmentation en tant que telle qui génère l’écriture !
Merci, j’ai aimé ce jeu de fragmentation.
Intéressante cette question : belle, c’est quoi ? J’aime la diversité de nos fragments et celui-ci en fait bien partie. Merci
Merci. J’ai beau écrire mais je ne sais toujours pas ce que c’est qu’un beau visage.
J’aime beaucoup ce qui est convoqué là, ce heurt des mots qui figent et de la vision qui diffracte. J’adore « Un beau visage rongé de lettres. »
Merci, les lettres peuvent aussi parfois reconstruire les visages rongés.