#anthologie #09 | le chapiteau

j’ai pris à droite c’est tout ; à droite en direction de la boulangerie qui fait du pain de pauvre, – du pain de taulard , disait mon père – ; c’est vers le nord, très vite ce n’est déjà plus tout à fait la ville. Sur le parking du garage en face de la boulangerie, Max préparait sa voiture Continuer la lecture#anthologie #09 | le chapiteau

#anthologie #08 | deux chambres une porte

On est en juillet. Comme alors. La maison rouge est vide. Elle ne dort plus dans le lit de camp qui a disparu depuis mais dans le grand lit. Absolument seule dans le silence de la maison rouge.  Le halo de la lune fait briller la poignée toute ronde en cuivre de la porte mitoyenne avec l’autre chambre. Elle ne Continuer la lecture#anthologie #08 | deux chambres une porte

#anthologie #04 | vivre quelque part ou habiter le monde

habiter le monde en pensées, Boulevard Serurier, les Buttes Chaumont et le belvédère, le parc de la Butte au Chapeau rouge, le Parc de la Villette et le dragon, lieux d’enfances, paradis perdus se souvenir d’autres lieux, d’autres joies, l’herbe mouillée, l’habitacle d’une voiture chauffée par le soleil, l’arbre aux papillons, être de partout et de nulle part, rue des Continuer la lecture#anthologie #04 | vivre quelque part ou habiter le monde

#anthologie #06 | seule

Seule. C’est dans la nuit noire épaisse et le silence opaque qu’elle l’éprouve. Seule. Dans sa chair et ses oreilles et son visage et sa peau et son corps.  Seule. C’est dans la nuit noire toute gorgée de silence qu’elle convoque la mémoire des battements de la peau. Seule. Qu’elle en appelle au souvenir du tout palpitant cotonneux et mouvant. Continuer la lecture#anthologie #06 | seule

#anthologie #02 | la salle

Allongée sur le divan, caché par la porte qui ouvre sur cette salle salon chambre – rien n’est bien défini –, où elle reposerait pour une sieste d’un après-midi d’été. Le dessus de lit jaune soleil serait rabattu sur ses pieds, le visage de l’enfant tourné vers la droite comme s’il regardait l’étagère de livres près du lit. Les livres, Continuer la lecture#anthologie #02 | la salle

#anthologie #prologue | j’ai respiré

J’ai respiré, les poumons se sont défroissés, distendus, dans tous les plis, dans toutes les nervures l’air est rentré, le souffle nouveau à plein s’est suspendu, s’est retiré en prenant le chemin inverse aussi loin qu’il pouvait me quitter, les laissant en attente du battement initié. J’ai inspiré, j’ai expiré.J’ai crié. ils attendaient ce cri. J’ai oublié que je respirais. Continuer la lecture#anthologie #prologue | j’ai respiré

#anthologie #prologue | je neige

Je nais en mai      alien en mon crâne allongé    chauve       j’ouvre des yeux noirs    ahuris    je surprends     peut-être que j’émerveille    une surprise dont l’écho traverse les ans     à chaque anniversaire ma mère se demande de quelle planète je venais     derrière la fenêtre elle regarde des flocons tomber    je ne les vois pas       mais j’entends le silence      ce jour-là Continuer la lecture#anthologie #prologue | je neige

Je ne sais pas qui je suis, et je ne saurai jamais qui vous êtes.

Je n’aime pas le Je de celui qui écrit, le Je ne peut être qu’un personnage. Écrire de soi, vendre son intimité cérébrale, Je trouve cela un peu obscène, et Je va mentir si il utilise ce Je. Alors je vais utiliser un autre Je, un qui annonce la couleur, qui avance avec la franchise d’un menteur honnête. Je est Continuer la lectureJe ne sais pas qui je suis, et je ne saurai jamais qui vous êtes.

#anthologie #prologue | je suis venuE au monde

Je suis venue au monde sans savoir que c’était le monde. Sans savoir que j’étais venue avec un E. J’ai vu du vert partout, des camaïeux de vert, sans savoir que vert et couleurs existaient. J’ai touché le vert à pleines mains, couchée dans l’herbe sans connaître la différence entre herbe et lit. J’ai essayé d’attraper la coccinelle et le Continuer la lecture#anthologie #prologue | je suis venuE au monde