Lorsque sa vieille mère est morte, le grand fils appela longtemps, deux ans peut-être, tous les samedis sa tante. Les deux sœurs avaient la même voix presque et cette grande façon de rire.
Le téléphone de la mère a sonné un soir, très tard. C’était un vieil oncle. Il avait bu. « Alors ma grosse, comment ça vache!» -la mère était un peu forte. Elle l’avait rappelé, le matin. Et ri, juste après.
Le téléphone permettait d’équeuter les haricots chacun dans sa cuisine mais en se causant encore. Et puis parmi les grands objets du près et du loin, de la magie, il y avait la caméra que le père sortait comme une reine, avec la possibilité nouvelle de filmer et passer en même temps ce qui était filmé, sur la télé. Les haricots sautaient de la table à la télé. Et l’on s’extasiait : tu es à la télé.
C’est très ramassé, et très chouette. Vous me donnez des idées!
L’art de faire court et complet, besoin de rien de plus. J’aime fort. Merci, Milène.