#boost #02 | Portes en désordre

La poignée ronde de métal fer forgé l’entrelacs de torsades dures et rugueuses le noir douloureux à saisir à pleine main la vieille main fatiguée rétive à tourner maintenant ouvrir n’y parvient il faudra la changer la changer contre une mais comment contre le mur pas suffisamment d’. Le couloir son carrelage glacé vert clair à bordure noire en haut à droite l’assiette brune suspendue en peinture pâteuse un chalet malhabile sous le sapin droit sinistre plâtras obscur sur la neige blanche la tache jaune des fenêtres soir grande solitude. Étroite ogive fine en bois vieux peut-être le furoncle des clous en haut grille de la minuscule fenêtre trou comme un hublot sur. Le clair-obscur sa cataracte trouble de poussière l’écume tremblante de la toile d’araignée un souffle à peine la travée défaite de bancs cassés un renversé pattes en l’air impuissant abandonné le profil aveugle de la statue contre le trait de pierre dans l’angle à droite. Rectangle métallique vertical et sombre découpé dans l’autre long rectangle horizontal s’ouvre en fracas résonnant dedans. Enjamber. Dalle béton machines grasses et luisantes caisses en bois maculé remplies de pièces ou grouillantes vers de limaille tordue tranchante odeur de sang. Doubles portes rouge-brique coupe-feu claquent sinon collées au disque de l’électro-aimant. Long couloir brancards sous les néons incendiaires voix d’échos. La porte en bois et sa grosse pierre de seuil, large et lisse d’usure. Le rideau de porte anti-mouche douceur de cascade frôle la peau nue. Porte cochère en bois bleue massive bouton métallique brillant cuivre soleil digicode bouton d’appel grésillement claquement d’ouverture de la gâche. Couloir étroit sombre respir profond de poussière et d’humide. Porte rouge brique. Ronflements. Ancienne porte d’entrée recyclée en porte de chambre panneau verre martelé ouvrant au tiers supérieur courants d’air. De chaque côté un dedans garage obscur versus chambre humide ou retournement. La porte en bois a été repeinte en vert foncé la pierre de seuil est inégale creux et bosses par endroits les plus brillants. Plancher gris disjoint grinçant le corps enseveli de la cave pousse ses os invisibles d’air glacé. Porte-rouge brique. Cognements. Hurlements. Porte métallique blanche serrure clés solide poignée. Le sas le placard les étagères avec les draps les serviettes les gants tout le nécessaire pour plus tard bientôt. La porte sous le demi-cercle la couronne de briques et de pierres comme un roi dans sa pièce de monnaie. La table verte en formica et ses tabourets le fourneau le pique-feu et le sceau à charbon le lino rouge-brique comme. La porte rouge-brique. Carrelage gris au sol une explosion de crachats partout de minuscules monticules de crachats une éruption gluante et âcre on dit qu’ici sentir la mort on se questionne vraiment l’odeur de ? L’autre porte métallique blanche la poignée levier pour. Le lavabo métallique le WC métallique le lit métallique vissé dans l’odeur d’urine l’odeur sueurs cris larmes excréments désinfectant (est-ce que je suis à la morgue ?). La porte en bois est fermée sous les tuiles noircies les plaques de bleu affadi se brouillent s’écaillent tombent dépecées entre les grandes griffes grises dessous encore le vert pauvres traces. À droite la porte de l’escalier les marches du grenier le mannequin de couturière danse sur son cercle de fer une ballerine maudite de boîte à musique. Double porte de l’ascenseur léger ressort de l’arrêt dans les jambes dans les genoux déchirure sur. Les piliers les tables les chaises les assis les debout les déambulant les balançant comme des métronomes le fourre-tout des conversations des appels des murmures des répétitions cris ressassements noms litanies sons et charpie des des des pas qui frottent des des des mains qui tordent serrent tiennent pendent sous les dormeurs cassés devant la télévision des des des engloutis dans le cercle harnaché des fauteuils hauts vient la rampe droite jusqu’au corridor des chambres enfin ton balcon les graines éparpillées le nichoir où une mésange est venue. Que tu regardais.

aller où sans fin dans l’embrouillamini des portes à découvrir franchir laisser retraverser comme dans ces souterrains caves mondes vertigineux des contes – et par où revenir ?

13 commentaires à propos de “#boost #02 | Portes en désordre”

    • Je le comprends tout à fait ! C’est une interrogation constante, équilibre à trouver dans le flux pour que tout ne s’y emporte pas… Pas trouvé la réponse ! Je saisis le postulat expérimental des propositions pour y travailler tant bien que mal, avec plus ou moins de bonheur !

  1. portée dans la lecture par les couleurs, les fines descriptions
    on sent « la mort », c’est écrit et c’est un fait, une profonde tristesse ou incapacité à…
    la mise suspens des mots fonctionne parfaitement
    mais sensation d’enfermement très forte, d’étouffement, et j’en arrive à m’accrocher comme une morte de faim au « nichoir où la mésange est venue »…
    merci Jacques

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