# Mardis – Ecrire ou ne pas écrire.

Empêchées d’écrire, mains gelées, pas chauffées, murs de briques glacés, vent filant sous les fenêtres, froid le bout des doigts, stylo crispé, muscles tendus qui tentent de saisir la chaleur des mots qui ne viennent pas, qui ne s’entendent pas, qui ne viendront peut-être jamais, jamais plus.

Ecrire, pulsation du cœur rouge saignant le long des veines bleutées jusqu’à la main morte, posée, sur la table en bois, lourde, flasque, pieuvre pesante de tout son poids.

Où sont les mots ?

Dans quelle artère obstruée ? Quel orifice caché ? Quel tombeau du corps désarticulé ?

Où sont les mots ?

Où sont les mots ?

Où sont les mots ?

Les mots doux, les mots caresses, les mots tendresses,

Pour panser la plaie, recoudre le béant, tricoter le chaud, extirper le vivant et l’amour tout entier.

A propos de Clarence Massiani

J'entre au théâtre dès l'adolescence afin de me donner la parole et dire celle des autres. Je m'aventure au cinéma et à la télévision puis explore l'art de la narration et du collectage de la parole- Depuis 25 ans, je donne corps et voix à tous ces mots à travers des performances, spectacles et écritures littéraires. Publie dans la revue Nectart N°11 en juin 2020 : "l'art de collecter la parole et de rendre visible les invisibles" voir : Cairn, Nectart et son site clarencemassiani.com.

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