strate 1 _ il se passe quoi dans les îlots ?
avant-hier
Elle arrive quelque part, impose son propre mystère, garde sous silence une quête intérieure. Rien n’est vraiment révélé si ce n’est l’achat d’un billet d’avion, une arrivée à l’aéroport d’Haneda et un chauffeur qui l’attend pour la conduire dans une ancienne maison en bois située dans un quartier calme de Tokyo. Elle se retrouve dans une chambre aux prises avec le décalage horaire, avec une pivoine comme seule compagnie. Le temps se dilue.
Il y a eu un avant de quelque chose qui n’est pas dit qui a provoqué se déplacement et fonctionne comme un appel à autre chose ou une mise à distance, un appel, le besoin d’un nouveau départ (à réflexion, est-ce nécessaire que ce soit dit ?).
Les voix off qui, pour le moment, s’expriment : le chauffeur, la passagère du vol, une ombre féminine. L’évocation d’une tante.
hier
Finalement dans une impasse, je reprends en main le fil et relie mon premier texte, je l’annote, souligne des passages, écris sur mon carnet les groupes de mots importants. Tout est là devant mes yeux et pourtant encore si abstrait.
aujourd’hui
pdf posté et que des incertitudes
reprendre. Elle arrive quelque part. mettre de côté hier et construire un ailleurs, besoin de recommencer
deux voyages se dessine, l’un intérieur, intime, l’autre dans le mouvement, dans le réel de la ville
strate 2 _ installer ce qui va être écrit, ce qui pourrait s’écrire
Établir l’avant pour mieux comprendre l’après
Peut-être le diffuser petit à petit ou l’installer comme une dalle, une fondation incontournable
Définir la symbolique de son voyage, que fuit-elle ? Que veut-elle mettre à distance ou révéler ?
Peut-être va-t-elle s’installer un certain temps, quelques mois, une année pour se reconstruire, vivre une autre expérience intérieure et s’ouvrir au monde extérieur
Cerner un peu plus le personnage, dessiner ses contours, sonder son moi profond
Peut-être réduire la distance, rentrer dans l’âme du personnage
Accompagner le personnage dans ses découvertes de la ville
Peut-être marcher à ses côtés, ressentir ses émotions, ses étonnements, ses joies et ses peines
Trouver une forme pour habiller son ressenti, ses sensations
Pour le moment, rien n’est vraiment défini, tout peut se produire, tout reste à écrire
strate 3 _ comment j’avance dans cette écriture ?
Pour le moment à tâtons. C’est comme un vertige dans lequel il me semble nécessaire de vite capter les signes puis de les déplier à l’infini pour rétablir l’équilibre.
Il y a ce personnage récurrent sans non, ce “elle”, comme une silhouette énigmatique, secrète, aux formes indéfinies, un “elle” souvent multiple, qui me suis depuis des années, me hante je crois et m’embarque sur des sentiers inconnus que je croise au fil de nos rencontres. C’est un personnage qui s’impose avec délicatesse, devient fascinant par ce qu’il ne dévoile pas, il résiste, s’installe mais reste à distance.
Je tourne autour, tente de trouver une brèche pour m’y glisser et dévoiler les failles, faire exister la part du vivant, décortiquer l’histoire sans doute difficile à tisser à chaque fois et essayer de creuser toujours plus loin contre la force de résistance. Écouter ce que le personnage a à me dire. C’est le travail de l’écriture.
Sans que je sache pourquoi, ce personnage s’impose comme une évidence et maintenant c’est le lieu que j’ai envie d’explorer avec cette coupure au monde qui représente un arrêt dans la vie, un temps de réflexion. Que faire de ces exigences ? Comment créer cet espace, agencer ce puzzle ?
Aujourd’hui, je questionne les mots, leur place dans le texte, j’envisage des pistes mentalement et me perds dans leurs méandres, je recherche des possibles et je piétine, pourtant j’ai la conviction de devoir pousser plus loin, de me laisser embarquer dans une histoire en gestation dans laquelle il me faudrait juste écarter le voile et faire confiance à ce qui se trame.
strate 4 _ conditions de l’écriture
Besoin de m’entourer de textes, de me nourrir d’histoires pour créer la mienne, de picorer des ambiances, une attitude, de m’agripper à un mot, de me couler dans une atmosphère porteuse d’expériences, un cocon feutré, une tension dynamique, sur le fil.
Je vais le lancer et agencer un premier pdf, organiser le sens et les phrases des différents textes qui constituent une matière de base sans que je puisse encore toucher du doigt un début de sens, de construction, de forme à ce qui résiste encore au bout de la plume.
Donc confusion, tâtonnements et incertitude pour ce début. Beaucoup de réflexion et la peur de se tromper, de faire des choix impossibles, de débroussailler le flou comme cette pellicule tenace qu’il faut frotter chaque jour pour entrevoir la suite
Merci pour nous faire partager ces pas certains, ces pas incertains dans la forêt de l’écriture.
merci surtout pour leur lecture anna