#LVME #02 | Le chantier

Rue des Savonniers, route barrée, route creusée. Impossible d’accéder en voiture. On doit se garer plus loin, marcher au bord du trou, il y en a que ça contrarie plus que d’autres. Matahiarri est debout au fond de la fosse. Dans la brume piquante du matin, il regarde le godet de la grosse pelleteuse déposer son sable noir au fond Continuer la lecture#LVME #02 | Le chantier

#LVME #02 | La ville et ses fantômes

Sur la devanture d’entrée de l’immeuble, un ouvrier agenouillé frotte vigoureusement le mur pour tenter d’effacer un tag, épais et tourmenté, peint en noir la nuit précédente. C’est le propriétaire de l’appartement du rez-de-chaussée qui l’a remarqué le premier en sortant faire ses courses ce matin et qui l’a signalé à la Mairie. Le netttoyeur porte une combinaison tachée d’anciennes Continuer la lecture#LVME #02 | La ville et ses fantômes

#LVME #02 l un homme de passage

Peut-être qu’il est là, dans l’embrasure de la porte du sept. Peut-être que, malgré tous ses efforts pour se fondre dans le décor, la petite fille du quatrième le voit, sans comprendre, avec cette légèreté étrange qu’ont les enfants quand ils frôlent l’invisible. Il avance. Ou plutôt, il suit. Le rythme, c’est celui d’un autre. Peut-être qu’à force de marcher Continuer la lecture#LVME #02 l un homme de passage

#LVME #02 | l’homme au blouson

À cette heure de la matinée le parking de l’immeuble est presque désert. Sans difficulté il peut garer sa Renault Mégane sur une des places, côté gauche. Une jambe d’un pantalon sombre, puis une seconde s’extraient de la voiture. Le haut du corps assez grand qui se déploie ensuite arbore un blouson en suédine marron. Dans les mains il tient Continuer la lecture#LVME #02 | l’homme au blouson

#LVME #02 I Laissez tomber les p’tits papiers…

Il, est plusieurs. Jamais le même sous l’habit orange visible depuis toutes les fenêtres qui l’entourent. Il, est aussi elle. L’habit leur donne la même démarche lourde et pesante dans la terre. Habit de pluie, habit de saisons froides et humides quand iel pique avec une sorte de longue épée les papiers gras abandonnés sous les bancs. La chorégraphie est Continuer la lecture#LVME #02 I Laissez tomber les p’tits papiers…

#LVME #02 | le technicien de l’eau

Trois coups de sonnette, un employé de la Saur, compagnie des eaux, demande où se trouve le compteur. La femme l’ignore. L’homme d’une cinquantaine d’années porte un tee-shirt noir, un pantalon noir et un gilet sans manches vert fluo avec le nom de la compagnie imprimé. Il part explorer le garage, l’arrière cuisine, le jardin. Son corps est souple. Quasiment Continuer la lecture#LVME #02 | le technicien de l’eau

#LVME #02bis | présence

Un filet de vapeur vaguement blanchâtre qui s’échappe du soupirail d’une cave dans le jardin désert, file entre les montants en bois d’une chaise longue abandonnée, court sous la table ronde et s’enfuit au coin du bâtiment. Vue de l’espritle courant d’air aime jouer avec la poussière et avec l’imagination de celui qui le surprend. Il y avait ici même, avant que Continuer la lecture#LVME #02bis | présence

#LVME #02 | Le tap-tap

Ils sont deux le plus souvent pour le tap-tap dans le lotissement ; à deux c’est plus facile de frapper aux portes, on a moins peur, on vit moins mal le refus, on s’ennuie moins, on peut même rigoler. « Vendre votre maison, y avez-vous pensé ? avez-vous de projets ? » C’est peut-être plus difficile à dire que « votre toit n’aurait-il pas besoin d’un Continuer la lecture#LVME #02 | Le tap-tap

#LVME #02 l comme à chaque fois

En tenue jaune fluo de la tête aux pieds, le tronc sanglé dans un gilet orange tout aussi fluo, à trois mètres du bâtiment des sanitaires, à côté des douze marches qui mènent aux terrains de pétanque, un ouvrier communal poireaute au volant d’un imposant camion poubelle, moteur en marche, dans un froid comme on n’en a plus connu depuis Continuer la lecture#LVME #02 l comme à chaque fois

#LVME #02 | sous-sol

Il est perché sur l’escabeau du sous-sol, penché en avant, bras droit enfoncé dans le mur. Il tient son téléphone dans la main gauche , le faisceau avec lequel il s’éclaire dessine une auréole nette sur le mur. De ses vêtements noirs on ne peut rien déduire, ni du tatouage qui sinue sur sa nuque. Il fait sombre. Le silence Continuer la lecture#LVME #02 | sous-sol