vers un écrire film #06 | enfin unies

Les fiancées sont assises au premier rang de la salle des fêtes de la mairie. Le maire arrive. L’assistance se lève. Commence la cérémonie. Les fiancées se tiennent par la main. Le maire récite les articles du code civil et demande le consentement de Paula. Paula a un instant d’hésitation, elle abandonne la main de Claire. Elle jette un regard Continuer la lecture vers un écrire film #06 | enfin unies

vers un écrire-film #6 | la pleine lune

par la fenêtre du train en marche ; aux abords d’une gare inconnue ; la pleine lune donnait au ciel une clarté métallique ; de crépuscule orageux ; suspendue entre deux mondes ou croisements de wagons ; s’effilochant par moments ; une clarté d’argent plongée dans un bain plus sombre ; pas bien définissable ; qui n’avait pas sa pareille pour conférer aux voies et au paysage défilant  Continuer la lecture vers un écrire-film #6 | la pleine lune

vers un écrire-film #6 | Dépli de la baleine

Masse sombre et vive en contre-plongée. Masse sombre et vive à la remontée. Éruption. Éruption du plat de la surface. Remous. Envol de la masse sombre. Queue comme ressort. Bouillon d’écume. Dispersion de millions, dispersion de milliards d’embruns. Irisation du bleu du ciel. Arrachement de soi à l’Océan. Masse de peau ombreuse devant le soleil. Arc-en-ciel. Dispersion de milliards, dispersion Continuer la lecture vers un écrire-film #6 | Dépli de la baleine

vers un écrire/film #06 | voler

l’homme survivant se tient proche de l’oiseau Kaja | Kaja plumage crissant et noir | Kaja lancé vers le ciel immense criant à la façon des créatures de son espèce | liberté | et cette impulsion à voler jusqu’au débarcadère de l’autre côté des remparts puis revenir en dessinant une large boucle au-dessus des taillis de Sisenthal | l’homme survivant devient Continuer la lecture vers un écrire/film #06 | voler

vers un écrire-film #06 encore ralenti | quai

Il est là, quelque part, dans le flou des silhouettes qui vont et viennent et font obstacle à ses yeux avides de le voir, ses yeux qui roulent d’un bord à l’autre du quai, paupières écarquillées, pupille dilatée quand elle croit mais non, paupières qui retombent, alourdies, yeux qui se ferment, bouche murmurant quelque chose, une prière, viens, s’il te Continuer la lecture vers un écrire-film #06 encore ralenti | quai

vers un écrire-film #06 ralenti, ter | la gifle

Sa main levée, pas encore. Qui frémit. Même pas. Sa main qui ne frémit même pas, qui n’est pas encore levée. Le mouvement repose encore, hors-champ. Le geste encore dans les limbes. Le geste dort dans les lignes de la main inerte. Même pas. Le geste n’est même pas endormi. Le geste est ailleurs. Dans l’air. Une possibilité. Mais rien Continuer la lecture vers un écrire-film #06 ralenti, ter | la gifle

vers un écrire-film #06 ralenti bis | dans le bus

Les pieds sur le sol du bus. Les pieds dans des chaussures. Blanches. Baskets. Pieds posés à plat sur le revêtement en plastique marron. Chevilles cachées sous le pantalon. Jogging. Pantalon de jogging. Mou. Mouvement des genoux, des chevilles. Tressautements du bus. Grands pieds posés à plat sur le sol du bus qui tressaute. Pieds ancrés. Stables. Impavides. Ne laissant Continuer la lecture vers un écrire-film #06 ralenti bis | dans le bus

vers un écrire-film #06 | il se passe toujours quelque chose quand on ralentit.

Il se passe toujours quelque chose quand on ralentit. Quelque chose qu’on avait pas prévu. Par exemple, dans les films policiers, il y a cette scène canonique où l’inspectrice visionne ad nauseam la bande enregistrée de la caméra de surveillance. Et ralentit l’image. Et zoom. Encore. Et encore. Malheureusement, ses outils de travail  – critique consciente ou non d’un système Continuer la lecture vers un écrire-film #06 | il se passe toujours quelque chose quand on ralentit.

vers un écrire/film #06 | knock-out

Un. Je suis le vent, je suis l’air. Aucun poids, aucune entrave, je suis libre. Juste un esprit. Une idée, une pensée, un battement d’aile. Je vole dans la nuit silencieuse libéré de toute contrainte. Pas faim, pas soif, pas sommeil, aucune douleur, aucun souci, aucun ennui. Je suis au-delà de l’être, je suis l’oeil omniscient, je suis le tout. Continuer la lecture vers un écrire/film #06 | knock-out