# BOOSTS #007 et #008 – A tout cela.

  • Texte 7

Eruptives explosions, émissions d’effluves indigestes, crachats, expulsions, chaos, tout pourra être détruit, anéanti, exterminé, tout pourra défaillir et rien n’existera plus, que je n’aurai jamais cessé d’être attenante à la clairvoyance.

A toutes mes convoitises, mes désirs et mes passions,
A mes attirances, mon avidité, mon exigence, à toutes mes faims et à mes soifs, je tente de me défaire.

A la peur de vieillir, de mourir à la nuit qui s’abattra sur nous, à l’évidence qui nous enveloppera, je vois le jour.

Je combattrai l’entre-soi, l’auto-centrisme, l’outrance du moi-je, je m’acharnerai, ne me recroquevillerai pas, tel un ver de terre, chenille, limace, serpent et scorpion fuyant à la moindre fraternité.

Un mot remplira l’abîme et ce mot est amour. Face à ce qui me dépassera, je cite Victor Hugo, je cite Jacques Prévert, je cite la profondeur, je tisse telle la femme oiseau de mes plumes ensanglantées, la toile de l’amour et de l’éternité.

  • Texte 8

Un long moment sans l’autre, un moment en soi-même jusqu’à la moelle et jusqu’aux os.

Les moments de prémisses, les moments en temps de, les moments ultérieurs.

Un moment brusque, cinglant et cruel mais pierre angulaire de la relation.

De longs moments d’interrogations du pourquoi et du comment suivis de moments d’ignorances absolues et salutaires pour l’âme, le cœur et toute survivance.

Un moment d’égarement, de bascule, de vertige.
Un moment de fulgurance, une brièveté d’hésitation, un moment désireux de changer de peau.

D’interminables moments de peur, de froid, de transie, d’angoisse sourde, des moments de tétanisation à n’en plus faire frémir, statue emmurée, prisonnière, à s’en briser la mâchoire.

Des moments joyeux de foulées, d’échappées, de sprint, de lutte, de riposte, de corps à corps.

De moments de grâce précieux, de certitude absolue que rien ne pourra ébranler.

Des moments de courroux, d’enragements, de fureurs, des moments volcaniques, de bouillonnement, d’ulcération extrême, des moments chaotiques, de pousser à bout, de se déchaîner où seule la morale ou le fil ténu de la conscience empêchent de massacrer, de tuer.

Des moments de fuite. Des moments rêveurs. Des moments suspendus.

Un moment d’impuissance face à la vacuité, un moment de désarroi, un moment de prise de conscience de ses fragilités.

Un moment de honte.

Désillusions, déconvenues, découragements, des moments à s’en arracher les yeux, les oreilles et tout ce qui se perçoit.

De courts moments du désir de n’être plus.

Des moments salés, sucrés à combler le vide en le remplissant de cochonneries.

Un moment frais, aérien, léger, un moment qui ne sert à rien.

Des moments pour danser jusqu’au bout de la nuit, pour boire jusqu’à la lie et ramper jusqu’au lit.

Des moments secrets à ne jamais, au grand jamais, dévoiler.

Prendre le moment d’exister et de vivre, prendre le moment d’être au présent, prendre le moment d’être en acceptation.

Des moments où un jour pousse l’autre mais aussi d’immenses moments d’amour intemporels.

A propos de Clarence Massiani

J'entre au théâtre dès l'adolescence afin de me donner la parole et dire celle des autres. Je m'aventure au cinéma et à la télévision puis explore l'art de la narration et du collectage de la parole- Depuis 25 ans, je donne corps et voix à tous ces mots à travers des performances, spectacles et écritures littéraires. Publie dans la revue Nectart N°11 en juin 2020 : "l'art de collecter la parole et de rendre visible les invisibles" voir : Cairn, Nectart et son site clarencemassiani.com.

6 commentaires à propos de “# BOOSTS #007 et #008 – A tout cela.”

  1. J ‘aime bien me laisser bercer par tous ces moments , mais il y en a que je préfère:
    « Des moments de courroux, d’enragements, de fureurs, des moments volcaniques, de bouillonnement, d’ulcération extrême, des moments chaotiques, de pousser à bout, de se déchaîner où seule la morale ou le fil ténu de la conscience empêchent de massacrer, de tuer. » ou encore Des moments salés, sucrés à combler le vide en le remplissant de cochonneries. Deux moments tellement contrastés par rythme et contenu qu’ils sont la vie! merci Clarence

  2. alternances de doux et de dur, de sucré et de violent
    je retrouve le corps à corps, je l’attends celui-là, je le guette, il me donne de la chaleur et du désir
    il y aussi la honte (le mot seul suffit, 5 lettres)
    je garde tout contre moi celui là : « Un moment frais, aérien, léger, un moment qui ne sert à rien. »
    et je te retrouve vraiment dans toute cette danse, dans tous ces mouvements réunis…

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