Ce moment où l’on se sent fondre dans le paysage , les pieds qui s’empreintent dans le sable, le glissement de soi, hors de toute enveloppe, instant de dispersion.
Le moment que l’on revit parfois en pensée, car on sait qu’il ne se reproduira plus jamais, mais qu’au hasard de quelques échanges, après quelques ratés, il a eu lieu un beau jour, s’est concrétisé, un beau moment simple de partage qui ne pourra, malheureusement, plus jamais être renouvelé. Pas besoin de l’enjoliver, diamant brut dans sa simplicité.
Les moments où les yeux saisissent un instantané qui va s’imprimer sur la rétine pour ressortir bien plus tard, sans que l’on comprenne au début le lien entre ces deux temporalités. Les moments que l’on ignore, mais qui sauront, à jamais, nous marquer.
Un moment de honte, selon l’expression, bien vite passé. Domestiquer ses mots, faits et gestes en regard de la société. Lisser le comportement, les ardeurs, s’uniformiser.
Un moment de bascule: Moment et mouvement; question de point de vue, d’un coté à l’autre, il n’y a peut-être qu’un faux pas: choisis ton camp.
L’à rebours, le contrepieds, contrecoup, contresens, contretemps…
Tous ces moments, veilles de leurs rencontres, inamorramento sans lendemain, sans cesse attisé, cette fièvre qui heureusement retombe quand ils sont en présence pour mieux renaître de ses cendres à l’instant même où ils s’éloignent.
Le bon moment, qui vient à point , à point nommé, le plus beau jour en souhaitant que les rivaux se bousculent au portillon, que rude soit la concurrence et qu’il en ait d’autres à graver dans le marbre.
Mauvais moment, mauvais jour, mauvais temps, pas l’moment , pâle jour, à pas d’heure; impromptu, opportun, pas d’humeur.
L’instant visible à l’œil nu de l’épanouissement de l’onagre, défroissant sa corolle à la faveur du soir.
Le cycle de vie de l’éphémère, des années larvées pour quelques heures en vol.
l’épanouissement de l’onagre me tente bien. Surtout s’il défroisse sa corolle à la faveur du soir. C’est beau.
Bientôt reviendra la saison des belles de nuit… merci du passage
Merci pour cette lecture de vos images de si bon matin. Je découvre votre écriture et c’est beau, profondeur des paroles et des arrêts sur ces instants. (j’ai pensé à Arrêt sur Images (Médiapart). Bien à vous.