L’Île aux Corsaires ( 50.61130 , 5.59894 )
Entre la rivière et le canal de la rivière, la Vieille Montagne, en disparaissant, a accouché d’une Île aux Corsaires à la terre calaminaire, nourrie–intoxiquée au long des années par des dépôts de zinc résiduel permettant la poussée de micro–pensées comme saoulées par la présence de houblon sauvage ; il y a eu retour de flores rares dont je ne connais pas les noms, ce qui ne les empêche pas de croître, prospérer et embellir ; le tout grillagé pour protéger les uns des hommes, une réserve dira-t-on. Bout du monde d’un soi-disant plat pays sur une terre ronde – cela ne se sent pas, alourdis que nous sommes par notre naissance, chacun gravite comme il peut même si certains complotent pour leur platitude.
Je m’assieds sur un banc au bord du chemin de halage – plus rien n’est halé de nos jours si ce n’est la peau des joggeurs, des cyclistes et autres promeneurs de chiens ne tirant plus que leur langue ; à gauche la maison de l’éclusier est devenue un bureau des voies navigables ; à droite des mouettes se sont posées en ligne sur le sommet des pales de l’espèce d’immense mixer de la station d’épuration des eaux – ici, à deux pas du barrage hydroélectrique, tout tourne autour de l’eau – s’offrant un tour (encore) de manège ralenti à l’extrême, il faut fixer le regard un certain temps pour percevoir le mouvement ; en face le canal obsolète a perdu sa guerre contre le chemin de fer, on y devine du poisson puisqu’un pêcheur s’installe ; au-delà, il y a les caravanes d’un camp de gitans et une usine silencieuse qui laisse passer le murmure de l’autoroute des Ardennes, vers d’autres bouts du monde.
J’aime cet endroit, c’est aussi le bout d’une ville, mais je ne m’y promènerais pas seul la nuit…
aimé cette balade (triste et pas). Merci