#boost #7 | Ce que nous voulons, ce que nous sommes

Les saluer du mot, de la main, les trois arbres, pour qu’ils veillent, défient le temps.
Caresser comme par hasard le tronc de l’amandier.
S’efforcer à sourire dans la pièce vide, pour que le geste devienne sensation, respiration. 
Chanter, toi qui ne chantes pas, pour couvrir le tambourinement du pouls dans les tempes, le cliquetis de la montre, chanter pour opposer au temps mécanique, au temps social, celui insouciant.
Laisser le corps s’ancrer, s’alourdir, se calmer, se faire corps, pour tenir à distance cris, énervement, électricité ambiante, et leur  insuffler de ce calme à l’apparente indolence. 
Retirer les lunettes et voir le monde s’éloigner.
Fermer les yeux durant dix-sept minutes, se répéter que c’est peu dix-sept minutes, que l’on ne risque rien à essayer. 
Noter, noter tout, pour les cas où la mémoire irait s’en aller. 

J’entendrai le bruit de l’eau et les minutes deviendront des heures, et les murs disparaîtront, et l’impossible ne sera plus, et j’oserai.
Et nous parviendrons à nous parler, et nous parviendrons à vivre à la hauteur ce ce que nous voulons, de ce que nous sommes.

A propos de Betty Gomez

Lire certes, mais écrire...

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