#boost #03 | résistant

Il est bizarre ce mot, une syllabe, quatre lettres, pas grand-chose mais il sonne fort, tu le dis, tu l’entends p.e.u.r, il reste en tête.
Bon, OK. Même pas peur je disais tout le temps. Et puis plus tard, pas peur de l’amour, de ce qui pourrait m’arriver, de ce qui pourrait ne pas m’arriver.
Ah si ! la douleur me faisait peur. comme celle quand j’étais tombé de l’arbre dans le bois où j’étais allé jouer à Tarzan. J’étais seul, mon pied a glissé sur la branche, allongé par terre je me suis senti si con. Cette humiliation sans spectateur faisait aussi mal que la cheville tordue. C’est resté.
Tu as peur du loup, pas de la vie. Tu t’es toujours dit que la vie c’est se satisfaire de ce que tu as alors de quoi avoir peur si ce n’est de ne plus rien avoir mais ça, c’est loin, ça ne peut pas arriver.
Avoir peur sur un doris perdu en mer, avoir peur d’ennemis plus grands plus forts, différents mais ici ou dans tes voyages au loin, tu étais tant protégé, homme blanc hétérosexuel. Et les doris c’est dans la nuit des temps, légende d’arrière grand-père. Plus tard, je me souviens, dans tes combats tu parlais fort et te souciais peu de l’avis des autres, tu allais gagner, c’est sûr, avec tes ambitions modestes.
Il sait que le nuit est ton domaine mais quand même ! La nuit, petit mot, tu lui fais penser que sa vie aurait été guidée par la peur. D’être artiste, d’être homosexuel, d’être écrivain, d’être photographe, ça fait beaucoup. Fais attention petit mot, il peut avoir envie de transformer la peur du lapin en face du serpent en peur du résistant. Même les nuits, il n’aura plus peur de toi, même pas peur de la peur.

A propos de bernard dudoignon

Ne pas laisser filer le temps, ne pas tout perdre, qu'il reste quelque chose. Vanité inouïe.

3 commentaires à propos de “#boost #03 | résistant”

    • Merci Piero.
      Que será será what will be will be, joli refrain. Doris (je crois que c’est le) c’est un mot de pêcheur de morues, de terre-neuvas. C’est Sterling Hayden dans son gros livre Wanderer qui m’en a fait souvenir. Sterling Hayden, c’est Johnny guitar et c’était aussi (surtout ?) un marin, un homme engagé et un écrivain. Son livre te plairait peut-être.

      • (c’est aussi le héros (très malchanceux) de « L’Ultime razzia » (Stanley Kubrick, 1956) (saleté de clébard…!) et Docteur Folamour (1964) (à revoir ces temps-ci…) devaient être assez amis – entre 56 et 6 au US : traquenard des maccarthystes abjects…) jl’aime beaucoup en effet – je lirai son livre à l’occasion, oui merci!)

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