_ rappel : le sommaire général du cycle et ses vidéos;
_ les récaps et PDF des précédentes propositions;
_ la page Patreon avec les docs d’appui;
• Principe de ce cycle #boost : réexplorer de l’intérieur les cycles thématiques de Tiers Livre (plus de 250 propositions en ligne avec vidéo depuis 9 ans…) mais pour expérimenter, inventer, et surtout partager. Chaque atelier est ouvert du dimanche au vendredi, et les contributions insérées en ligne ici dans le PDF collectif.
• Cette semaine, retour à la construction de personnage, avec une page étonnante d’un livre infiniment complexe, le Yoko Ono dans le texte de Christine Jeanney (2018), en particulier un de ses passages : du personnage (en l’occurrence Yoko Ono, mais il ne s’agit évidemment pas de partir dans l’exploration de l’univers médiatique, plutôt d’un personnage lié à vos projets d’écriture en cours, et surtout, qu’ils soient fictionnels ou non-fictionnels), une phrase très «banale» mentionne les peurs stéréotypes de l’enfance («peur dans le noir»). À cet instant-là, Christine Jeanney bascule par un simple «j’imagine» (17 occurrence de cet «imagine» dans le livre) dans un inventaire lourd — mais le mot inventaire est de trop, juste pour souligner le bloc, la compacité — de l’ensemble de ces peurs qu’il est possible d’assigner à son personnage.
• les peurs «en» l’autre, l’imaginaire des peurs, non pas les siennes propres (l’autrice) mais du personnage (Yoko Ono) et bien sûr, sinon à quoi bon notre exercice, cette dissociation et cette projection nous révélant à nous-mêmes notre portrait intérieur selon l’inquiétude — et tous mots associés: qui pourrait s’en prétendre exempt dans le présent ?
• livre complexe : j’en souligne quelques fonctionnements, le portrait négatif hérité (celle qui a fracturé les Beatles etc), la reconstruction d’un portrait uniquement transmis et imposé par un discours dominant (masculin, médiatique, en tout cas centré sur John Lennon et partant de lui), enfin, ou surtout, la reconstruction de Yoko Ono dans sa pratique d’artiste conceptuelle, ekphrasis de quelques performances (Cut): pour chaque élément, ce qu’il induit pour ce que Christine Jeanney énonce de sa propre quête d’écriture, ce que ça dérange ou autorise pour son geste d’écriture.
• «peur physique d’avoir mal rien qu’en pensant le mal, peur du tiède, de l’inodore, de l’incolore, peur de penser, peur des corps balancés, peur des vêtements en tas (ARISING, 2013) et peur des ecchymoses, peur du violet, peur des regards, des yeux hagards, peur de perdre la vue, peur de perdre la vie, peur de perdre un enfant, peur de ne servir à rien, peur de nuire, peur de ne pas être lucide, peur d’être lucide, peur de prévoir, peur de ne pas prévoir, peur de rater, peur d’avoir échoué, peur de ne pas savoir faire autrement que vivre en ayant peur» (cf le doc d’appui, indispensable) : impression de quelque chose de grave et d’important à proposer cet exercice.
• les textes sont envoyés à l’adresse mail du site, en fichier joint (.docx, .pages, .odt, merci éviter pdf), et sont à accompagner de 3 lignes d’un «codicille» sur l’écriture elle-même. Actualisation chaque matin pendant la période d’ouverture.
• libre à vous bien sûr (et même on recommande) de regrouper parallèlement vos contributions dans un article du blog à la façon habituelle;
la capacité de synthèse d’Ugo est inimitable
L’économie des mots doit très beaucoup à ma naturelle paresse. Merci Philippe pour le clin d’oeil.
Avoir la paresse belle et juste est une qualité que je t’envie !
en l’occurrence, la paresse a du bon
C’est bien vrai ! Concision qui creuse
oui ugo ouvre grand et fort la porte des peurs
@catherine le plaisir de te lire a été plein dès lors que j’ai lu le codicille, que les peurs ont pris corps qui se sont individualisés. surtout la petite de 11 ans, surtout l’amie qui ne veut pas en attendre parler. aussi les événements météorologiques. leur air de mauvais augure
@philippeliotard heureuse de retrouver l’enfant au bord de la rivière. vérité de tout. merci.
J’en suis à la page 35 mais déjà petite pause/
!!
@Ugo : j’aime toujours autant cette concision qui en dit long
@Philippe « la peur de traverser le pont s’il y avait un pont » m’a touchée et tout ton texte et cet enfant, jusqu’aux derniers mots
#Patrick : j’aime la perspective que tu proposes sur la peur et son vocabulaire et j’aime beaucoup ce Admettons
#Laurent je me suis demandé », je me demande encore ce que serait « des humains sans langages », question abyssale !
@Solange ton texte je le trouve très sensible et juste et j’ai relu plusieurs fois « peur de se suicider encore une fois, faute de
retrouver un paradis perdu. Peur de n’arriver plus à
vivre. Peur de déborder d’elle-même »
@Line j’ai adoré ce « sous le brouillard qui
n’est jamais là où il devrait être » car c’est la vérité et tu es la première à me le révéler
@Clarence « Il a froid et sa peur est
glacée » et ainsi vient la question de la température de la peur, je trouve l’idée merveilleuse d’imaginer classer les peurs par ce critère
@Nathalie « elle se couvre de mots » merci pour ce texte puissant qui creuse les voix les mots de la peur et leurs possibilités dans son lit
Première lancée dans ce cycle de la lecture et commentaires via le PDF. J’adopte la méthode Rebecca !
@Philippe : peur terrible et tellement ambivalente (et pour cause) qui colle aux tripes (et pour cause) : peur de celui-là même pour qui on a peur qu’il disparaisse… Et un univers de conte qui sourd…
@Marie : j’aime beaucoup ce jeu entre « peur de rien » et le glissement « rien » / « néant », et finalement à la fin un magnifique divertissement pascalien !
@Catherine : j’aime l’idée de ce tour des peurs de personnages différents comme des portraits éclatés et de côté. Et les phrases courtes parfois très poétiques (« Peur d’une nuit désaltérée de thé brûlant » / « Peur trempée de peinture et de plâtre »). Merci !
@Solange : que dire…absolument poignant… « Peur de déborder d’elle-même », j’ai l’impression que tout est contenu là…Impression que ce personnage meurt de ne plus pouvoir échapper à sa peur…
(à suivre)
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