A propos de Françoise Guillaumond

Ecrivain, directrice artistique de la compagnie La baleine-cargo sur Wikipedia, ou directement sur la baleine cargo.

#boost 10 I aller, aller, là-bas, plus loin, au-delà, se hâter

Où vont les souffles éteints, les cœurs perdus ? Plus bas, plus bas, ô vents fragiles qui gonflez nos poitrines et dans un même élan filez entre nos lèvres impuissantes à vous retenir, ne nous oubliez pas. Dans quelle cave fuyez-vous ? Où donc réduisez-vous en cendres nos souvenirs ? Qui le dira et combien de battements de cœurs encore Continuer la lecture #boost 10 I aller, aller, là-bas, plus loin, au-delà, se hâter

#boost 08 I Michaux, moments et traversées du temps

un moment plein de vide rempli de rien un moment inutile étale un moment nu abandonné  un moment vacant en attente de qui voudrait y prendre place pour lui donner formes couleurs et sentiments un moment déserté sous un amas d’instants sans saveur qui s’agglomèrent durcissent ou pourrissent un moment à jeter  un moment sale un sale moment un moment Continuer la lecture #boost 08 I Michaux, moments et traversées du temps

#boost #05 I Artaud, cataractes rêvées du cri

un cri marche entre deux rangées de pierres  grillagées un cri marche entre deux empilements de pierres irrégulières retenus par des carrés de fil de fer rouillé un cri marche entre deux rangées de murs à angles droits bâtis d’un fracas de roches accidentées enfermé dans du treillis métallique les murs enserrent le cri qui marche le pressent mais rien Continuer la lecture #boost #05 I Artaud, cataractes rêvées du cri

#boost #04 I Paul Valet, « Tenir tête à »

tenir tête à l’angoisse attente impuissante écrasement du présent terreur malheur de ce qui s’ignore dans l’imagine du plus mal que mal tenir tête à l’angoisse effondrement du respire palpitation diaphragme sous verrou bourdon dans les oreilles corps rongé par la pensée du pire et du plus pire que le pire du pire tenir tête à l’angoisse plongeon dans l’obscurité Continuer la lecture #boost #04 I Paul Valet, « Tenir tête à »

#boost #03 | Christine Jeanney, la peur en l’autre (& Yoko Ono)

Ce n’est pas parce qu’il fait nuit que tout est noir, pourtant la peur aime l’obscurité. Elle rôde la nuit minuscule tête d’épingle qui s’insinue partout grossit grossit pousse repousse les limites de ce qui pense raisonne, elle rampe mord le ventre le tord le lacère le déchire, elle arrache le cœur le déchiquette le mâche le recrache, elle serre Continuer la lecture #boost #03 | Christine Jeanney, la peur en l’autre (& Yoko Ono)

#boost #02 # | Becket, portes

Porte 1 ​- Ancienne dont on a oublié l’aspect ouverte sur une pièce aux murs tapissés de fleurs fanées devant lequel se tient une femme triste un nourrisson dans les bras. Porte 2 Rouge satinée avec oeilleton central ​​s’aider de la clé pour entrer ​dans une pièce inondée de lumière au sol recouvert d’un Tapiflex bleu que les enfants arpentent en Continuer la lecture #boost #02 # | Becket, portes

#boost #01 | Tarkos, quatre strates de la terre

st 1 La terre de mes ancêtresLa terre verte reflète l’arbre. La terre grise les nuages. La terre bleue des bouts de ciel. Elle est comme ça la terre de mes ancêtres : verte, grise ou bleue, avec des pépites de roche ocre, rouge ou noire incrustées dans sa matière. C’est une terre dense qui se souvient de tout. Elle Continuer la lecture #boost #01 | Tarkos, quatre strates de la terre

#boost #00 I Bailly, rue du bout du monde

Latitude. 63.868348. Longitude. -22.675337Entre deux massifs de roches, un creux tapissé de sable noir. Deux bouts du monde se font face. Deux d’un coup ! Entre les deux ce quelque chose qui ne se nomme pas, un non-monde en forme de lit de rivière sans eau où pas un ciel ne se reflète. Bien sûr le bleu existe quelque part mais on ne Continuer la lecture #boost #00 I Bailly, rue du bout du monde

#LVME #01 | 7 décembre

17h57, 7 décembre, le plafonnier de la cuisine s’allume, escalier 3, sixième étage, porte gauche, un homme ouvre la fenêtre, se penche, secoue une main menaçante vers le bac à sable situé au pied de l’immeuble où quelques enfants font rouler des billes sous le halo d’un lampadaire, aussitôt un petit garçon se relève d’un bond, secoue le sable de Continuer la lecture #LVME #01 | 7 décembre

#anthologie #40 I Tout est chaos

Ceci n’est pas un livre, c’est un chaos, ça part dans tous les sens. Ça s’écrit en «elle », en « je », en « tu », jamais en « il ». C’est un choix, une constance, aucun narrateur masculin, des personnages oui, mais c’est toujours « elle » qui raconte. Même si bien sûr elle est multiple. Il faut Continuer la lecture #anthologie #40 I Tout est chaos