L’histoire de celui qui s’appelle Anatole et de retour du front de Crimée où il exerce comme aumônier militaire dit à ses proches : « Je ne mourrai pas avec un bonnet de nuit »
L’histoire de celui qui s’appelle Eugène et s’est spécialisé dans la photographie judiciaire et édite un recueil de de photomontages intitulés les Crimes de la Commune en 1871…
L’histoire de celle qui est concierge et cachée dans sa loge au moment des faits…
L’histoire de celui qu’on surnomme Pompon, qui est juché sur le toit du hangar et regarde de là-haut
L’histoire de celui qui est maçon dans la rue Haxo et à qui on demande de la chaux pour recouvrir les cadavres
L’histoire de celui qui s’appelle Eugène est otage et a survécu : il résout d’élever la situation morale du quartier, il emménage sur les lieux du massacre et voue sa vie à la mémoire des morts…
L’histoire de celle qui s’appelle Félicie et déclenche la tuerie, puis s’amende en lisant des années plus tard le journal intime du père Olivaint
L’histoire de celui qui s’appelle Eugène et revient photographier les lieux trente ans plus tard…
Sources - où l'on précise que l’on ne se préoccupe pas ici d'aller vérifier la matérialité des faits. Pierre Duclos, "Une pétroleuse convertie : Félicie Gimet et Pierre Olivaint", Revue de l'histoire d'Eglise de France, 1988 Eugène Crépin, Les martyrs du calvaire de la rue Haxo, 1875 Où l'on découvre à cette occasion l'existence d'une femme dont l'existence même est sujette à caution, Félicie Gimet ce qui est notamment mentionné dans un article lui-même renvoyant à des sources questionnées...
Texte impressionnant par cette litanie de noms. Des débuts d’histoire peut-être. Merci
Rétroliens : #40jours #40 | L’impression très joyeuse de la connaître / pour un art poétique narcissique – Tiers Livre | les 40 jours