Sa beauté plus grande que le ciel qui se penche pour te murmurer à l’oreille
L’odeur de ses bras l’été et celle de l’automne qui t’enveloppe sous son manteau
L’album avec une grosse tête et le corps tout petit et on te dit : c’est toi
L’album avec les têtes très grosses et les corps tout petits et on te dit c’est elle. Mais là c’est lui.
Les chaussons et la brassière dans le papier blanc et tu regardes tes pieds devenus très grands
le papier de soie sous l’oreiller avec la pièce de cinq francs qui tinte en tombant dans le ventre du chat
l’édredon et les oreillers de plumes pour s’enfouir lire les jours de pluie, la fin de l’histoire qui transforme le canard hideux en cygne
La farine qui tombe en pluie dans le grand saladier
la goutte de sucre brûlant qui durcit dans le verre d’eau
La première neige de février et l’eau dans la mangeoire aux oiseaux a gelé
Le bruit de la grêle sur les braises et la buée sur la vitre garde le baiser
La pâte qui a levé sous le torchon, sa blancheur qui brunit et ressort toute dorée
la battue de l’horloge et la queue du chat de concert
Le drap comme une voile et l’odeur des fleurs
Leurs noms : lilas , pivoine, œillet de poète, anémones, pensées…
La tulipe perroquet qu’on attend de voir s’envoler mais la tortue surgie de nulle part fait bruisser les feuilles et emporte plus loin
Le jet qui sort de toi accroupie dans l’herbe
Le bout du chemin comme un pays lointain
L’arbre maison qui est un chêne vert
Les amandes jumelles : bonjour Phillippine. Et l’âge des coccinelles
Les mots Abdulamin et Aabracadabra pour panser et prendre patience
La mer qui s’ouvre en deux et la multiplication des pains dans sa bouche qui lit
les vitrines du boulevard à minuit l’ours polaire en tutu, les lumières qui tournoient
les voix de la nuit qui se rapprochent et dissipent les ombres
il est minuit sous l’arbre aux lumières et tu t’accroupis pour déchirer le papier qui chatoie
la première fois que tu y arrives
« et on dirait qu’on serait » (un indien, un tigre…) de tous les jeux comme une vie plus vraie
le feu d’artifice au bout du chenal, le ciel arc en ciel tombé dans l’eau
le scaphandre lunaire dans la neige du poste
le bonimenteur du boulevard qui escamote ta pièce et te rend un bonbon
les galeries égyptiennes et vivre toute la journée de profil
les crayons alignés par couleurs leurs mines neuves comme un trésor inaltérable
Au fil de la lecture, un rythme s’impose comme des vagues qui déferlent sur une plage. Une se retire, une autre vient.
Merci beaucoup Stephanie ( les vagues… oh merci)
Magnifique. Merci Nathalie Holt.
j’aime les rebonds des évocations de elle, des têtes dans l’album, des papiers etc…
j’aime même ne rien comprendre au scaphandre
Sur le scaphandre, à mon avis qui n’engage que moi, tout se passe dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, lors de la mission Apollo 11, quand Neil Armstrong et Buzz Aldrin foulent le sol lunaire.
Merci Ugo … oui c’est bien eux ( dix ans depuis six mois) devant le téléviseur laqué noir du salon de Barbès
Merci Brigitte et Ugo pour le passage
magique, comme toujours…
en résumé : « Le bout du chemin comme un pays lointain »
merci Nat
merci Françoise
« Le bout du chemin comme un pays lointain »: c’est tout à fait ainsi le regard d’un enfant! « et on dirait qu’on serait » là aussi une vie dans ces mots!
Merci Solange !